mercredi 9 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102439 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique cellule 7 |
| Avocat requérant | POINTEAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 avril 2021, M. B C, représenté par l'ANRAS, en qualité de curateur et représentant de ses intérêts, et Me Pointeaux, doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 17 février 2020 par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Garonne, après exercice d'un recours administratif préalable obligatoire, lui a refusé le bénéfice de l'aide sociale à l'hébergement pour la période du 21 août 2017 au 15 août 2018.
Il soutient que :
- il y a lieu de joindre les deux recours enregistrés par le pôle social du tribunal judiciaire de Toulouse sous le RG 20/00153 et RG20/00866 ;
- il accepte d'intervenir volontairement aux côtés de l'ANRAS, son curateur, à la procédure ;
- la décision de rejet du président du conseil départemental de la Haute-Garonne en date du 17 février 2020, prise sur son recours administratif préalable obligatoire, ne mentionnait pas les voies et délais de recours ; la saisine du pôle social du tribunal judiciaire de Toulouse a interrompu le délai de prescription ;
- il a formulé sa demande de prise en charge des frais d'hébergement dès le 24 août 2017 avec l'aide des services administratif de l'EHPAD de la Bastide ; sa demande initiale avait donc été déposée dans les deux mois qui ont suivi son entrée dans l'établissement ; cette demande n'a jamais reçu de réponse de la part de l'administration ; il a formulé une deuxième demande au regard du silence de l'administration avec l'aide de son curateur le 13 août 2018 ; cette dernière demande a reçu une réponse positive pour une prise en charge des frais d'hébergement à compter du 16 août 2018 jusqu'au 31 août 2023, mais pas pour la période antérieure d'hébergement ;
- il ne peut lui être opposé l'application de l'article R. 131-2 du code de l'action sociale et des familles dès lors qu'il ne bénéficiait, à sa date d'entrée dans l'EHPAD, d'aucune mesure de protection et qu'il était dans l'impossibilité d'agir seul.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2021, le département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête n'est pas fondée.
Par une décision du 14 février 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Toulouse, M. C, représenté par l'ANRAS, a été admis à l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. D de Hureaux pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de M. D de Hureaux et les observations de Mme E, pour le département de la Haute-Garonne, qui persiste dans ses écritures et rappelle qu'il n'est nullement établi qu'une première demande du bénéfice de l'ASH a été déposée le 23 août 2017, ont été entendus et la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est hébergé à l'EHPAD la Bastide à Beauchalot depuis le 21 août 2017. Dès le 23 août 2017, M. C a déposé une demande d'aide sociale avec l'aide du service administratif de l'EHPAD la Bastide. M. C est sous protection de justice et l'ANRAS, mandataire judiciaire à la protection des majeurs, a été désigné pour exercer la fonction de mandataire spécial auprès de l'intéressé à compter du 9 octobre 2017, puis de curateur, dans le cadre d'une curatelle renforcée, à compter du 23 janvier 2018. Dès sa prise de fonction, l'ANRAS a œuvré pour l'ouverture des droits de M. C, ainsi, concernant les frais d'hébergement, l'ANRAS était en possession du double de la demande effectuée par M. C le 23 août 2017. En l'absence de réponse à cette demande, l'ANRAS a formulé une nouvelle demande de prise en charge des frais d'hébergement en EHPAD à compter de l'entrée du requérant dans l'établissement. Cette demande de prise en charge des frais d'hébergement a été transmise au centre communal d'action sociale le 13 août 2018 qui l'a transmise au département de la Haute-Garonne le 20 août 2018. Par un arrêté du 12 avril 2019, le département de la Haute-Garonne a accepté la demande de prise en charge des frais d'hébergement présentée par M. C pour la période du 16 août 2018 au 31 août 2023. Par courrier du 2 mai 2019, le département de la Haute-Garonne a notifié à M. C l'acceptation de sa demande de prise en charge d'hébergement pour la période susmentionnée, en précisant qu'elle ne pouvait faire droit à une demande de prise en charge des frais d'hébergement pour une période antérieure au 16 août 2018, le dossier de demande ayant été déposé après l'expiration du délai de deux mois suivant le jour d'entrée dans l'établissement. Par courrier du 23 mai 2019, l'ANRAS a formé pour le compte de M. C un recours gracieux devant la direction départementale de la cohésion sociale contre l'arrêté du 12 avril 2019 concernant la date de début de prise en charge des frais d'hébergement. Par courrier du 14 mai 2020, le département de la Haute-Garonne a indiqué à l'ANRAS que cette demande avait été adressée au pôle social du tribunal judiciaire de Toulouse, la commission départementale d'aide sociale ayant été supprimée. Ce recours a alors été enregistré sous le numéro RG 20/00153. Par un autre courrier du 23 mai 2019, l'ANRAS avait également formé un recours à l'encontre de l'arrêté et de la décision du président du conseil départemental refusant la prise en charge des frais d'hébergement pour la période du 21 août 2017 au 15 août 2018. Par courrier du 17 février 2020, le département de la Haute-Garonne a rejeté cette demande. L'ANRAS a alors adressé un courrier du pôle social du tribunal judiciaire de Toulouse pour contester ce refus. Ce dossier a été enregistré sous le numéro RG 20/00866. Par un jugement du 31 mars 2021, le tribunal judiciaire de Toulouse, après avoir fait droit à la demande de jonction des deux procédures enregistrées sous les numéros RG 20/00153 et RG 20/00866, s'est déclaré incompétent et a transmis le dossier au tribunal administratif de Toulouse. Par la présente, M. C demande au tribunal l'annulation de la décision du 17 février 2020 du président du conseil départemental de la Haute-Garonne.
Sur la demande de prise en charge des frais d'hébergement à compter du 21 août 2017 :
2. Aux termes de l'article L. 131-1 du code de l'action sociale et des familles : " () les demandes d'admission au bénéfice de l'aide sociale, à l'exception de celles concernant l'aide sociale à l'enfance, sont déposées au centre communal ou intercommunal d'action sociale ou, à défaut, à la mairie de résidence de l'intéressé. / Les demandes donnent lieu à l'établissement d'un dossier par les soins du centre communal ou intercommunal d'action sociale. Celui-ci peut utiliser à cet effet des visiteurs-enquêteurs. / Les demandes sont ensuite transmises, dans le mois de leur dépôt, au représentant de l'Etat ou au président du conseil départemental qui les instruit avec l'avis du centre communal ou intercommunal d'action sociale ou, à défaut, du maire et celui du conseil municipal, lorsque le maire ou le centre communal ou intercommunal d'action sociale a demandé la consultation de cette assemblée. ". Aux termes de l'article L. 131-4 du même code : " Les décisions attribuant une aide sous la forme d'une prise en charge des frais d'hébergement peuvent prendre effet à compter de la date d'entrée dans l'établissement à condition que l'aide ait été demandée dans un délai fixé par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article R. 131-2 du même code : " Sauf dispositions contraires, les demandes tendant à obtenir le bénéfice de l'aide sociale prévue aux titres III et IV du livre II prennent effet au premier jour de la quinzaine suivant la date à laquelle elles ont été présentées. / Toutefois, pour la prise en charge des frais d'hébergement des personnes accueillies dans un établissement social ou médico-social, habilité à recevoir des bénéficiaires de l'aide sociale ou dans un établissement de santé dispensant des soins de longue durée, la décision d'attribution de l'aide sociale peut prendre effet à compter du jour d'entrée dans l'établissement si la demande a été déposée dans les deux mois qui suivent ce jour. Ce délai peut être prolongé une fois, dans la limite de deux mois, par le président du conseil départemental ou le préfet. Le jour d'entrée mentionné au deuxième alinéa s'entend, pour les pensionnaires payants, du jour où l'intéressé, faute de ressources suffisantes, n'est plus en mesure de s'acquitter de ses frais de séjour ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
4. Il résulte des dispositions précitées que les frais d'hébergement des personnes accueillies dans un établissement social ou médico-social habilité à recevoir des bénéficiaires de l'aide sociale sont pris en charge au titre de l'aide sociale à l'hébergement à compter du premier jour de la quinzaine suivant la date de la présentation de la demande tendant au bénéfice d'une telle aide. Toutefois, lorsque la demande a été déposée, quel qu'en soit l'auteur, dans le délai de deux mois suivant le jour d'entrée dans l'établissement, éventuellement prolongé dans la limite de deux mois supplémentaires, la prise en charge de ces frais peut prendre effet à compter du jour d'entrée dans l'établissement.
5. M. C soutient que la demande de prise en charge de ses frais d'hébergement aurait été formulée à l'aide des services administratifs de son établissement, l'EHPAD la Bastide, dès le 23 août 2017. Néanmoins, aucune réponse n'a été rendue par l'administration suite à cette demande. Le département de la Haute-Garonne fait valoir qu'il n'a jamais eu connaissance de cette demande et qu'il n'a pu accepter la demande de prise en charge des frais d'hébergement formulée pour le compte de M. C par l'ANRAS qu'à la suite de la demande du 13 août 2018, et qu'en ce sens, il n'a pas pu faire droit à une demande de prise en charge des frais d'hébergement pour la période antérieure au 16 août 2018 dès lors que cette demande était tardive en application des dispositions du code de l'action sociale et des familles. Par conséquent la prise en charge des frais d'hébergement de M. C a pris effet au 1er jour de la quinzaine qui a suivi la date du dépôt de la demande, soit à compter du 16 août 2018. Dans ces conditions et à défaut de production d'éléments justifiant du dépôt de la première demande, c'est à bon droit que le département de la Haute-Garonne a refusé la demande de prise en charge des frais d'hébergement de M. C pour la période du 21 août 2017 au 15 août 2018. Par suite, les circonstances alléguées, tirées de ce que les démarches administratives concernant la prise en charge des frais d'hébergement ont été engagées avec retard et que l'état de santé du requérant lors de son entrée ne lui permettait pas de suivre seul les démarches administratives concernant le suivi de ce dossier ne sauraient justifier l'absence de dépôt de la demande d'aide sociale dans les délais et, ainsi, une prise en charge rétroactive à compter du 21 août 2017.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B C est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B C et au président du conseil départemental de la Haute-Garonne.
Copie en sera délivrée à l'ANRAS, curateur de M. C.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
Alain D de Hureaux La greffière,
Sandrine Furbeyre La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026