jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102472 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MARCO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 avril 2021, M. Michel A, représenté par Me Cabanes d'Auribeau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 août 2020 par laquelle l'inspectrice du travail a autorisé son licenciement ;
2°) d'annuler la décision du 2 mars 2021 par laquelle le ministre du travail a confirmé la décision de l'inspectrice du travail et rejeté son recours hiérarchique ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis et ne sont pas de nature à justifier son licenciement.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er juillet 2021, le service paritaire de santé au travail du Tarn (SPSTT), représenté par Me Marco, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors qu'aucun moyen de légalité externe ou de légalité interne n'est correctement formulé ;
- les faits reprochés à M. A sont tous établis et justifient son licenciement.
Par lettre du 24 septembre 2021, le ministre du travail a été mis en demeure de produire un mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été fixée au 1er mars 2022 par une ordonnance du 17 janvier précédent.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code du travail :
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jorda,
- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Cabanes d'Auribeau, représentant M. A, ainsi que celles de Me Marco, représentant le service paritaire de santé au travail du Tarn.
Considérant ce qui suit :
1. M. Michel A a été recruté en tant que médecin du travail par le service paritaire de santé au travail du Tarn (SPSTT) le 3 novembre 2016. Plusieurs faits lui étant reprochés, M. A a été convoqué à un entretien préalable au licenciement qui a eu lieu le 29 janvier 2020. La commission de contrôle et le conseil d'administration ont émis des avis favorables à son licenciement, le 26 février 2020. En raison de la qualité de médecin du travail de M. A, le SPSTT a sollicité, le 27 février 2020, l'autorisation de le licencier auprès de l'inspection du travail. Le 24 juin 2020, le médecin inspecteur du travail a émis un avis favorable. Le 6 août 2020, l'inspectrice du travail a autorisé son licenciement, qui est intervenu le 18 août 2020. Le 5 octobre 2020, M. A a formé un recours hiérarchique auprès du ministre du travail qui, par une décision du 2 mars 2021, l'a rejeté et confirmé la décision de l'inspectrice du travail. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler les décisions du 6 août 2020 et du 2 mars 2021.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
2. Dans sa version applicable au litige l'alinéa 1 de l'article L.4623-5 du code du travail prévoit que " Le licenciement d'un médecin du travail ne peut intervenir qu'après autorisation de l'inspecteur du travail dont dépend le service de santé au travail, après avis du médecin inspecteur du travail. ". En application de ces dispositions, les médecins du travail bénéficient, dans l'intérêt des travailleurs et sous le contrôle du juge, d'une protection particulière en cas de licenciement. Lorsque le licenciement d'un de ces médecins est envisagé, il ne doit pas être en rapport avec l'exercice normal de ses fonctions de médecin du travail. Et, dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail, et le cas échéant au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont établis et d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement.
3. En premier lieu, il est reproché à M. A d'avoir créé un blog en méconnaissance des règles fixées en matière informatique et dont le contenu porte atteinte à l'image du SPSTT.
4. Le requérant, qui conteste la matérialité des faits, soutient que le blog ainsi créé était d'accès restreint, peu fréquenté et qu'il ne portait pas atteinte à l'image du SPSTT dès lors qu'il n'en utilisait ni le nom ni le logo. Il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment des constats d'huissier, des captures d'écran et des témoignages recueillis par l'employeur, que l'accès à ce blog n'était pas restreint, que des documents de travail du SPSTT, portant son nom et son logo, y étaient publiés sans autorisation de celui-ci et que son utilisation était contraire aux consignes données en matière informatique, telles que fixées dans la charte graphique du service, interdisant la création de blog. Par ailleurs, la circonstance, invoquée par M. A, que d'autres médecins auraient également créé des blogs, est sans incidence. Enfin, il ressort des pièces du dossier que certains propos de la rubrique " Hotclub " de son blog, qui ne relèvent pas de la prévention des risques professionnels, présentent un contenu violent et sont associés au nom et au logo du SPSTT. Par suite, ces faits, dont la matérialité est établie, constituent des manquements aux obligations professionnelles de M. A et portent atteinte à l'image du SPSTT.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 4127-99 du code de la santé publique " Sauf cas d'urgence ou prévu par la loi, un médecin qui assure un service de médecine préventive pour le compte d'une collectivité n'a pas le droit d'y donner des soins curatifs. / Il doit adresser la personne qu'il a reconnue malade au médecin traitant ou à tout autre médecin désigné par celle-ci ".
6. Le requérant soutient que, contrairement à ce qui lui est reproché, il n'a pas prescrit d'arrêt de travail à une salariée d'une entreprise dont il assurait le suivi de la santé du personnel mais simplement procédé à une déclaration de maladie professionnelle et, qu'en tout état de cause, la prescription de cet arrêt de travail présentait un caractère urgent. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le document remis à la salariée considérée est effectivement un arrêt de travail et que cette dernière travaillait au sein d'une entreprise dans laquelle M. A assurait le suivi de la santé du personnel. L'urgence alléguée n'est en outre pas établie dès lors que ladite salariée bénéficiait par ailleurs d'un arrêt de travail délivré par son médecin généraliste, qu'elle pouvait à nouveau consulter le cas échéant. Dans ces conditions, l'autorité administrative n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que ces faits, dont la matérialité est établie, étaient constitutifs d'une faute. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. En troisième lieu, il ressort des nombreux témoignages circonstanciés produits à l'instance que, le 25 novembre 2019, M. A a refusé non seulement de recevoir un employeur qui avait tenté en vain de le joindre par téléphone et par messagerie électronique, mais aussi de répondre aux sollicitations de la secrétaire et de la gestionnaire des ressources humaines, intervenue pour aider sa collègue, les laissant seules gérer la situation. Il a par la suite reproché aux deux intéressées une gestion inadaptée de la situation et leur a indiqué qu'il préférait que ce soit elles, et non lui, qui soient exposées à la colère de l'usager, y compris en cas de violence physique. Un tel comportement, reconnu par M. A, présente un caractère fautif qui ne saurait être excusé ou minoré par son état dépressif, lequel n'est d'ailleurs pas établi par les pièces du dossier, et ce d'autant qu'en sa qualité de médecin du travail, il lui revient d'être sensibilisé aux risques psychosociaux et acteur principal de la prévention des risques au travail.
8. Il s'ensuit que l'ensemble des faits reprochés à M. A, et retenus par l'autorité administrative pour autoriser son licenciement, sont matériellement établis, lui sont directement imputables et, pris dans leur intégralité, sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le SPSTT, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions qu'il conteste.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre du ministre du travail, qui n'est pas partie perdante.
11. En revanche, en application de ces mêmes dispositions, il y a lieu de mettre à la charge de M. A le versement au SPSTT d'une somme de 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera au service paritaire de santé au travail du Tarn une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. Michel A, au service paritaire de santé au travail du Tarn et au ministre du travail.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Péan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.
La rapporteure,
V. JORDALa présidente,
S. CHERRIERLa greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au ministre du travail en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026