vendredi 22 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102717 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LONQUEUE - SAGALOVITSCH - EGLIE-RICHTERS ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mai 2021, M. B C, représenté par Me Marin, demande au tribunal :
1°) avant dire droit, d'ordonner une mesure d'expertise médicale à l'effet de procéder à l'évaluation de son état de santé antérieur à l'accident de service, à un examen clinique des antécédents ayant une incidence sur les lésions et séquelles imputables à son accident de service, à la fixation de la date de consolidation, à l'évaluation du déficit fonctionnel, du déficit fonctionnel permanent, du besoin d'assistance par tierce personne, des dépenses de santé futures, des pertes de gains professionnels futurs, de l'incidence professionnelle, des souffrances endurées, des préjudices esthétique temporaire et définitif et d'agrément, et des aggravations éventuelles ;
2°) d'annuler l'arrêté du 14 janvier 2021 par lequel le maire de la commune de Toulouse a reconnu que les arrêts de travail du 31 mars 2019 au 8 avril 2019 sont imputables à l'accident de service du 29 mars 2019 en tant qu'il a fixé la date de consolidation de son état de santé, sans taux d'incapacité permanente partielle, au 8 avril 2019 et a refusé la prise en charge des périodes de congé de maladie ultérieures au titre de cet accident de service, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 9 mars 2021 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse les entiers dépens de l'instance et la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que l'arrêté du 14 janvier 2021 est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation en tant qu'il fixe une date de consolidation de l'accident de service au 8 avril 2019, alors que les arrêts maladie entre le 9 avril 2019 et le 1er mars 2021 sont dus audit accident de service.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 janvier 2022, la commune de Toulouse, représentée par Me Lonqueue, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
La commune fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 21 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984,
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Quessette, rapporteur,
- les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique,
- et les observations de Me Marin, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, agent de maîtrise principal de la commune de Toulouse, a été victime d'un accident de service le 29 mars 2019, reconnu imputable au service par un arrêté du 3 juin 2019 du maire de la commune de Toulouse. Consécutivement à l'avis de la commission de réforme du 18 décembre 2020, le maire de Toulouse a estimé dans un arrêté du 14 janvier 2021 que les arrêts de travail du 31 mars 2019 au 8 avril 2019 sont imputables à l'accident de service du 29 mars 2019 et que l'état de santé de l'intéressé est consolidé à la date du 8 avril 2019 sans taux d'incapacité permanente partielle. Le 5 février 2021, l'intéressé a adressé un recours gracieux à la commune de Toulouse, qui a été rejeté le 9 mars 2021.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable au présent litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 58. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. C, victime d'un accident au genou droit sur son lieu de travail le 29 mars 2019, a fait l'objet d'une expertise médicale par un médecin rhumatologue agréé. Les conclusions de celui-ci en date du 7 novembre 2019 indiquent que l'accident de service dont a été victime le requérant le 29 mars 2019 est consolidé le 8 avril 2019 et que l'incapacité temporaire de travail s'est étendue du 31 mars 2019 au 8 avril 2019, avec une incapacité permanente partielle nulle. Ce même médecin a relevé dans ses conclusions l'existence d'un état antérieur. La commission de réforme, dans un avis du 18 décembre 2020, a émis un avis favorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu à M. C le 29 mars 2019, à la prise en charge au titre de cet accident des arrêts de travail du 31 mars 2019 au 8 avril 2019, et à ce que la date de consolidation de cette blessure soit fixée au 8 avril 2019, sans taux d'incapacité permanente partielle compte tenu d'un état antérieur majeur. Cet avis a été suivi par le maire de Toulouse dans l'arrêté contesté du 14 janvier 2021. Si le requérant verse aux débats, d'une part, un document du 23 avril 2019 rédigé par un médecin hospitalier du service de médecine du sport de l'hôpital Purpan indiquant qu'il souffre de son genou droit et que celui-ci est affecté par un épanchement, et d'autre part, un compte rendu de consultation du 21 mai 2019 établi par un médecin du même établissement public hospitalier qui mentionne " un contexte polyarthropatique avec en ce qui concerne le genou droit une arthrite sceptique qui a été traitée ", ces documents médicaux qui décrivent son ankylose du genou droit et les traitements qu'il reçoit, décrivent un état pathologique ancien du genou droit de l'intéressé et ne contiennent aucun élément de fait, constatations ou avis médical susceptibles de relier ces constatations médicales à l'accident du 29 mars 2019, le premier d'entre eux mentionnant d'ailleurs que ces symptômes sont apparus après " un effort de bricolage un peu plus important ". Il s'ensuit que ces documents ne sont pas susceptibles de remettre en cause l'avis de la commission de réforme et la décision attaquée quant à la date de consolidation de la blessure subie en service le 29 mars 2019. Par ailleurs, si le requérant soutient que la période de congé au titre de la maladie comprise entre le 9 avril 2019 et le 1er mars 2021 résulte de son accident de service du 29 mars 2019 et entend ainsi réclamer la reconnaissance de l'imputabilité au service de son état de santé au-delà de la date retenue par l'administration au 8 avril 2019, il ne ressort pas davantage des pièces produites par l'intéressé que cette situation, regrettable pour l'intéressé, serait une conséquence de l'accident de service. Il s'ensuit que les moyens tirés d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation invoqués à l'encontre de cette décision doivent être écartés comme infondés.
4. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 14 janvier 2021 par lequel le maire de la commune de Toulouse a reconnu que les arrêts de travail du 31 mars 2019 au 8 avril 2019 sont imputables à l'accident de service du 29 mars 2019 en tant qu'il a fixé la date de consolidation de son état de santé, sans taux d'incapacité permanente partielle, au 8 avril 2019 et a refusé la prise en charge des périodes de congé de maladie ultérieures au titre de cet accident de service, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 9 mars 2021. Sa demande doit donc être rejetée, ainsi que les conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les frais du litige :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Toulouse sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Toulouse au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 8 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
M. Quessette, premier conseiller,
Mme Lequeux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2024.
Le rapporteur,
L. QUESSETTE
Le président,
P. GRIMAUD La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026