mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102771 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | LAFFOURCADE-MOKKADEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire complémentaire et une pièce, enregistrés les 11 mai 2021, 28 mars 2023 et 26 février 2024, M. A C, représenté par Me Laffourcade Mokkadem demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 mars 2021, par lequel le garde de sceaux, ministre de la justice l'a révoqué de ses fonctions ;
2°) d'enjoindre au garde de sceaux, ministre de la justice de le réintégrer dans ses fonctions et de reconstituer sa carrière sur la période d'éviction, dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué méconnaît le principe du contradictoire et ses droits de la défense, dès lors que de nombreux éléments de son dossier individuel lui ont été communiqués tardivement, que le rapport de saisine du conseil de discipline ne précisait pas la sanction envisagée par l'autorité disciplinaire, que ses observations orales lors du conseil de discipline n'ont pas été fidèlement retranscrites, qu'il ne lui a pas été permis de relire l'avis du conseil de discipline, ni de le signer et que ses observations préalables n'ont pas été lues lors de la réunion du conseil de discipline ;
- il est entaché d'un vice de procédure du fait de l'irrégularité de la composition du conseil de discipline, dès lors que le nombre de représentant de l'administration était supérieur au nombre de représentants du personnel, que la composition du conseil n'était pas paritaire et que le procès-verbal du conseil de discipline ne mentionne pas la sortie de la salle du représentant de l'administration ;
- il est entaché d'inexactitude matérielles des faits, dès lors qu'il n'est pas démontré qu'il aurait enregistré les photographies contestées sur son ordinateur professionnel, et en tout état de cause, pas de manière intentionnelle ; la matérialité des faits de détention d'images pédopornographiques n'est pas établie, dès lors que la procédure pénale est en cours ;
- il n'est pas démontré que l'utilisation de sa clef USB personnelle sur son ordinateur professionnel a créé un risque informatique ; la note de service adressée aux directeurs territoriaux de la protection judiciaire et de la jeunesse sud le 25 mai 2012, accompagnée de la charte des utilisateurs du réseau privé virtuel justice est postérieure aux photographies et clichés qui semblent avoir été prises entre 2010 et 2012 ; il n'a pas été informé des obligations inhérentes à la charte des utilisateurs du réseau privé virtuel justice ; il ne lui a pas été demandé de signer cette charte ; au demeurant, cette charte n'interdit pas l'insertion de clefs USB personnelles ;
- la sanction est disproportionnée, dès lors qu'il a d'excellents états de service, qu'il n'a jamais été condamné, qu'il n'a jamais fait l'objet d'une sanction disciplinaire, qu'il ne constitue pas un danger pour les jeunes, ni pour quiconque, et qu'il n'a pas porté atteinte à l'image de son administration, dès lors qu'aucune publicité des faits n'a eu lieu.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 février 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 2018-703 du 3 août 2018 ;
- le décret n°84-961 du 25 octobre 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soddu, rapporteure ;
- les conclusions de Mme Nègre- Le Guillou, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Laffourcade Mokkadem, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, directeur des services de la protection judiciaire et de la jeunesse depuis le 3 septembre 2002, a été affecté au sein du service éducatif de l'établissement pénitentiaire pour mineurs (D B du 1er janvier 2012 au 31 mars 2018. Le 3 octobre 2019, le nouveau directeur du D B a alerté sa hiérarchie de la découverte sur son ordinateur professionnel, anciennement utilisé par M. C, de plus d'un millier de photographies pornographiques, de centaines de photographies de femmes adultes prises à leur insu dans l'espace public et de quatre photographies pédopornographiques. Aux termes de la procédure disciplinaire, par un arrêté du 15 mars 2021, le garde de sceaux, ministre de la justice a révoqué M. C de ses fonctions. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2 Aux termes de l'article 2 du décret du 25 octobre 1984 relatif à la procédure disciplinaire concernant les fonctionnaires de l'Etat : " L'organisme siégeant en conseil de discipline lorsque sa consultation est nécessaire, en application du second alinéa de l'article 19 de la loi susvisée du 13 juillet 1983, est saisi par un rapport émanant de l'autorité ayant pouvoir disciplinaire ou d'un chef de service déconcentré ayant reçu délégation de compétence à cet effet./ Ce rapport doit indiquer clairement les faits reprochés au fonctionnaire et préciser les circonstances dans lesquelles ils se sont produits ". Aux termes de l'article 5 de ce même décret : " Lorsque le conseil de discipline examine l'affaire au fond, son président porte, en début de séance, à la connaissance des membres du conseil les conditions dans lesquelles le fonctionnaire poursuivi et, le cas échéant, son ou ses défenseurs ont exercé leur droit à recevoir communication intégrale du dossier individuel et des documents annexes. / Le rapport établi par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire ou par un chef de service déconcentré ayant reçu délégation de compétence à cet effet et les observations écrites éventuellement présentées par le fonctionnaire sont lus en séance. /() ".
3. En application de ces dispositions, ainsi qu'en vertu du principe général des droits de la défense, le fonctionnaire qui fait l'objet d'une procédure disciplinaire doit être informé des faits qui lui sont reprochés et mis à même de demander la communication de son dossier. Toutefois, aucune disposition ne prévoit que le fonctionnaire poursuivi doive recevoir communication, avant la séance du conseil de discipline, du rapport de l'autorité ayant saisi l'instance disciplinaire.
4. En premier lieu, si M. C soutient que de nombreux éléments de son dossier individuel lui ont été communiqués tardivement, il ressort des pièces du dossier que le requérant a consulté son dossier individuel le 24 novembre 2020, que le 7 décembre 2020 soit quatre jours avant la tenue du conseil de discipline, le parquet du tribunal judiciaire de Toulouse a transmis des éléments à la direction de la protection judiciaire et de la jeunesse, qui lui ont été immédiatement communiqués, et qu'il ne démontre pas que les conditions de cette transmission l'auraient privé d'une garantie. Par suite, ce moyen doit être écarté.
5. En deuxième lieu, si M. C soutient que le rapport du conseil de discipline devait préciser la sanction envisagée par l'autorité hiérarchique, il ne résulte ni des dispositions précitées ni d'aucune disposition légale ou réglementaire que le rapport de saisine du conseil de discipline devrait comporter l'indication de la sanction encourue par le fonctionnaire faisant l'objet d'une procédure disciplinaire. Au demeurant, le requérant ne pouvait ignorer, en sa qualité de fonctionnaire de l'Etat, l'échelle des sanctions figurant à l'article 66 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique d'Etat. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'irrégularité sur ce point doit, être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité investie du pouvoir de nomination. / Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat () ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline () ". Aux termes de l'article 8 du décret du 25 octobre 1984 relatif à la procédure disciplinaire concernant les fonctionnaires de l'Etat : " Le conseil de discipline au vu des observations écrites produites devant lui et compte tenu, le cas échéant, des déclarations orales de l'intéressé et des témoins ainsi que des résultats de l'enquête à laquelle il a pu être procédé, émet un avis motivé sur les suites qui lui paraissent devoir être réservées à la procédure disciplinaire engagée. A cette fin, le président du conseil de discipline met aux voix la proposition de sanction la plus sévère parmi celles qui ont été exprimées lors du délibéré. Si cette proposition ne recueille pas l'accord de la majorité des membres présents, le président met aux voix les autres sanctions figurant dans l'échelle des sanctions disciplinaires en commençant par la plus sévère après la sanction proposée, jusqu'à ce que l'une d'elles recueille un tel accord. / Dans l'hypothèse où aucune des propositions soumises au conseil de discipline, y compris celle consistant à ne pas prononcer de sanction, n'obtient l'accord de la majorité des membres présents, le conseil est considéré comme ayant été consulté et ne s'étant prononcé en faveur d'aucune de ces propositions. Son président informe alors de cette situation l'autorité ayant pouvoir disciplinaire ".
7. La communication du rapport émanant de l'autorité ayant le pouvoir disciplinaire, en temps utile avant la séance, au fonctionnaire déféré devant le conseil de discipline et aux membres de celui-ci satisfait aux fins en vue desquelles sa lecture a été prévue par ces dispositions, et notamment au respect des droits de la défense. Ainsi, la lecture du rapport en séance ne peut être regardée, en elle-même, comme une garantie dont la seule méconnaissance suffirait à entacher d'illégalité la décision prise à l'issue de la procédure.
8. Si M. C soutient que ses observations écrites n'ont pas été lues lors de la réunion du conseil de discipline, la lecture du rapport en séance ne peut être regardée, en elle-même, comme une garantie dont la seule méconnaissance suffirait à entacher d'illégalité la décision prise à l'issue de la procédure. Au demeurant, M. C n'établit pas, ni même n'allègue, qu'il aurait été empêché de lire ses observations écrites, étant entendu que lesdites observations écrites ont été transmises à l'ensemble des membres du conseil de discipline le 9 décembre 2020 et que le requérant a formulé des observations orales lors de la réunion du conseil, comme en atteste le procès-verbal du conseil de discipline du 11 décembre 2020. Par ailleurs, si M. C soutient que les observations orales qu'il a présentées lors du conseil de discipline n'ont pas été fidèlement retranscrites, il n'apporte aucun élément à l'appui de cette allégation, alors qu'il ressort des pièces du dossier que le procès-verbal et l'avis du conseil de discipline ont été approuvés par la présidente, la secrétaire de séance, représentant l'administration et le secrétaire général adjoint, représentant du personnel. Enfin, si M. C soutient qu'il ne lui a pas été permis de relire l'avis du conseil de discipline, ni de le signer, il ne résulte d'aucune disposition légale ou réglementaire que l'avis du conseil de discipline devait être relu et signé par le requérant. Par suite, les moyens tirés de ce que l'arrêté attaqué aurait méconnu les droits de la défense du requérant et le principe du contradictoire, doivent être écartés.
9. En quatrième lieu, M. C soutient que la composition du conseil de discipline, est irrégulière au motif que le nombre de représentants de l'administration était supérieur au nombre de représentants du personnel, que la composition du conseil n'était pas paritaire et que le procès-verbal du conseil de discipline ne mentionne pas la sortie de la salle du représentant de l'administration. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le quorum était atteint, qu'une des représentantes du personnel a été excusée suite au refus de M. C qu'elle participe au conseil de discipline par visioconférence et que la présidente a donné congé à l'un des représentants de l'administration afin que le vote du conseil de discipline soit assuré par huit votants. De plus, il ressort des pièces du dossier, et n'est pas contesté par le requérant, que la parité au niveau de la convocation a été bien respectée, sachant que la présence effective en séance d'un nombre égal de représentants du personnel et de représentants de l'administration ne conditionne pas la régularité de la consultation du conseil de discipline. Alors même que le compte-rendu du conseil de discipline n'indique pas la sortie du représentant de l'administration, cette omission n'a privé le requérant d'aucune garantie. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la composition du conseil de discipline aurait été contraire aux règles de composition paritaire. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
10. Aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version applicable : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale ". Aux termes de l'article 66 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État, alors en vigueur : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes. / () Quatrième groupe : () la révocation ".
11. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire ne sont pas entachés d'inexactitude matérielle, s'ils constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
12. En l'espèce, il est reproché à M. C d'avoir enregistré sur son ordinateur professionnel plus d'un millier de photographies pornographiques, des centaines de photographies de femmes adultes prises à leur insu dans l'espace public et de quatre photographies pédopornographiques.
13. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment du compte-rendu d'audition des services de police judiciaire du 16 juin 2020 et du procès-verbal de discipline du 11 décembre 2020, que le requérant a reconnu que les photographies litigieuses présentes sur son ordinateur lui appartenaient, qu'il a utilisé ses supports professionnels pour consulter et sauvegarder du contenu à caractère pornographique, et a téléchargé lui-même l'ensemble des photographies. M. C soutient en revanche qu'il aurait par erreur transféré les photographies contestées de sa clef USB vers son ordinateur professionnel, alors qu'il souhaitait transférer des documents liés à sa carrière de son ordinateur professionnel vers sa clef USB et qu'il aurait stoppé immédiatement ce transfert dès qu'il se serait aperçu de son erreur. Il ressort des pièces du dossier que l'analyse informatique effectuée par le département informatique et télécommunication de la délégation inter-régionale du secrétariat général du ministère de la justice, a révélé, d'une part, la présence, sous forme de vignettes, de 1 290 images à caractère pornographiques dont 1 238 présentes et 52 effacées, d'autre part, le classement de ces photographies selon un ordre thématique et méthodique, enfin le transfert des étiquettes supportant les photographies sur l'ordinateur du requérant à l'occasion d'une restauration de sauvegarde lors du renouvellement de l'ordinateur du requérant, sans que, dans le cadre de ce formatage, aucune manipulation n'ait été effectuée par les services informatiques, l'agent ayant la responsabilité de réaliser lui-même ses sauvegardes. Dès lors, compte tenu du nombre de photographies concernées, de la méthodologie de classement, et en l'absence d'éléments probants permettant d'attester de la réalité d'une erreur de manipulation informatique, M. C n'est pas fondé soutenir que ces enregistrements auraient été réalisés fortuitement.
14. En deuxième, le requérant soutient qu'il ne peut lui être reproché d'avoir créé un risque informatique en utilisant sa clef USB personnelle sur son ordinateur professionnel, et qu'il n'était pas informé des risques inhérents à cet usage, la charte des utilisateurs du réseau privé virtuel justice, transmise par une note de service adressées aux directeurs territoriaux de la protection judiciaire et de la jeunesse sud le 25 mai 2012, étant postérieure à la date de prise des clichés et des photographies. Toutefois, M. C, en sa qualité de directeur du SEEMP, ne pouvait ignorer les menaces informatiques potentielles inhérentes à l'utilisation d'une clef USB personnelle sur un ordinateur professionnel et était tenu, compte tenu de son positionnement, d'avoir une attitude exemplaire. Par suite, ce moyen doit être écarté.
15. En troisième lieu, si le requérant conteste le caractère pornographique des photographies de femmes adultes concernées et leur nombre, le requérant indiquant qu'il s'agit essentiellement de clichés de stars en maillot de bain ou sous-vêtement, et dans une moindre mesure de quelques images érotiques, il ressort des pièces du dossier, comme il a été exposé au point 13, que les photographies concernées sont au nombre de 1 290 dont 52 effacées, et que la qualification de ces photographies est sans incidence sur la légalité de la décision, dès lors que la détention de telles photographies sur l'ordinateur professionnel du requérant est en tout état de cause incompatible avec les fonctions, le positionnement et les obligations professionnelles du requérant. Par suite, ce moyen doit être écarté.
16. En quatrième lieu, M. C soutient qu'il n'a pas été poursuivies pour les 671 clichés de femmes adultes pris à leur insu dans la rue, dès lors que loi du 3 août 2018 renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes est entrée en vigueur le 5 août 2018, soit postérieurement à la prise des clichés contestés, entre 2010 et 2012. Toutefois, la seule détention de ces clichés sur l'ordinateur professionnel du requérant est incompatible avec les fonctions, le positionnement et les obligations professionnelles du requérant. Par suite, ce moyen doit être écarté.
17. En cinquième lieu, M. C soutient que la matérialité des faits de détention d'images pédopornographiques n'est pas démontrée, et qu'il n'a pas été condamné pour ces faits et produit à l'appui de ses allégations l'arrêt de la cour d'appel de Toulouse du 6 septembre 2023, abandonnant les poursuites au seul motif qu'" il n'est () pas établi avec certitude que les photographies dont la détention est reprochée à A C sont la représentation d'une mineure ". Toutefois, la qualification de ces photographies est sans incidence sur la légalité de la décision, dès lors que la détention de telles photographies sur l'ordinateur professionnel du requérant est incompatible avec les fonctions, le positionnement et les obligations professionnelles du requérant. Par suite, ce moyen doit être écarté.
18. En sixième et dernier lieu, les faits constituent des manquements graves aux obligations professionnelles attendues d'un directeur de service de la protection judiciaire de la jeunesse, en charge de mineurs, notamment à son obligation de dignité et d'exemplarité, et à l'exercice de toutes fonctions de même niveau. Ils portent également atteinte à l'image du service public de la protection judiciaire et de la jeunesse, quand bien même, de tels agissement n'auraient pas fait l'objet d'un retentissement médiatique. Par suite, ces faits sont de nature à justifier une sanction.
19. Eu égard à la nature, à la gravité et au caractère répété des fautes commises, la sanction de révocation prise à l'encontre de M. C ne présente pas un caractère disproportionné, quand bien même le requérant a d'excellents états de service et ne présente pas d'antécédents judiciaires et disciplinaires. Par suite, le moyen tiré du caractère disproportionné de la sanction doit être écarté.
20. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 15 septembre 2020 prononçant sa révocation.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
21. Les conclusions à fin d'annulation de M. C étant rejetées, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
22. Les conclusions de M. C présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Molina-Andréo, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.
La rapporteure,
N. SODDU
La présidente,
B. MOLINA-ANDRÉO La greffière,
S. BALTIMORE
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026