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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2102797

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2102797

mardi 19 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2102797
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantDIALEKTIK AVOCATS AARPI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 mai et le 24 juin 2021, M. C B, représenté par Me Brel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2020 par lequel la préfète de l'Aveyron lui a retiré sa carte de résident d'une durée de dix ans ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Aveyron de lui restituer sa carte de résident dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre les dépens à la charge de l'Etat ainsi qu'une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;

- la préfète de l'Aveyron n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation ;

- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure, la préfète ne l'ayant pas invité à présenter ses observations, en violation de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète ne pouvant, pour fonder sa décision de retrait, tenir l'acte de naissance de la fille du requérant pour un faux sans avoir mis en œuvre la procédure d'inscription de faux prévue aux articles 303 à 316 du code de procédure civile ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur dans la qualification juridique des faits ;

- il est entaché d'un détournement de pouvoir ;

- il viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 juillet 2021, la préfète de l'Aveyron conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est tardive ;

- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 mai 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience en application de l'article L. 732-1 du code de justice administrative.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Douteaud ;

- et les observations de Me Bachet, substituant Me Brel, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant guinéen né le 1er janvier 1983, est entré en France le 23 mars 2016 selon ses déclarations. Il s'est vu délivrer le 5 juillet 2018 une carte de résident portant la mention " membre de famille de réfugié ", valable jusqu'au 4 juillet 2028. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2020 par lequel la préfète de l'Aveyron lui a retiré sa carte de résident.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 alinéa 1er du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. " Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. " L'article R. 321-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose, dans sa rédaction applicable : " Tout étranger, séjournant en France et astreint à la possession d'une autorisation de séjour d'une durée supérieure à un an, est tenu, lorsqu'il transfère le lieu de sa résidence effective et permanente, d'en faire la déclaration, dans les trois mois de son arrivée, à la préfecture territorialement compétente. "

3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué du 27 juillet 2020 a été notifié par courrier recommandé le 31 juillet 2020, au dernier domicile déclaré par M. B, auquel il a été présenté le 4 août 2020, et a été retourné à la préfecture de l'Aveyron revêtu de la mention " destinataire inconnu à l'adresse ". Les services préfectoraux ont procédé à une seconde notification de cet arrêté le 13 août 2020, par courrier recommandé adressé chez Mme A B, 8 rue du Petit Languedoc Résidence les platanes, logement 21, à Rodez. Ce second courrier, présenté le 14 août au domicile déclaré par le requérant, a également été retourné à la préfecture de l'Aveyron avec la mention " pli avisé non réclamé ". Dans ces conditions, l'arrêté attaqué, qui comportait la mention des voies et délais de recours, doit être regardé comme ayant été régulièrement notifié au plus tard à la date de sa seconde présentation, soit le 14 août 2020, sans que puisse y faire obstacle la déclaration de changement d'adresse effectuée postérieurement le 24 mars 2021 par M. B. Le délai de recours juridictionnel contre cet arrêté expirait donc, en application des dispositions précitées du code de justice administrative, le 15 octobre 2020. Dès lors, la requête de M. B, enregistrée au greffe du tribunal le 12 mai 2021, après l'expiration du délai de recours, est tardive.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée dans toutes ses conclusions, en ce compris celles aux fins d'injonction et d'astreinte et celles tendant à la charge des dépens et à l'application des dispositions de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Brel et au préfet de l'Aveyron.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Héry, présidente,

Mme Sarraute, première conseillère,

Mme Douteaud, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023.

La rapporteure,

S. DOUTEAUD

La présidente,

F. HÉRYLa greffière,

M-E. LATIF

La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef ;

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