LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2102875

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2102875

jeudi 30 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2102875
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantKOSSEVA-VENZAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 17 mai 2021, le 5 octobre 2021 et le 27 janvier 2022, complétés par des pièces enregistrées le 27 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Kosseva-Venzal, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 avril 2021 par lequel la préfète de l'Ariège a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jour, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retourner en France pendant pour une durée de 12 mois ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ariège de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " travailleur temporaire " ou " salarié ", à défaut, de réexaminer sa situation administrative en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d'ordonner son effacement du système d'information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

5°) subsidiairement, de surseoir à statuer le temps de la délivrance de son passeport, de la décision du Conseil d'Etat sur la demande d'avis relatif à la légalisation des actes d'état civil étrangers et de la décision du Conseil Constitutionnel sur la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée dans le cadre d'un recours contre le décret du 10 novembre 2020.

Il soutient que :

S'agissant du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire :

- les décisions contestées sont insuffisamment motivées au regard des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

S'agissant du refus de titre de séjour :

- la décision contestée méconnaît les articles 47 et 388 du code civil ; elle est entachée d'erreurs de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît l'article L.313-11 2° bis du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les articles L.313-14 et L.313-15 de ce code ;

- elle méconnaît l'article L.313-11 (7°) du même code ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision contestée est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;

S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :

- cette décision est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ;

S'agissant de la fixation du pays de renvoi :

- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est privée de base légale par suite de l'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense enregistrés le 19 juillet 2021 et le 7 janvier 2022, la préfète de l'Ariège conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 24 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 février 2023.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 novembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 ;

- le décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 ;

- le décret n°2020-1370 du 10 novembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Dans cette affaire, le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les observations de Me Kosseva-Venzal, représentant le requérant.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant guinéen, est entré en France selon ses déclarations en septembre 2017 et a été placé à l'aide sociale à l'enfance de l'Ariège le 19 janvier 2018 à l'âge déclaré de seize ans et un mois. Le 8 octobre 2019, il a sollicité un titre de séjour. Par arrêté du 16 avril 2021, la préfète de l'Ariège a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de renvoi et lui a interdit de retourner en France pour une durée de 12 mois. M. A demande l'annulation de cet arrêté et la délivrance d'un titre de séjour.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version alors applicable : " A titre exceptionnel et sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire prévue aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 portant la mention " salarié " ou la mention " travailleur temporaire " peut être délivrée, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, à l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle, sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Le respect de la condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigé ".

3. Lorsqu'il examine une demande de titre de séjour portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", présentée sur le fondement de ces dispositions dans le cadre de l'admission exceptionnelle au séjour, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public, qu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et dix-huit ans et qu'il justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle. Ce n'est que si ces conditions préalables sont remplies que le préfet, sous le contrôle juridictionnel de l'erreur manifeste, doit prendre en compte la situation de l'intéressé appréciée de façon globale au regard notamment du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française.

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 111-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies à l'article 47 du code civil". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ". Il résulte de ces dispositions que les actes d'état civil établis par une autorité étrangère dans les formes usitées dans ce pays bénéficient d'une présomption de validité. Cependant, la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Par ailleurs, aux termes du II de l'article 16 de la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme de la justice : " II. - Sauf engagement international contraire, tout acte public établi par une autorité étrangère et destiné à être produit en France doit être légalisé pour y produire effet. La légalisation est la formalité par laquelle est attestée la véracité de la signature, la qualité en laquelle le signataire de l'acte a agi et, le cas échéant, l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu. Un décret en Conseil d'État précise les actes publics concernés par le présent II et fixe les modalités de la légalisation ". À cet égard, le décret du 10 novembre 2020 relatif à la légalisation des actes publics établis par une autorité étrangère, applicable aux légalisations intervenues à compter du 1er janvier 2021, prévoit à son article 3 : " I. l'ambassadeur ou le chef de poste consulaire français peut légaliser : 1° Les actes publics émis par les autorités de son État de résidence, légalisés le cas échéant par l'autorité compétente de cet État () ". Toutefois, en vertu de l'article 4 de ce décret : " Par dérogation au 1° du I de l'article 3, peuvent être produits en France () : 1° Les actes publics émis par les autorités de l'État de résidence dans des conditions qui ne permettent manifestement pas à l'ambassadeur ou au chef de poste consulaire français d'en assurer la légalisation, sous réserve que ces actes aient été légalisés par l'ambassadeur ou le chef de poste consulaire de cet État en résidence en France. Le ministre des affaires étrangères rend publique la liste des États concernés () ". Il ressort de l'annexe 8 du tableau récapitulatif de l'état actuel du droit conventionnel en matière de légalisation que cette liste comprend notamment la République de Guinée.

5. Il ressort des pièces du dossier qu'à l'appui de sa demande de titre de séjour, pour justifier être né le 5 octobre 2001 et, partant, le fait qu'il avait moins de dix huit ans lors de sa prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance, M. A a produit un jugement supplétif n° 1641 tenant lieu d'acte de naissance, rendu le 7 novembre 2017 par le tribunal de première instance de Labe, justice de paix de Mali, un extrait n° 481 du registre de l'état civil du 8 novembre 2017 de la commune de Mali, portant transcription de ce jugement, ainsi que deux cartes d'identité consulaires, délivrées respectivement le 25 mars 2019 et le 1er mars 2021. Dans le cadre de la procédure devant le tribunal administratif, M. A a également produit un passeport, délivré le 29 novembre 2022 par les autorités guinéennes et, pour la première fois en appel, un certificat de naissance dressé le 6 juin 2022 par les autorités guinéennes. Ces différents documents mentionnent qu'il est né le 5 octobre 2001.

6. Pour contester la valeur probante du jugement supplétif, de l'extrait du registre de l'état civil et de la seconde carte d'identité consulaire, la préfète de l'Ariège s'est fondée sur le rapport d'examen technique et documentaire de la cellule fraude documentaire et à l'identité de la direction interdépartementale de la police aux frontières de Toulouse du 18 septembre 2020, lequel émet un avis défavorable quant à l'authenticité de ces documents. Ce rapport indique qu'ils ne comportent pas les sécurités de base, comme l'utilisation de papier fiduciaire ou de l'offset, de sorte qu'une simple imprimante suffit à les édicter, qu'ils n'ont pas été légalisés par les autorités françaises en poste en Guinée et que la transcription du jugement supplétif a eu lieu un jour seulement après le jugement alors que l'article 601 du code de procédure civile, économique et administrative guinéen impose un délai de dix jours.

7. Toutefois, en l'absence de tout élément sur les sécurités que les documents d'état-civil doivent comporter selon la législation guinéenne, la circonstance que ces derniers sont démunis de procédés d'impression sécurisés ne permet pas de démontrer qu'ils ne sont pas authentiques. Par ailleurs, si l'article 601 du code de procédure civile, économique et administrative guinéen prévoit que " le délai de recours par une voie ordinaire est de dix jours en matière contentieuse comme en matière gracieuse. L'inobservation de ce délai emporte déchéance et court du jour du jugement, si celui-ci est contradictoire ou du jour de la notification si le jugement est rendu par défaut ", ce code contient, en sa troisième partie, des dispositions particulières à certaines matières, notamment sur " Les personnes " et plus particulièrement sur les actes de l'état civil, aux articles 889 et suivants. Selon l'article 899 de ce code : " Toute décision dont la transcription ou la mention sur les registres de l'état civil est ordonnée, doit énoncer, dans son dispositif, les noms, prénoms des parties ainsi que, selon le cas, le lieu où la transcription doit être faite ou les lieux et dates des actes en marge desquels la mention doit être portée. Seul le dispositif de la décision est transmis au dépositaire des registres de l'état civil. Les transcription et mention du dispositif sont aussitôt opérées. ". Cet article prévoyant ainsi la transcription immédiate du dispositif des jugements supplétifs d'actes de naissance sur les registres d'état civil, leur transcription avant l'expiration du délai d'appel n'est pas de nature à établir leur caractère irrégulier, frauduleux ou erroné. En outre, le jugement supplétif et l'extrait de registre d'état civil ont fait l'objet d'une légalisation, le 1er décembre 2021, par l'ambassade de Guinée à Paris. Si la préfète soutient que seul le ministère des affaires étrangères guinéen serait compétent pour effectuer une telle légalisation, la note administrative qu'elle invoque comme fondement de cette règle ne saurait prévaloir sur les dispositions de l'article 4 du décret du 10 novembre 2020, en vigueur jusqu'au 31 décembre 2022, qui prévoit la compétence en la matière de l'ambassadeur ou chef de poste consulaire du pays étranger en France. Bien que postérieure à l'arrêté attaqué, cette dernière légalisation doit être prise en compte pour apprécier la légalité de l'arrêté en ce qu'elle révèle des faits qui lui sont antérieurs. Dans ses mémoires en défense, la préfète de l'Ariège fait valoir que le jugement supplétif et l'extrait du registre d'état-civil ne sont pas conformes à l'article 175 du code civil guinéen, que la Guinée connaît une fraude massive à l'état-civil, que le jugement a été rendu sur la requête d'un tiers dont le lien avec le requérant est inconnu et dans le délai de deux jours trop court pour permettre une véritable vérification. Toutefois, ces motifs ne sont pas invoqués dans l'arrêté attaqué. En tout état de cause, il ne résulte pas des dispositions de l'article 175 du code civil guinéen que la mention des prénoms, âges, profession et domicile des père et mère, imposée sur les actes de naissance, soient obligatoires pour les jugements suppléant à un tel acte, qui relèvent des dispositions de l'article 193 du même code, dont aucune disposition n'impose en outre qu'il soit accompagné d'une photographie d'identité. Il ressort par ailleurs des termes du jugement lui-même que celui-ci a été rendu à la requête de la mère de M. A. Enfin la circonstance que la requête ait été présentée le 5 novembre et le jugement rendu le 7 novembre ne permet pas de démontrer que ce jugement serait falsifié ou erroné ; il en est de même du constat global selon lequel l'état-civil guinéen ferait l'objet d'une fraude généralisée. Dans ces conditions, les éléments sur lesquels la préfète de l'Ariège s'est fondée sont insuffisants pour renverser la présomption de validité des actes d'état-civil produits par M. A. Le refus de titre de séjour opposé à M. A au motif qu'il ne justifierait pas de son état-civil est ainsi entaché d'une erreur de droit.

8. Compte tenu de ce qui précède, le requérant doit être regardé comme ayant été confié à l'aide sociale à l'enfance avant l'âge de 18 ans. Pour refuser de délivrer à M. A un titre de séjour sur ce fondement, la préfète de l'Ariège s'est fondée en outre sur le fait que son comportement constituerait une menace pour l'ordre public et sur le fait qu'il aurait toujours des liens avec sa mère restée en Guinée. Toutefois, d'une part, il ressort des pièces du dossier que M. A a été convoqué en tant que témoin dans le cadre d'une audition libre, le 4 décembre 2020 pour une affaire délictuelle le concernant, et qu'aucune poursuite pénale ou civile n'en a résulté, alors que les attestations de sa famille d'accueil, du responsable pédagogique et du professeur de cuisine du centre de formation, de son employeur actuel et d'une de ses collègues décrivent un jeune homme vaillant, discret, volontaire, respectueux, qui s'est bien intégré au collectif de travail, et que le service de l'aide sociale à l'enfance atteste qu'il n'a causé aucun problème ni aucun incident au cours de sa prise en charge. D'autre part, la seule circonstance que la mère de M. A, ait, en novembre 2017, introduit une requête afin d'obtenir un jugement supplétif d'acte de naissance pour son fils ne suffit pas à établir l'existence et le maintien de liens, ni le degré de leur intensité, depuis le départ de celui-ci pour la France. En refusant pour ces deux motifs de délivrer un titre de séjour à M. A, la préfète de l'Ariège a également entaché sa décision d'une erreur d'appréciation et d'une erreur manifeste d'appréciation.

9. Il résulte de tout ce qui précède que la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour à M. A doit être annulée, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête. L'obligation de quitter le territoire, la décision fixant le pays de renvoi, ainsi que l'interdiction de retour sur le territoire français doivent par voie de conséquence être également annulées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

10. Les motifs d'annulation retenus n'impliquent pas nécessairement qu'un titre de séjour soit délivré à M. A, dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que ce dernier remplisse effectivement les conditions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour se voir délivrer un titre de séjour sur ce fondement. Ils impliquent en revanche que la préfète de l'Ariège réexamine sa situation. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

11. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'alinéa 2 de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser Me Kosseva-Venzal, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 16 avril 2021 de la préfète de l'Ariège est annulé.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Ariège de réexaminer la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à Me Kosseva-Venzal, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Kosseva-Venzal et à la préfète de l'Ariège.

Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Katz, président,

Mme C, magistrate honoraire,

Mme Péan, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.

La rapporteure,

C. C

Le président,

D. KATZ

Le greffier,

B. ROETS

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ariège en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

la greffière en chef,

ou par délégation, le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions