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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2102881

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2102881

jeudi 20 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2102881
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantMASCARAS - CERESIANI - LES AVOCATS ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 mai 2021, Mme A C, veuve D, représentée par Me Mascaras, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 18 mars 2021 par laquelle l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) a rejeté sa demande d'attribution d'une allocation viagère et d'une allocation en qualité de veuve de harki ;

2°) d'enjoindre à l'ONACVG de lui verser les allocations demandées ;

3°) de mettre à la charge de l'ONACVG le paiement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que certains services départementaux de l'ONACVG ont fait preuve de souplesse et versé rétroactivement les pensions dues, contrairement au bureau central des rapatriés d'Agen, et que cette différence de traitement est constitutive d'une rupture d'égalité dans le traitement de ces dossiers.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2021, l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 61-1439 du 26 décembre 1961 ;

- la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 ;

- la loi n° 2013-1168 du 18 décembre 2013 ;

- la loi n° 2015-1785 du 29 décembre 2015 de finances pour 2016, notamment son article 133 ;

- la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 ;

- la loi n° 2022-229 du 23 février 2022 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- et les conclusions de M. Farges, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C est la veuve de M. E D, décédé le 29 octobre 1992 à Moissac (Tarn-et-Garonne), qui avait la qualité de rapatrié au sens de la loi du 26 décembre 1961 relative à l'accueil et à la réinstallation des Français d'outre-mer. Par deux courriers du 26 février 2021, Mme C a sollicité auprès du bureau central des rapatriés de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) une demande d'allocation viagère ainsi qu'une demande de reconnaissance. Par une décision du 18 mars 2021, l'ONACVG a rejeté ces deux demandes au motif qu'elles avaient été formulées hors des délais prescrits par la loi. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de cette décision et le versement de ces deux allocations.

2. D'une part, aux termes de l'article 133 de la loi du 29 décembre 2015 de finances pour 2016, modifiée par la loi du 28 décembre 2018, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " I.- Une allocation viagère d'un montant annuel qui ne peut être inférieur à 4 109 € à compter du 1er janvier 2019 est instituée au profit des conjoints et ex-conjoints, mariés ou ayant conclu un pacte civil de solidarité, survivants de harkis, moghaznis et personnels des autres formations supplétives de statut civil de droit local ayant servi en Algérie qui ont fixé leur domicile en France. () II.- Les demandes d'attribution de l'allocation prévue au I présentées par les conjoints et ex-conjoints survivants d'anciens membres des formations supplétives décédés avant la date d'entrée en vigueur du présent article sont recevables, dans le respect des conditions mentionnées aux 1° et 2° du I, jusqu'au 31 décembre 2016. () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 5 de la loi du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés : " 1° Des anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local ayant servi en Algérie, qui ont fixé leur domicile en France ; / 2° Aux conjoints ou ex-conjoints survivants, non remariés ou n'ayant pas conclu de pacte civil de solidarité, des personnes mentionnées au 1°. / II.- La perception de l'allocation de reconnaissance peut prendre la forme, au choix du bénéficiaire : / 1° D'une rente viagère dont le montant annuel ne peut être inférieur à 4 109 € à compter du 1er janvier 2019 ; / 2° D'un capital de 20 000 € et d'un complément de capital sous la forme d'une rente viagère dont le montant annuel ne peut être inférieur à 2 987 € à compter du 1er janvier 2019 ; / 3° D'un capital de 30 000 €. () " Et aux termes du III de l'article 52 de la loi du 18 décembre 2013 relative à la programmation militaire pour les années 2014 à 2019 et portant diverses dispositions concernant la défense et la sécurité nationale : " La demande de bénéfice de l'allocation de reconnaissance prévue à l'article 6 de la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés est présentée dans un délai d'un an suivant l'entrée en vigueur de la présente loi. "

4. Il résulte des dispositions susmentionnées que l'allocation viagère prévue par la loi du 29 décembre 2015 précitée pouvait être sollicitée jusqu'au 31 décembre 2016, tandis que l'allocation de reconnaissance prévue par la loi du 23 février 2005 précitée pouvait l'être jusqu'au 19 décembre 2014.

5. Il est constant que Mme C a sollicité ces allocations par des courriers en date du 26 février 2021, postérieurement aux délais de forclusion respectivement prévus par les dispositions légales susmentionnées. A cet égard, si elle allègue que certains bureaux de l'ONACVG auraient attribué certaines allocations en dépit de la tardiveté de leur demande, cette circonstance, qui ne saurait au demeurant être établie par la seule question écrite d'un député, est sans incidence sur la légalité du refus de l'ONACVG de lui accorder les allocations sollicitées, en toute hypothèse. En revanche, il lui est loisible, si elle s'y croit fondée, de saisir l'ONACVG d'une nouvelle demande en se prévalant de la rédaction de l'article 133 de la loi du 29 décembre 2015 dans sa rédaction issue de la loi du 23 février 2022 susvisée.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme C tendant à l'annulation de la décision de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre du 18 mars 2021 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, veuve D et au ministre des armées.

Copie en sera adressée à l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre.

Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Sorin, président,

M. Hecht, premier conseiller,

Mme Pétri, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.

Le rapporteur,

S. B

Le président,

T. SORINLa greffière,

F. LE GUIELLAN

La République mande et ordonne au ministre des armées, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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