jeudi 27 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102887 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DUJARDIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en production de pièces enregistrés le 17 mai 2021 et le 11 juin 2021, M. C G, représenté par Me Dujardin, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 mai 2021 par lequel la préfète du Tarn a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Tarn de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, et à défaut d'aide juridictionnelle totale, mettre à la charge de l'Etat la même somme au seul visa de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement du 25 juin 2021, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif a renvoyé à une formation collégiale les conclusions à fin d'annulation du refus de délivrance d'un titre de séjour et rejeté le surplus des conclusions de la requête.
A l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour, M. G soutient que cette décision :
- est prise par un signataire incompétent ;
- est insuffisamment motivée et méconnait à ce titre les dispositions de l'article L. 211-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce qui révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- méconnait les stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 octobre 1968 ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à la situation personnelle et familiale du requérant, et quant aux conséquences que cette décision emporterait pour sa situation personnelle ;
- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- méconnait l'intérêt supérieur de son enfant, E G, tel que garanti par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par des mémoires en défense enregistrés le 21 mai 2021 et le 27 mai 2021, la préfète du Tarn conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 8 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 23 août 2022.
M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C F, ressortissant algérien né le 30 juin 1995, est entré en France en le 24 août 2014 muni d'un passeport revêtu d'un visa court séjour. Le 20 février 2016, il a épousé Mme H, ressortissante algérienne née le 14 novembre 1995 résidant en France sous couvert d'une carte de résident et avec qui il a une fille, E G, née le 22 janvier 2016. Il a sollicité le 13 juin 2017 une demande de titre de séjour sur le fondement du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 octobre 1968, pour laquelle il a reçu une décision implicite de refus. Il a alors formé un recours contre cette décision devant le tribunal administratif de Toulouse, lequel a, par un jugement du 25 novembre 2019, annulé ladite décision et enjoint le préfet du Tarn à lui délivrer un titre de séjour. Il a fait l'objet d'une première condamnation de dix mois d'emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans pour violence habituelles sur sa compagne, le 4 juin 2020, puis d'une seconde condamnation en récidive de quinze mois de prison dont cinq avec sursis, le 9 mars 2021. Par un arrêté du 5 mai 2021, la préfète du Tarn, a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par sa requête, M. G demande l'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, par l'arrêté n°81-2021-04-30-00002 du 30 avril 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, la préfète du Tarn a donné à M. D B, sous-préfet directeur de cabinet de la préfète du Tarn, délégation à l'effet de signer tous les actes relevant des attributions de l'Etat dans le département et notamment tous les actes, demandes et requêtes pris en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise par une autorité incompétente doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte l'ensemble des considérations de droit et de faits qui en constituent le fondement. En outre la circonstance que le requérant ne partage pas les appréciations de l'administration contenues dans cette motivation ne saurait, à elle seule, démontrer une absence d'examen réel et sérieux de la situation de l'intéressé. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen suffisant de la situation personnelle du requérant doivent être écartés.
5. En troisième lieu, aux termes des stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : 5°) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ". Ces stipulations ne privent toutefois pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien la délivrance d'un certificat de résidence d'un an lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public.
6. En l'espèce, M. G fait valoir qu'il est entré régulièrement en France le 24 août 2014, qu'il entretient une relation durable et stable avec une compatriote titulaire d'un certificat de résidence de dix ans, avec qui il a eu un enfant, né le 22 janvier 2016 à Albi. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la vie commune entre M. G et la mère de son enfant a cessé en raison des violences qu'il a exercées sur celle-ci, violences pour lesquelles il d'ailleurs a été condamné à une peine d'emprisonnement. En outre, si le requérant produit au soutien de sa requête, des attestations de ses proches, ces éléments seuls ne sauraient justifier qu'il participe effectivement à l'entretien et à l'éducation de sa fille. Il résulte de ce qui précède, et compte tenu des conditions de séjour de l'intéressé, la préfète du Tarn n'a pas méconnu les stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien, ni porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la préfète du Tarn n'a pas davantage commis d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.
7. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6 du présent jugement, la décision portant refus de titre de séjour ne méconnait pas l'intérêt supérieur de l'enfant de M. G tel que garanti par l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Ce moyen doit par conséquent être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. G doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. G est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. C G, à Me Dujardin et au préfet du Tarn.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Péan, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.
L'assesseure la plus ancienne
V. JORDA
Le président-rapporteur,
D. ALa greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
N°2102887
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026