mardi 28 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102956 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | FERNANDEZ-BEGAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 mai 2021, Mme C A, représentée par Me Amalric-Zermati, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 septembre 2020 par laquelle la directrice de l'école nationale vétérinaire de Toulouse a refusé de lui renouveler son contrat de travail à durée déterminée du 1er janvier 2018 ;
2°) d'annuler la décision du 24 mars 2021 par laquelle l'école nationale vétérinaire de Toulouse a rejeté sa demande du 23 février 2021 tendant à la requalification de ses contrats de travail à durée déterminée en contrat de travail à durée indéterminée. ;
3°) d'enjoindre à l'école nationale vétérinaire de Toulouse de requalifier ses contrats à durée déterminée (CDD) en contrat à durée indéterminée (CDI) et de la réintégrer dans ses fonctions ;
4°) de condamner l'école nationale vétérinaire de Toulouse à lui verser la somme globale de 11 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi du fait du non renouvellement de son contrat de travail à durée déterminée et du harcèlement moral et sexuel dont elle soutient avoir été victime.
Elle doit être regardée comme soutenant que :
- sa requête est recevable ;
- elle a intérêt à agir ;
- la décision de non renouvellement de son contrat à durée déterminée est entachée d'un défaut de motivation ;
- l'absence de requalification de ses contrats de travail à durée déterminée en contrat de travail à durée indéterminée est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation ;
- son licenciement n'est pas justifié ;
- le préjudice moral qu'elle a subi, suite à la rupture de son contrat de travail, et au harcèlement moral et sexuel dont elle a été victime, s'élève à la somme globale de 11 000 euros ;
- la protection fonctionnelle est due aux agents victimes de harcèlement moral.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2021, l'école nationale vétérinaire de Toulouse, représentée par Me Fernandez-Begault, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions indemnitaires présentées au titre de la réparation du préjudice moral du fait du harcèlement sexuel sont irrecevables, faute de liaison du contentieux ;
- les autres moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 2012-347 du 12 mars 2012 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soddu, rapporteure ;
- les conclusions de Mme Nègre- Le Guillou, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Amalric-Zermati, représentant Mme A et de Me Denilauler, substituant Me Fernandez-Begault, représentant l'école nationale vétérinaire de Toulouse.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A a été recrutée par l'école nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT), par plusieurs contrats à durée déterminée, d'une part, en qualité d'agent contractuel de catégorie C sur la période du 2 juin 2009 au 31 décembre 2014, et d'autre part, en qualité d'agent contractuel de catégorie A, sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2020. Par un courrier du 24 septembre 2020, l'ENVT l'a informée du non renouvellement de son contrat à durée déterminée. Par une décision du 24 mars 2021, la directrice de l'ENVT a rejeté le recours gracieux formé par Mme A le 23 février 2021 tendant à la requalification de son contrat de travail en contrat à durée indéterminée et à l'indemnisation du préjudice moral au titre de la rupture de son contrat de travail et du harcèlement moral. Par sa requête, Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal, d'annuler la décision du 24 septembre 2020 par laquelle la directrice de l'ENVT a refusé de lui renouveler son contrat de travail à durée déterminée du 1er janvier 2018 et la décision du 24 mars 2021 par laquelle l'ENVT a rejeté sa demande du 23 février 2021 tendant à la requalification de ses contrats de travail à durée déterminée en contrat de travail à durée indéterminée, d'enjoindre à l'ENVT de requalifier ses contrats à durée déterminée (CDD) en contrat à durée indéterminée (CDI) et de la réintégrer dans ses fonctions, ainsi que de condamner l'ENVT à lui verser la somme globale de 11 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi du fait du non renouvellement de son contrat de travail et du harcèlement moral et sexuel dont elle aurait été victime.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 2° Infligent une sanction ; ".
3. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie pas d'un droit au renouvellement de son contrat. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent. Dès lors qu'elles sont de nature à caractériser un intérêt du service justifiant le non renouvellement du contrat, la circonstance que des considérations relatives à la personne de l'agent soient par ailleurs susceptibles de justifier une sanction disciplinaire ne fait pas obstacle, par elle-même, à ce qu'une décision de non renouvellement du contrat soit légalement prise, pourvu que l'intéressé ait alors été mis à même de faire valoir ses observations.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a été recrutée par plusieurs contrats à durée déterminée, d'une part, en qualité d'agent contractuel de catégorie C sur la période du 2 juin 2009 au 31 décembre 2014, et d'autre part, en qualité d'agent contractuel de catégorie A, sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2020 pour faire face à un besoin occasionnel ou à un accroissement temporaire d'activité. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision de la directrice de l'ENVT de ne pas renouveler le contrat de travail de Mme A, justifiée par l'intérêt du service, constituerait une mesure disciplinaire. Par suite, Mme A ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration pour soutenir que la décision contestée serait dépourvue de motivation.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 bis de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa version en vigueur du 12 mars 2020 au 1er mars 2022 : " Tout contrat conclu ou renouvelé en application des mêmes articles 4 et 6 avec un agent qui justifie d'une durée de services publics de six ans dans des fonctions relevant de la même catégorie hiérarchique est conclu, par une décision expresse, pour une durée indéterminée./ La durée de six ans mentionnée au quatrième alinéa du présent article est comptabilisée au titre de l'ensemble des services effectués dans des emplois occupés en application des articles 4, 6, 6 quater, 6 quinquies et 6 sexies. Elle doit avoir été accomplie dans sa totalité auprès du même département ministériel, de la même autorité publique ou du même établissement public. () / Lorsqu'un agent atteint l'ancienneté mentionnée aux quatrième à sixième alinéas du présent article avant l'échéance de son contrat en cours, celui-ci est réputé être conclu à durée indéterminée. L'autorité d'emploi lui adresse une proposition d'avenant confirmant cette nouvelle nature du contrat. En cas de refus par l'agent de l'avenant proposé, l'agent est maintenu en fonctions jusqu'au terme du contrat à durée déterminée en cours ". Aux termes de l'article 13 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires: " Les corps et cadres d'emplois de fonctionnaires sont répartis en trois catégories désignées, dans l'ordre hiérarchique décroissant, par les lettres A, B et C. () ".
6. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires ayant conduit à l'adoption de la loi du 12 mars 2012, qu'un agent contractuel de l'Etat peut bénéficier d'un contrat à durée indéterminée lorsqu'il justifie d'une durée de services de six ans, accomplie dans sa totalité auprès du même département ministériel, de la même autorité publique ou du même établissement public, dans des fonctions relevant d'une même catégorie hiérarchique A, B ou C au sens de l'article 13 de la loi du 13 juillet 1983 modifiée. Lorsque les contrats successifs de l'agent mentionnent, s'agissant de l'emploi qu'il occupe, des appellations et références catégorielles différentes, il peut néanmoins bénéficier d'un contrat à durée indéterminée s'il est établi qu'il a en réalité exercé, en dépit des indications figurant sur les contrats, des fonctions identiques pendant la durée de services requise.
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a été recrutée par l'ENVT à compter du 2 juin 2009, ainsi qu'il a été exposé au point 1 du présent jugement, d'une part, en qualité d'agent contractuel de catégorie C sur la période du 2 juin 2009 au 31 décembre 2014, et d'autre part, en qualité d'agent contractuel de catégorie A, sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2020. A compter du 2 juin 2009, et jusqu'au 31 décembre 2014, soit pendant une période inférieure à six ans, Mme A a exercé de manière continue sous réserve d'interruptions entre deux contrats n'excédant pas quatre mois, au vu des différents contrats de travail à durée déterminée, des fonctions d'agent contractuel de catégorie C au service de pathologie du bétail de l'ENAC ou d'agent contractuel de catégorie C en animalerie confinée de l'UMR ENVT-INRA interactions hôtes-agents pathogènes à l'ENAC. Il ressort également des pièces du dossier que Mme A a ensuite été recrutée sur des fonctions d'agent contractuel de catégorie A du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2020, donc sur une période d'une durée de six ans, en qualité d'assistante en expérimentation et en gestion d'élevage expérimental au service de pathologie du bétail de l'ENAC. Dès lors, si Mme A justifie d'une durée de service de six ans dans des fonctions relevant d'une même catégorie hiérarchique, à savoir la catégorie A, cette durée de six ans a toutefois été atteinte à l'échéance de son dernier contrat et non pas durant l'exécution de ce contrat. De plus, il n'est pas établi que les postes occupés par Mme A en qualité d'agent contractuel de catégorie C et A présentaient des fonctions identiques pendant la durée de services requise. Dans ces conditions, dans la mesure où le contrat de Mme A est arrivé à échéance le jour où sa durée de service atteignait les six ans, elle n'était pas en droit d'en demander la requalification. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit ou d'une erreur d'appréciation.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 24 septembre 2020 par laquelle la directrice de l'ENVT a refusé de lui renouveler son contrat de travail à durée déterminée du 1er janvier 2018 et de la décision du 24 mars 2021 par laquelle l'ENVT a rejeté sa demande du 23 février 2021 tendant à la requalification de ses contrats de travail à durée déterminée en contrat de travail à durée indéterminée. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme A doivent également être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le préjudice moral résultant de la rupture de son contrat de travail :
9. Il résulte de l'instruction, comme il a été exposé au point 7, qu'à l'échéance de son contrat au 31 décembre 2018, Mme A n'avait pas accompli son service pendant une durée supérieure à six ans, sans interruption supérieure à quatre mois, dans des fonctions devant être regardées comme identiques. Dans ces conditions, l'ENVT n'a pas commis d'illégalité fautive, d'une part, en refusant le renouvellement de son contrat à durée déterminée, et d'autre part, en refusant de faire droit à sa demande de requalification de ses contrats à durée déterminée en contrat à durée indéterminée. Par suite, la demande d'indemnisation de ce chef de préjudice doit être rejetée.
En ce qui concerne le préjudice moral résultant du harcèlement moral et sexuel :
10. D'une part, aux termes de l'article 6 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version en vigueur du 12 mars 2020 au 1er mars 2022 : " Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leur sexe. Aucun fonctionnaire ne doit subir d'agissement sexiste, défini comme tout agissement lié au sexe d'une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant () ". Aux termes de l'article 6 ter de cette même loi : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les faits : a) Soit de harcèlement sexuel, constitué par des propos ou comportements à connotation sexuelle répétés qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ; b) Soit assimilés au harcèlement sexuel, consistant en toute forme de pression grave, même non répétée, exercée dans le but réel ou apparent d'obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l'auteur des faits ou au profit d'un tiers () ".
11. Il résulte de ces dispositions que sont constitutifs de harcèlement sexuel des propos ou des comportements à connotation sexuelle, répétés ou même, lorsqu'ils atteignent un certain degré de gravité, non répétés, tenus dans le cadre ou à l'occasion du service, non désirés par celui ou celle qui en est destinataire et ayant pour objet ou pour effet soit de porter atteinte à sa dignité, soit, notamment lorsqu'ils sont le fait d'un supérieur hiérarchique ou d'une personne qu'elle pense susceptible d'avoir une influence sur ses conditions de travail ou le déroulement de sa carrière, de créer à l'encontre de la victime, une situation intimidante, hostile ou offensante.
12. D'autre part, aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel () ".
13. Il résulte de ces dispositions que le harcèlement moral est constitué, indépendamment de l'intention de son auteur, dès lors que sont caractérisés des agissements répétés ayant pour effet une dégradation des conditions de travail susceptibles de porter atteinte aux droits et à la dignité de l'agent, d'altérer sa santé ou de compromettre son avenir professionnel.
14. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime de discriminations ou d'agissements constitutifs de harcèlement, notamment lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Le préjudice résultant de ces agissements pour l'agent victime doit alors être intégralement réparé.
15. Pour faire présumer de l'existence d'un harcèlement moral et sexuel à son encontre, Mme A soutient, d'une part, que son supérieur hiérarchique, sur une période de 2010 à 2017, a eu un comportement déplacé et des gestes inopportuns à son égard ainsi qu'envers d'autres personnels féminins du service animalerie au sein duquel elle travaillait en qualité de contractuelle, notamment des faits de voyeurisme dans les vestiaires, des propos désobligeants et blessants sur le physique, des comportements déplacés, que ces agissements se sont amplifiés durant sa grossesse, qu'aucune des recommandations mentionnées par la médecine du travail en lien avec sa grossesse n'ont été mises en œuvre, notamment en ce qui concerne la diminution du port de charge ou les consignes d'aménagement d'horaires, et qu'elle a été placée en arrêt maladie en novembre 2016 pour dépression du fait de ces évènements. Elle soutient, d'autre part, que la décision de non renouvellement de son contrat à durée déterminée est la conséquence du signalement qu'elle a adressée à son administration le 29 janvier 2018. Enfin, elle soutient que, malgré le signalement qui a été adressé à la direction de l'ENVT le 29 janvier 2018, son responsable hiérarchique n'a pas été démis de ses fonctions.
16. D'une part, il résulte de l'instruction que suite au signalement du 29 janvier 2018, l'ensemble des agents signataires du courrier de signalement ont été reçus en présence des organisations syndicales et l'auteur présumé des faits a été affecté à un autre emploi sans lien direct, hiérarchique, ni fonctionnel. Par ailleurs, l'ENVT a mandaté un cabinet d'audit spécialisé dans les ressources humaines dont le rapport a été présenté au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de l'établissement, le 12 septembre 2018. Enfin, l'enquête administrative menée n'a pas permis d'établir la réalité des faits dénoncés, ni de caractériser l'existence d'une situation de harcèlement. Dans ces conditions, et alors même que les faits invoqués par la requérante sont susceptibles de faire présumer de l'existence d'un harcèlement à son encontre, ils ne sont pas de nature à caractériser la responsabilité fautive de l'ENVT, dès lors que les mesures nécessaires ont été prises afin de faire cesser cette situation de harcèlement.
17. D'autre part, il n'est pas établi que le non renouvellement du contrat à durée déterminée de Mme A, qui arrivait à échéance au 31 décembre 2020, soit presque plus de deux ans après le renouvellement de son contrat, serait en rapport avec le signalement effectué le 29 janvier 2018. Dans ces conditions, le non renouvellement du contrat à durée déterminée de Mme A n'apparaît pas constitutif de faits de harcèlement moral.
18. Enfin, à supposer que Mme A ait entendu se prévaloir du fait qu'elle n'a pas pu bénéficier de la protection fonctionnelle qui est due aux agents victimes de harcèlement moral et sexuel, il ne résulte pas de l'instruction que la requérante ait déposé une demande en ce sens auprès de son administration.
19. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à solliciter l'engagement de la responsabilité de l'ENVT sur le fondement de la responsabilité pour faute.
Sur les frais du litige :
20. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
21. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par l'ENVT au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'école nationale vétérinaire de Toulouse présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à l'école nationale vétérinaire de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Molina-Andréo, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2024.
La rapporteure,
N. SODDU
La présidente,
B. MOLINA-ANDRÉO La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026