jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2103061 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | D'AVOCATS FLINT-SANSON-SAINT GENIEST |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 25 mai 2021, 25 novembre 2021 et 12 janvier 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 3 juin 2021, M. D et Mme B A, représentés par Me Dupey, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'enjoindre à la commune de Montesquieu-Lauragais et au syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de la Haute-Garonne (SMEA 31) de déplacer la canalisation d'évacuation des eaux pluviales sur la parcelle cadastrée section E numéro 1259, 13 rue de l'ancien petit fossé, à Montesquieu-Lauragais (Haute-Garonne), et de remettre cette parcelle en état, dans les 30 jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) de condamner solidairement la commune de Montesquieu-Lauragais et le SMEA 31 à leur verser la somme de 50 000 euros, en réparation des préjudices subis ;
3°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Montesquieu-Lauragais et du SMEA 31 le paiement de la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la canalisation en litige est irrégulièrement implantée sur leur propriété ;
- ils sont fondés à en demander le déplacement, sous astreinte ;
- cette emprise irrégulière engage la responsabilité de la commune et du SMEA 31 du fait des dommages résultant de l'existence et du fonctionnement de cet ouvrage public ainsi que de son défaut d'entretien normal ;
- ils ont subi des préjudices à raison de la dépossession d'une partie de leur tréfonds, de la diminution de la valeur de leur bien de 15%, d'une perte de chance d'acheter ce bien à un prix moindre, de l'absence de redevance versée par la commune, qui s'est enrichie sans cause, des troubles dans leurs conditions d'existence liés aux travaux de dévoiement à venir ainsi que des dégradations de leur sous-sol, d'un pan de mur et de leur parquet flottant ; l'ensemble de ces préjudices est évalué à 50 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 août 2021 et 10 janvier 2022, la commune de Montesquieu-Lauragais, prise en la personne de son maire en exercice et représentée par Me Lanéelle, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge des requérants le paiement de la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la canalisation est régulièrement implantée en raison de l'accord donné par la précédente propriétaire ;
- la demande de déplacement de la canalisation est dénuée de fondements dès lors que l'emprise est régulière ; en tout état de cause le délai et le montant de l'astreinte sollicités sont disproportionnés ;
- les préjudices allégués ne sont pas établis : l'avis immobilier transmis ne justifie pas la décote de la valeur de leur bien immobilier ; il n'y a pas de travaux de dévoiement de la canalisation envisagés.
Par un mémoire enregistré le 22 octobre 2021, le SMEA 31, représenté par Me Saint Geniest, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge des requérants le paiement de la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la canalisation est régulièrement implantée en raison de l'accord donné par la précédente propriétaire ; en tout état de cause, la servitude de canalisation doit être reconnue en application des dispositions de l'article 690 du code civil édictant la prescription acquisitive trentenaire ;
- à supposer que cette emprise soit irrégulière, le déplacement de la canalisation, qui ne cause aucun préjudice ni aucune gêne aux requérants, entraînerait une atteinte excessive à l'intérêt général ;
- les préjudices allégués ne sont pas établis ; en tout état de cause les désordres survenus en 2018 sont antérieurs au transfert de la compétence eau au syndicat mixte, qui ne saurait être jugé solidairement responsable de la commune sur ce fondement.
Une pièce, enregistrée le 26 avril 2024 pour M. et Mme A sur le fondement de l'article R. 613-1-1 du CJA a été communiquée ce même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hecht,
- les conclusions de M. Déderen, rapporteur public,
- et les observations de Me Dupey, représentant M. et Mme A, et E, représentant le SMEA 31.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A sont propriétaires d'un immeuble d'habitation sur la parcelle cadastrée section E n°1259, 13 rue de l'ancien petit fossé, à Montesquieu-Lauragais (Haute-Garonne). En juillet 2018, leur maison a subi des désordres liés à un dégât des eaux, qui a révélé le passage d'une canalisation d'eaux pluviales, appartenant à la commune de Montesquieu-Lauragais, dans le sous-sol de leur parcelle. Par un arrêté du 20 mai 2019, la commune a transféré la compétence de la gestion des réseaux des eaux pluviales au syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de la Haute-Garonne (SMEA 31). A la suite d'une réunion entre les représentants de la commune et du SMEA 31 et M. et Mme A, ces derniers ont, par un courrier du 23 mai 2021, adressé des demandes indemnitaires préalables à la commune et au SMEA 31, à raison des préjudices causés par l'emprise irrégulière de cette canalisation sur leur parcelle et par son mauvais entretien, qui ont fait l'objet de deux décisions implicites de rejet. Par la présente requête, M. et Mme A demandent au tribunal d'enjoindre à la commune et au SMEA 31, d'une part, de déplacer la canalisation en litige hors de leur parcelle et, d'autre part, de leur verser la somme de 50 000 euros au titre de leurs préjudices.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
2. Aux termes de l'article L. 152-1 du code rural et de la pêche maritime : " Il est institué au profit des collectivités publiques, des établissements publics ou des concessionnaires de services publics qui entreprennent des travaux d'établissement de canalisations d'eau potable ou d'évacuation d'eaux usées ou pluviales une servitude leur conférant le droit d'établir à demeure des canalisations souterraines dans les terrains privés non bâtis, excepté les cours et jardins attenant aux habitations. / L'établissement de cette servitude ouvre droit à indemnité. Il fait l'objet d'une enquête publique réalisée selon les modalités prévues au livre Ier du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique. / Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités d'application du présent article afin notamment que les conditions d'exercice de la servitude soient rationnelles et les moins dommageables à l'utilisation présente et future des terrains. " Aux termes de son article L. 152-2 : " Les contestations relatives à l'indemnité prévue au deuxième alinéa de l'article L. 152-1 sont jugées comme en matière d'expropriation pour cause d'utilité publique. "
3. Lorsqu'il est saisi d'une demande tendant à ce que soit ordonnée la démolition d'un ouvrage public dont il est allégué qu'il est irrégulièrement implanté par un requérant qui estime subir un préjudice du fait de l'implantation de cet ouvrage et qui en a demandé sans succès la démolition à l'administration, il appartient au juge administratif, juge de plein contentieux, de déterminer, en fonction de la situation de droit et de fait existant à la date à laquelle il statue, si l'ouvrage est irrégulièrement implanté, puis, si tel est le cas, de rechercher, d'abord, si eu égard notamment à la nature de l'irrégularité, une régularisation appropriée est possible, puis, dans la négative, de prendre en considération, d'une part les inconvénients que la présence de l'ouvrage entraîne pour les divers intérêts publics ou privés en présence, notamment, le cas échéant, pour le propriétaire du terrain d'assiette de l'ouvrage, d'autre part, les conséquences de la démolition pour l'intérêt général, et d'apprécier, en rapprochant ces éléments, si la démolition n'entraîne pas une atteinte excessive à l'intérêt général.
En ce qui concerne la régularité de l'emprise de la canalisation en litige :
4. En premier lieu, si la commune de Montesquieu-Lauragais et le SMEA 31 soutiennent que la canalisation d'eaux pluviales en litige a été régulièrement implantée à la suite de l'accord amiable donnée en 1964 par Mme C, qui possédait alors cette parcelle, et s'ils se prévalent à ce titre du compte-rendu du conseil municipal du 14 mai 1964 qui mentionne : " Le conseil municipal ayant décidé de combler la grande mare, l'évacuation des eaux recueillies dans cette mare sera faite par une canalisation placée dans une tranchée sur la terrain de la demoiselle C, qui a donné l'autorisation. () ", toutefois il ne résulte pas de l'instruction que Mme C avait effectivement donné une telle autorisation, alors même que le formulaire d'autorisation envoyé par la commune à cette dernière, le 4 juin 1964, n'a été ni complété ni signé. Dans ces conditions, le seul compte-rendu du conseil municipal précité, en l'absence de toute autre pièce formalisant l'accord amiable allégué, ne saurait démontrer l'existence d'un tel accord.
5. En second lieu, aux termes de l'article 690 du code civil : " Les servitudes continues et apparentes s'acquièrent par titre, ou par la possession de trente ans. " Et aux termes de son article 691 : " Les servitudes continues non apparentes, et les servitudes discontinues apparentes ou non apparentes, ne peuvent s'établir que par titres. "
6. Si le SMEA 31 soutient que l'implantation de la canalisation en litige est régulière du fait de la prescription trentenaire, toutefois il résulte de l'instruction, en particulier de la lettre valant rapport, dressée par le cabinet d'expertise Axyss le 16 octobre 2020, à la suite de la réunion contradictoire du 8 octobre 2020, que M. et Mme A ont découvert l'existence de la canalisation en litige à la suite du dégât des eaux intervenu en juillet 2018, et que le SMEA 31 a mené des investigations pour confirmer la présence de cette canalisation. En outre, cette canalisation n'apparaît pas sur l'acte notarié de l'achat de la parcelle en litige par M. et Mme A, non plus que sur le plan cadastral de la commune. Dans ces conditions, le SMEA 31 ne peut sérieusement soutenir que la canalisation en litige constituerait une servitude apparente au sens et pour l'application de l'article 690 du code civil susmentionné. Ainsi, et à supposer même que la canalisation ait été installée en 1964, ou en tout cas au moins 30 ans avant le litige, le SMEA 31 ne peut se prévaloir de l'existence d'une prescription acquisitive trentenaire.
7. Il résulte de ce qui précède que l'emprise constituée par l'implantation de la canalisation d'eaux pluviales sur la parcelle bâtie de M. et Mme A est irrégulière.
En ce qui concerne la régularisation de l'emprise de la canalisation en litige :
8. Il résulte de l'instruction que l'institution de servitudes dans les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 152-1 du code rural et de la pêche maritime, citées au point 2, n'est pas possible dès lors que la canalisation en litige, qui traverse la parcelle section E n°1259 appartenant à M. et Mme A, se situe sur une parcelle bâtie, comprenant notamment leur immeuble d'habitation. De plus, il ne résulte pas de l'instruction que le recours à une procédure de déclaration d'utilité publique aurait été envisagé par la collectivité. En revanche, il résulte de l'instruction, en particulier de la lettre valant rapport du 16 octobre 2020 susmentionnée, qui mentionne que le SMEA 31 avait démarré des études consistant, notamment, dans le dévoiement et la création d'un réseau spécifique sur le fonds A, avec création d'une servitude de canalisation, sans opposition de M. A, qui devaient être présentées en novembre 2020 à la commune puis en décembre 2020 à M. et Mme A, ainsi que des écritures de ces derniers dans le cadre de la présente instance, qu'ils ne sont pas formellement opposés à une régularisation de l'ouvrage par un accord amiable.
9. Par suite, il convient d'enjoindre au SMEA 31 et à la commune de Montesquieu-Lauragais de procéder à une régularisation de la canalisation d'eaux pluviales litigieuse par voie conventionnelle, en précisant notamment les conditions d'entretien de cette canalisation, dans un délai de quatre mois, sans qu'il soit nécessaire d'assortir à ce stade cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité pour faute :
10. Toute illégalité commise par l'administration constitue une faute susceptible d'engager sa responsabilité, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain. La responsabilité de l'administration ne saurait toutefois être engagée pour la réparation des dommages qui ne trouvent pas leur cause dans cette illégalité.
11. M. et Mme A soutiennent qu'ils ont subi plusieurs préjudices du fait de l'implantation irrégulière de la canalisation d'eaux pluviales sous leur propriété immobilière. Toutefois, premièrement, s'ils soutiennent avoir été " dépossédés d'une partie de leur tréfond ", il résulte de ce qui précède que l'implantation litigieuse peut être régularisée par voie conventionnelle, tandis que les requérants n'ont jamais été privés de leur droit de propriété. Ainsi, les requérants ne peuvent demander l'indemnisation de ce poste de préjudice, au demeurant non évalué. Deuxièmement, si M. et Mme A soutiennent avoir subi un préjudice financier compris entre 48 000 et 51 000 euros, du fait de la perte de valeur de leur propriété immobilière en conséquence de la présence de la canalisation sur leur propriété, en se fondant sur un avis de valeur établi par une agence immobilière qu'ils versent à l'instance, toutefois il résulte des termes mêmes de ce dernier qu'il " ne peut bien entendu être assimilé à une expertise ". Ainsi, cette seule pièce, dont les conclusions ne sont pas étayées, et qui semble au surplus fonder cette décote sur l'humidité consécutive au défaut d'entretien de la canalisation, plus que sur l'existence même de cette dernière, ne saurait établir le préjudice allégué. Troisièmement, si M. et Mme A allèguent avoir subi une perte de chance d'acheter leur parcelle à un prix moindre, ils ne le justifient pas, non plus qu'ils n'évaluent ce préjudice, au demeurant redondant avec le précédent préjudice invoqué. Quatrièmement, les requérants, qui n'ont jamais demandé le versement de redevances pour la canalisation en litige, y compris dans les écritures produites dans la présente instance, ne peuvent de bonne foi soutenir que la commune se serait enrichie sans cause en ne leur versant pas de telles redevances, ni qu'ils auraient subi un préjudice financier du même fait. Cinquièmement, si les requérants se prévalent de troubles dans leurs conditions d'existence en raison des travaux de dévoiement à venir, de tels travaux n'ont jamais été menés, et ne sont d'ailleurs même pas programmés, étant rappelé qu'une régularisation de la canalisation est possible, ainsi qu'il a été exposé au point 9.
12. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par M. et Mme A au titre de la responsabilité pour faute, en conséquence de l'illégalité de l'emprise de la canalisation d'eaux pluviales sur leur parcelle, ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne la responsabilité sans faute :
13. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel.
14. Les requérants soutiennent qu'ils ont subi un préjudice financier à raison du dégât des eaux causé en juillet 2018 par la canalisation en litige. Il résulte de l'instruction que ces dégâts, dont la matérialité n'est pas contestée, ont été évalués d'une part à 3 012,90 euros, vétusté comprise, par le rapport d'expertise de la mutuelle assurances des instituteurs de France (MAIF) du 26 octobre 2018, et d'autre part à 2 259,67 euros, vétusté comprise, par l'expertise contradictoire du 11 janvier 2019. Dans ces conditions, il résulte de l'instruction, y compris de la pièce demandée aux requérants sur le fondement de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, enregistrée le 26 avril 2024, que M. et Mme A ne justifient pas du montant du préjudice invoqué, non plus que de la prise en charge de tout ou partie des dégâts par leur assureur. Par suite ils ne sont pas fondés à demander à être indemnisés de ce préjudice, dont le montant n'est pas établi.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires des requérants doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. et Mme A, qui n'ont pas la qualité de partie perdante, versent à la commune de Montesquieu-Lauragais et au SMEA 31 les sommes réclamées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire de la commune et du SMEA 31 une somme de 1 500 euros à verser à M. et Mme A.
D E C I D E :
Article 1er : Il est enjoint au syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de la Haute-Garonne et à la commune de Montesquieu-Lauragais de régulariser l'implantation de la canalisation d'eaux pluviales sur la parcelle cadastrée section E numéro 1259, propriété de M. et Mme A, par voie conventionnelle, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 2 : Il est mis à la charge solidaire du syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de la Haute-Garonne et de la commune de Montesquieu-Lauragais une somme de 1 500 euros à verser à M. et Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D et Mme B A, à la commune de Montesquieu-Lauragais et au syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024.
Le rapporteur,
S. HECHT
La présidente,
S. CAROTENUTOLa greffière,
S. SORABELLA
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026