LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2103090

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2103090

mardi 24 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2103090
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantBENAMGHAR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée 26 mai 2021, M. A B, représenté par Me Benamghar demande au tribunal

1°) d'annuler l'arrêté du 24 mars 2021 par lequel le garde de sceaux, ministre de la justice l'a suspendu de ses fonctions pour une durée de quatre mois ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- il est entaché d'un défaut de motivation ;

- ses droits n'ont pas été respectés dès lors qu'il n'a pas eu connaissance de la demande de suspension de fonction formulée le 19 mars 2021 par la direction interrégionale des services pénitentiaires de Toulouse, visée par l'arrêté attaqué ;

- il ne peut être légalement fondé sur sa culpabilité et sur le motif tiré de ce " que l'appel produit un effet suspensif sur l'exécution de la peine ", dès lors que l'effet suspensif de l'appel n'a pas seulement pour effet de surseoir à l'exécution de la peine ; sa culpabilité n'est pas acquise et il bénéficie de la présomption d'innocence ;

- l'arrêté attaqué, qui fait état d'une " condamnation à une amende de 400 euros ", est entaché d'erreur de fait ;

- il est entaché d'erreur d'appréciation ;

- il est entaché de détournement de pouvoir.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 février 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 20 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 31 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Soddu, rapporteure ;

- et les conclusions de Mme Nègre- Le Guillou, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, surveillant brigadier, est affecté au centre de détention de Muret (Haute-Garonne). Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 mars 2021 par lequel le garde de sceaux, ministre de la justice l'a suspendu de ses fonctions pour une durée de quatre mois.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2 En premier lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement : " A compter du jour suivant la publication au Journal officiel de la République française de l'acte les nommant dans leurs fonctions ou à compter du jour où cet acte prend effet, si ce jour est postérieur, peuvent signer, au nom du ministre ou du secrétaire d'État et par délégation, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous leur autorité : () 2° Les chefs de service, directeurs adjoints, sous-directeurs, les chefs des services à compétence nationale mentionnés au deuxième alinéa de l'article 2 du décret du 9 mai 1997 susvisé ainsi que les hauts fonctionnaires et les hauts fonctionnaires adjoints mentionnés aux articles R. 1143-1 et R. 1143-2 du code de la défense ; () ".

3. M. E D, qui a signé l'arrêté attaqué a, par un arrêté du 26 août 2020, été renouvelé dans ses fonctions de sous-directeur des ressources humaines et des relations sociales, au sein du service de la direction de l'administration pénitentiaire du ministère de la justice, pour une durée de deux ans, à compter du 23 septembre 2020. Cette décision a été publiée au Journal officiel du 28 août 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur l'arrêté attaqué, doit être écarté.

4. En deuxième lieu, une mesure de suspension est une mesure conservatoire prise dans l'intérêt du service et ne constitue pas une sanction disciplinaire. Dès lors, elle n'est pas au nombre des décisions qui doivent être motivées par application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. En tout état de cause, l'arrêté du 24 mars 2021 comporte, l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, est inopérant et ne peut qu'être écarté.

5. En troisième lieu, une mesure de suspension n'est pas au nombre des mesures pour lesquelles le fonctionnaire concerné doit être mis à même de consulter son dossier et de présenter au préalable sa défense. Par suite, le moyen tiré du défaut de respect des droits de la défense avant l'intervention de la décision attaquée, en ce que le requérant n'aurait pas eu connaissance de la demande de suspension formulée le 29 mars 2021 par la direction interrégionale des services pénitentiaires de Toulouse, est inopérant et ne peut qu'être écarté.

6. En quatrième lieu, M. B se prévaut du fait que l'arrêté de suspension du 24 mars 2021 ne peut se fonder sur le caractère suspensif de l'exécution de la peine prononcée par le tribunal correctionnel de Toulouse le 23 février 2021. Cependant, la circonstance que l'administration aurait procédé à une mauvaise interprétation de la procédure pénale au regard des dispositions de l'article 506 du code de procédure pénale est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué qui est seulement fondée sur l'intérêt du service au regard du caractère suffisant de vraisemblance et de gravité des faits en cause. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant.

7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. (). "

8. Il résulte de ces dispositions qu'une mesure de suspension de fonctions ne peut être prononcée à l'encontre d'un fonctionnaire que lorsque les faits imputables à l'intéressé présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité et que l'éloignement de l'intéressé se justifie au regard de l'intérêt du service. Eu égard à la nature conservatoire d'une mesure de suspension et à la nécessité d'apprécier, à la date à laquelle cet acte a été pris, la condition tenant au caractère vraisemblable des faits, il appartient au juge de l'excès de pouvoir de statuer au vu des informations dont disposait effectivement l'autorité administrative au jour de sa décision.

9. La mesure de suspension prononcée le 24 mars 2021 à l'encontre de M. B a été prise au motif que le requérant a provoqué une altercation avec une personne détenue qui n'a pu être interrompue que par l'intervention de plusieurs surveillants et de personnes détenues. M. B qui se borne à invoquer la présomption d'innocence du fait de son appel, ne fournit aucun élément de nature à remettre en cause leur véracité. Il soutient que les faits sont anciens, que l'arrêté attaqué est fondé sur un jugement correctionnel, non définitif, du 4 février 2021, qu'à la date de la décision attaquée, il était présumé innocent, que cette suspension d'une durée de quatre mois est une sanction lourde et disproportionnée et qu'il a été privé de son traitement. Il ressort cependant des pièces du dossier que les faits reprochés sont décrits avec suffisamment de précisions dans l'arrêté du 24 mars 2021, et sont corroborés par les comptes-rendus d'incident. A ce titre, il ressort de ces comptes-rendus d'incident du 15 septembre 2019, que les faits reprochés, qui sont détaillés de manière précise et circonstanciée, présentaient, à la date de l'arrêté attaqué, une vraisemblance et une gravité suffisantes pour justifier que M. B soit écarté à titre conservatoire de ses missions, dès lors que son maintien dans le service était susceptible de troubler gravement l'ordre et la sécurité au sein de l'établissement pénitentiaire. Par ailleurs, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé de traitement, celui-ci étant maintenu durant la mesure de suspension initiale, en application de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983. Par suite, les moyens tirés de l'inexactitude matérielle des faits et de l'erreur d'appréciation, doivent être écartés.

10. En sixième lieu, M. B soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait en ce qui concerne la condamnation dont il a fait l'objet. L'arrêté litigieux indique que M. B a été condamné, par le jugement du tribunal correctionnel du 4 février 2021, au paiement d'une amende de 400 euros ainsi qu'à l'interdiction d'exercer la profession de surveillant de l'administration pénitentiaire pour une durée d'un an. Si la référence à l'amende de 400 euros est en effet erronée, cette erreur est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué, dès lors qu'elle n'a aucun impact sur l'appréciation du caractère suffisamment grave et vraisemblable des faits ayant motivé la mesure de suspension. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait ne peut qu'être écarté.

11. En septième et dernier lieu, alors, ainsi qu'il a été dit précédemment, que l'arrêté du 24 mars 2021 a été pris afin de préserver l'ordre et la sécurité au sein de l'établissement pénitentiaire, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté attaqué aurait été pris dans un but autre que l'intérêt du service et notamment celui de sanctionner M. B. Par suite, le moyen tiré du détournement de pouvoir doit être écarté.

12. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 24 mars 2021 par lequel le garde de sceaux, ministre de la justice l'a suspendu de ses fonctions pour une durée de quatre mois, doivent être rejetées.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Molina-Andréo, présidente,

Mme Soddu, première conseillère,

Mme Biscarel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.

La rapporteure,

N. SODDU

La présidente,

B. MOLINA-ANDRÉO La greffière,

M. C

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions