jeudi 23 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2103291 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | POUGAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 juin 2021 et des pièces complémentaires enregistrées le 22 septembre 2022 et le 26 février 2023 ces dernières n'ayant pas été communiquées, M. B D, représenté par Me Pougault, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 14 avril 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à défaut, sur le seul fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte attaqué ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée dès lors qu'elle ne mentionne pas tous les éléments relatifs à sa situation et à celle de sa famille ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation et quant aux conséquences qu'elle emporte sur sa situation ;
- elle est entaché d'une erreur de droit dès lors qu'elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L.313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L.313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
- la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 août 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 27 février 2023 par une ordonnance du 9 février précédent.
M. D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 novembre 2021.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Le président de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Après avoir entendu le rapport de Mme A au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D est entré en France, le 11 septembre 2018, sous couvert d'un passeport valable du 24 juillet 2018 au 24 juillet 2028. Le 25 septembre 2018, il a sollicité son admission au bénéfice de l'asile, demande qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides le 9 juillet 2019. La cour nationale du droit d'asile a définitivement rejeté sa demande le 28 novembre 2019. Le 20 novembre 2020, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour en se prévalant notamment de sa qualité d'étudiant et de la présence de sa famille sur le territoire national. Par décision du 14 avril 2021, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. D demande au tribunal d'annuler cette décision et d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle, en date du 26 novembre 2021, M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, sa demande tendant à être admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle est devenue sans objet. Dès lors, il n'y a plus lieu d'y statuer
Sur le surplus des conclusions :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme C, directrice des migrations et de l'intégration, qui disposait d'une délégation de signature accordée par le préfet de la Haute-Garonne par un arrêté du 15 décembre 2020, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet de signer notamment les refus d'admission au séjour, les mesures d'éloignement ainsi que les décisions les assortissant. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, pour rejeter la demande de titre de séjour, la décision attaquée indique les conditions dans lesquelles le requérant est entré en France et a sollicité une demande d'asile. Elle retient que le requérant a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français et qu'il n'établit pas l'avoir exécutée. Elle précise que faute d'être entré en France sous couvert d'un visa long séjour, il ne peut pas bénéficier, de plein droit, d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L.313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur lequel elle se fonde, et que rien dans sa situation ne justifie de passer outre cette condition à titre dérogatoire. Dès lors, contrairement à ce que soutient le requérant, les décisions en litige comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ainsi, elles sont suffisamment motivées, nonobstant la circonstance que les motifs ne précisent pas l'ensemble des éléments relatifs à la situation de ses parents ou de sa sœur. Par suite, le moyen doit être écarté comme manquant en fait.
5. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L.313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " I. - La carte de séjour temporaire accordée à l'étranger qui établit qu'il suit en France un enseignement ou qu'il y fait des études et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention " étudiant ". En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée et sous réserve d'une entrée régulière en France. () II. - Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte mentionnée au I est accordée de plein droit : ()1° A l'étranger auquel un visa pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois a été accordé dans le cadre d'une convention signée entre l'Etat et un établissement d'enseignement supérieur et qui est inscrit dans cet établissement ".
6. Il est constant que M. D est entré sur le territoire national sans disposer d'un visa long séjour. En outre, si le requérant se prévaut des résultats obtenus en première et deuxième année du diplôme d'université d'études françaises et de sa volonté d'exercer la profession d'ingénieur électricien, il est constant qu'il n'a pas suivi sa scolarité en France sans interruption depuis au moins l'âge de seize ans. En outre, le requérant n'établit l'existence d'aucune circonstance particulière liée au déroulement de ses études. Enfin, la seule circonstance que le préfet a constaté que la situation de M. D ne relevait pas d'un cas de délivrance de plein droit d'un titre étudiant n'est pas de nature à révéler qu'il aurait entendu lui opposer son absence de visa pour refuser de faire droit à sa demande d'admission exceptionnelle, un tel refus étant fondé, en l'espèce, sur l'absence de motif exceptionnel. Dans ces conditions, la décision de refus de titre de séjour n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. D'autre part, l'article L.313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit () 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée ". Et l'article L.313-14 du même code prévoit que " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7 ".
8. Il ressort des pièces du dossier que le requérant est célibataire et sans enfant. S'agissant de son père malade, il n'établit pas que sa présence auprès de lui serait nécessaire, et ce d'autant plus que sa mère a disposé d'un titre séjour en qualité d'accompagnant de malade. En outre, si le requérant souhaite se prévaloir de la situation de sa sœur, aujourd'hui devenue majeure, il ne fait état d'aucun lien personnel et familial établi en France qui serait ancien, intense et stable, compte tenu notamment du fait qu'il a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de vingt ans, pays dans lequel, d'ailleurs, il n'établit pas encourir de risque. La circonstance que sa sœur dispose depuis le 16 janvier 2023 d'un récépissé de demande de carte de séjour est sans effet. Ainsi, le requérant ne démontre pas disposer de liens personnels et familiaux en France, ni de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels propres à justifier son admission exceptionnelle au séjour. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'autorité préfectorale a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'est pas davantage fondé à soutenir que la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être écarté, tout comme doit l'être celui tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. En dernier lieu, le requérant ne fait valoir aucun autre élément qui permettrait de caractériser une erreur manifeste d'appréciation commise par l'autorité préfectorale quant aux conséquence de la décision attaquée sur sa situation personnelle.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle de M. D.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à Me Pougault et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Péan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2023.
La rapporteure,
V. ALe président,
D. KATZLa greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026