jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2103398 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | FRANCOS |
Vu la procédure suivante :
A une requête enregistrée le 7 juin 2021, M. H D, représenté A Me Francos, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 avril 2021 A lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a assigné à résidence pour une durée de six mois ;
2°) de mettre à la charge de l'État, à verser à son conseil, une somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée A une autorité incompétente ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée entachée d'un vice de procédure en ce qu'elle a méconnu son droit à être entendu tel que prévu A les principes généraux du droit de l'Union européenne et A l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- entachée d'une erreur manifeste de droit résultant d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle au regard de l'article L. 561-1 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
A un mémoire en défense enregistré le 9 août 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués A le requérant ne sont pas fondés.
D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale A une décision du 10 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant algérien, serait entré irrégulièrement en France durant l'année 2019, selon ses déclarations. A une décision du 23 mars 2020, sa demande d'admission au bénéfice de l'asile a été rejetée A l'Office français de protection des réfugiés apatrides (OFPRA). A une décision du 31 octobre 2020, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire. Après avoir été entendu A les services de police le 16 février 2021, il a été condamné à une peine d'emprisonnement de 3 mois pour vol aggravé A une décision du 24 mars 2021 du Tribunal correctionnel de Toulouse. A une décision du 20 avril 2021, le préfet de la Haute-Garonne l'a assigné à résidence en application de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. A la présente requête, M. D demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, A un arrêté du 15 décembre 2020 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 31-2020-290 le même jour, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme F pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence dont seraient entachées les décisions contestées manque en fait et doit être écarté
3. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un défaut de motivation doit être écarté. En outre, cette motivation démontre que la décision attaquée a été prise après un examen sérieux de la situation du requérant.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d'audition de M. D A les services de police, signé A celui-ci, que l'intéressé a été entendu le 16 février 2021 suite à son interpellation pour vol aggravé et recel de vol. La lecture du procès-verbal a été effectuée A le truchement de M. E, interprète en langue arabe. M. D a été interrogé, à cette occasion, sur les raisons et conditions de son entrée sur le territoire français, sur sa situation familiale ainsi que sur sa situation administrative. A cette même occasion, M. D a été informé de ce qu'il était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement, ce qui impliquait la possibilité d'une assignation à résidence dans l'attente de l'exécution de cette mesure. A conséquent, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance du principe général du droit d'être entendu, qui est au nombre des principes fondamentaux du droit de l'Union européenne et qui est prévu A l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne peut ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, l'autorité administrative peut, jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, l'autoriser à se maintenir provisoirement sur le territoire français en l'assignant à résidence dans les cas suivants: / 1° Si l'étranger fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai ou si le délai de départ volontaire qui lui a été accordé est expiré; () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que, faisant l'objet d'une mesure d'éloignement dont l'exécution était compromise à la date de l'arrêté attaqué A la pandémie de Covid-19 et la restriction des déplacements internationaux qui en résultait, M. D figurait au nombre des étrangers dont l'assignation à résidence était susceptible d'être prononcée et, le cas échéant, d'être renouvelée pour une nouvelle durée de six mois. Il ressort également des pièces du dossier que l'exécution de son éloignement, demeurait, à la date de la décision en cause, une perspective raisonnable. A conséquent, en décidant de prononcer l'assignation à résidence du requérant, le préfet de la Haute-Garonne n'a commis aucune erreur de droit, ni aucune erreur d'appréciation, ni n'a pris une mesure injustifiée ou disproportionnée.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée doivent être rejetées, de même que les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H D, à Me Francos et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Péan, conseillère,
Rendu public A mise à disposition au greffe le 6 avril 2023
L'assesseure la plus ancienne
V. JORDA
Le président-rapporteur,
D. BLa greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026