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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2103562

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2103562

jeudi 4 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2103562
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique cellule 7
Avocat requérantARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistré le 14 juin 2021, le 25 avril 2023 et le 8 mars 2024, M. B A, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1) d'annuler la décision 48 SI en date du 9 juillet 2010 par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé à l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux du 6 avril 2021 ;

2) d'annuler les décisions successives par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré respectivement trois, deux, trois, un, deux, un et quatre points de son permis de conduire consécutivement aux infractions commises les 8 décembre 2005, 1er mai 2006 à deux reprises, 28 mai 2007, 17 juillet 2007, 21 septembre 2008 et 19 octobre 2009 ;

3) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer, sous huit jour, à compter de la signification du jugement à intervenir, son permis de conduire au capital reconstitué affecté de douze points ;

4) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il a été informé par les forces de l'ordre que son permis de conduire était affecté d'un solde de points nul et qu'une lettre 48 SI, émise selon la préfecture le 9 juillet 2010, lui aurait été envoyée mais n'a jamais reçu cette lettre ni aucun avis de passage correspondant ; les retraits de points dont il a fait l'objet ne lui ont jamais été notifiés ;

- il convient que soit apposée sur l'avis de passage la mention " avisée " mais également que soit indiquée à côté d'elle la date à laquelle le destinataire a été avisé de la mise à disposition du pli recommandé et s'il n'apparaît sur l'avis de passage relatif à la lettre 48 SI aucune mention relative à la date à partir de laquelle et jusqu'à laquelle le pli pouvait être retiré, ni l'indication du bureau de poste auquel il convenait de se rendre pour y retirer la lettre 48 SI, celle-ci ne peut donc être considérée comme réceptionnée, d'autant plus qu'elle a été envoyée à une mauvaise adresse ;

- la formalité d'information prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route n'a pas été satisfaite lors du constat des infractions au code de la route qui lui sont reprochées ;

- les deux stages de sensibilisation effectués les 5 et 6 octobre 2018 et 27 et 28 janvier 2021, avant toute réception effective de la lettre 48SI, ont eu pour effet de restaurer son solde de points ;

- le jugement du 13 janvier 2021 lui a donné raison s'agissant des retraits de points sans que l'administration n'en tire les conséquences sur la validité de son permis de conduire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les conclusions sont tardives.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'autorité de la chose jugée attachée au jugement, devenu irrévocable, n° 1900531 du 13 janvier 2021 par lequel le tribunal de céans a déjà annulé les décisions portant retraits de points dont la légalité est contestée et sur le moyen relevé d'office tiré de la tardiveté des conclusions dirigées contre la décision 48 SI d 9 juillet 2010, dont la légalité a déjà été contestée à l'occasion de la précédente instance.

Vu :

- le jugement n° 1900531du 13 janvier 2021 du tribunal administratif de Toulouse ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 11 avril 2024, la présidente du tribunal administratif de Toulouse a donné délégation à M. C Gueguein, magistrat, pour statuer en qualité de magistrat statuant seul en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 21 juin 2024 :

- le rapport de M. Gueguein, président-rapporteur ;

- les conclusions de M. Bernos, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A demande l'annulation de la décision 48 SI en date du 9 juillet 2010 par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé à l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul, de la décision implicite rejetant son recours gracieux notifié le 6 avril 2021 et des décisions successives de retrait de points afférentes aux infractions commises les 21 août, 8 décembre 2005, 1er mai 2006 à deux reprises, 28 mai 2007, 17 juillet 2007, 21 septembre 2008 et 19 octobre 2009.

Sur la recevabilité :

2. Il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté des conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI du 9 juillet 2010 et des décisions procédant à un retrait de points précitées par une requête enregistrée le 29 janvier 2019 et que par un jugement du 13 janvier 2021, devenu irrévocable, le tribunal de céans a annulé les décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 21 août, 8 décembre 2005, 1er mai 2006 à deux reprises, 28 mai 2007, 17 juillet 2007, 21 septembre 2008 et 19 octobre 2009 et a rejeté celles dirigées contre la décision 48 SI et la décision implicite rejetant le recours gracieux adressé au ministre de l'intérieur le 29 octobre 2018. Par conséquent, les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant retrait de points précitées étaient, à la date de leur introduction, dépourvues d'objet et par suite irrecevables.

3. De plus, la formation d'un recours juridictionnel tendant à l'annulation d'une décision administrative établit que l'auteur de ce recours a eu connaissance de cette décision au plus tard à la date à laquelle il a formé ce recours. Dans ce cas, le délai de recours contentieux court à compter de la date d'introduction de la requête. Quelles que soient les conditions de notification de la décision 48 SI du 9 juillet 2010, le délai de recours dont disposait M. A était forclos au plus tard le 1er avril 2019 et les conclusions tendant à l'annulation de cette décision présentées le 14 juin 2021 sont donc tardives. La décision implicite ayant rejeté le recours gracieux notifié le 6 avril 2021 est une décision confirmative qui n'a eu aucun effet sur le délai de recours contentieux. Les conclusions dirigées contre la décision du 9 juillet 2010 et la décision de rejet implicite sont donc également irrecevables. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

4 Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. A une somme au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024

Le magistrat désigné,

C GuegueinLe greffier,

Baptiste Roets

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme

La greffière en chef,

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