jeudi 2 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2103613 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | JEANNOT BRIGITTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 juin et 16 juin 2021, Mme A B, représentée par Me Jeannot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 octobre 2020 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a refusé de lui accorder le statut d'apatride ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'office français de protection des réfugiés et apatrides de lui accorder le statut d'apatride dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans ce même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'OFPRA la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de la décision attaquée n'est pas établie ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
-son droit d'être entendu, tel que garanti par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et par les dispositions de l'article 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, a été méconnu ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure substantiel ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle ne tient pas compte de sa situation particulière ;
- le motif tiré de ce que les pièces fournies au service instructeur ne permettent pas à d'établir son identité et sa provenance des camps de sahraouis en Algérie est entaché d'erreur de fait ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 novembre 2021, l'OFPRA conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Mme A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de New York du 28 septembre 1954 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rives
- et les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1.Mme A B déclare être née le 28 février 1952 à Zemur (Sahara occidental), et être entrée en France le 16 août 2019. Le 29 octobre 2019, elle a sollicité la reconnaissance du statut d'apatride. Par la décision attaquée du 23 octobre 2020, le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté cette demande.
Sur les conclusions en annulation :
2.Aux termes de l'article L. 812-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New York, du 28 septembre 1954, relative au statut des apatrides ". Aux termes de l'article L. 812-2 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides reconnaît la qualité d'apatride aux personnes remplissant les conditions mentionnées à l'article L. 812-1, au terme d'une procédure définie par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 812-2 de ce code : " L'office peut convoquer le demandeur à un entretien personnel dans les conditions prévues au I de l'article R. 723-19. / Le demandeur est entendu dans la langue de son choix, sauf s'il existe une autre langue qu'il comprend et dans laquelle il est à même de communiquer clairement. () ". Enfin, selon les dispositions de l'article R. 723-19 de ce code : " I.- La décision du directeur général de l'office est notifiée à l'intéressé par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. / () IV.-La preuve de la notification de la décision du directeur général de l'office peut être apportée par tout moyen. "
3.Les dispositions précitées de l'article R. 812-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'imposent pas à titre obligatoire l'audition des demandeurs du statut d'apatride par les services de l'OFPRA, celle-ci constituant une simple faculté. Toutefois, lorsque ces services décident d'organiser, sans y être tenus, une telle audition, ils doivent y procéder selon les conditions prévues par les dispositions de l'article R. 723-19 de ce code, en convoquant le demandeur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception.
4.Il ressort des pièces du dossier et des écritures de l'OFPRA que cet office a décidé d'entendre Mme B au cours d'un entretien avant de statuer sur sa demande. Il lui appartenait ainsi de la convoquer à cet entretien dans des conditions régulières. Or, alors que la requérante soutient ne pas avoir reçu le courrier de convocation daté du 4 août 2020, l'OFPRA, en se bornant à produire ce courrier, ne rapporte pas la preuve qu'il aurait effectivement été notifié à sa destinataire dans les conditions prévues par les dispositions précitée de l'article R. 723-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que la décision contestée a été adoptée aux termes d'une procédure irrégulière.
5.Par ailleurs, l'OFPRA ayant fait le choix de convoquer la requérante à un entretien auquel elle n'était pas tenue, et qu'elle a donc jugé utile, l'irrégularité de la convocation a, dans les circonstances de l'espèce, privé Mme B d'une garantie.
6.Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision refusant de l'admettre au statut d'apatride, ce, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7.Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement n'implique pas nécessairement que Mme B soit admise au statut d'apatride, mais seulement qu'il soit procédé à un nouvel examen de sa situation. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à OFPRA d'y procéder dans un délai de deux mois.
Sur les frais liés au litige :
8.Mme B ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'OFPRA, en application de ces dispositions, une somme de 1 500 euros à verser à Me Jeannot, sous réserve de sa renonciation à percevoir les sommes correspondantes à la part contributive de l'État.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 23 octobre 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides de réexaminer la demande de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : l'Office français de protection des réfugiés et apatrides versera à Me Jeannot, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 1 500 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir les sommes correspondantes à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
M. Rives, conseiller,
Mme Jorda conseillère.
Rendu public après mise à disposition au greffe le 2 novembre 2023.
Le rapporteur,
A. RIVES La présidente,
S. CHERRIER
La greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026