vendredi 23 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2103641 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | GOUTAL ALIBERT & ASSOCIES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juin 2021 et des mémoires enregistrés les 23 juin 2021, 24 juin 2022 et 21 juillet 2022, Mme B C, représentée par Me Hirtzlin-Pinçon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 19 avril 2021 par laquelle le 17ème adjoint au maire de Toulouse a d'une part, abrogé la décision du 23 mars 2015, lui accordant le bénéfice de la protection fonctionnelle pour l'engagement d'une instance pénale aux fins de poursuites du ou des responsables du harcèlement moral et organisationnel qu'elle estimait avoir subi, et d'autre part, refusé de lui rembourser le montant de la consignation de 450 euros, qu'elle a versée le 28 janvier 2021 dans le cadre d'un dépôt de plainte avec constitution de partie civile effectué le 20 novembre 2020 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Toulouse de prendre en charge la consignation de partie civile, d'un montant de 450 euros ;
3°) d'enjoindre à la commune de Toulouse de lui octroyer la protection fonctionnelle, dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente pour ce faire ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 mai 2022 et 20 juillet 2022, la commune de Toulouse, représentée par Me Kaczmarczyk, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme C une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les demandes tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Toulouse d'accorder à Mme C le bénéfice de la protection fonctionnelle et de s'acquitter de la consignation que celle-ci a versée constituent des demandes d'injonction à titre principal et sont, par suite, irrecevables ;
- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 28 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Poupineau,
- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public,
- et les observations de Me Hirtzlin-Pinçon, représentant Mme C, et de Me Aveline, représentant la commune de Toulouse.
Une note en délibéré, enregistrée au greffe du tribunal le 19 juin 2023, a été présentée pour Mme C. Elle n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, qui était animatrice territoriale au sein de la commune de Toulouse, a été placée à partir du 15 janvier 2015 en congé de longue durée à la suite d'un événement survenu le 16 octobre 2014 et reconnu comme accident de service le 18 décembre 2014. Elle n'a jamais repris ses fonctions au sein de la collectivité et a été admise à la retraite le 31 décembre 2019. Elle a sollicité et obtenu le bénéfice de la protection fonctionnelle, par une décision du 23 mars 2015, pour l'engagement d'une instance pénale aux fins de poursuites du ou des responsables du harcèlement moral et organisationnel qu'elle estimait avoir subi. Le 20 novembre 2020, elle a formé une plainte avec constitution de partie civile à l'encontre de plusieurs agents de la commune de Toulouse et, par un courriel du 17 février 2021, elle a sollicité la prise en charge par la commune, au titre de la protection fonctionnelle accordée le 23 mars 2015, du paiement de la consignation d'un montant de 450 euros qu'elle a réglée le 28 janvier 2021 dans le cadre de sa constitution de partie civile. Par une décision du 19 avril 2021, dont Mme C demande l'annulation, le 17ème adjoint au maire de Toulouse a d'une part, abrogé la décision du 23 mars 2015, lui accordant le bénéfice de la protection fonctionnelle et d'autre part, refusé de lui rembourser le montant de la consignation de 450 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. La décision attaquée a été signée par M. A E, 17ème adjoint au maire de Toulouse, qui bénéficiait d'une délégation accordée par un arrêté du maire de Toulouse en date du 15 avril 2021, régulièrement affiché en mairie, " pour le suppléer sur toutes les questions concernant les relations entre la Mairie de Toulouse et Mme B C, agent de la Mairie de Toulouse ". Par suite, et alors que le caractère exécutoire de cette délégation, qui présente un caractère réglementaire, n'était pas subordonnée à sa notification à l'agente concernée, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision en litige ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
3. Aux termes de l'article 11 de la loi susvisée du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Les fonctionnaires bénéficient, à l'occasion de leurs fonctions et conformément aux règles fixées par le code pénal et les lois spéciales, d'une protection organisée par la collectivité publique qui les emploie à la date des faits en cause () / La collectivité publique est tenue de protéger les fonctionnaires contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont ils pourraient être victimes à l'occasion de leurs fonctions, et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. / () " ;
4. Si le caractère d'acte créateur de droits de la décision accordant la protection prévue par les dispositions précitées fait obstacle à ce que l'administration puisse légalement retirer, plus de quatre mois après sa signature, une telle décision, hormis dans l'hypothèse où celle-ci aurait été obtenue par fraude, l'autorité administrative peut mettre fin à cette protection pour l'avenir si elle constate à la lumière d'éléments nouvellement portés à sa connaissance que les conditions de la protection fonctionnelle n'étaient pas réunies ou ne le sont plus, notamment si ces éléments permettent de révéler l'existence d'une faute personnelle ou que les faits allégués à l'appui de la demande de protection ne sont pas établis.
5. Dans le cas où la demande de protection fonctionnelle a été présentée à raison de faits de harcèlement, la seule intervention d'une décision juridictionnelle non définitive ne retenant pas la qualification de harcèlement ne suffit pas, par elle-même, à justifier qu'il soit mis fin à la protection fonctionnelle. Cependant l'administration peut réexaminer sa position et mettre fin à la protection si elle estime, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, que les éléments révélés par l'instance, et ainsi nouvellement portés à sa connaissance, permettent de regarder les agissements de harcèlement allégués comme n'étant pas établis.
6. Il ressort des termes de la décision en litige que la commune de Toulouse a décidé de mettre fin à la protection fonctionnelle dont bénéficiait Mme C depuis le 23 mars 2015 au motif que les faits de harcèlement moral dont se plaignait l'intéressée n'étaient pas établis dès lors que les plaintes qu'elle avait déposées en 2014 et en 2018 avaient nécessairement été classées sans suite, puisqu'elle s'était constituée partie civile en 2016 et en 2020 pour les mêmes faits, que la plainte avec constitution de partie civile déposée en 2016 n'avait connu aucune suite et que ses actions devant le tribunal administratif de Toulouse, tendant notamment à la reconnaissance d'une situation de harcèlement moral, avaient été rejetées. Il ressort des pièces du dossier, qu'avant l'envoi le 17 février 2021 par Mme C de sa demande de prise en charge de la consignation d'un montant de 450 euros, la commune de Toulouse était dans l'ignorance des différentes plaintes, avec ou sans constitution de partie civile, déposées par son agente en 2016, 2018 et 2020, lesquelles, révélées à la commune par le courriel précité du 17 février 2021, doivent être regardées, contrairement à ce qu'allègue la requérante, comme des éléments nouvellement portés à la connaissance de son employeur pouvant justifier qu'il soit mis fin à la protection fonctionnelle. Mme C ne fournit aucune précision sur l'état d'avancement des différentes actions qu'elle a engagées. A cet égard, elle ne saurait utilement se retrancher derrière le secret de l'instruction auquel elle n'est pas soumise en application de l'article 11 du code de procédure pénale, ni sérieusement reprocher à la commune de ne pas s'être enquise auprès d'elle des suites de ces procédures. Ainsi, alors même que l'intéressée se prévaut d'une convocation en qualité de partie civile délivrée par le juge d'instruction le 31 mars 2021 pour les mêmes faits que ceux ayant donné lieu à la plainte déposée en 2018, la commune de Toulouse a pu légalement déduire des éléments nouvellement portés à sa connaissance que les différentes plaintes déposées par Mme C n'avaient pas prospéré et que les agissements de harcèlement moral dont elle s'était prévalue à l'appui de ses plaintes, et à raison desquels elle avait obtenu la protection statutaire, n'étaient pas établis. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de fait, ni d'erreur d'appréciation qu'elle a, par la décision attaquée, considéré que les conditions de la protection fonctionnelle n'étaient plus réunies et qu'elle a mis fin à la protection fonctionnelle dont bénéficiait Mme C depuis le 23 mars 2015.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée par la commune de Toulouse, que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 19 avril 2021 par laquelle le 17ème adjoint au maire de Toulouse a d'une part, abrogé la décision du 23 mars 2015 lui accordant le bénéfice de la protection fonctionnelle et d'autre part, refusé de lui rembourser le montant de la consignation de 450 euros, qu'elle a versée le 28 janvier 2021 dans le cadre d'un dépôt de plainte avec constitution de partie civile.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
8. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions de la requérante à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Toulouse, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme C au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme C une somme de 500 (cinq cents) euros au titre des frais exposés par la commune de Toulouse et non compris dans les dépens.
10. En l'absence de dépens, les conclusions de Mme C tendant à ce que de tels dépens soient mis à la charge de la commune de Toulouse ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Mme C versera à la commune de Toulouse une somme de 500 (cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la commune de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 9 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
Mme Rousseau, conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juin 2023.
La présidente-rapporteure,
V. POUPINEAU
L'assesseure la plus ancienne,
M. ROUSSEAU
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026