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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2103898

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2103898

lundi 2 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2103898
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSCP MALET FRANCK ET ELISABETH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 juin 2021 et régularisée le 10 août 2021, la SARL (société à responsabilité limitée) J.E.C.L., représentée par Me Malet, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 6 mai 2021 par laquelle la direction départementale des finances publiques du Tarn a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle d'un montant mensuel de 10 000 euros pour les mois de janvier et février 2021 au titre du fonds de solidarité institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19, ensemble les décisions implicites lui refusant le bénéfice de la même aide mensuelle de 10 000 euros pour les mois de mars à mai 2021 ;

2°) d'enjoindre au directeur départemental des finances publiques du Tarn le versement d'une somme de 60 000 euros au titre de l'aide attribuée par le fonds de solidarité lié à la pandémie de la Covid-19 correspondant aux mois de novembre 2020 et de janvier à mai 2021, sauf compensation pour avril et mai 2021 de l'aide de 1 500 euros accordée unitairement ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les éventuels dépens.

Elle soutient qu'elle relève du secteur 1 des activités éligibles à l'aide plafonnée à 10 000 euros mensuellement et que la baisse de son chiffre d'affaires accuse un taux de plus de 50 % au titre des mois de novembre 2020 et de janvier à mai 2021.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2022, le directeur départemental des finances publiques du Tarn conclut au rejet de la requête de la SARL J.E.C.L.

Il fait valoir que :

- la SARL J.E.C.L. n'exerce pas comme activité principale une activité appartenant au secteur " Magasin de souvenir et de piété " et ne peut bénéficier d'aides pour un montant plafonné à 10 000 euros ;

- elle a reçu à juste titre les aides fonds de solidarité de novembre 2020 et de janvier à mai 2021 pour un montant de 1 500 euros et il n'y a pas lieu de lui attribuer un traitement particulier.

Par ordonnance du 3 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 18 novembre 2022 à 12 h 00.

Un mémoire, enregistré le 14 novembre 2022, présenté pour la SARL J.E.C.L., n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la Constitution ;

- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Truilhé, président-rapporteur,

- et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL (société à responsabilité limitée) J.E.C.L., située à Albi, est inscrite au registre du commerce et des sociétés avec pour activité le commerce de détail d'articles de souvenirs, confiserie, photos et, en général, tous produits rattachés au tourisme. Elle a déposé des demandes d'aide au titre du fonds de solidarité institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 auprès de la direction départementale des finances publiques du Tarn pour les mois de novembre 2020 et de janvier à mai 2021, en déclarant une activité de commerce de détail de pain, pâtisserie et confiserie en magasin spécialisé, au sens du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié. Ces aides lui ont été versées entre le 18 juin et le 29 juillet 2021 pour les mois de janvier à mai 2021, pour un montant mensuel respectif de 1 500 euros. La SARL J.E.C.L. a déposé de nouvelles demandes d'aide pour un montant mensuel de 10 000 euros en soutenant se rattacher à la catégorie " Magasin de souvenir et de piété " prévue à l'annexe 1 du décret n° 2020-371. Par un courriel du 6 mai 2021, la direction départementale des finances publiques du Tarn a informé la société requérante que son activité ne relevait ni du secteur 1, ni du secteur 1 bis de l'annexe 1 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié et qu'elle n'ouvrait ainsi droit qu'à une aide de 1 500 euros. Par la présente requête, enregistrée le 28 juin 2021, la SARL J.E.C.L. doit être regardée comme demandant au tribunal l'annulation de la décision du 6 mai 2021 relative à l'aide sollicitée au titre du mois de janvier 2021, ainsi que des décisions implicites lui refusant le bénéfice d'une aide d'un montant de 10 000 euros au titre des mois de mars à mai 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Selon les dispositions des articles 3-14 et 3-19 à 3-27 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 alors applicables, relatives aux demandes d'aide au titre des mois de janvier à mai 2021, les entreprises n'ayant pas fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public intervenue dans le mois considéré, mais ayant subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période concernée, peuvent prétendre à différents régimes d'aide. D'une part, si elles exercent une activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 du décret susvisé, le montant de l'aide était alors plafonné à 10 000 euros ou à un pourcentage du chiffre d'affaires en fonction du pourcentage de perte. D'autre part, si les entreprises concernées n'appartenaient à aucun des secteurs visés, le montant de l'aide était alors plafonné à 1 500 euros.

3. La SARL J.E.C.L. a bénéficié de l'octroi d'une aide financière du fonds de solidarité au titre des mois de janvier à mai 2021 pour un montant respectif de 1 500 euros au motif que son secteur d'activité principale s'apparente à un commerce de détail de produits alimentaires spécialisés. La société requérante a déposé de nouvelles demandes d'aide en déclarant comme activité principale le " Commerce de détail de pain, pâtisserie et confiserie en magasin spécialisé " et en soutenant se rattacher à la catégorie " Magasin de souvenirs et de piété " prévue par l'annexe 1 du décret n° 2020-371 modifié. Le bénéfice de cette aide lui a été refusé au motif que la vente de produits alimentaires à caractère local et régional ne s'intègre pas dans ce secteur. Selon la nomenclature d'activités française, le secteur d'activité " Magasin de souvenir et de piété " s'intègre dans la sous-classe 47.78C- " Autres commerces de détail spécialisé divers ", où il est fait mention qu'elle comprend le " Commerce de détail de produits non alimentaires non classés ailleurs ". Or, il ressort des pièces du dossier que l'activité principale de la SARL J.E.C.L. se rattache à la sous-catégorie 47.00.17 " Commerce de détail de confiseries ". Les annexes 1 et 2 du décret n° 2020-371 en date du 30 mars 2020 modifié ne font mention d'aucun secteur pouvant concerner ladite catégorie. Ainsi, il ressort des pièces du dossier que la vente de produits alimentaires, nonobstant leur caractère local et régional, n'appartient pas au secteur " Magasin de souvenirs et de piété ". Au surplus, l'administration a sollicité de la société requérante, lors de l'instruction de sa demande, la communication d'éléments permettant de déterminer la part du chiffre d'affaires correspondant à la vente d'articles de souvenirs, afin de ne pas tenir compte de la vente de confiseries, rattachée au secteur d'activité de " Commerce de détails de produits alimentaires spécialisés ". En l'absence de production de tels éléments, l'administration a estimé à bon droit qu'il n'était pas possible d'établir l'activité de magasin de souvenir au titre de son activité principale et, par suite, n'a pas fait une inexacte application des dispositions des annexes 1 et 2 du décret n° 2020-371 en date du 30 mars 2020 modifié, en refusant l'aide sollicitée par la SARL J.E.C.L. Enfin, la circonstance que l'administration ait informé la société de la possibilité de redéposer une demande d'aide, sans valider expressément la qualification du secteur d'activité " Magasin de souvenirs et de piété ", ne fait pas obstacle à ce qu'ultérieurement, l'administration ne retienne pas cette qualification.

4. Il résulte de ce qui précède que la SARL J.E.C.L. n'est pas fondée à soutenir qu'elle remplissait les conditions afin de se voir octroyer une aide de 10 000 euros au titre des mois de janvier à mai 2021 et que ses conclusions en annulation doivent, dès lors, être rejetées. Par voie de conséquence, il n'y a pas lieu de faire droit à ses conclusions tendant à l'injonction de versement d'une somme de 60 000 euros, ni à celles tendant à l'application des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SARL J.E.C.L. est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL J.E.C.L. et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques du Tarn.

Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président,

M. Déderen, premier conseiller,

M. Zabka, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 janvier 2023.

Le président-rapporteur,

J-C. TRUILHÉ

L'assesseur le plus ancien,

G. DÉDEREN

La greffière,

M-E. LATIF

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

No 2103898

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