mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2104048 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LONQUEUE - SAGALOVITSCH - EGLIE-RICHTERS ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 juin 2021 et le 29 juillet 2022, Mme C A demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Toulouse a fixé la date de consolidation de son accident de service au 1er juillet 2019 et a estimé que les arrêts de travail postérieurs devront être pris en charge au titre de la maladie ordinaire ;
2°) d'annuler en conséquence le titre de recette d'un montant de 16 254,52 euros émis à son encontre ;
3°) d'enjoindre à la commune de Toulouse de la rétablir dans ses droits à compter du 26 mars 2019, date à laquelle elle a fourni un certificat médical de reprise ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la condamner aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- la fixation de la date de consolidation ne pouvait avoir pour conséquence de faire prendre en charge ses arrêts de travail postérieurs au titre de la maladie ordinaire, dès lors que l'administration l'avait elle-même placée dans cette situation, faute de lui proposer un reclassement ;
- elle avait sollicité une contre-expertise qui n'a pas été menée ;
- la commune a entaché sa décision d'erreur de droit en la plaçant en disponibilité d'office sans la reclasser.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2022, la commune de Toulouse, représentée par Me Lonqueue, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'un recours pour excès de pouvoir ne peut conduire à contester, par la même requête, plusieurs actes sans lien entre eux, et la requérante ne peut, sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, solliciter que l'annulation de l'arrêté du 8 avril 2021 ;
- aucun moyen de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 24 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 14 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lequeux, rapporteure,
- les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique,
- et les observations de Mme A, requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, adjointe administrative territoriale spécialisée des écoles maternelles, est employée par la commune de Toulouse depuis le 1er novembre 2004. Elle a subi durant l'exercice de ses fonctions, le 27 septembre 2018, un malaise cardiaque ayant entraîné une chute qui lui a causé une blessure à la main droite, qu'elle a déclarée comme accident de service. Le comité médical départemental s'est prononcé le 6 mars 2019 sur son aptitude à reprendre ses fonctions et l'a reconnue inapte totalement et définitivement à son grade, mais apte à occuper d'autres fonctions. Elle a été maintenue en congé de maladie imputable au service. Par un arrêté du 8 avril 2021, à la suite d'un avis de la commission de réforme du 25 mars 2021, le maire de la commune de Toulouse a reconnu l'imputabilité au service de l'accident du 27 septembre 2018, a décidé de prendre en charge les arrêts de travail du 28 septembre 2018 au 30 juin 2019 au titre de l'accident de service, a fixé la date de consolidation au 1er juillet 2019, a décidé de prendre en charge les arrêts postérieurs à cette date au titre de la maladie ordinaire, a fixé le taux d'invalidité permanente partielle et a déclaré Mme A inapte à son grade. Mme A a ensuite été placée en disponibilité d'office du 2 juillet 2020 au 30 juin 2021. Le maire de la commune de Toulouse a émis à l'encontre de Mme A un titre exécutoire d'un montant de 16 254,52 euros en exécution de son arrêté du 8 avril 2021 au titre d'un indu de rémunération pour les périodes pour lesquelles elle avait été placée en congé de maladie imputable au service postérieurement au 1er juillet 2019.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".
3. Si la commune de Toulouse soutient qu'un recours pour excès de pouvoir ne peut, en application des dispositions précitées conduire un requérant à contester par une même requête plusieurs actes, les dispositions précitées ne font pas obstacle à ce que soit sollicitée, par une même demande, l'annulation de plusieurs actes dont le requérant est notamment le bénéficiaire ou le destinataire. En l'espèce, Mme A sollicite l'annulation d'un arrêté du 8 avril 2021 qui décide de la placer en congé de maladie ordinaire à compter du 1er juillet 2019 et d'un titre de recette pris en exécution de cet arrêté au titre d'un indu de rémunération résultant de la transformation rétroactive, par cet arrêté, de congés de maladie imputables au service en congés de maladie ordinaire. Par suite, eu égard aux liens existant entre ces conclusions, la fin de non-recevoir opposée en défense ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 8 avril 2021 :
4. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 58. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. () ". Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. / () IV. - Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. () ".
5. Il résulte de ces dispositions que l'agent souffrant d'une maladie dont le caractère imputable au service est établi est placé en congé pour invalidité imputable au service jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Un agent qui n'est plus apte à reprendre son service à la suite d'un accident de service et auquel aucune offre de poste adapté ou de reclassement n'a été faite a droit à être maintenu en congé avec le bénéfice de son plein traitement sans autres limitations que celles tenant à sa mise à la retraite ou au rétablissement de son aptitude au service.
6. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté a eu pour conséquence de transformer les arrêts de travail de Mme A initialement pris en charge au titre de congés imputables au service, en congés de maladie ordinaire à compter du 2 juillet 2019, conduisant à ce que Mme A soit placée en disponibilité d'office à compter du 2 juillet 2020 alors même que la requérante était déclarée inapte à reprendre les fonctions correspondant à son grade. Mme A affirme sans être sérieusement contredite qu'aucune offre de reclassement ne lui a été faite par la commune de Toulouse. Il s'ensuit qu'elle est fondée à soutenir que la commune de Toulouse, qui devait la maintenir en congé de maladie lié au service le temps nécessaire à ce qu'un reclassement soit opéré et à ce que des postes correspondant à son grade lui soient proposés, ne pouvait pas décider de la placer en congé de maladie ordinaire à compter du 2 juillet 2019.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 8 avril 2021 du maire de la commune de Toulouse en tant qu'il décide de la prise en charge des arrêts de travail postérieurs au 1er juillet 2019 au titre du régime de congé de maladie ordinaire.
Sur les conclusions à fin d'annulation du titre exécutoire du 28 juin 2021 :
8. Il résulte de l'instruction que le maire de la commune de Toulouse a émis à l'encontre de Mme A un titre exécutoire d'un montant de 16 254,52 euros en vue de régulariser ses absences médicales à la suite de l'intervention de l'arrêté du 8 avril 2021 qui a eu pour conséquence de transformer ses congés de maladie liés au service en congés de maladie ordinaire du 2 juillet 2019 au 30 juin 2021, cette somme correspondant ainsi à un demi-traitement de Mme A sur la période.
9. Il résulte de ce qui a été dit au point 6 du présent jugement que l'arrêté du 8 avril 2021 est illégal et que le maire de la commune de Toulouse ne pouvait pas décider de placer la requérante en congé de maladie ordinaire à compter du 2 juillet 2019. Par suite, Mme A est fondée à demander l'annulation du titre exécutoire du 28 juin 2021 et à être déchargée de la somme correspondante.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. L'annulation de l'arrêté du 8 avril 2021 implique que Mme A soit replacée en congé de maladie à plein traitement depuis le 1er juillet 2019, jusqu'à sa reprise, son placement à la retraite d'office ou la cessation de sa relation avec la collectivité.
Sur les frais liés au litige :
11. Mme A, qui n'a pas d'avocat, n'établit pas avoir exposé de frais dans l'instance. Ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
12. En l'absence de dépens exposés dans l'instance, les conclusions présentées sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 8 avril 2021 est annulé en tant qu'il décide de placer Mme A en congé de maladie ordinaire à compter du 2 juillet 2019.
Article 2 : Le titre exécutoire du 28 juin 2021 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint à la commune de Toulouse de placer Mme A en congé de maladie imputable au service, à plein traitement, depuis le 1er juillet 2019 jusqu'à sa reprise, son placement à la retraite d'office ou la cessation de sa relation avec la collectivité.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la commune de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
Mme Lequeux, conseillère,
Mme Lucas, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.
La rapporteure,
A. LEQUEUX
Le président,
P. GRIMAUDLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026