mercredi 12 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2104060 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CHAMBARET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 6 juillet 2021, le 23 février 2022, le 30 avril 2022 et le 28 juin 2022, Mme C B, représentée par Me Chambaret, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 17 juin 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé son admission exceptionnelle au séjour ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat, une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation notamment en droit, en raison de l'omission de la mention de la convention du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, compte tenu de la situation de handicap de sa mère et de sa mobilité réduite.
Par un mémoire enregistré le 5 novembre 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 29 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 19 juillet 2022.
Un mémoire enregistré le 15 juillet 2022 a été présenté pour Mme B mais n'a pas été communiqué.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 avril 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bernos, rapporteur,
- et les observations de Me Chambaret, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, ressortissante algérienne, demande l'annulation de la décision en date du 17 juin 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé son admission exceptionnelle au séjour.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que la décision portant refus d'admission exceptionnelle au séjour comporte de manière suffisamment précise les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Au demeurant, si la requérante fait valoir que la convention internationale relative aux droits de l'enfant n'a pas été visée dans la décision attaquée, cette circonstance est sans incidence sur le caractère suffisant de la motivation dès lors que cette convention ne constitue pas le fondement de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne n'aurait pas procédé à l'examen global de la situation personnelle et familiale de la requérante à laquelle il appartenait de produire tous les éléments intervenus depuis sa demande de titre, notamment quant à la réalité de son union, afin de permettre au préfet de la Haute-Garonne de porter une appréciation concrète sur sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation doit être écarté.
4. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
5. Si l'accord franco-algérien ne prévoit pas de modalités d'admission exceptionnelle au séjour telles qu'elles figurent à l'article précité, le préfet peut néanmoins délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit de ce titre de séjour. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier l'opportunité d'une mesure de régularisation compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé.
6. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne, après avoir examiné la demande de titre présentée par Mme B sur le fondement de l'accord franco-algérien a, alors qu'il n'y était pas tenu, apprécié si la situation de la requérante relevait de motifs humanitaires ou exceptionnels pouvant justifier un droit au séjour et a ainsi, après examen, refusé de faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en fondant sa décision sur les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet aurait commis une erreur de droit.
7. Enfin, il ressort des pièces du dossier que les seuls éléments allégués ne permettent cependant pas d'établir que sa situation relèverait d'une circonstance humanitaire ou d'un motif exceptionnel tels qu'en refusant de faire usage de son pouvoir discrétionnaire, le préfet de la Haute-Garonne aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation. Un tel moyen doit dès lors être écarté.
8. La requérante ne saurait utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que la décision attaquée ne se fonde pas sur ce texte.
9. Enfin, si Mme B se prévaut de son séjour en France alors qu'elle était âgée de neuf ans au cours de l'année scolaire 2001-2002, de sa relation avec un compatriote, titulaire d'un certificat de résidence de dix ans, de la naissance en France de son fils le 20 septembre 2019, des troubles de santé qui affectent celui-ci et de la circonstance que sa mère, titulaire d'un certificat de résidence, est en situation de handicap et a besoin de son aide matérielle, elle n'apporte toutefois aucune pièce à l'appui de ses allégations de nature à établir l'ancrage de sa vie en France, une quelconque insertion socioprofessionnelle ou une relation avec le père de son enfant, la naissance de son fils ne justifiant pas à elle seule, au vu de son jeune âge, l'existence de liens durables avec la France. Enfin, la mère de la requérante n'est pas isolée en France et il n'est pas établi qu'elle ne puisse bénéficier d'une aide matérielle sur le territoire national. Par suite, il y a lieu d'écarter les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision en date du 17 juin 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui accorder un titre de séjour. Sa requête doit donc être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, la somme réclamée par Mme B en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
M. Bernos, premier conseiller,
Mme Namer, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2022.
Le rapporteur Le président
M. D
La greffière
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
N°2104060
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026