LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2104066

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2104066

jeudi 22 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2104066
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSCP CORMARY & BROCA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 juillet 2021, Mme D C, représentée par Me Broca, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 février 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour ou de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Mme C soutient, outre que la requête est recevable, que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait, dès lors qu'elle a toujours été en situation régulière ;

- la décision de refus de séjour attaquée repose sur une base légale erronée, dès lors que sa demande de titre de séjour était fondée sur les dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et non sur celles du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision de refus de séjour attaquée est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;

- les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le délai de départ volontaire et arrêtant le pays de destination sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- la décision l'obligeant à quitter le territoire français viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le délai de départ volontaire est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 août 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Le préfet de la Haute-Garonne soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juin 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante gabonaise née le 19 mai 1973, est entrée en France en dernier lieu le 20 octobre 2019 sous couvert d'un visa de long séjour " stagiaire " délivré par les autorités consulaires françaises au Gabon et valable du 10 septembre 2019 au 10 septembre 2020. Elle a sollicité le 10 octobre 2020 la délivrance d'un titre de séjour. Mme C demande l'annulation de l'arrêté du 16 février 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté attaqué pris dans son ensemble :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent./ A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :/ 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". En application des dispositions de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

3. L'arrêté attaqué comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé pour refuser de délivrer un titre de séjour à Mme C et l'obliger à quitter le territoire français en fixant le pays de renvoi. Le préfet, qui n'avait pas à faire état de tous les éléments de la situation de la requérante, a ainsi suffisamment motivé son arrêté.

4. En second lieu, Mme C soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait, dès lors qu'elle n'a jamais été en situation irrégulière sur le territoire français. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le visa de long séjour délivré à la requérante le 10 septembre 2019 expirait le 10 septembre 2020. Si Mme C a été convoquée à la préfecture le 15 juillet 2020, puis le 19 octobre 2020, l'accusé de réception de sa demande mentionne qu'il ne vaut pas titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " I. - La carte de séjour temporaire accordée à l'étranger qui établit qu'il suit en France un enseignement ou qu'il y fait des études et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention " étudiant "./ () Un décret en Conseil d'Etat précise les conditions d'application des dispositions du présent article, en particulier en ce qui concerne les ressources exigées, les conditions d'inscription dans un établissement d'enseignement () ". L'article R. 313-7 du même code dispose, dans sa rédaction applicable : " I.-Pour l'application du I de l'article L. 313-7, l'étranger qui demande la carte de séjour portant la mention "étudiant" () doit présenter, outre les pièces mentionnées aux articles R. 311-2-2 et R. 313-1, les pièces suivantes :/ () 1° La justification qu'il dispose de moyens d'existence ()/ 2° Un certificat d'immatriculation, d'inscription ou de préinscription dans un établissement public ou privé d'enseignement ou de formation initiale, ou une attestation d'inscription ou de préinscription dans un organisme de formation professionnelle au sens du titre II du livre IX du code du travail, ou bien une attestation justifiant qu'il est bénéficiaire d'un programme de coopération de l'Union européenne dans les domaines de l'éducation, de la formation et de la jeunesse () ".

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a sollicité le 13 juillet 2020 la délivrance d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étudiante, en se prévalant de son inscription auprès d'un établissement dispensant des cours particuliers à domicile au titre de l'année universitaire 2020-2021, afin de suivre des cours d'anglais, à raison d'une heure par semaine. Les services de la préfecture de la Haute-Garonne ont informé le 12 mars 2021 la requérante que sa demande ne pouvait aboutir à ce titre, dans la mesure où la formation envisagée ne permettait pas la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant. Par ce même courrier, Mme C a été invitée, en raison des difficultés de santé évoquées dans sa demande du 13 juillet 2020, à déposer une nouvelle demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade, ce qu'a effectivement fait Mme C, qui a déposé une demande en ce sens auprès des services de la préfecture le 25 septembre 2020. Il ressort des mentions portées sur la décision attaquée que celle-ci fait suite à cette nouvelle demande, qui ne tendait plus à la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée reposerait sur une base légale erronée, en tant qu'elle statuerait sur une demande de délivrance de titre de séjour en qualité d'étranger malade, et non en qualité d'étudiant, doit être écarté.

7. Pour les motifs qui viennent d'être énoncés, le moyen tiré de ce que le préfet de la Haute-Garonne a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de la requérante en refusant d'instruire sa demande de délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiante, doit être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour doivent être rejetées.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :

9. En premier lieu, les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour étant rejetées, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision attaquée, en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour, doit être écarté.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

11. Il ressort des pièces du dossier que Mme C est entrée en France en dernier lieu le 22 octobre 2019 à l'âge de 46 ans. Si elle se prévaut de la présence d'un de ses fils sur le territoire français, elle n'établit pas être isolée au Gabon où vivent notamment ses cinq autres enfants, et où elle a vécu la majeure partie de sa vie. Au surplus, le visa qui lui a été délivré en tant que " stagiaire " ne lui donnait pas vocation à demeurer en France. Ainsi, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France, le préfet de la Haute-Garonne, en obligeant la requérante à quitter le territoire français, n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Dès lors le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

12. En troisième et dernier lieu, Mme C soutient que le préfet de la Haute-Garonne a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation en lui accordant seulement un délai de départ volontaire de trente jours, du fait du suivi médical auquel elle est astreinte. Toutefois, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a considéré dans son avis émis le 22 décembre 2020 et dont les conclusions ne sont au demeurant pas contestées par la requérante, que son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut de prise en charge ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle pouvait voyager sans risque vers son pays d'origine. De plus, les éléments produits à l'appui de sa requête ne permettent pas d'établir qu'un délai supplémentaire aurait dû être accordé à la requérante. Dès lors, ce moyen doit être écarté.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision obligeant Mme C à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

14. Les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour étant rejetées, le seul moyen soulevé à l'encontre de la décision attaquée, et tiré de son défaut de base légale, en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour, doit être écarté. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'annulation visées ci-dessus doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

15. Les conclusions à fin d'annulation de Mme C étant rejetées, ses conclusions susvisées aux fins d'injonction et d'astreinte doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

16. Les conclusions de Mme C tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à Me Broca et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Héry, présidente,

Mme Soddu, première conseillère,

Mme Biscarel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.

La présidente-rapporteure,

F. A

L'assesseure la plus ancienne,

N. SODDU La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions