LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2104092

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2104092

mardi 30 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2104092
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantMACHTA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire respectivement enregistrés les 7 juillet 2021 et 14 juillet 2021, M. C B, représenté par Me Machta, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er juin 2021 par lequel la préfète du Tarn lui a refusé l'octroi d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Tarn de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation ;

- cette décision est entachée d'une erreur de droit, dès lors que la préfète du Tarn s'est estimée à tort, en situation de compétence liée ;

- cette décision est entachée d'une inexactitude matérielle des faits, dès lors que son titre de séjour " passeport talent - salarié en mission " ne lui a pas été retiré ;

- cette décision est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- cette décision est entachée d'un détournement de pouvoir ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale, en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision fixant son délai de départ volontaire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement est illégale, en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 août 2021, la préfète du Tarn conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 20 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 20 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Matteaccioli a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant tunisien né le 15 novembre 1991, est entré en France le 11 mai 2020 alors qu'il bénéficiait d'un visa " passeport talent - salarié en mission " avant de se voir délivrer, le 8 juin 2020 un titre de séjour pluriannuel portant la mention " passeport talent " valable jusqu'au 7 juin 2024. Le 21 août 2020, il a démissionné de son poste. Par un arrêté du 20 novembre 2020, le préfet de la Mayenne a décidé du retrait de son titre de séjour. Le 7 avril 2021, M. B a sollicité son admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié auprès des services préfectoraux du Tarn, département dans lequel il a emménagé. Par un arrêté en date du 1er juin 2021, la préfète de ce département a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.

Sur l'étendue du litige :

2. La préfète du Tarn ayant, par un arrêté du 3 août 2021, assigné M. B à résidence, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif a statué, selon la procédure prévue aux articles L. 614-1 et L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur les conclusions de sa requête dirigée contre l'obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le pays de destination et l'arrêté portant assignation à résidence, par un jugement en date du 9 août 2021. Par suite, il n'y a lieu de ne statuer par le présent jugement que sur les conclusions dirigées contre la décision portant refus de titre de séjour.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. D'une part, aux termes de l'article 11 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord. / Chaque Etat délivre notamment aux ressortissants de l'autre Etat tous titres de séjour autres que ceux visés au présent accord, dans les conditions prévues par sa législation ". Aux termes de l'article 3 du même accord : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " ". L'accord franco- tunisien du 17 mars 1988 modifié renvoie, sur tous les points qu'il ne traite pas, à la législation nationale, en particulier aux dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code du travail pour autant qu'elles ne sont pas incompatibles avec les stipulations de l'accord et nécessaires à sa mise en œuvre. Il en va notamment ainsi en ce qui concerne le titre de séjour portant la mention " salarié ", mentionné à l'article 3 de cet accord, des dispositions des articles L. 5221-2, R. 5221-11, R. 5221-15 et R. 5221-17 du code du travail, qui précisent les modalités et les éléments d'appréciation en vertu desquels le préfet se prononce, au vu notamment du contrat de travail, pour accorder ou refuser une autorisation de travail et des dispositions des articles L. 313-2 et R. 313-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, imposant la production d'un visa de long séjour.

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 221-8 du code des relations entre le public et l'administration : " Sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires ou instituant d'autres formalités préalables, une décision individuelle expresse est opposable à la personne qui en fait l'objet au moment où elle est notifiée ".

5. Il ressort des termes de la décision portant refus de titre de séjour que la préfète du Tarn a examiné le droit au séjour de M. B sur le fondement des stipulations précitées de l'article 3 de l'accord franco-tunisien, prévoyant la délivrance aux ressortissants tunisiens d'un titre de séjour en qualité de salarié, et le lui a refusé au motif qu'eu égard au retrait du premier titre de séjour dont disposait l'intéressé, il ne justifiait ni d'un visa long séjour ni d'un titre de séjour en cours de validité. S'il ressort des pièces produites par la préfète que le pli contenant la décision de retrait de son titre de séjour envoyé à l'intéressé le 20 novembre 2020 par les services préfectoraux de Mayenne leur a été retourné revêtu de la mention " destinataire inconnu à l'adresse ", M. B établit, par la production d'une lettre desdits services préfectoraux du 9 octobre 2020 en faisant mention, avoir préalablement informé la préfecture de la Mayenne de son changement d'adresse dans le département du Tarn. Dans ces conditions, et alors qu'il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la décision portant retrait de titre de séjour aurait été autrement notifiée à l'intéressé avant qu'il ait formé sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, le 6 avril 2021, auprès de la préfecture du Tarn, il devait être regardé, faute d'entrée en vigueur dudit retrait, comme étant toujours titulaire à cette date d'un titre de séjour pluriannuel " passeport talent " en cours de validité. Par suite, M. B est fondé à soutenir qu'en le regardant comme séjournant irrégulièrement en France, la préfète du Tarn s'est fondée sur des faits matériellement inexacts et a commis un défaut d'examen de sa situation personnelle. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit ainsi soulevé par le requérant doit être accueilli.

6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision portant refus de titre de séjour de la préfète du Tarn du 1er juin 2021 doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

7. Le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint à la préfète du Tarn de réexaminer la situation de l'intéressé dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement à intervenir en le munissant immédiatement, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, une quelconque somme à verser au requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du préfet du Tarn portant refus de titre de séjour du 1er juin 2021 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Tarn de réexaminer la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète du Tarn.

Copie en sera adressée pour information au préfet de la Mayenne et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 12 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

Mme A, magistrate honoraire,

Mme Matteaccioli, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.

La rapporteure,

L. MATTEACCIOLI

Le président,

P. GRIMAUD

Le greffier,

B. ROETS

La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions