mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2104107 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | KISSANGOULA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 7 juillet 2021, le 12 juillet 2021 et le 24 août 2021, M. F G, représenté par Me Kissangoula, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 juin 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ou à défaut, une carte de séjour temporaire, dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. G soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ce qui révèle un défaut d'examen particulier de sa situation par le préfet ;
- méconnaît son droit d'être entendu tel que garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure de présenter des observations écrites et orales sur sa situation ;
- méconnaît les articles L. 423-5 et R. 233-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il a subi des violences physiques et psychologiques de la part de son épouse ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les articles L. 423-14 à L. 423-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée, professionnelle et familiale dès lors qu'il travaille et qu'il justifie de relations privées, professionnelles et amicales en France depuis son arrivée ;
- méconnaît les articles 2, 3, 5 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il fait partie de la communauté toulousaine des opposants au régime cubain ;
- est illégale dès lors que le préfet s'est abstenu de rechercher s'il pouvait prétendre à un titre de séjour en sa qualité d'opposant politique ;
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ce qui révèle un défaut d'examen particulier de sa situation par le préfet ;
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences d'une extrême gravité qu'elle emporte sur sa situation au regard des liens qu'il a noués en France comme des risques pour sa santé mentale et pour sa vie en cas de retour à Cuba ;
La décision fixant le pays de destination :
- est entachée d'incompétence ;
- méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Une mise en demeure a été adressée le 7 janvier 2022 au préfet de la Haute-Garonne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par ordonnance du 13 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 30 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de Me Kissangoula, représentant M. G.
Considérant ce qui suit :
1. M. G, ressortissant cubain né le 23 avril 1986 à Pinar del Rio (Cuba), est entré une première fois en France, en décembre 2017, muni d'un visa de court séjour. Après son mariage, le 6 avril 2018, à Saint-Just (Hérault), avec Mme D B, ressortissante française née le 28 avril 1958, il s'est vu délivrer, le 29 mai 2018, un visa de long séjour d'une durée d'un an en qualité de conjoint d'une ressortissante française, qui lui a permis d'entrer à nouveau en France le 31 mai 2018. Il a ensuite obtenu une carte de séjour pluriannuelle valable du 30 mai 2019 au 29 mai 2021 dont il a sollicité le renouvellement le 16 mars 2021. Il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 juin 2021, qui lui a été notifié le 14 juin 2021, par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
2. En premier lieu, par un arrêté du 15 décembre 2020, régulièrement publié au recueil administratif spécial n°31-2020-290 le même jour, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme E A en tant que directrice des migrations et de l'intégration pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Cet arrêté ayant été publié, le préfet de la Haute-Garonne n'est pas tenu d'en justifier l'existence. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté litigieux du préfet de la Haute-Garonne vise les articles applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il est ainsi suffisamment motivé en droit. Il précise ensuite les motifs justifiant le refus de renouvellement du titre de séjour de M. G sur le fondement des articles L. 411-4 (10°) et L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La décision portant refus de séjour est ainsi suffisamment motivée en fait. Le refus de séjour étant suffisamment motivé, l'obligation de quitter le territoire français l'est aussi. Enfin, la décision fixant le pays de destination, qui indique que M. G n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, notamment en l'absence de demande de protection internationale, est, elle aussi, suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire et fixant le pays de destination, qui manque en fait et ne se confond pas avec le bien-fondé des motifs, ne peut qu'être écarté. Par ailleurs, la motivation de l'arrêté litigieux ne révèle pas que la situation du requérant n'aurait pas fait l'objet d'un examen particulier.
En ce qui concerne le refus de renouvellement du titre de séjour :
4. En premier lieu, si aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ".
5. Si cet article s'adresse non pas aux États membres mais uniquement aux institutions, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux États membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
6. M. G soutient qu'il n'a pas été mis en mesure de faire utilement valoir des observations écrites et orales avant l'édiction de la décision attaquée. Toutefois, alors qu'il était loisible à l'intéressé, dans le cadre de sa demande de renouvellement de séjour, de faire valoir auprès du préfet tout élément pertinent sur sa situation personnelle, le cas échéant en complétant son dossier de demande, le requérant n'établit ni même n'allègue avoir sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux avant que ne soit pris l'arrêté attaqué. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour aurait été prise en méconnaissance du droit d'être entendu qu'il tient du droit de l'Union européenne.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. ". Aux termes de l'article L. 423-3 du même code : " Lorsque la rupture du lien conjugal ou la rupture de la vie commune est constatée au cours de la durée de validité de la carte de séjour prévue aux articles L. 423-1 ou L. 423-2, cette dernière peut être retirée. / Le renouvellement de la carte est subordonné au maintien du lien conjugal et de la communauté de vie avec le conjoint qui doit avoir conservé la nationalité française. " Aux termes de l'article L. 423-5 du même code : " La rupture de la vie commune n'est pas opposable lorsqu'elle est imputable à des violences familiales ou conjugales (). ".
8. Si les dispositions de l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne créent aucun droit au renouvellement du titre de séjour d'un étranger dont la communauté de vie avec son conjoint de nationalité française a été rompue en raison des violences conjugales qu'il a subies de la part de ce dernier, de telles violences, subies pendant la vie commune, ouvrent la faculté d'obtenir, sur le fondement de cet article, un titre de séjour, sans que cette possibilité soit limitée au premier renouvellement d'un tel titre. Il incombe à l'autorité préfectorale, saisie d'une telle demande, d'apprécier, sous l'entier contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si la situation de l'intéressé justifie le renouvellement du titre à la date où il se prononce, en tenant compte, notamment, du délai qui s'est écoulé depuis la cessation de la vie commune et des conséquences qui peuvent encore résulter, à cette date, des violences subies.
9. M. G doit être regardé comme soutenant que la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour méconnaît l'article L. 423-5 ainsi que l'article R. 233-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il a subi des violences physiques et psychologiques de la part de son épouse. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier de l'assignation en divorce signifiée à M. G le 13 novembre 2020 que les époux s'étaient séparés une première fois en avril 2019, que Mme B avait déposé une requête en divorce le 22 mai 2019 avant de reprendre la vie commune, qu'à la suite d'une altercation, Mme B a quitté le domicile conjugal le 29 août 2019 et qu'à compter du 11 décembre 2019, le requérant a loué un studio meublé à son seul nom. Par une ordonnance de non conciliation datée du 1er octobre 2019, le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Toulouse a dit que les époux résidaient séparément. La rupture de la vie commune était ainsi établie à la date à laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé le renouvellement du titre de séjour sollicité par M. G. Si ce dernier soutient que la rupture de la communauté de vie est due à des violences physiques et psychologiques qu'il a subies de la part de son épouse et aux menaces de mort proférées par les fils de celle-ci, il ne ressort pas du procès-verbal de la main courante qu'il a déposée le 2 septembre 2019 que Mme B l'aurait personnellement violenté ou même menacé, et s'il apporte la preuve des menaces dont il a été l'objet de la part d'un des fils de sa conjointe, formulées après l'altercation entre les époux, aucune pièce n'établit de menaces énoncées antérieurement à cet événement, pas plus que leur persistance après la séparation du couple. Par ailleurs, les allégations de violences psychologiques de la part de son épouse ne sont étayées par aucun élément du dossier. Par suite, le requérant n'établit pas que la rupture de la vie commune résulterait de violences qu'il aurait subies de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté. En outre, à cet égard, le requérant ne peut utilement soutenir qu'il conservait un droit au séjour en vertu de l'article R. 233-9 du même code dès lors que ces dispositions ne sont pas applicables aux membres de famille de Français.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
11. M. G soutient que la décision en litige porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée, professionnelle et familiale dès lors qu'il travaille et qu'il justifie de relations privées, professionnelles et amicales depuis son arrivée en France. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'il a vécu à Cuba jusqu'à l'âge de 31 ans, qu'il y bénéficiait d'un emploi et qu'il y a conservé sa famille. La circonstance qu'il ait signé un contrat d'intégration républicaine, le 12 septembre 2018, qu'il ait obtenu un contrat de travail prolongé par un avenant du 2 novembre 2020 et que son employeur souhaite le recruter à durée indéterminée ne suffit pas à le faire regarder comme ayant noué en France des liens personnels, professionnels et amicaux d'une intensité exceptionnelle. Par suite, en refusant le renouvellement d'un titre de séjour à M. G, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'il a poursuivis et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. En outre, à cet égard, le requérant ne peut se prévaloir des dispositions des articles L. 423-14 à L. 423-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ne sont applicables qu'en cas de regroupement familial.
12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement, sauf en exécution d'une sentence capitale prononcée par un tribunal au cas où le délit est puni de cette peine par la loi () ". Aux termes de l'article 3 de cette convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". L'article 5 de la même convention stipule : " Toute personne a droit à la liberté et à la sûreté. Nul ne peut être privé de sa liberté () ". Enfin, l'article 14 prévoit : " La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l'origine nationale ou sociale, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation ".
13. M. G soutient que la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour l'expose à des risques graves dès lors qu'il fait partie de la communauté toulousaine des opposants au régime cubain. Toutefois, la décision de refus de renouvellement de son titre de séjour n'a ni pour objet ni pour effet de procéder à son renvoi dans un pays déterminé dans lequel il serait exposé aux risques invoqués et où il serait privé des droits et libertés reconnus par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations des articles 2, 3, 5 et 14 de cette convention dirigés contre la décision de refus de renouvellement du titre de séjour doivent être écartés.
14. En cinquième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance ou de renouvellement d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. G aurait sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur un autre fondement que ceux des articles L. 411-4 (10°) et L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoyant le renouvellement du titre de séjour délivré à un conjoint de Français. Au surplus, si l'intéressé se prévaut de menaces sur sa vie en raison de son opposition au régime politique cubain, il n'établit ni même allègue avoir sollicité une protection internationale à ce titre. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait dû examiner sa demande sur un fondement distinct de celui permettant le renouvellement du titre de séjour dont il était bénéficiaire.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
15. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. G n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour pour demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
16. En second lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne, en faisant obligation à M. G de quitter le territoire français, aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la mesure sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne le pays de destination :
17. M. G n'apporte aucun élément précis à l'appui de ses allégations relatives aux risques que comporterait pour lui son retour à Cuba. Les moyens tirés de ce que la décision contestée fixant le pays de son renvoi méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peuvent, dès lors, être accueillis.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. G à fins d'annulation de l'arrêté du 4 juin 2021 par lequel préfet de la Haute-Garonne lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour, avec obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination, doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions injonctives ainsi que celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F G et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Benéteau, première conseillère,
M. Leymarie, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
A. C
Le président,
D. KATZLa greffière,
C. CASTRILLO
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026