mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2104141 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GUEYE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 juillet 2021 et le 27 janvier 2022, M. D C B, représenté par Me Gueye, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 mars 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ;
2°) d'annuler le courrier du 18 juin 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a communiqué les motifs de la décision de refus implicite née le 3 mars 2021 ;
3°) de condamner l'État à lui verser la somme de 8 000 euros en réparation de son préjudice moral, sous astreinte de 100 euros par mois de retard, à compter du prononcé du jugement à intervenir ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " retraité ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. C B soutient que :
- le préfet de la Haute-Garonne est compétent pour lui délivrer le certificat de résidence, en ce qu'il justifie d'une résidence à Toulouse, où se situe le centre de ses intérêts personnels et familiaux ;
- la décision portant refus de séjour est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale faute pour le préfet d'avoir saisi la commission du titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 6 de la convention franco-algérienne du 27 décembre 1968 ;
- elle porte atteinte à sa vie privée et familiale, telle que protégée par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- son préjudice financier s'élève à 8 000 euros, en raison de l'absence de son certificat de résidence " retraité ", ce qui ne lui permet pas la prise en charge de ses frais médicaux et la perception d'un complément de retraite.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 janvier 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 15 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 mars 2023.
M. C B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Dans cette affaire, le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Quessette, rapporteur,
- et les observations de Me Gueye, représentant M. C B.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant algérien né le 8 mai 1949, a présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour le 3 novembre 2020. Par un courrier en date du 15 mars 2021, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande au motif de son incompétence territoriale et a invité le demandeur à se rapprocher de la préfecture du département du lieu de sa résidence principale. L'intéressé a adressé un recours gracieux au préfet par courrier du 9 juillet 2021, ainsi qu'une demande indemnitaire. Par sa requête, M. C B doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 15 mars 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 311-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la date de la décision contestée du 15 mars 2021, devenu l'article R. 431-20 depuis le 1er mai 2021 : " Le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence et, à Paris, par le préfet de police. Toutefois, lorsque son titulaire a déjà quitté la France, le titre de séjour mentionné à l'article L. 317-1 est délivré par le préfet du département où l'étranger déclare vouloir séjourner, même temporairement, et, à Paris, par le préfet de police () ". Il résulte de ces dispositions que le préfet compétent territorialement pour statuer sur une demande de titre de séjour est normalement le préfet du département dans lequel réside l'étranger. Si le dossier de demande de délivrance ou de renouvellement doit comprendre un justificatif de domicile, cette pièce, qui vise notamment à permettre au préfet de disposer d'éléments de vérification de sa compétence territoriale, n'a ni pour objet ni pour effet de rendre territorialement compétent le préfet d'un département dans lequel l'étranger ne résiderait pas. Il appartient au préfet de déterminer sa compétence territoriale compte tenu de l'ensemble des éléments d'information dont il peut disposer.
3. En l'espèce, M. C B a sollicité son admission exceptionnelle au séjour auprès du préfet de la Haute-Garonne en se prévalant d'une domiciliation à l'unité locale de la Croix-Rouge de Toulouse depuis le 17 août 2018. Par décision du 15 mars 2021, le préfet de la Haute-Garonne a décliné sa compétence territoriale et renvoyé l'intéressé devant le préfet du département de sa résidence principale. Il a, pour retenir cette position, relevé en particulier que les pièces qui étaient produites à l'appui de sa demande de titre de séjour par le requérant établissaient une installation de celui-ci dans le département des Bouches-du-Rhône. Si l'intéressé se prévaut d'une attestation d'hébergement en date du 5 octobre 2020 à Toulouse, il ressort des pièces du dossier que le requérant n'est titulaire d'aucun bail, ni ne justifie d'une facture à son nom à ce domicile. Si les courriers versés au dossier qui émanent de sa caisse de retraite en date du 29 mai 2018, de l'assurance maladie en date du 29 juin 2021 ainsi que son avis d'imposition au titre de l'année 2019 sont adressés à l'unité locale de la Croix-Rouge de Toulouse, domiciliation postale qui n'établit pas à elle seule une résidence stable à Toulouse, les nombreux justificatifs et documents médicaux versés au débat et établis au titre des années 2017, 2018 et 2019, indiquent une localisation des praticiens et centres médicaux dans la commune d'Arles et un domicile de M. C B également dans cette commune. De même, l'attestation de bénévolat depuis 2016 dont il se prévaut a été rédigé par une association dont le siège social est situé dans la commune d'Arles. Par suite, M. C B n'apportant pas la preuve de sa domiciliation effective à Toulouse, le préfet de la Haute-Garonne a pu décliner sa compétence et renvoyer l'intéressé devant le préfet du département de sa résidence principale.
4. Dès lors que, pour rejeter la demande d'admission au séjour de M. C B, le préfet de la Haute-Garonne s'est borné à décliner sa compétence territoriale, sans se prononcer sur le droit au séjour de l'intéressé, les moyens tirés de ce que la décision du 15 mars 2021 serait insuffisamment motivée, que le préfet se serait abstenu irrégulièrement de consulter la commission du titre de séjour, que la décision serait entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions des article L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, méconnaîtrait l'article 6 de la convention franco-algérienne du 27 décembre 1968 et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doivent, en tout état de cause, être écartés comme inopérants.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'indemnisation, d'injonction et d'astreinte, de même que les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative combinées avec les dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C B, au préfet de la Haute-Garonne et à Me Gueye.
Délibéré après l'audience du 19 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
M. Quessette, premier conseiller,
Mme Lequeux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.
Le rapporteur,
L. QUESSETTE
Le président,
P. GRIMAUD La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
No 2104141
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026