LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2104220

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2104220

jeudi 27 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2104220
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique cellule 7
Avocat requérantDE CAUMONT ERIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 juillet 2021 et le 6 avril 2022, M. A B, représenté par le cabinet de Caumont, aux écritures de Me Sabatakakis, demande au tribunal :

1) d'annuler la décision 48 SI en date du 9 avril 2021, notifiée le 15 mai 2021, par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié, outre une perte de trois points de son permis de conduire consécutivement à l'infraction au code de la route commise le 8 janvier 2020 à 15h30 à Saint Germain les Belles, l'ensemble des retraits de points successivement opérés à son encontre ainsi que la perte de la totalité des points affectés à son permis de conduire et corrélativement celle de la validité du permis de conduire et lui a enjoint de restituer son titre de conduite invalidé aux services préfectoraux de son département de résidence dans le délai de dix jours francs à compter de la réception de la décision 48 SI ;

2) d'annuler les décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les

6 juin 2012, 5 novembre 2012, 8 octobre 2014, 20 avril 2015, 5 juin 2015, 5 juillet 2017, 1er novembre 2017, 29 mai 2018, 3 décembre 2018, 2 décembre 2019, 8 janvier 2020 et 20 janvier 2020 ;

3) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer les points illégalement retirés et de rétablir le capital de son permis de conduire, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

5) de rejeter la demande de l'État présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la formalité d'information prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route n'a pas été satisfaite lors du constat des infractions des 6 juin 2012, 5 novembre 2012, 20 avril 2015, 5 juin 2015, 5 juillet 2017, 1er novembre 2017, 29 mai 2018, 3 décembre 2018, 2 décembre 2019, 8 janvier 2020 et 20 janvier 2020 ayant entraîné les retraits de points conduisant à l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul ;

- la charge de la preuve de l'information préalable qui doit être complète incombe à l'administration, ainsi notamment en matière d'infraction relevée par procès-verbal électronique ;

- lorsqu'une contravention soumise à la procédure de l'amende forfaitaire est relevée avec interception du véhicule et donne lieu au paiement immédiat de l'amende forfaitaire entre les mains de l'agent verbalisateur, il incombe à l'administration d'apporter la preuve par la production de la souche de la quittance dépourvue de réserve sur la délivrance de l'information que celle-ci est intervenue préalablement au paiement ;

- en cas d'amende forfaitaire majorée, la preuve de la délivrance de l'information ne saurait résulter de la seule circonstance qu'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée a été émis, en raison d'une infraction constatée par radar automatique ou par procès-verbal électronique, et qu'un avis d'amende forfaitaire majorée a été adressée à l'intéressé, même s'il ressort du relevé d'information intégral de l'intéressé que ces éléments d'information auraient pu être portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes, sachant, en outre, que le paiement de la majoration, dont le Trésor public peut attester dans certaines affaires, ne doit pas être intervenu par le biais d'un recouvrement forcé de l'administration ;

- les mentions du relevé d'information intégral n'ont pas de valeur probante à défaut de production de la quittance exempte de réserve ou du procès-verbal de contravention dûment signé, étant rappelé que le relevé d'information intégral est un document extrait du système du fichier national des permis de conduire lui-même à l'origine des décisions de retrait de points contestées et qu'il est déjà apparu que certains relevés d'information intégral comportaient des mentions erronées, notamment en matière de radar automatique ;

- s'agissant du retrait de points consécutif à l'infraction du 8 octobre 2014, aucune indication ne permet de caractériser le caractère définitif du jugement du 16 avril 2015.

- l'infraction en date du 6 juin 2012 n'a pas été constatée par l'intermédiaire d'un radar automatique, ni par boitier électronique mais a fait l'objet d'une verbalisation avec interception et le ministre de l'intérieur n'a produit aucun avis de contravention ou avis d'amende forfaitaire majorées concernant cette infraction et aucune attestation de paiement ne justifie de son paiement ;

- s'agissant de l'infraction du 1er novembre 2017, relevée par " contrôle automatisé ", le ministre de l'intérieur ne verse pas aux débats les avis afférents à cette infraction, ni quelque attestation de paiement que ce soit témoignant d'un recouvrement spontané ;

- concernant les infractions en date des 5 novembre 2012 et 2 décembre 2019, dressées par " procès-verbal électronique ", le ministre n'a produit aucun avis de contravention concernant ces infractions qui ont fait l'objet chacune d'un avis d'amende forfaitaire majorée et il a été jugé que l'émission d'une amende forfaitaire majorée conduit à considérer que le contrevenant n'a pas nécessairement reçu l'avis de contravention initial et donc les informations préalables requises pour la légalité du retrait de points ;

- concernant le défaut d'information préalable à l'infraction du 3 décembre 2018, le Conseil d'Etat a, par arrêt en date du 19 août 2020, considéré que s'agissant d'infractions relevées en l'absence de l'intéressé, la circonstance que le demandeur ait pu bénéficier, à l'occasion d'infractions antérieures, d'informations relatives à l'existence d'un traitement automatisé et à la possibilité d'y accéder, n'était pas de nature à assurer sa complète information s'agissant de l'infraction en question ;

- au demeurant, il ressort de la production du procès-verbal de contravention dressé à l'occasion de l'infraction du 3 décembre 2018 que celui-ci ne comporte pas sa signature, ni la mention " refus de signer " et les informations préalables au retrait de points n'y sont pas retranscrites dans leur intégralité, entraînant une information incomplète ;

- par ailleurs, il y a lieu d'annuler le retrait de points consécutif à l'infraction du 3 décembre 2018 dès lors qu'il rapporte la preuve du recouvrement forcé exercé par le Trésor public par voie de saisie administrative à tiers détenteur en date du 6 février 2020 ;

- concernant l'infraction du 8 janvier 2020, dressée par " procès-verbal électronique ", le ministre n'a produit que le troisième volet constituant le procès-verbal de contravention de l'infraction or ce document ne constitue pas le deuxième volet, soit l'avis de contravention adressé au contrevenant, étant en outre précisé qu'il rapporte la preuve du recouvrement forcé exercé par le Trésor public par voie de saisie administrative à tiers détenteur en date du 21 janvier 2021.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête en toutes ses conclusions.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Il soutient que :

- le moyen tiré du défaut de notification des différents retraits de points est inopérant, le Conseil d'Etat ayant jugé que dans l'hypothèse où l'intéressé n'aurait pas reçu les lettres simples référencées 48 lui notifiant les retraits de points, il n'en demeure pas moins que ces retraits de points restent acquis à l'encontre de l'intéressé et conservent un caractère exécutoire et la récapitulation des infractions qui ont donné lieu à retrait de point dans la décision 48 SI procédant au dernier retrait de point rend opposable l'ensemble de ces retraits de points ;

- sachant que pour les infractions constatées postérieurement au 15 avril 2015, la signature apposée par le contrevenant et conservée par voie électronique établit que les informations exigées par la loi lui ont été délivrées, l'intéressé a, pour les infractions commises les 20 avril 2015, 5 juin 2015, 5 juillet 2017, 29 mai 2018, 8 janvier 2020 et 20 janvier 2020, pris connaissance des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route sous lesquelles il a signé ;

- s'agissant de l'infraction commise le 8 octobre 2014, en présence d'une condamnation pénale définitive, l'éventuel défaut de délivrance de l'information préalable n'a aucune conséquence sur la légalité de la procédure de retrait de point puisque le requérant a eu la possibilité de contester la réalité de l'infraction devant le juge pénal, sachant qu'en l'espèce, il a fait l'objet d'une condamnation pénale prononcée par le tribunal de proximité d'Albi, devenue définitive ;

- s'agissant des infractions commises les 3 décembre 2018 et 2 décembre 2019, constatées par l'intermédiaire d'un procès-verbal électronique, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la decision de retrait de points correspondante s'il ressort des pieces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes, sachant qu'en l'espèce, le requérant a bénéficié à l'occasion de l'infraction du 29 mai 2018 de l'ensemble des informations légalement exigées ;

- s'agissant des infractions commises les 6 juin 2012 et 5 novembre 2012, constatées respectivement par procès-verbal électronique et par procès-verbal, un avis de contravention puis un avis de majoration de l'amende forfaitaire comportant tous deux l'ensemble des informations requises ont été envoyés automatiquement par courrier au domicile de l'usager, sachant, en outre, que si le demandeur prétendait n'avoir reçu aucun des deux avis précités, il n'apporte pas la preuve d'une saisine du tribunal de police compétent aux fins de vérifier les suites données aux infractions dont il ne pouvait ignorer l'existence, étant au demeurant précisé que l'intéressé se caractérise par une conduite dangereuse sur la route puisqu'il a déjà fait l'objet de deux pertes consécutives de permis de conduire pour des infractions de même nature que celles des 6 juin 2012 et 5 novembre 2012 et que lors de la commission des faits, il a été destinataire de l'information préalable puisqu'il a payé les amendes rattachées aux différentes infractions commises ;

- s'agissant de l'infraction commise le 1er novembre 2017, constatée par l'intermédiaire d'un radar automatique, un avis de contravention puis un titre exécutoire majorant l'amende forfaitaire comportant l'ensemble des mentions prévues sont édités et envoyés automatiquement par courrier au domicile du titulaire du certificat d'immatriculation, sachant que dans l'hypothèse où ce courrier reviendrait avec la mention " n'habite plus à l'adresse indiquée ou " parti sans laisser d'adresse ", le comptable de la direction générale des finances publiques envoie une lettre de rappel à l'adresse fiscale du contrevenant, étant au demeurant précisé que le fait que le requérant se soit abstenu de régler les amendes forfaitaires constatées par l'intermédiaire d'un radar automatique ne saurait s'analyser comme la prevue indirecte d'un défaut d'information préalable dès lors qu'il s'était également abstenu de règler les amendes forfaitaires afferents aux infractions des 20 avril 2015, 5 juin 2015, 5 juillet 2017, 29 mai 2018, 8 janvier 2020 et 20 janvier 2020 pour lesquelles l'administration produit portant les procès-verbaux signés par l'intéressé ;

- s'agissant de la réalité des infractions, compte tenu du mode d'enregistrement des informations dans l'application informatisée du service national des permis de conduire, la preuve du paiement de l'amende forfaitaire, de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou la notification d'une condamnation devenue définitive est suffisamment apportée par les mentions qui figurent au relevé d'information intégral ;

- le requérant se contente de solliciter le versement de la somme de 2 000 euros sans préciser la nature des frais aboutissant à un tel montant.

Par lettre en date du mars 2023 les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que la décision à intervenir est susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision 48 SI en tant qu'elle notifie à M. B le retrait de six fois un point à la suite des infractions commises les 11 mars 2010, 1er juillet 2017, 12 janvier 2018, 21 août 2018, 4 mars 2019 et 12 septembre 2019 alors que ces points lui ont été restitués.

Vu :

- le relevé d'information intégral de M. B ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Après avoir au cours de l'audience publique présenté son rapport.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision 48 SI en date du 9 avril 2021, le ministre de l'intérieur a notifié à M. B la perte de trois points de son permis de conduire à la suite d'une infraction commise le 8 janvier 2020 à 15h30 à Saint Germain les Belles, a récapitulé les pertes de points consécutives à des infractions commises les 11 mars 2010, 6 juin 2012, 5 novembre 2012, 8 octobre 2014, 20 avril 2015, 5 juin 2015, 1er juillet 2017, 5 juillet 2017, 1er novembre 2017, 12 janvier 2018, 29 mai 2018, 21 août 2018, 3 décembre 2018, 4 mars 2019, 12 septembre 2019, 2 décembre 2019, 8 janvier 2020 et 20 janvier 2020, a constaté l'invalidité du permis de conduire de l'intéressé à la suite de ces retraits et lui a enjoint de restituer son titre de conduite. M. B demande l'annulation de cette décision 48 SI ainsi que des décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 6 juin 2012, 5 novembre 2012, 8 octobre 2014, 20 avril 2015, 5 juin 2015, 5 juillet 2017, 1er novembre 2017, 29 mai 2018, 3 décembre 2018, 2 décembre 2019, 8 janvier 2020 et 20 janvier 2020.

Sur les conclusions en annulation de la décision 48 SI en tant qu'elle notifie la perte d'un point consécutivement à chacune des infractions commises les 11 mars 2010, 1er juillet 2017, 12 janvier 2018, 21 août 2018, 4 mars 2019 et 12 septembre 2019 :

2. Pour les infractions commises les 11 mars 2010, 1er juillet 2017, 12 janvier 2018, 21 août 2018, 4 mars 2019 et 12 septembre 2019 ayant entraîné chacune le retrait d'un point du permis de conduire de M. B, il ressort du relevé d'information intégral édité le 1er octobre 2021, produit par le ministre de l'intérieur, que les points retirés à l'occasion de ces infractions lui ont été restitués respectivement le 26 mai 2011, le 23 mai 2018, le 12 décembre 2018, le 5 août 2019, le 27 novembre 2019 et le 21 juillet 2019 en application des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route, soit antérieurement à l'introduction de la requête. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la décision référencée 48 SI en tant qu'elle notifie à M. B la perte de ces points sont irrecevables et doivent donc être rejetées.

Sur le surplus des conclusions en annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de force probante du relevé d'information intégral :

3. M. B se borne à soutenir que le relevé d'information intégral n'a aucune valeur probante, sans faire état d'aucun élément de nature à mettre en doute l'exactitude des mentions figurant sur ce document. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information :

4. En vertu de l'article L. 223-1 du code de la route, le nombre de points affectés au permis de conduire est réduit de plein droit, lorsqu'est établie, par le paiement d'une amende forfaitaire ou par une condamnation définitive ou par l'émission du titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée, la réalité de l'infraction donnant lieu au retrait des points et en vertu des articles L. 223-3 et R. 223-3 du même code, lorsque l'intéressé est avisé qu'une infraction passible d'un retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé de la perte des points qu'il est susceptible d'encourir, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lesquelles constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis.

5. Pour l'application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, il est prescrit depuis l'intervention de l'arrêté du 5 octobre 1999 relatif aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, dont les dispositions pertinentes sont codifiées aux articles A. 37 à A. 37-4 du même code, que lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est relevée avec interception du véhicule mais sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, ce dernier utilise un formulaire réunissant, en une même liasse autocopiante, le procès-verbal conservé par le service verbalisateur, une carte de paiement matériellement indispensable pour procéder au règlement de l'amende et l'avis de contravention, également remis au contrevenant pour servir de justificatif du paiement ultérieur, qui comporte une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un formulaire conforme à ce modèle et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé l'amende forfaitaire correspondant à cette infraction, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit alors être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.

S'agissant des infractions commises les 20 avril 2015, 5 juin 2015, 5 juillet 2017, 29 mai 2018, 8 janvier 2020 et 20 janvier 2020 :

6. Il résulte de l'instruction que les infractions commises les 20 avril 2015, 5 juin 2015, 5 juillet 2017, 29 mai 2018, 8 janvier 2020 et 20 janvier 2020, qui ont été constatées avec interception du véhicule, ont donné lieu chacune à l'établissement d'un procès-verbal électronique mentionnant, d'une part, le déroulé de l'interpellation, la nature de l'infraction et les dispositions du code de la route la réprimant et le fait que ces infractions entraînaient respectivement des retraits de six fois trois points. M. B a apposé sa signature sous la mention : " Signature de M. B A qui reconnaît avoir été informé, avant paiement, des dispositions suivantes : () ", laquelle mention est suivie d'une information relative au retrait de points conforme aux exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information s'agissant des infractions commises les 20 avril 2015, 5 juin 2015, 5 juillet 2017, 29 mai 2018, 8 janvier 2020 et 20 janvier 2020 manque en fait et ne peut dès lors qu'être écarté.

S'agissant de l'infraction commise le 8 octobre 2014 :

7. Il ressort des pièces du dossier et, notamment, du relevé d'information intégral relatif à la situation de M. B, extrait du système national du permis de conduire édité le 1er octobre 2021, produit par le ministre, que la réalité de l'infraction commise le 8 octobre 2014 par M. B, ayant entraîné le retrait de trois points de son permis de conduire, est établie au sens des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route par la condamnation prononcée par la juridiction de proximité d'Albi le 16 avril 2015, devenue définitive le 29 avril 2015. Dans ces conditions, l'absence de délivrance de l'information générale requise par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route n'est pas de nature à entacher d'irrégularité ce retrait de points. Dès lors, le requérant qui conteste l'autorité attachée à ce jugement en tentant d'instiller un doute quant à son caractère définitif et n'apporte aucun commencement de preuve au soutien de telles allégations, n'est pas fondé à soutenir que le retrait de trois points faisant suite à l'infraction commise le 8 octobre 2014 est entaché d'illégalité.

S'agissant des infractions commises les 6 juin 2012 et 5 novembre 2012 :

8. En ce qui concerne ces infractions pour respectivement refus de priorité à un carrefour à sens giratoire et usage d'un téléphone par conducteur d'un véhicule en circulation, il résulte des mentions du relevé d'information intégral produit par le ministre que ces infractions ont donné lieu à l'émission les 8 août 2012 et 7 février 2013 d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée devenu définitif. Cette circonstance, qui établit la réalité des infractions susvisées en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route, n'est toutefois pas de nature à établir que M. B aurait reçu l'information prévue à l'article L. 223-3 du même code. Il en résulte que les décisions emportant retrait de quatre et trois points à la suite des infractions en date des 6 juin 2012 et 5 novembre 2012 doivent être regardées comme intervenues au terme d'une procédure irrégulière. Elles doivent, pour ce motif, être annulées.

S'agissant de l'infraction commise le 3 décembre 2018 :

9. L'infraction commise le 3 décembre 2018 a été constatée par l'établissement d'un procès-verbal électronique et a fait l'objet de l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Si le ministre produit une copie du procès-verbal dressé à la suite de cette infraction qui contient l'information concernant le retrait de points susceptible d'être retiré, ce document ne contient aucune information exigée par la loi s'agissant de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder. La seule mention au relevé d'information intégral du requérant de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée ne permet pas d'établir qure M. B a été destinataire des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, le retrait de trois points correspondant à l'infraction du 3 décembre 2018 doit être regardé comme étant intervenu au terme d'une procédure irrégulière.

S'agissant de l'infraction commise le 2 décembre 2019 :

10. Il résulte du relevé d'information de l'intéressé que l'infraction susvisée, relevée par radar automatique ainsi que le prouvent les mentions " par tribunal d'instance ou de police de CNT-CSA ", mentionnant le retrait d'un point, a donné lieu à l'émission du titre exécutoire d'amende majorée. Si les mentions portées au relevé établissent la réalité de l'infraction en application des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, elles ne permettent pas d'établir que le requérant aurait reçu l'avis de contravention comportant les informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

11. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'ensemble des informations requises par le code de la route n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures, de même nature, suffisamment récentes.

12. En l'espèce, il résulte du relevé d'information intégral relatif à la situation du requérant produit par le ministre que l'infraction commise le 2 décembre 2019 consistait en l'usage d'un téléphone par conducteur d'un véhicule en circulation. Il en résulte également, eu égard à ce qui a été dit au point 11, qu'il a été destinataire de l'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R.223-3 du code de la route à l'occasion d'une infraction de même nature commise le 29 mai 2018 à Marssac-sur-Tarn. Dès lors, l'omission de l'information, à la supposer avérée, s'agissant du retrait de points correspondant à l'infraction commise le 2 décembre 2019 constatée par procès-verbal électronique, n'a pas eu pour effet, dans les circonstances de l'espèce, de priver le requérant de la garantie instituée par la loi pour lui permettre d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable s'agissant de l'infraction du 2 décembre 2019 doit être écarté.

S'agissant de l'infraction commise le 1er novembre 2017 :

13. Pour l'infraction commise le 1er novembre 2017, constatée par radar automatique et ayant donné lieu, en application des dispositions de l'article 529-2 du code de procédure pénale, à défaut de paiement de l'amende forfaitaire ou du dépôt régulier d'une requête tendant à leur exonération, à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée devenu définitif, cette circonstance, qui établit la réalité de l'infraction susvisée en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route, n'est toutefois pas de nature à établir que M. B aurait reçu l'information prévue à l'article L. 223-3 du même code. Il en résulte que la décision emportant retrait d'un point à la suite de l'infraction en date du 1er novembre 2017 doit être regardée comme intervenue au terme d'une procédure irrégulière.

En ce qui concerne le nombre de points affectés au permis de conduire de M. B :

14. Dans l'hypothèse où le juge, saisi d'un recours contre une décision qui récapitule les retraits de points consécutifs aux infractions précédemment commises, est conduit à constater que des points ont été illégalement retirés au conducteur, il lui appartient de soustraire du total des points retirés à ce dernier, qui peut être supérieur à douze, ceux qui l'ont illégalement été et de rechercher si, compte tenu de cette soustraction, le nombre de points qui peuvent être légalement retirés au permis est, au jour où il statue, égal ou supérieur à douze, ou égal ou supérieur à six pendant le délai probatoire prévu à l'article L. 223-1 du code de la route. S'il apparaît, alors, que le capital dont l'intéressé disposait n'a pas été totalement épuisé, la décision par laquelle le ministre a déclaré la perte de validité du permis est illégale. Ainsi qu'il a été dit aux points 8, 9 et 13 les décisions de retrait de quatre, trois, un et trois points consécutives aux infractions commises les 6 juin 2012, 5 novembre 2012, 1er novembre 2017 et 3 décembre 2018 sont entachées d'illégalité. Il y a lieu, dès lors, de soustraire du nombre total de points retirés à M. B, qui s'élève, aux termes de la décision 48 SI du 9 avril 2021 et dès lors que les points retirés à l'occasion des infractions commises les 11 mars 2010, 1er juillet 2017, 12 janvier 2018, 21 août 2018, 4 mars 2019 et 12 septembre 2019 lui ont été réattribués, à trente-cinq, les onze points illégalement retirés et, compte tenu de cette opération, le nombre de points retirés du permis de conduire de M. B est de vingt-quatre.

15. Il résulte de ce qui précède que si l'administration ne pouvait légalement retirer du compte de M. B onze points afférents aux infractions commises les 6 juin 2012, 5 novembre 2012, 1er novembre 2017 et 3 décembre 2018, les retraits résultant de toutes les autres infractions sont réguliers et fondés. Malgré l'ajout de onze points au capital de points de M. B, ce dernier a néanmoins épuisé les douze points dont il disposait. Ainsi la décision du 9 avril 2021 du ministre de l'intérieur en tant qu'elle informe M. B de la perte de validité de son permis de conduire n'est pas entachée d'illégalité. Il résulte de tout ce qui précède que l'intéressé est seulement fondé à demander l'annulation de celle-ci en tant qu'elle lui a notifié des retraits de quatre, trois, un et trois points de son permis de conduire, lequel reste invalidé.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

16. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution.".

17. Eu égard aux motifs du présent jugement, compte tenu de ce que le permis de conduire de M. B a perdu sa validité, l'exécution de celui-ci n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

18. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

19. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : La décision 48 SI du 9 avril 2021 du ministre de l'intérieur en tant qu'elle notifie à M. B le retrait de quatre, trois, un et trois points de son permis de conduire consécutivement aux infractions commises les 6 juin 2012, 5 novembre 2012, 1er novembre 2017 et 3 décembre 2018, et les décisions de retrait de ces points sont annulées.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023.

La présidente,

Isabelle Carthé Mazères

Le greffier,

Baptiste Roets

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions