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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2104330

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2104330

mardi 12 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2104330
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantLASPALLES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 juillet 2021, M. B C, représenté par Me Laspalles, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 7 juillet 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé son admission au séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer le titre de séjour sollicité, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État le paiement des entiers dépens du procès et de la somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. C soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée, au regard de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'un vice de procédure tiré du défaut de conduite de la procédure contradictoire préalable prévue par les dispositions combinées des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît le droit d'être entendu, protégé par le droit de l'Union européenne ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, en ce que le préfet a considéré qu'il ne pouvait être admis au séjour au titre de sa vie privée et familiale ainsi qu'au titre du travail.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 25 janvier 2022.

Par une ordonnance en date du 7 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 avril 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code pénal,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Dans cette affaire, le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Quessette, rapporteur,

- et les observations de Me Laspalles, représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant ghanéen né le 1er janvier 1971, est entré en France selon ses déclarations au cours de l'année 1991. Il a été condamné le 25 janvier 2001 par la cour d'appel de Toulouse à une peine d'emprisonnement assortie d'une interdiction judiciaire du territoire français prononcée à titre définitif en vertu de l'article 131-30 du code pénal. L'intéressé a sollicité son admission exceptionnelle au séjour le 21 octobre 2019. Par une décision du 7 juillet 2021, le préfet de la Haute-Garonne a refusé son admission au séjour.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Par une décision du 25 janvier 2022, postérieure à l'introduction de la requête, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, sa demande tendant à être admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle est devenue sans objet. Dès lors, il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 641-1 alors applicable du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La peine d'interdiction du territoire français susceptible d'être prononcée contre un étranger coupable d'un crime ou d'un délit est régie par les dispositions des articles 131-30, 131-30-1 et 131-30-2 du code pénal ". Aux termes de l'article 131-30 du code pénal : " Lorsqu'elle est prévue par la loi, la peine d'interdiction du territoire français peut être prononcée, à titre définitif ou pour une durée de dix ans au plus, à l'encontre de tout étranger coupable d'un crime ou d'un délit. / L'interdiction du territoire entraîne de plein droit la reconduite du condamné à la frontière, le cas échéant, à l'expiration de sa peine d'emprisonnement ou de réclusion. () ".

4. Un étranger sous le coup d'une condamnation pénale assortie d'une interdiction du territoire national n'est plus légalement autorisé à séjourner sur le territoire national tant que la condamnation qui le vise produit ses effets.

5. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêt en date du 25 janvier 2001, la cour d'appel de Toulouse a condamné M. C à une peine d'emprisonnement de six ans pour trafic de stupéfiants, entrée ou séjour irrégulier d'un étranger en France et faux et usage de faux dans un document administratif, peine qui a été assortie d'une interdiction définitive du territoire français. Dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que cette interdiction judiciaire aurait été levée à la date de la décision de refus d'admission au séjour en litige, le préfet de la Haute-Garonne, qui se trouvait en situation de compétence liée, était tenu de refuser à M. C la délivrance d'un titre de séjour. Par suite, l'ensemble des moyens soulevés par le requérant contre cette décision ne peuvent qu'être écartés comme inopérants.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de titre de séjour présentées par M. C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles qu'il présente sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative et des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. C tendant à son admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au préfet de la Haute-Garonne et à Me Laspalles.

Délibéré après l'audience du 16 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

M. Quessette, premier conseiller,

Mme Lequeux, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.

Le rapporteur,

L. QUESSETTE

Le président,

P. GRIMAUD

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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