mercredi 28 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2104348 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | HUNOT SARAH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 juillet 2021, M. A B, représenté par Me Hunot, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 7 juin 2021 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu'il a formé à l'encontre de la décision du 11 mai 2021 lui infligeant une sanction de huit jours de placement en cellule disciplinaire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'elle méconnaît la circulaire JUSK1140024C du 9 juin 2011 relative au régime disciplinaire des personnes détenues majeures, dès lors d'une part que l'enquêteur n'a pas recueilli toute information utile sur sa personnalité et, d'autre part, que la décision se fonde sur un rapport d'enquête incomplet qui ne permet pas de préciser le contexte dans lequel les faits litigieux se sont déroulés ;
- la matérialité des faits n'est pas établie et ces faits ne sont pas constitutifs d'une faute dès lors qu'il n'avait pas l'intention de réceptionner les objets litigieux ;
- la sanction de placement en cellule disciplinaire pour une durée de huit jours est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
La clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 15 décembre 2022 à midi.
Par une décision du 10 décembre 2021, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pétri ;
- les conclusions de M. Farges, rapporteur public ;
- et les observations de Me Morandini, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été incarcéré au centre de détention de Muret du 17 octobre 2018 au 16 juin 2021. Par une décision du 11 mai 2021, le président de la commission de discipline de cet établissement a prononcé à son encontre une sanction de huit jours de placement en cellule disciplinaire au motif qu'il n'a pas respecté les dispositions du règlement intérieur et qu'il a enfreint les dispositions applicables en matière d'introduction, de détention ou de circulation d'objets ou de substances quelconques. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision du 7 juin 2021 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu'il a formé à l'encontre de la décision du 11 mai 2021.
Sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 10 décembre 2021, le requérant a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, sa demande tendant à être admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire étant devenue sans objet, il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-14 alors applicable du code de procédure pénale : " A la suite de ce compte rendu d'incident, un rapport est établi par un membre du personnel de commandement du personnel de surveillance, un major pénitentiaire ou un premier surveillant et adressé au chef d'établissement. Ce rapport comporte tout élément d'information utile sur les circonstances des faits reprochés à la personne détenue et sur la personnalité de celle-ci. L'auteur de ce rapport ne peut siéger en commission de discipline. () ". L'article R. 57-7-15 alors applicable de ce même code dispose que : " Le chef d'établissement ou son délégataire apprécie, au vu des rapports et après s'être fait communiquer, le cas échéant, tout élément d'information complémentaire, l'opportunité de poursuivre la procédure. Les poursuites disciplinaires ne peuvent être exercées plus de six mois après la découverte des faits reprochés à la personne détenue. ".
4. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite du compte-rendu d'incident établi le 2 mars 2021 relatant les faits reprochés à M. B, un rapport d'enquête a été établi le 4 mars suivant par le lieutenant D., lequel comprend les déclarations du requérant, celles des détenus témoins, les éléments matériels recueillis ainsi que des éléments circonstanciés relatifs à la situation pénale et à la personnalité de M. B. La circonstance que ce rapport d'enquête ne mentionne pas le complément d'information apporté par l'intéressé le 5 mars 2021 non plus que le courrier du 8 mars 2021 émanant d'un surveillant brigadier et relatif à la fouille dont il a fait l'objet le jour de l'incident ne suffit pas à établir qu'il serait incomplet et ne préciserait pas suffisamment le contexte dans lequel les faits litigieux se sont déroulés, alors en tout état de cause que ces éléments ont pu être pris en compte postérieurement par la commission de discipline du centre de détention de Muret aux fins de prendre sa décision en date du 11 mai 2021. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure suivie doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 57-7-2 alors en vigueur du code de procédure pénale : " Constitue une faute disciplinaire du deuxième degré le fait, pour une personne détenue : () 8° D'enfreindre ou tenter d'enfreindre les dispositions législatives ou règlementaires, le règlement intérieur de l'établissement ou toute autre instruction de service applicables en matière d'introduction, de détention, de circulation, ou de sortie de sommes d'argent, correspondance, objets ou substances quelconques, hors les cas prévus aux 10° et 11° de l'article R. 57-7-1 ; () ". Aux termes de l'article R. 57-7-3 alors en vigueur de ce même code : " Constitue une faute disciplinaire du troisième degré le fait, pour une personne détenue : () 4° De ne pas respecter les dispositions du règlement intérieur de l'établissement ou les instructions particulières arrêtées par le chef d'établissement ; () ".
6. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un détenu ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
7. Il ressort des images des caméras de vidéosurveillance et du témoignage d'un détenu, mentionnés dans la décision de la commission de discipline, que le requérant a réceptionné, depuis la fenêtre de la cellule d'un autre détenu, des objets provenant de l'extérieur du centre de détention lancés depuis la cour par un autre détenu. La matérialité de ces faits n'est pas contestée par M. B, qui les a même reconnus dans ses déclarations. Dans ces conditions, la circonstance, à la supposer même établie, que le requérant n'aurait pas eu l'intention de réceptionner ni de conserver les objets litigieux est, en tout état de cause, sans incidence, dès lors que les fautes disciplinaires prévues aux articles précités du code de procédure pénale sont constituées par le seul constat de la matérialité des faits consistant, en l'espèce, à enfreindre les dispositions du règlement intérieur de l'établissement.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-33 alors en vigueur du code de procédure pénale : " Lorsque la personne détenue est majeure, peuvent être prononcées les sanctions disciplinaires suivantes : () 7° La mise en cellule disciplinaire. ". Selon le premier alinéa de l'article R. 57-7-47 alors en vigueur du même code : " Pour les personnes majeures, la durée de la mise en cellule disciplinaire ne peut excéder vingt jours pour une faute disciplinaire du premier degré, quatorze jours pour une faute disciplinaire du deuxième degré et sept jours pour une faute disciplinaire du troisième degré. "
9. M. B soutient que la sanction litigieuse est disproportionnée dès lors qu'il n'aurait eu aucune intention de commettre les fautes qui lui sont reprochées, que les objets réceptionnés ne présentent pas en eux-mêmes de caractère illicite et qu'il fait preuve d'un comportement exemplaire en détention. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que cette sanction est fondée sur des faits établis d'introduction, de détention et de circulation d'objets prohibés en détention, lesquels constituent des fautes disciplinaires de deuxième et troisième degrés en application des dispositions précitées et pour lesquels la durée de placement en cellule disciplinaire peut être d'une durée maximale de quatorze jours. Par ailleurs, à la date de la décision en litige, M. B avait déjà fait l'objet de neuf autres comparutions devant la commission de discipline, dont la dernière avait eu lieu le 11 mai 2021 pour des faits de détention d'une clé USB, pour lesquels une sanction de huit jours de cellule disciplinaire avec sursis lui a été infligée. Dans ces conditions, la sanction disciplinaire de huit jours de cellule disciplinaire prise à l'encontre de M. B, qui 'est pas la plus élevée prévue par l'article R. 57-7-47 précité du code de procédure pénale pour les fautes disciplinaires de deuxième degré, n'est pas disproportionnée. Par ailleurs et à supposer le moyen soulevé, le requérant ne saurait utilement invoquer la méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en tout état de cause, ces stipulations n'étant pas applicables à la procédure disciplinaire dans les établissements pénitentiaires.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Copie en sera adressée au directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2023.
La rapporteure,
M. PETRI
Le président,
T. SORIN
La greffière,
S. SORABELLA
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026