mercredi 12 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2104380 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | AMARI DE BEAUFORT-TERCERO-YEPONDE ATY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2021, Mme D A B, représentée par Me Tercero, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les trois arrêtés du 9 juillet 2021 par lesquels la préfète de l'Ariège a refusé de l'admettre au séjour, l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a assignée à résidence ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Ariège de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ou " vie privée et familiale " ou, à tout le moins, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer, dès la notification du jugement à intervenir, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre à la préfète de l'Ariège de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen et d'en justifier auprès de son conseil, dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du second alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une erreur de droit ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant interdiction de retour pour une durée d'un an est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- la décision portant interdiction de retour est insuffisamment motivée ;
- la décision portant interdiction de retour pour une durée d'un an est disproportionnée ;
- la décision portant assignation à résidence est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- l'assignation à résidence est disproportionnée dès lors qu'elle l'oblige à se rendre au commissariat tous les jours, sauf dimanche et jours fériés, et à ne pas sortir de son domicile entre 18 et 20 heures, ces effets cumulés étant assimilables à une arrestation domiciliaire injustifiée.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 juillet 2021, la préfète de l'Ariège conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Par ordonnance du 17 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 3 mars 2022.
Vu :
- le jugement n° 2104380 du tribunal en date du 28 juillet 2021 ;
- l'arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 22 décembre 2021 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Bernos, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience .
Considérant ce qui suit :
1. Mme D A B, ressortissante congolaise, née le 8 janvier 1989 à , est entrée en France, selon ses déclarations, le 11 mars 2019. A la suite du rejet de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, le 11 décembre 2019, puis par la Cour nationale du droit d'asile le 25 septembre 2020, le préfet de la Haute-Garonne a pris à son encontre, le 1er octobre 2020, un arrêté portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi. Mme A B a sollicité le 18 janvier 2021 son admission exceptionnelle au séjour auprès de la préfecture de la Haute-Garonne, laquelle s'est déclarée incompétente, puis a déposé la même demande auprès de la préfecture de l'Ariège le 23 mars 2021. Par trois arrêtés en date du 9 juillet 2021, notifiés le 20 juillet 2021, la préfète de l'Ariège a refusé de l'admettre au séjour, l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a assignée à résidence. Par la présente requête, Mme A B demande l'annulation de ces trois arrêtés.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte des dispositions des articles L. 614-1, L. 614-8 et L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'en cas de placement en rétention d'un étranger en situation irrégulière, les requêtes dirigées contre les décisions faisant obligation de quitter le territoire, fixant le délai de départ volontaire et fixant le pays de destination prises à son encontre, ainsi que la décision d'assignation de placement en rétention en procédant, doivent être instruites et jugées selon les dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ces dispositions et celles de l'article R. 776-17 du code de justice administrative font obstacle à ce que le magistrat désigné en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, saisi de la situation d'un étranger placé en centre de rétention administrative à la suite d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français, examine la décision de refus de séjour qui relève de la compétence d'une formation collégiale.
3. Mme A B a été assignée à résidence par une décision du préfet de l'Ariège. Par suite, il appartient au magistrat désigné de statuer sur la légalité des décisions du 9 juillet 2021 prononçant l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. En revanche, il appartient seulement à une formation collégiale du tribunal administratif de Toulouse de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 9 juillet 2021 refusant à la requérante la délivrance d'un titre de séjour.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. En premier lieu, la requérante invoque une erreur de droit à lui avoir refusé un titre de séjour salarié au motif qu'elle bénéficie d'un contrat d'insertion. Cependant un contrat d'insertion à durée déterminée est conclu en vertu de l'article L. 5132-5 du code du travail et n'est pas au nombre des contrats de travail pouvant donner lieu à une carte de séjour
temporaire " salarié " ou " travailleur temporaire " en application des dispositions de l'article R. 5221-6 du code du travail. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit donc être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
6. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette hypothèse, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
7. Il ressort des pièces du dossier que, si Mme A B fait état d'une promesse d'embauche établie par la société en vue d'occuper un poste en qualité de femme de ménage, cette circonstance, compte tenu de sa situation professionnelle, de l'inadéquation entre ses qualifications professionnelles et le projet professionnel, et en dépit de sa durée de présence en France, ne constitue pas, par elle-même, une circonstance exceptionnelle justifiant son admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, la requérante, célibataire et sans charge de famille en France, n'est pas dénuée de famille dans son pays d'origine et n'invoque aucune considération humanitaire liée à sa situation personnelle et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit donc être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 9 juillet 2021 lui refusant le séjour. Ses conclusions doivent sur ce point être rejetées.
Sur les autres conclusions :
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction et les conclusions tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 présentées par la requérante doivent être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A B et à la préfète de l'Ariège.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
M. Bernos, premier conseiller,
Mme Namer, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2022.
Le rapporteur,
M. BERNOS
Le président,
P. GRIMAUD La greffière,
M. C
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ariège en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026