mercredi 17 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2104545 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CARDI |
Vu la procédure suivante :
D une requête enregistrée le 28 juillet 2021, M. A B, représenté D Me Cardi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 juin 2021 D lequel la préfète de l'Aveyron a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Aveyron de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai de deux mois, en le munissant dans cette attente d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 48 heures ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros, à verser à son conseil, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant du refus de renouvellement de titre de séjour :
- l'arrêté préfectoral est signé D une autorité incompétente ;
- la décision contestée est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle est fondée sur la circonstance qu'il constituerait une menace pour l'ordre public, motif non prévu D l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- l'obligation de quitter le territoire est privée de base légale D suite de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences d'une mesure d'éloignement sur sa situation ;
S'agissant de la décision relative au délai de départ volontaire :
- cette décision est privée de base légale D suite de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation ;
S'agissant de la fixation du pays de renvoi :
- cette décision est privée de base légale D suite de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation.
D des mémoires en défense, enregistrés le 29 octobre 2021 et le 2 décembre 2021, la préfète de l'Aveyron conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés D le requérant ne sont pas fondés.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale D décision du 20 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Dans cette affaire, le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, de nationalité tunisienne, est entré en France, selon ses déclarations, le 25 octobre 2017 et a obtenu deux cartes de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " de novembre 2018 à novembre 2020. Il a sollicité le 10 novembre 2020 le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement des dispositions désormais codifiées à l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D arrêté du 11 juin 2021, la préfète de l'Aveyron a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B demande l'annulation de ces décisions et la délivrance du titre de séjour sollicité.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, le directeur de la citoyenneté et de la légalité, signataire de l'arrêté contesté, a reçu délégation pour signer les décisions relatives à l'admission au séjour des étrangers et aux mesures d'éloignement, D arrêté du 5 mai 2021 publié le même jour au recueil des actes administratifs du département de l'Aveyron. D suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, D une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. "
4. Il résulte de ces dispositions que la préfète de l'Aveyron pouvait légalement motiver le refus opposé à la demande de M. B D le fait que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public, un tel motif étant prévu D l'article L.432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort D ailleurs de la décision contestée que la préfète de l'Aveyron a également motivé son refus D l'absence de liens familiaux et amicaux anciens et stables en France. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit ainsi être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France en octobre 2017 alors qu'il était âgé de 16 ans, afin de rejoindre sa mère, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle, son beau-père de nationalité française et ses deux demi-frères âgés de 3 et 5 ans à la date de l'arrêté contesté. M. B soutient qu'en raison d'une relation dégradée avec son père, il n'avait pour lien familial en Tunisie que sa grand-mère, qui l'hébergeait, et que celle-ci, vieillissant, ne peut plus le prendre en charge, comme elle l'atteste D courrier joint au dossier. Toutefois, la stabilité et l'ancienneté de ses relations en France, avec sa mère, son beau-père et ses demi-frères, ne sont pas établies. Si M. B fait valoir qu'il entretient une relation sentimentale avec une ressortissante française dont il attend un enfant, qu'il a reconnu D anticipation le 26 mai 2021, aucune précision n'est apportée quant à l'ancienneté de cette relation ni son intensité. Aucune pièce du dossier n'établit que M. B serait dans l'impossibilité de solliciter un visa de long séjour en tant que conjoint de ressortissante française et revenir sur le territoire français de manière régulière. Dans ces conditions, la décision contestée ne porte pas une au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise.
7. En quatrième lieu, aucun des moyens n'étant retenu à l'encontre de la décision de refus de titre de séjour, le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire serait illégale D suite de l'illégalité de ce refus doit être écarté.
8. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B, s'il a obtenu un CAP de monteur en installations sanitaires en 2020, et a effectué deux mois d'intérim comme plombier qualifié à l'automne 2020, est sans emploi à la date de la décision contestée, disposant seulement d'une promesse d'embauche pour les trois mois d'été 2021 comme employé de restauration rapide. En outre, il ressort également des pièces du dossier que M. B a été condamné à trois mois d'emprisonnement avec sursis pour détention, trafic ou transport de stupéfiants le 2 septembre 2020, puis à 6 mois d'emprisonnement avec sursis pour violence commise en réunion sans incapacité, le 22 mars 2021. Eu égard D ailleurs à ses liens privés et familiaux en France tels que retracés au point 6, il ne ressort pas de l'ensemble de ces éléments que la mesure d'éloignement contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B.
9. En sixième lieu, aucun des moyens n'étant retenu à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de ce que la décision fixant le délai de départ volontaire serait illégale D suite de l'illégalité de cette décision doit être écarté.
10. En septième lieu, pour les motifs explicités au point 8, le moyen tiré de ce que la décision fixant le délai de départ volontaire serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B doit être écarté.
11. En huitième lieu, aucun des moyens n'étant retenu à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi serait illégale D suite de l'illégalité de cette décision doit être écarté.
12. En neuvième lieu, pour les motifs explicités au point 8, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B doit être écarté.
Sur les autres conclusions :
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions contestées doivent être rejetées. D suite, les conclusions à fin d'injonction comme celles présentées en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Aveyron.
Délibéré après l'audience du 21 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
Mme C, magistrate honoraire,
M. Farges, conseiller.
Rendu public D mise à disposition au greffe le 17 mai 2023.
La rapporteure,
C. C
Le président,
T. SORINLe greffier,
B. ROETS
La République mande et ordonne à la préfète de l'Aveyron en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
la greffière en chef,
ou D délégation, le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026