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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2104560

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2104560

lundi 10 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2104560
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique chambre 3
Avocat requérantLASPALLES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 juillet 2021, M. D C, représenté par Me Laspalles, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 4 mai 2021 par laquelle la commission de médiation de la Haute-Garonne a rejeté son recours amiable en vue de l'obtention d'un logement ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de saisir la commission de médiation afin de reconnaître sa demande comme prioritaire ou, à défaut de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre une somme de 1 800 euros à la charge de l'Etat, à verser à son conseil en application des dispositions combinées du second alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Il soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- la décision est entachée d'erreur de droit car sa situation personnelle n'a pas été examinée ;

- la décision est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits car il est logé dans un logement insalubre ;

- la décision est entachée d'erreur de droit car la commission de médiation ne pouvait lui opposer la circonstance que sa demande relevait d'une mutation au sein du parc des logements sociaux ;

- la décision est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation car la commission de médiation s'est crue tenue de rejeter sa demande alors qu'il lui est possible de faire droit à une demande qui ne remplit pas l'ensemble des critères légaux en application de l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation.

La requête de M. C a été communiquée au préfet de la Haute-Garonne qui n'a pas produit de mémoire en défense

Par ordonnance du 14 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 mai 2023.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 décembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Grimaud, président, magistrat désigné ;

- et les observations de Me Laspalles, représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, qui désire bénéficier d'un logement social, a présenté un recours devant la commission de médiation compétente pour le département de la Haute-Garonne le 4 février 2021 sur le fondement du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Sa demande a été rejetée par la commission de médiation le 4 mai 2021.

Sur les conclusions à fin d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 décembre 2021. Il n'y a pas lieu, par suite, de statuer sur ces conclusions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes des dispositions du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. / () Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement, ainsi que, le cas échéant, les mesures de diagnostic ou d'accompagnement social nécessaires. Elle peut préconiser que soit proposé au demandeur un logement appartenant aux organismes définis à l'article L. 411-2 loué à une personne morale aux fins d'être sous-loué à titre transitoire dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article L. 442-8-3. Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée. Elle peut faire toute proposition d'orientation des demandes qu'elle ne juge pas prioritaires ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 de ce code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : / () -être logées dans des locaux impropres à l'habitation, ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Le cas échéant, la commission tient compte des droits à hébergement ou à relogement auxquels le demandeur peut prétendre en application des dispositions des articles L. 521-1 et suivants, des articles L. 314-1 et suivants du code de l'urbanisme ou de toute autre disposition ouvrant au demandeur un droit à relogement ; / () La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus ".

4. En premier lieu, la décision attaquée mentionne le fondement légal sur lequel elle repose ainsi que les motifs de fait ayant conduit la commission à rejeter le recours gracieux de l'intéressé. Elle est par suite suffisamment motivée au regard des exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit dès lors être écarté.

5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier ainsi que de la rédaction de la décision elle-même que la situation personnelle de M. C a été examinée par la commission. Le moyen d'erreur de droit tiré de l'absence d'examen des circonstances de l'espèce doit donc être écarté.

6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C, qui avait motivé sa demande de logement social par le caractère insalubre du logement qu'il occupe, n'établit pas, par les pièces qu'il produit, l'insalubrité de celui-ci au sens des dispositions des articles L. 511-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation, circonstance qui seule permet de déclarer prioritaire une demande de logement social sur le fondement du cinquième alinéa de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. M. C n'est donc pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de qualification juridique sur ce point.

7. En quatrième lieu, le requérant soutient à juste titre que, contrairement à ce qu'a pu estimer la commission de médiation, la circonstance qu'il bénéficiait déjà d'un logement dans le parc social, ne s'opposait pas à ce qu'il présente un recours amiable pour être reconnu prioritaire en vue d'être relogé en urgence dans un autre logement social. Toutefois, si la décision attaquée est sur ce point entachée d'une erreur de droit, il résulte de ce qui a été dit au point 6 du présent jugement, que la commission de médiation a pu légalement fonder sa décision sur le motif tiré de ce que le logement occupé par le requérant n'était pas insalubre et il résulte de l'instruction que la commission de médiation aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif, qui était de nature à la fonder à lui seul, de telle sorte que l'erreur de droit relevée ci-dessus est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.

8. En cinquième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'un des fils de M. C souffre de problèmes pulmonaires et que le requérant est handicapé en raison de problèmes de dos qui compliquerait ses déplacements dès lors que son logement est situé au quatrième étage et n'est pas desservi par un ascenseur. Toutefois, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier, et notamment des pièces médicales produites par le requérant, dont seule l'attestation du 16 juin 2020 mentionne de manière générale la nécessité pour M. C et sa famille de changer de logement, que le logement actuel du requérant serait inadapté à l'état de santé de M. C et de son fils A ou, de manière plus générale, à la situation de la famille. M. C n'est donc pas fondé à soutenir que la commission de médiation a entaché sa décision rejetant son recours amiable d'une erreur manifeste d'appréciation.

9. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de la commission de médiation de la Haute-Garonne du 4 mai 2021. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

- Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.

- Copie en sera adressée à Me Laspalles.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2023.

Le magistrat désigné,

P. GRIMAUDLa greffière,

M. B

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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