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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2104577

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2104577

lundi 2 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2104577
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantBOUBAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des pièces et un mémoire, enregistrés les 29 juillet, 27 août, 2 septembre 2021 et 23 mars 2022, M. B A, représenté par Me Boubal, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions par lesquelles le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne a rejeté ses demandes d'aide au titre du fonds de solidarité destiné aux entreprises touchées par les conséquences de l'épidémie de Covid-19 pour les mois de décembre 2020 et de janvier à avril 2021 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les décisions contestées sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur de fait dès lors que l'administration a refusé à tort de prendre en compte le changement d'activité de sa société au 1er janvier 2020.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 29 novembre 2021 et 5 mai 2022, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête de M. A.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 3 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 18 novembre 2022 à 12 h 00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Truilhé, président-rapporteur,

- et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A est gérant de la SARL (société à responsabilité limitée) Crêperie Urbaine, créée le 23 novembre 2018, qui avait pour dénomination, jusqu'au 1er octobre 2019, Blue Holding, et dont le siège est situé à Revel (Haute-Garonne). Il a bénéficié du fonds de solidarité institué afin de soutenir les entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 pour les mois d'avril, mai et septembre 2020 pour un montant respectif de 1 500 euros, ainsi que pour les mois d'octobre et de novembre 2020 pour un montant respectif de 10 000 euros. M. A a également sollicité le fonds de solidarité au titre des mois de décembre 2020, janvier, février, mars et avril 2021. Ces demandes ont été rejetées au motif que la société avait mentionné des chiffres d'affaire incohérents avec les éléments en possession de l'administration dans le cadre de ses déclarations fiscales. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler les décisions par lesquelles le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne a rejeté ses demandes d'aide.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 3-15 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 créé par le décret n° 2020-1620 du 19 décembre 2020 : " I. a) Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de décembre 2020, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : 1° Elles ont fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public intervenue entre le 1er décembre 2020 et le 31 décembre 2020 ; 2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er décembre 2020 et le 31 décembre 2020 ; 3° Les personnes physiques ou, pour les personnes morales, leur dirigeant majoritaire ne sont pas titulaires, au 1er décembre 2020, d'un contrat de travail à temps complet. Cette condition n'est pas applicable si l'effectif salarié annuel de l'entreprise calculé selon les modalités prévues par le I de l'article L. 130-1 du code de la sécurité sociale est supérieur ou égal à un ; 4° Elles ont débuté leur activité avant le 30 septembre 2020. () c) Les entreprises mentionnées au présent I qui exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 dans sa rédaction en vigueur au 30 janvier 2021 perçoivent une subvention dans les conditions suivantes : 1° Si elles ont subi une perte de chiffre d'affaires supérieure ou égale à 70 %, le montant de la subvention est égale au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite soit de 10 000 euros soit de 20 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article. Les entreprises bénéficient de l'option qui est la plus favorable ; () IV. La perte de chiffre d'affaires au sens du présent article est définie comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires au cours du mois de décembre 2020 et, d'autre part,-le chiffre d'affaires durant la même période de l'année précédente, ou le chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019, si cette option est plus favorable à l'entreprise ; -ou, pour les entreprises créées entre le 1er juin 2019 et le 31 janvier 2020, le chiffre d'affaires mensuel moyen sur la période comprise entre la date de création de l'entreprise et le 29 février 2020 ; -ou, pour les entreprises créées entre le 1er février 2020 et le 29 février 2020, le chiffre d'affaires réalisé en février 2020 et ramené sur un mois ;-ou, pour les entreprises créées après le 1er mars 2020, le chiffre d'affaires mensuel moyen réalisé entre le 1er juillet 2020, ou à défaut la date de création de l'entreprise, et le 31 octobre 2020. Pour les entreprises ayant fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public, le chiffre d'affaires du mois de décembre 2020 intègre 50 % du chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance avec retrait en magasin ou livraison ".

3. Les articles 3-19, 3-22, 3-24 et 3-26 du décret 2020-371 du 30 mars 2020 modifié, concernant les demandes d'aide pour les mois de janvier à avril 2021, prévoient de la même manière que la perte de chiffre d'affaires est définie comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires au cours du mois de janvier et avril 2021 et, d'autre part, le chiffre d'affaires durant la même période de l'année précédente, ou le chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019 selon l'option la plus favorable à l'entreprise, ou, pour les entreprises créées entre le 1er juin 2019 et le 31 janvier 2020, le chiffre d'affaires mensuel moyen sur la période comprise entre la date de création de l'entreprise et le 29 février 2020.

4. M. A soutient que l'administration aurait dû prendre en compte le chiffre d'affaires mensuel moyen réalisé sur la période du 2 janvier 2020, date de début d'activité, et le 29 février 2020. Pour refuser le bénéfice de l'aide sollicitée au titre du mois de décembre 2020 et des mois de janvier à avril 2021, l'administration considère que la date de création de l'entreprise est, contrairement à ce que soutient le requérant, le 28 novembre 2018, date d'immatriculation au registre du commerce et des sociétés. Ainsi, l'administration relève que le chiffre d'affaires de référence, en application des dispositions précitées, correspond soit au chiffre d'affaires durant la même période de 2019, soit au chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019 si cette option est plus favorable à l'entreprise. Aucune disposition du décret ne prévoit qu'en cas de changement d'activité sans modification de personnalité juridique, la date de création de l'entreprise correspond alors au commencement de cette nouvelle activité. Ainsi, M. A n'est pas fondé à soutenir que le chiffre d'affaires de référence correspond au chiffre d'affaires mensuel moyen réalisé sur la période du 2 janvier 2020, date de début d'activité, et le 29 février 2020, dès lors que les dispositions du décret ne prévoient pas qu'un changement d'activité vaille date de création de l'entreprise. Ainsi, l'administration a pu, sans entacher sa décision d'une erreur de droit ni d'une erreur de fait, considérer que la date de création de la SARL Crêperie Urbaine est le 28 novembre 2018 et que le chiffre d'affaires de référence correspond alors au chiffre d'affaires réalisé durant la même période de 2019 ou au chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019 si cette option est plus favorable à l'entreprise.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

6. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, à la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. () ".

7. L'Etat n'étant pas, dans la présente instance, la partie perdante, les conclusions de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et au directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président,

M. Déderen, premier conseiller,

M. Zabka, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 janvier 2023.

Le président-rapporteur,

J-C. TRUILHÉ

L'assesseur le plus ancien,

G. DÉDEREN

La greffière,

M-E. LATIF

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

No 2104577

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