jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2104863 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | AMARI DE BEAUFORT-TERCERO-YEPONDE ATY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 août 2021, Mme C D épouse B, représentée par Me Tercero, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 mars 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour le délai de 15 jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, et de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2000 euros à payer à son conseil Me Tercero au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'un défaut d'examen suffisant de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit en ce qu'elle méconnait les dispositions des articles L.313-11 (°7) et L.313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Par un mémoire en défense enregistrés le 15 septembre 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 11 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 25 juillet 2022.
Mme D épouse B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C D épouse B, ressortissante Sri Lankaise née le 27 décembre 1990 au Sri Lanka, serait entrée irrégulièrement en France en mars 2012, selon ses déclarations. Elle a sollicité le 21 mai 2012 son admission au bénéfice de l'asile, ce qui lui a été définitivement refusé le 30 septembre 2013 par la Cour nationale du droit d'asile. Elle a fait l'objet le 30 janvier 2014 d'un arrêté préfectoral portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire. Elle a de nouveau sollicité son admission au bénéfice d'asile, ce qui lui a été refusé définitivement le 14 mai 2014 par la Cour nationale du droit d'asile. Elle a de nouveau fait l'objet le 21 octobre 2014, d'un arrêté préfectoral portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire. Elle a sollicité le 7 mai 2019 son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des articles L. 313-11 (7°) et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce que, par un arrêté du 30 mars 2021, le préfet de la Haute-Garonne, a refusé, l'a obligée à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué mentionne l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, et il ne ressort pas de sa motivation que le préfet de la Haute-Garonne aurait insuffisamment examiné la situation personnelle de Mme D épouse B. Par suite, ce moyen doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 313-11 (°7) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République " et de l'article L. 313-14 du même code : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée au 1° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7. () L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans () ".
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme D épouse B soutien résider de manière habituelle en France depuis 8 ans, sans toutefois en apporter le moindre commencement de preuve. En outre, si la requérante se prévaut de la présence de deux de ses frères en France, elle n'apporte aucun élément permettant d'en justifier. Enfin, si elle se prévaut de la présence en France de son époux, M. D, ce dernier, en situation irrégulière, fait l'objet d'une obligation mesure d'éloignement, la cellule familiale a vocation à se reconstituer dans leur pays d'origine, le Sri Lanka. Dans ces conditions, l'intéressée, qui ne justifie aucunement de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels propres à la faire bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour, n'est pas fondée à soutenir que le préfet a méconnu les dispositions des articles L. 313-11 (7°) et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni qu'il a commis une erreur manifeste d'appréciation.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme D épouse B doit être rejetée, et par voie de conséquence les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D épouse B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E épouse B, à Me Tercero et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Chalbos, conseillère,
Mme Martinez Jorda, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
L'assesseure la plus ancienne,
C. CHALBOS
Le président-rapporteur,
D. ALa greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
N°2104863
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026