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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2104887

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2104887

jeudi 1 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2104887
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantCHMANI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 17 août 2021 et le 30 novembre 2021, M. D E, représenté par Me Chmani, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 7 avril 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai d'un mois et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée ou familiale " ou " salarié " d'une durée de validité d'un an renouvelable, dans le dans le délai de 15 jours mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 01 juillet 1991 relative à l'aide juridique au profit de Me Chmani, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat prévue en la matière ;

Il soutient que :

La décision de refus de titre de séjour :

- est insuffisamment motivée en ce qu'elle ne tient pas compte qu'il contribue effectivement à l'entretien de son fils, ni de ses contrats de travail conclus en 2021, ni de son titre de séjour italien ;

- est entachée d'incompétence en ce que le préfet de la Haute-Garonne était l'autorité compétente pour délivrer l'autorisation de travail nécessaire à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " ;

- est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet n'a pas informé le requérant de la nécessité pour son employeur de formuler une demande d'autorisation de travail ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que le préfet a considéré que les conditions de rémunération de M. E, étaient inférieures au seuil prévu par les dispositions de l'article R.5221-20 du code du travail ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que le préfet s'est fondé sur la circonstance que le divorce entre Mme B et M. E avait été prononcé aux torts exclusifs de ce dernier, pour refuser son admission au séjour;

- est entachée d'une erreur de fait, en ce que le préfet a estimé à tort que M. E ne démontrait pas participer effectivement à l'entretien et à l'éducation de son fils, C E ;

- méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfants en ce qu'elle priverait l'enfant Islam E de son père, ce qui est contraire à l'intérêt supérieur de cet enfant ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée ;

La décision portant obligation de quitter le territoire :

- est insuffisamment motivée en droit et en fait ;

- est entachée d'un vice de procédure et méconnait plus particulièrement le principe du contradictoire, en violation de l'article 24 de la loi n°200-321 du 12 avril 2000 ;

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision du même jour portant refus de titre ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle ne tient pas compte des conséquences d'une exceptionnelle gravité qu'elle emporterait pour la situation personnelle M. E ;

La décision fixant le pays de destination :

- est entachée d'un défaut de motivation en raison de l'absence totale de mention des risques qu'il encourt en cas de retour dans son pays d'origine ;

La décision fixant délai de départ volontaire :

- est insuffisamment motivée en fait et en droit et révèle à ce titre un défaut d'examen suffisant de sa situation personnelle ;

- est illégale en ce que le préfet s'est placé à tort dans un cas de compétence liée ;

- est méconnait le principe du contradictoire en ce que le préfet aurait dû faire une demande d'observation préalable auprès du M. E ;

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision du même jour portant obligation de quitter le territoire ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, en ce que le préfet a estimé à tort que M. E ne justifiait pas que lui soit accordé un délai de départ volontaire supérieur à un mois ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 11 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 25 juillet 2022

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 octobre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit:

1. M. E, ressortissant marocain né le 19 mai 1981, est entré irrégulièrement en France en octobre 2015 selon ses dires. Entre le 3 octobre 2016 et le 2 octobre 2019, il a bénéficié d'une carte de séjour temporaire d'un an puis, après s'être marié le 26 mars 2016 à Toulouse avec une ressortissante française, d'une carte de séjour pluriannuelle valable deux ans. Le 8 avril 2019, le juge aux affaires familiales du tribunal de grande instance de Toulouse a prononcé le divorce entre M. E et son épouse. Le 3 septembre 2019, M. E a sollicité la délivrance d'un titre de séjour, en qualité de conjoint d'une ressortissante française sur le fondement des articles L. 313-11 (4°), L. 313-17 et L. 314-9 (3°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en qualité de parent d'enfant français sur le fondement de l'article L. 313-11 (6°) du même code et en qualité de salarié sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987. Par arrêté du 7 avril 2021, 1e préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Par sa requête, M. E demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

2. M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 octobre 2021. Par suite, les conclusions tendant à son admission à l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

Sur les le surplus des conclusions de la requête :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, la décision attaquée comporte l'ensemble des considérations de droit et de faits qui en constituent le fondement. La motivation de la décision attaquée est ainsi suffisante. En outre la circonstance que le requérant ne partage pas les appréciations de l'administration contenues dans cette motivation ne saurait, à elle seule, démontrer une absence d'examen réel et sérieux de la situation de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

4. En deuxième lieu, d'une part, aux termes des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " éventuellement assortie de restrictions géographiques ou professionnelles ". Aux termes de l'article R. 5221-11 du code du travail : " La demande d'autorisation de travail relevant des 4°, 8°, 9°, 13° et 14° de l'article R. 5221-3 est faite par l'employeur () ". Aux termes de l'article R. 5221-15 du même code : " Lorsque l'étranger est déjà présent sur le territoire national, la demande d'autorisation de travail mentionnée à l'article R. 5221-11 est adressée au préfet de son département de résidence ". D'autre part, aux termes de l'article R. 5221-20 du code du travail : " Pour accorder ou refuser l'une des autorisations de travail mentionnées à l'article R. 5221-11, le préfet prend en compte les éléments d'appréciation suivants : () 6° Le salaire proposé à l'étranger qui, même en cas d'emploi à temps partiel, est au moins équivalent à la rémunération minimale mensuelle mentionnée à l'article L. 3232-1 "

5. Il résulte de ces dispositions que la demande d'autorisation de travail présentée par un étranger qui est déjà présent sur le territoire national doit être adressée au préfet par l'employeur. Le préfet, saisi d'une telle demande, présentée sous la forme des imprimés Cerfa, ne peut refuser l'admission au séjour de l'intéressé au motif que ce dernier ne produit pas d'autorisation de travail ou de contrat de travail visé par l'autorité compétente dès lors qu'il lui appartient de faire instruire la demande d'autorisation de travail par ses services. Toutefois, la seule production d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail à l'appui d'une demande de titre de séjour, non accompagnée d'une demande d'autorisation de travail d'un salarié étranger émanant d'un employeur, ne peut être assimilée à une telle demande.

6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, si le préfet a considéré à tort que les conditions de rémunération des contrats présentés par M. E ne respectaient par le seuil prévu au 6° de l'article R. 5221-20 du code du travail, cette erreur de fait est sans incidence sur la décision litigieuse dès lors que le requérant ne disposait pas d'un contrat de travail visé par les services compétents et que son employeur n'a transmis aucun formulaire de demande d'autorisation de travail à l'administration. Dans ces conditions, le préfet a pu refuser de délivrer le titre de séjour sollicité sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-marocain sans commettre d'erreur de droit. En outre, n'ayant pas été saisi d'une demande d'autorisation de travail, le préfet n'a pas méconnu l'étendue des pouvoirs qu'il tenait des dispositions précitées du code du travail ni commis d'erreur manifeste d'appréciation en opposant à l'intéressé l'absence de production d'un contrat visé ni même, au demeurant, les dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration relatives aux demandes de régularisation des dossiers incomplets. Ces moyens doivent par conséquent être écartés.

7. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 313-11 (4°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : 6° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée ".

8. M. E soutient que le préfet a méconnu les dispositions précitées en faisant valoir qu'il participe effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant qu'il présente comme son fils naturel, qui serait issu de sa relation avec son ex-épouse Mme B, ressortissante française, avec qui il s'est marié le 26 mars 2016, avant de divorcer le 8 avril 2019. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'une procédure en contestation de paternité a été présentée devant le juge judiciaire concernant cet enfant, celui-ci ayant été reconnu par deux pères différents. Il ressort également des pièces du dossier que le tribunal judiciaire de Toulouse a ordonné, le 3 août 2021, une expertise et des analyses médicales aux fins de déterminer lequel des deux hommes ayant reconnu l'enfant était le véritable père. Malgré la mesure d'instruction adressée par le greffe du tribunal administratif à M. E, tendant à ce que celui-ci transmette au juge de l'excès de pouvoir les résultats des analyses et de l'expertise ordonnées par le juge judiciaire, l'intéressé est resté taisant. Dans ces conditions, M. E ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées concernant un enfant qui ne peut sérieusement être considéré comme étant le sien.

9. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne, pour refuser le renouvellement du titre de séjour de M. E sur le fondement de l'article L. 314-9 (3°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne s'est pas seulement fondé sur la circonstance que son divorce avec Mme B avait été prononcé à ses torts exclusifs pour violence conjugale par le juge aux affaires familiales le 8 avril 2019, mais sur la circonstance que l'intéressé ne remplissait plus la condition de vie effective requise par les dispositions précitées, à la date de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Par conséquent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

10. En cinquième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. E, qui serait entré irrégulièrement en France en octobre 2015, est célibataire et sans charge de famille, et ne démontre pas être isolé dans son pays d'origine, le Maroc, où il a vécu la majeure partie de sa vie. Dans ces conditions, la décision portant refus de titre de séjour n'a pas porté une atteinte excessive au droit au respect à la vie privée et familiale du requérant, et ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 511-1 alinéa 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la décision portant obligation de quitter le territoire français prononcée, sur le fondement du 3° du même du même code, à l'encontre d'un étranger à qui est opposé un refus de titre de séjour, n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de ce refus dès lors que ce refus est lui-même motivé et que les dispositions législatives permettant de l'assortir d'une mesure d'éloignement ont été rappelées, ce qui est le cas en l'espèce. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

12. En deuxième lieu, le requérant ne peut utilement invoquer, à l'encontre de la mesure d'éloignement attaquée, les dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 reprises dans le code des relations entre le public et l'administration. Au surplus, le droit d'être entendu n'implique pas pour l'administration l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur une mesure d'éloignement consécutive à un refus de titre de séjour, dès lors qu'il a été entendu dans le cadre du dépôt de sa demande de titre de séjour.

13. En troisième lieu, la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas illégale, le requérant ne peut exciper de l'illégalité de cette décision pour contester l'obligation de quitter le territoire français.

14. En quatrième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11 du présent jugement, la décision portant obligation de quitter le territoire n'a pas porté une atteinte excessive au droit au respect à la vie privée et familiale de M E, ce moyen devant par conséquent être écarté.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de destination :

15. En premier et dernier lieu, la décision contestée comporte l'ensemble des considérations de fait et de droit qui en constitue le fondement. La motivation de la décision contestée est ainsi suffisamment motivée, et il ne ressort pas de cette motivation que le préfet de la Haute-Garonne n'aurait pas pris en compte la situation personnelle du requérant. En outre, si M. E entend se prévaloir des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, il n'établit pas la réalité de risques personnellement encourus en cas de retour dans son pays d'origine, le Maroc.

En ce qui concerne la décision portant fixation du délai de départ volontaire :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français pour demander l'annulation de celle fixant le délai de départ volontaire.

17. En second lieu, aux termes de l'article L. 511-1 alinéa 12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel il est fait obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de l'obligation de quitter le territoire français. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas () ".

18. D'une part, il ressort de la motivation même de l'arrêté attaqué que le préfet de la Haute-Garonne, qui a procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. E, ne s'est pas estimé en situation de compétence liée pour fixer le délai de départ accordé à ce dernier pour exécuter l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre. Les moyens tirés du défaut de motivation, du défaut d'examen et de l'erreur de droit doivent par conséquent être écartés.

19. D'autre part, le requérant ne fait état d'aucune circonstance particulière et propre à sa situation personnelle qui aurait justifié que le préfet de la Haute-Garonne lui accorde un délai de départ volontaire supérieur au délai de droit commun. Il n'est donc pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en fixant à trente jours le délai pour exécuter la mesure d'éloignement prononcée à son encontre.

20. En troisième et dernier lieu, si le requérant entend se prévaloir de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, cet article est inopérant à l'encontre des décisions prises sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En tout état de cause, M. E en formulant une demande de titre de séjour ne pouvait ignorer qu'en cas de refus, celui-ci pourrait éventuellement être assorti d'une obligation de quitter le territoire français ainsi que d'un délai de départ volontaire, et il lui appartenait de faire valoir ses observations dans le dépôt de sa demande. Par suite, la décision portant fixation du délai de départ volontaire n'a pas méconnu le principe du contradictoire.

21. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. E doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 01 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. E est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D E, à Me Chmani et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Katz, président,

Mme Jorda, conseillère,

Mme Péan, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.

L'assesseure la plus ancienne

V. JORDA

Le président-rapporteur,

D. ALa greffière,

F. DEGLOS

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

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