jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2105029 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | AMALRIC-ZERMATI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrées les 26 août et 9 novembre 2021, M. A C, représenté par Me Amalric-Zermati, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2021 par lequel la préfète de l'Ariège a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a prononcé sa réadmission en Espagne ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ariège de lui accorder une autorisation provisoire de séjour sans délai et de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'autorité signataire de l'acte ne dispose pas d'une délégation de signature en matière de police des étrangers ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît le droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 juin 2022, la préfète de l'Ariège conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pétri ;
- et les observations de Me Amalric-Zermati, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant marocain né le 1er janvier 1991, déclare être entré sur le territoire français sous couvert d'une carte de résident de longue durée " Union européenne " délivrée par les autorités espagnoles, valable jusqu'au 23 octobre 2023. Il a sollicité le bénéfice d'un titre de séjour en qualité de salarié le 21 mai 2021. Par un arrêté du 29 juillet 2021 dont il demande l'annulation, la préfète de l'Ariège a refusé de lui délivrer ce titre et a prononcé sa réadmission en Espagne.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 10 mai 2021 publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial (n° 09-2021-063) de la préfecture de l'Ariège, la préfète de ce département a donné délégation à M. Stéphane Donnot, secrétaire général de la préfecture à l'effet de signer " tous actes, arrêtés () décisions, rapports, circulaires, correspondances et documents en toutes matières " et, en cas d'absence ou d'empêchement de l'intéressé, à Mme D B, sous-préfète de l'arrondissement de Pamiers. Par un arrêté du même jour publié dans les mêmes conditions, la préfète de l'Ariège a également donné délégation à M. F E, directeur des services du cabinet de la préfecture de l'Ariège, à l'effet de signer " toutes décisions, attestations, correspondances et arrêtés concernant la mise en œuvre des polices administratives " et, en cas d'absence ou d'empêchement de l'intéressé, à Mme B. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de l'acte manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, selon l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " éventuellement assortie de restrictions géographiques ou professionnelles. ".
4. Aux termes de l'article L. 426-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger titulaire de la carte de résident de longue durée-UE, définie par les dispositions de la directive 2003/109/ CE du Conseil du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée, accordée dans un autre Etat membre de l'Union européenne, et qui justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir à ses besoins et, le cas échéant, à ceux de sa famille, ainsi que d'une assurance maladie obtient, sous réserve qu'il en fasse la demande dans les trois mois qui suivent son entrée en France, et sans que la condition prévue à l'article L. 412-1 soit opposable : / 1° La carte de séjour temporaire portant la mention portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " entrepreneur/ profession libérale " s'il remplit les conditions prévues aux articles L. 421-1, L. 421-3 ou L. 421-5 ; ".
5. Pour refuser à M. C la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié, la préfète de l'Ariège s'est fondée sur les circonstances qu'il ne remplissait pas les conditions fixées par les dispositions citées au point 4, que s'il a commencé à travailler sur le territoire français le 10 décembre 2019, il n'a sollicité un titre de séjour que le 21 mai 2021, soit après le délai de trois mois fixé par ces mêmes dispositions, qu'il ne produit pas de contrat de travail visé par les autorités compétentes sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 et qu'il ne justifie pas de la détention d'un visa de long séjour en qualité de salarié. Il ressort des pièces du dossier que M. C a commencé à travailler en France au moins à compter du 1er juin 2020, ainsi que l'établit un certificat de travail de son employeur rédigé le 2 février 2021. Il est toutefois constant que le requérant, titulaire d'un titre de séjour " Union européenne " délivré par les autorités espagnoles et valable jusqu'au 23 octobre 2023, a formé une demande de titre de séjour le 21 mai 2021, soit plus de trois mois après son entrée en France. Pour ce seul motif, la préfète de l'Ariège pouvait légalement lui opposer un refus de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 426-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si M. C invoque également l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 cité au point 3, il est toutefois constant que la délivrance d'un titre de séjour " salarié " à un ressortissant marocain qui ne pourrait se prévaloir des dispositions citées au point 4 est subordonnée à la production, par ce ressortissant, d'un visa de long séjour. Or, M. C n'établit pas qu'il aurait disposé d'un tel document. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
7. S'il ressort des pièces du dossier que le requérant a travaillé en France entre les 1er juin 2021 et 22 février 2021, puis qu'il a signé un nouveau contrat à durée indéterminée à compter du 11 octobre 2021, ces circonstances ne sont toutefois pas suffisantes pour considérer qu'il a fixé l'ensemble de ses intérêts personnels en France, alors qu'il est établi qu'il est arrivé récemment sur le territoire, qu'il ne fait état d'aucune attache personnelle en France et qu'il ne démontre pas être dans l'impossibilité de retourner en Espagne. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète de l'Ariège.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
La rapporteure,
M. PETRI
La présidente,
S. CAROTENUTOLa greffière,
S. SORABELLA
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026