vendredi 17 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2105064 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | LAPUELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 août 2021, M. A B, représenté par Me Baysset, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 mars 2021 par lequel le maire de Seysses a refusé de lui délivrer un permis de construire un bâtiment d'activité sur un terrain sis 25 route d'Ox à Seysses (Haute-Garonne), ensemble la décision du 24 juin 2021 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Seysses de réexaminer sa demande, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Seysses la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ; l'arbre devant être abattu pour les besoins du projet ne fait l'objet d'aucun classement ou protection particulier ; de plus, son âge et ses dimensions le rendent sensible aux phénomènes météorologiques violents ce qui induit un risque de chute de branches ou de l'arbre lui-même ; l'abattage d'un unique arbre ne peut justifier le refus opposé alors que le terrain d'assiette du projet n'est pas situé dans un lieu présentant un intérêt paysager ou architectural spécifique et qu'il existe de nombreux arbres comparables à proximité du projet ;
- la commune n'établit pas que la desserte du terrain par les réseaux ne serait pas conforme à la législation applicable ; la société Enedis n'a pas émis un avis défavorable au projet, contrairement à ce qui est indiqué dans la décision ;
- le maire ne pouvait davantage se fonder sur les dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme pour s'opposer au projet, dès lors que les délais de réalisation des travaux, de 4 à 6 mois, sont connus ; de plus, ces dispositions ne permettent pas de refuser la délivrance du permis de construire du fait de la seule nécessité de réaliser des travaux d'extension ; enfin, la construction envisagée est située en zone urbaine et à supposer les travaux sur le réseau d'électricité nécessaires, ils ne seraient pas réalisés dans le seul intérêt du projet compte tenu de la densité des constructions environnantes et des terrains restant à urbaniser.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2021, la commune de Seysses, représentée par Me Lapuelle, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 25 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rousseau,
- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public,
- et les observations de Me Foucard, substituant Me Lapuelle, pour la commune de Seysses.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a déposé le 4 septembre 2020 une demande de permis de construire un bâtiment d'activité, sur un terrain sis 25 route d'Ox à Seysses (Haute-Garonne). Par un arrêté du 4 mars 2021, le maire de Seysses a refusé de lui délivrer l'autorisation sollicitée. Par un courrier du 3 mai 2021, M. B a formé un recours gracieux contre cet arrêté, qui a été rejeté par une décision du 24 juin 2021. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de l'arrêté du 4 mars 2021 et de la décision du 24 juin 2021 portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, si M. B fait valoir que la commune n'établit pas que la desserte du terrain par les réseaux ne serait pas conforme à la législation applicable, la décision prise sur recours gracieux a substitué au motif de l'arrêté attaqué tenant à l'absence de desserte par le réseau d'électricité, celui tiré de la méconnaissance par le projet des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés () ".
4. Il ressort des pièces du dossier, notamment de l'avis émis le 14 octobre 2020 par la société ENEDIS dans le cadre de l'instruction de la demande de permis de construire, que la desserte du terrain d'assiette du projet nécessiterait une extension du réseau public d'électricité de 165 mètres sur le domaine public et qu'une contribution financière de 18 255,05 euros serait due par la commune. Pour refuser de délivrer le permis de construire sollicité, le maire de la commune de Seysses, qui a accompli les diligences appropriées en saisissant la société ENEDIS pour avis, a relevé que des travaux d'extension sont nécessaires pour permettre le raccordement de ce projet au réseau de distribution public et qu'il n'était pas en mesure de déterminer dans quel délai ces travaux pourraient être exécutés. Dans ces conditions, alors que les dispositions de l'article L. 111-11 poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique d'être contrainte, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics, et que l'accord de la commune au financement des travaux d'extension du réseau public d'électricité n'était nullement établi, le maire n'était pas en mesure d'indiquer dans quel délai ces travaux devaient être exécutés, quand bien même la société ENEDIS a indiqué que les travaux pouvaient être réalisés dans un délai de 4 à 6 mois après l'ordre de service de la commune et l'accord du client, en précisant leur montant à la charge de la collectivité. Pour ce seul motif, et sans qu'il lui soit besoin d'établir que le projet ne correspondait pas aux besoins de la commune compte tenu de ses perspectives d'urbanisation et de développement, le maire de Seysses a pu légalement refuser le permis de construire sollicité sur le fondement des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme.
5. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Aux termes de l'article L. 151-23 du même code : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les sites et secteurs à protéger pour des motifs d'ordre écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état des continuités écologiques et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres. / Il peut localiser, dans les zones urbaines, les terrains cultivés et les espaces non bâtis nécessaires au maintien des continuités écologiques à protéger et inconstructibles quels que soient les équipements qui, le cas échéant, les desservent ".
6. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il appartient au juge d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
7. Il ressort des pièces du dossier que le quartier dans lequel s'insère le terrain d'assiette du projet est composé de bâtiments commerciaux et de maisons d'habitation sans unité architecturale particulière. Pour refuser de délivrer à M. B le permis de construire sollicité, la commune s'est notamment fondée sur la circonstance que le projet, qui prévoit l'abattage d'un pin parasol présent dans le paysage depuis une quarantaine d'années, porte atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux en privant le site de son atout paysager principal. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que cet arbre ferait l'objet d'une protection particulière au sein du plan local d'urbanisme. De plus, si la commune fait valoir que cet arbre est situé dans le site d'intérêt paysager de la margelle de Garonne visant à préserver la visibilité d'entrée de ville le long de la route d'Ox, au sein duquel le règlement du plan local d'urbanisme prévoit la " protection et le renforcement de la continuité des plantations et des boisements existants ", et que le plan d'aménagement et de développement durables (PADD) prévoit la préservation des perspectives visuelles remarquables ainsi que la valorisation de la biodiversité, y compris celle relevant de la nature ordinaire, il ne ressort pas des pièces du dossier que cet arbre, situé en milieu de parcelle, s'inscrirait dans la perspective visuelle à protéger le long de la route d'Ox, ni que l'abattage d'un seul arbre, dont le caractère remarquable n'est pas établi, porterait atteinte à ce site et à la qualité paysagère de l'entrée de la ville, alors que les parcelles à proximité du projet présentent un caractère arboré et qu'il ressort de la notice du dossier de demande de permis de construire que les espaces libres en pourtour de parcelle seront laissés en pleine terre et aménagés en espace paysager, et que les deux arbres supprimés seront remplacés par des essences locales de moyennes tiges. Par suite, la décision de refus de permis de construire ne pouvait être légalement fondée sur le motif tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
8. Toutefois, ainsi qu'il a été exposé au point 4 du présent jugement, le permis sollicité pouvait légalement être refusé sur le fondement des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme. Il résulte de l'instruction que le maire de Seysses aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que ce motif, qui justifie à lui seul l'arrêté en litige du 4 mars 2021.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du maire de Seysses en date du 4 mars 2021 et de la décision du 24 juin 2021 portant rejet du recours gracieux formé par M. B, doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions présentées par M. B à fin d'injonction doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Seysses, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Seysses.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Seysses la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Seysses.
Délibéré après l'audience du 3 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
Mme Rousseau, conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2023.
La rapporteure,
M. ROUSSEAU
La présidente,
V. POUPINEAULa greffière,
B. RODRIGUEZ
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026