jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2105066 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | PRADAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 août 2021, la société Oumlil restauration " Les ailes ", représentée par Me Pradal, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 août 2021 par laquelle la préfète du Tarn a refusé de lui délivrer l'autorisation de transférer une licence IV exploitée par la société Locasalles à Réalville au profit d'un projet d'établissement exploité par la société RLI 41 à Albi ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Tarn de lui délivrer cette autorisation dans un délai de huit jours suivant la notification du présent jugement, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ou, à tout le moins, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai d'un mois suivant la notification du présent jugement, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, au motif que la préfète de Tarn s'est considérée comme liée, à tort, par l'avis émis par le maire de la commune d'Albi ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2022, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable faute pour M. B de démontrer sa qualité pour agir au nom de la société requérante ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pétri ;
- les conclusions de M. Déderen, rapporteur public ;
- et les observations de Me Got, représentant la société Oumlil restauration " Les ailes ".
Considérant ce qui suit :
1. La société Oumlil restauration " Les ailes " est titulaire d'une licence IV exploitée par la société Locasalles, dont le siège social est situé au n° 87 de la route nationale 20 à Réalville (Tarn-et-Garonne). Par un courrier du 15 juin 2021, elle a sollicité l'autorisation de transférer cette licence au profit d'un établissement exploité par la société RLI 41, situé au n° 41 de la rue de Bourdès à Albi (Tarn). Par une décision du 10 août 2021, la préfète du Tarn a opposé un refus à cette demande. Par la présente requête, la société Oumlil restauration " Les ailes " demande l'annulation de la décision du 10 août 2021.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 227-5 du code de commerce : " Les statuts fixent les conditions dans lesquelles la société est dirigée. ", et de l'article L. 227-6 du même code : " La société est représentée à l'égard des tiers par un président désigné dans les conditions prévues par les statuts. Le président est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société dans la limite de l'objet social. ".
3. Lorsqu'une partie est une personne morale, il appartient à la juridiction administrative saisie, qui en a toujours la faculté, de s'assurer, le cas échéant, que le représentant de cette personne morale justifie de sa qualité pour agir au nom de cette partie. Si une telle vérification n'est normalement pas nécessaire lorsque la personne morale requérante est dotée, par des dispositions législatives ou réglementaires, de représentants légaux ayant de plein droit qualité pour agir en justice en son nom, elle s'impose lorsque cette qualité est contestée sérieusement par l'autre partie ou qu'au premier examen l'absence de qualité du représentant de la personne morale semble ressortir des pièces du dossier. Cette qualité peut être régularisée jusqu'à la clôture de l'instruction.
4. Il résulte des dispositions de l'article L. 227-6 du code de commerce, en vertu desquels une société par actions simplifiées est représentée à l'égard des tiers par un président, désigné dans les conditions prévues par les statuts et investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société dans la limite de son objet social, que cette personne a de plein droit qualité pour agir au nom de la société. Le présent recours a été formé par la société Oumlil restauration " Les ailes ", société par actions simplifiées représentée par M. A B, identifié dans la requête comme étant le " représentant légal " de la société. Ainsi, au vu de cette mention et des statuts de la société, librement consultables sur Internet, la fin de non-recevoir tirée du défaut de qualité pour agir doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
6. Il résulte des termes de la décision attaquée ainsi que des écritures produites en défense que la décision attaquée est une mesure de police. Si elle vise les considérations de droit, plus précisément les dispositions de l'article L. 3332-11 du code de la santé publique, sur lesquelles elle se fonde, la préfète du Tarn s'est bornée à mentionner " des motifs d'ordre public " ainsi qu'une " procédure en cours " dont M. B fait l'objet après un dépôt de plainte. La décision attaquée ne permet pas à son destinataire de connaître, à sa seule lecture, les motifs de fait qui ont été retenus par l'administration pour fonder son appréciation. Elle doit dès lors être regardée comme méconnaissant les dispositions citées au point précédent. Par suite, la société Oumlil restauration " Les ailes " est fondée à soutenir que la décision est insuffisamment motivée.
7. Pour justifier l'appréciation portée sur sa décision de refus d'autorisation du transfert d'une licence IV au profit de l'établissement situé au n° 41 de la rue de Bourdès à Albi, l'autorité préfectorale invoque une soirée organisée par M. B dans cet établissement alors qu'il était frappé d'une mesure de fermeture administrative, ainsi que des troubles à l'ordre public établis par des procès-verbaux qui font foi jusqu'à preuve du contraire. Toutefois, la préfète du Tarn n'établit aucunement qu'à la date de la décision attaquée, l'activité de l'établissement en cause était susceptible de caractériser un trouble à l'ordre public. S'il ressort des pièces du dossier que l'établissement a fait l'objet d'une mesure de fermeture administrative, prononcée par le maire de la commune d'Albi en raison de risques pour la sécurité par un arrêté du 26 février 2020, le procès-verbal de la sous-commission départementale de sécurité de la préfecture du Tarn, établi le 15 octobre 2020, démontre que l'établissement a pu rouvrir ses portes après avoir effectué les travaux qui lui avaient été prescrits. S'il ressort également des pièces du dossier que M. B a organisé une fête au sein de l'établissement durant sa période de fermeture administrative, cet événement répréhensible est survenu plus d'un an avant la décision attaquée. Enfin, l'autorité préfectorale n'établit aucune preuve de la plainte qui aurait été déposée contre M. B. Dans ces conditions, la société Oumlil restauration " Les ailes " est fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation.
8. Il résulte de ce tout qui précède que la société Oumlil restauration " Les ailes " est fondée à demander l'annulation de la décision du 10 août 2021 par laquelle la préfète du Tarn a refusé de lui délivrer l'autorisation de transférer une licence IV exploitée par la société Locasalles à Réalville au profit d'un projet d'établissement exploité par la société RLI 41 à Albi, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'autre moyen de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Eu égard au motif retenu, l'annulation de la décision attaquée implique nécessairement, en l'absence de changements de circonstances de fait y faisant obstacle, que la licence IV soit transférée à l'établissement exploité par la société RLI 41, situé au n° 41 de la rue de Bourdès à Albi. En application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Tarn d'autoriser ce transfert dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
10. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, le paiement d'une somme de 1 500 euros au bénéfice de la société Oumlil restauration " Les ailes ", en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 10 août 2021 par laquelle la préfète du Tarn a refusé de délivrer à la société Oumlil restauration " Les ailes " l'autorisation de transférer une licence IV au profit d'un projet d'établissement de bar et de restauration situé au n° 41 de la rue de Bourdès à Albi est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Tarn, sous réserve d'un changement dans les circonstances de fait, d'autoriser le transfert de la licence IV sollicité par la société Oumlil restauration " Les ailes " au bénéfice de l'établissement exploité par la société RLI 41, situé au n° 41 de la rue de Bourdès à Albi, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 500 euros à la société Oumlil restauration " Les ailes " sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Oumlil restauration " Les ailes " et au préfet du Tarn.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
La rapporteure,
M. PETRI
La présidente,
S. CAROTENUTOLa greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026