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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2105434

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2105434

jeudi 1 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2105434
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantLASPALLES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées le 17 septembre 2021, le 3 novembre 2021, le 12 janvier 2022 et le 3 février 2022, M. C B, représenté par Me Laspalles, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 9 août 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé à trente jours le délai pour un départ volontaire, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et l'a interdit de retour sur le territoire pour une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

Les décisions attaquées :

- sont insuffisamment motivées ;

- méconnaissent le principe du contradictoire dès lors qu'il a été privé de la possibilité de présenter des éléments pertinents concernant sa situation personnelle ;

La décision portant refus de titre de séjour :

- est entachée d'un défaut d'examen suffisant de sa situation personnelle ;

- est entachée d'un vice de compétence dès lors que le préfet de la Haute-Garonne s'est estimé à tort dans un cas de compétence liée ;

- est entachée d'un vice de procédure en ce que le préfet de la Haute-Garonne ne démontre pas que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ait été rendu à l'issue d'une délibération collégiale ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation s'agissant des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit en ce que contrairement à ce que qu'a retenu le préfet de la Haute-Garonne, son état de santé justifie son admission au séjour ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 421-5 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle porte une atteinte disproportionnée eu égard aux buts en vue desquels elle a été prise, à son droit au respect à la vie privée et familiale ;

La décision portant obligation de quitter le territoire :

- est entachée d'un défaut d'examen suffisant de sa situation personnelle ;

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte pour sa situation personnelle ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle porte une atteinte disproportionnée eu égard aux buts en vue desquels elle a été prise, à son droit au respect à la vie privée et familiale ;

La décision fixant le délai de départ volontaire :

- est entachée d'erreur de droit et est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;

- est entachée d'un défaut d'examen suffisant de sa situation personnelle ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit dès lors que le préfet de la Haute-Garonne s'est estimé à tort dans un cas de compétence liée ;

La décision portant fixation du pays de destination :

- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- est entachée d'un défaut d'examen suffisant de sa situation personnelle ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 octobre 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 20 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 5 juillet 2022.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant guinéen né le 31 décembre 1996, est entré sur le territoire français le 17 septembre 2018. Il a présenté une demande d'asile le 21 septembre 2018, laquelle a été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 16 mars 2020. Il a sollicité le 18 février 2021 son admission au séjour en raison de son état de santé sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et le 13 septembre 2021, son admission exceptionnelle au séjour au titre de l'insertion professionnelle sur le fondement de l'article L. 435-1 du même code. Par un arrêté du 9 août 2021, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer le titre de séjour demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a l'a interdit de retour pour une durée d'un an. Le 23 août 2021, M. B a formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté. Par sa requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire:

2. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2022. Par suite, les conclusions tendant à son admission à l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

Sur le surplus des conclusions de la requête :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées:

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte l'ensemble des considérations de droit et de faits qui en constituent le fondement. L'arrêté attaqué est ainsi suffisamment motivé. En outre, cette motivation démontre l'existence d'un examen réel et sérieux de la demande de l'intéressé, alors même que le requérant ne partage pas les appréciations de l'administration contenues dans cette motivation. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen suffisant de la situation personnelle du requérant doivent être écartés.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".

5. Il résulte des dispositions précitées que M. B ne peut utilement s'en prévaloir à l'encontre de la décision portant refus de séjour, laquelle fait suite à une demande présentée par lui. La circonstance que la mesure d'éloignement prise à l'encontre de l'intéressé lui soit défavorable, laquelle mesure n'est que la conséquence du refus de titre de séjour, ne fait pas échec à l'exception prévue par les dispositions précitées relative aux cas où il est statué sur une demande. En outre, l'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour ne saurait ignorer, en raison même de l'accomplissement de cette démarche, qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, qu'il pourra, en cas de refus, faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Il est conduit, à l'occasion du dépôt de sa demande, à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui est également loisible, pendant l'instruction de sa demande, de faire valoir tout élément nouveau auprès des services préfectoraux. Le droit de l'intéressé d'être entendu est ainsi satisfait avant que n'intervienne la mesure d'éloignement. Par suite ni les dispositions précitées ni les principes généraux du droit de l'Union européenne n'ont été méconnus.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

6. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. (). ".

7. L'avis du collège médical de l'OFII du 17 mai 2021 concernant l'état de santé de M. B porte la mention " après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant " et a été signé par les trois médecins composant ledit collège. Le caractère collégial de l'avis est attesté par cette mention et la preuve de l'absence d'une délibération collégiale ne saurait être apportée par la seule circonstance que les médecins signataires de l'avis exercent en des lieux distants. Le moyen soulevé par M. B selon lequel l'avis du collège des médecins l'OFII aurait été rendu à la suite d'une délibération non collégiale doit par conséquent être écarté.

8. En deuxième lieu, par un avis du 17 mai 2021, le collège des médecins de l'OFII a estimé que l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité et lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine, la Guinée.

9. Si M. B conteste cet avis, il verse au dossier un certificat médical en date du 4 août 2020 duquel il ressort qu'il est probablement porteur d'une forme inactive du virus de l'hépatite B et qu'il n'est atteint d'aucune anomalie de type cytolyse ou cholestase. Aucun élément contenu dans ce certificat médical, ni aucune autre pièce du dossier ne permet d'établir qu'en l'absence de soins prodigués à M. B, la maladie dont il est atteint pourrait entrainer pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, c'est sans erreur de droit et sans erreur d'appréciation que le préfet de la Haute-Garonne, dont rien ne permet d'établir qu'il se serait estimé lié par l'avis précité, a rejeté la demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article. L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". Aux termes de l'article L. 422-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la carte de séjour temporaire portant la mention "recherche d'emploi ou création d'entreprise" est délivrée en application du 2° de l'article L. 422-10, l'intéressé justifiant de la création et du caractère viable d'une entreprise répondant à la condition énoncée au même 2° se voit délivrer, à l'issue de la période d'un an, la carte de séjour temporaire portant la mention "entrepreneur/ profession libérale" prévue à l'article L. 421-5 () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 421-5 du même code : " L'étranger qui exerce une activité non salariée, économiquement viable et dont il tire des moyens d'existence suffisants, dans le respect de la législation en vigueur, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " entrepreneur/ profession libérale " d'une durée maximale d'un an ".

11. Il résulte des dispositions précitées que la délivrance d'une carte de séjour temporaire autorisant l'exercice d'une activité professionnelle à l'étranger qui vient exercer en France une profession commerciale, industrielle ou artisanale est subordonnée, notamment, à la viabilité économique de l'activité envisagée. Lorsque l'étranger est lui-même le créateur de l'activité qu'il vient exercer, il lui appartient de présenter à l'appui de sa demande les justificatifs permettant d'évaluer la viabilité économique de son activité ou entreprise, que celle-ci soit encore au stade de projet ou déjà créée.

12. En l'espèce, d'une part, M. B se prévaut d'une immatriculation au registre des sociétés et du commerce de Toulouse en qualité d'autoentrepreneur dans la livraison de repas à domicile, il ne démontre pas le caractère de la viabilité économique de cette activité, qui lui permette de tirer des moyens d'existence suffisants. S'il ressort des autres pièces versées au dossier que l'intéressé est titulaire d'une formation CACES et qu'il a réalisé plusieurs stages professionnels dans le cadre du projet Solid'R, ni ces éléments, ni les autres pièces versées au dossiers ne sauraient révéler des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels de nature à le faire bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour au titre de l'insertion professionnelle. Par suite, c'est sans erreur manifeste d'appréciation ni erreur de droit que le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer le titre de séjour demandé.

13. D'autre part, il ne ressort pas de l'arrêté en litige que le préfet de la Haute-Garonne pour répondre à la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par M. B, se serait abstenu d'examiner la situation personnelle et familiale de celui-ci. Ce moyen doit par conséquent être écarté.

14. En quatrième et dernier lieu, il est constant que M. B, entrée irrégulièrement en France le 17 septembre 2018 selon ses dires, est célibataire et sans charge de famille. Il ne démontre pas être isolé dans son pays d'origine, la Guinée, où il a vécu la majeure partie de sa vie. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porte une atteinte excessive à son droit au respect à la vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, la décision attaquée n'est pas non plus entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte pour la situation personnelle du requérant.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

15. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas illégale, le requérant ne peut exciper de l'illégalité de cette décision pour contester l'obligation de quitter le territoire français.

16. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 14 de ce présent jugement, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porte une atteinte excessive à son droit au respect à la vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, la décision attaquée n'est pas non plus entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte pour la situation personnelle du requérant.

En ce qui concerne la décision portant fixation du délai de départ volontaire :

17. En premier lieu, la mesure d'éloignement n'étant pas illégale, le requérant ne peut exciper de l'illégalité de cette décision pour contester la décision fixant le délai de départ volontaire.

18. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas () ".

19. D'une part, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet de la Haute-Garonne, qui a procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. B, ne s'est pas estimé en situation de compétence liée pour fixer le délai de départ accordé à ce dernier pour exécuter l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre. Les moyens tirés du défaut d'examen et de l'erreur de droit doivent donc être écartés.

20. D'autre part, M. B ne fait état d'aucune circonstance particulière propre à sa situation personnelle qui aurait justifié que le préfet de la Haute-Garonne lui accorde un délai de départ volontaire supérieur au délai de droit commun. Il n'est donc pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en fixant à trente jours le délai pour exécuter la mesure d'éloignement prononcée à son encontre.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

21. Si M. B affirme être exposé à des risques de mauvais traitements en cas de retour dans son pays d'origine, la Guinée, il ne produit au soutien de sa demande, aucune pièce permettant d'étayer ses allégations. Par suite, le préfet de la Haute-Garonne a pu fixer le pays de destination sans méconnaitre les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

22. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ".

23. M. B, qui est entré et s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français, et qui ne s'est pas conformé à la mesure d'éloignement prononcée à son encontre, présentait un risque de soustraction à cette mesure. Il ne fait état d'aucune circonstance humanitaire susceptible de justifier, en application des dispositions précitées, que le préfet de la Haute-Garonne n'assortisse pas la mesure d'éloignement d'une interdiction de retour sur le territoire français. Eu égard aux motifs exposés au point 15 de ce présent jugement, et quand bien même M. B ne constitue pas une menace pour l'ordre public, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, et ce moyen doit donc être écarté.

24. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B, doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Laspalles et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Katz, président,

Mme Jorda, conseillère,

Mme Péan, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.

L'assesseure la plus ancienne

V. JORDA

Le président-rapporteur,

D. ALa greffière,

F. DEGLOS

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

,

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