jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2105492 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LUDOVIC RIVIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 septembre 2021, M. B C, représenté par Me Liegeois, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Saverdun a procédé à la reconstitution de sa carrière à compter du 9 mai 2011 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saverdun de prendre un nouvel arrêté de reconstitution de sa carrière dans un délai de 30 jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saverdun la somme de 2 000 euros à verser à Me Liegeois en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est manifeste que la reconstitution de carrière à laquelle la commune de Saverdun devait procéder rétroactivement n'a pas été respectée dès lors qu'il se retrouve dans la même situation que celle dans laquelle il se trouvait au moment de sa mise en disponibilité le 1er octobre 2008, où il était agent de maîtrise échelon 7, qui est devenu l'échelon 5 depuis le décret n° 2016-1382 entré en vigueur le 1er janvier 2017 ;
- en application de l'article 11 du décret n° 88-547 du 6 mai 1988, il aurait dû être reclassé au 8ème échelon dès le 20 août 2016 ; puis, par l'effet du décret n° 2016-1382 du 1er janvier 2017, qui a transformé l'échelon 8 en échelon 6, il aurait dû reclassé au 6ème échelon avec une ancienneté de 2 ans, 6 mois et 7 jours ; il aurait dû ensuite être classé au 8ème échelon au 21 juillet 2018 et non pas au 4 février 2019 ; la commune de Saverdun n'a donc pas appliqué correctement les dispositions du décret n° 2016-1382 du 1er janvier 2017 ;
- il sera nécessairement enjoint à l'administration de procéder à un nouveau reclassement, avec reconstitution de tous ses droits, y compris ses droits à pensions.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 juin 2022, la commune de Saverdun, représentée par Me Rivière, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'elle admet qu'une erreur a été commise dans le calcul de la reconstitution de la carrière du requérant entre le 1er janvier 2015 et le 1er janvier 2017 ; le requérant aurait dû bénéficier d'un avancement au 9ème échelon au 19 novembre 2016 ; en revanche, le requérant n'a pu acquérir un échelon supérieur à la date du 20 aout 2016 comme il le prétend ; les calculs sur lesquels elles s'est fondée pour élaborer l'arrêté attaqué sont le fait du centre de gestion de l'Ariège qui lui apporte une expertise juridique.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la méconnaissance de l'autorité de la chose jugée attachée au jugement du tribunal administratif de Toulouse du 3 décembre 2020, selon lequel à la date du 1er février 2014, M. C devait être classé au 8ème échelon de son grade avec une ancienneté conservée de 9 mois et 20 jours.
Par ordonnance du 28 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 18 octobre 2022.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 88-547 du 6 mai 1988 ;
- le décret n° 2016-1382 du 12 octobre 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A ;
- les conclusions de Mme Chalbos, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Rivière, représentant la commune de Saverdun.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, fonctionnaire titulaire du grade d'agent de maîtrise territorial de la commune de Saverdun, a été placé en disponibilité pour convenances personnelles à sa demande, du 1er octobre 2008 au 31 août 2010, puis en disponibilité d'office, en raison du refus de la commune de le réintégrer. Par un jugement du 20 décembre 2016, le tribunal administratif de Toulouse a annulé la décision du 14 octobre 2013 par laquelle la commune de Saverdun a refusé de le réintégrer et a enjoint à l'administration de procéder à sa réintégration. La commune de Saverdun a interjeté appel de ce jugement devant la cour administrative d'appel de Bordeaux, laquelle, par un arrêt du 1er avril 2019, a confirmé le jugement en tant qu'il avait annulé la décision précitée du 14 octobre 2013 et prononcé une injonction à l'encontre de l'administration. Par deux arrêtés des 10 janvier et 3 février 2017, la commune de Saverdun a réintégré M. C au 5 février 2017 en le reclassant au 5ème échelon de son grade avec une ancienneté de 4 mois et 28 jours. Par un troisième arrêté du 25 juin 2018, la commune a réintégré M. C au 9 mai 2011 en le reclassant au 5ème échelon de son grade avec une ancienneté de 9 mois et 27 jours. M. C a alors contesté ces arrêtés de reclassement. Par un seul et même jugement du 3 décembre 2020, n° 1704911et n° 1900030, le tribunal administratif de Toulouse a annulé ces arrêtés et enjoint à la commune de Saverdun de prendre une nouvelle décision de reclassement de M. C en reconstituant sa carrière à compter du 9 mai 2011 sur la base d'un avancement à la durée moyenne. Par sa requête, M. C demande, d'une part, l'annulation de l'arrêté du 22 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Saverdun a procédé à la reconstitution de sa carrière à compter du 9 mai 2011 et, d'autre part, à ce qu'il soit enjoint à la commune de Saverdun de prendre un nouvel arrêté de reconstitution de sa carrière.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En vertu de l'article 11 du décret n° 88-547 du 6 mai 1988 portant statut particulier du cadre d'emploi des agents de maîtrise territoriaux, dans sa version en vigueur du 1er janvier 2007 au 1er janvier 2017, ainsi que de l'article 4 du décret n° 87-1107 du 30 décembre 1987 portant organisation des carrières des fonctionnaires territoriaux de catégorie C, la durée pour passer du 7ème au 8ème échelon du grade d'agent de maîtrise étaient de 1 an et 8 mois au minimum et de 2 ans au maximum, soit une durée moyenne de 22 mois et la durée pour passer du 8ème échelon au 9ème échelon étaient de 2 ans et 6 mois au minimum et de 3 ans au maximum, soit une durée moyenne de 33 mois. Par ailleurs, selon les dispositions de l'article 13 du décret n°2016-1382 du 12 octobre 2016, modifiant le décret n° 88-547 du 6 mai 1988 et entré en vigueur le 1er janvier 2017, les agents de maitrise classés au 9ème échelon de leur grade sont reclassés, au 1er janvier 2017, au 7ème échelon avec 2/3 de l'ancienneté acquise et la durée des échelons est désormais une durée unique, fixée à deux ans dans les échelons 7 à 9 et de 3 ans dans les échelon 10 à 12.
3. M. C soutient, sans autre précision, qu'il " est manifeste " que la reconstitution de carrière à laquelle la commune de Saverdun devait procéder rétroactivement n'a pas été respectée dès lors qu'il se retrouve dans la même situation que celle dans laquelle il se trouvait au moment de sa mise en disponibilité le 1er octobre 2008, où il était agent de maîtrise échelon 7, qui est devenu l'échelon 5 depuis le décret n° 2016-1382 entré en vigueur le 1er janvier 2017. Le requérant prétend, en outre, qu'en application de l'article 11 du décret n° 88-547 du 6 mai 1988, il aurait dû être reclassé au 8ème échelon dès le 20 août 2016 et que, par l'effet du décret n° 2016-1382 du 1er janvier 2017, qui a transformé l'échelon 8 en échelon 6, il aurait dû être reclassé au 6ème échelon avec une ancienneté de 2 ans, 6 mois et 7 jours. Selon lui, il aurait dû être classé au 8ème échelon au 21 juillet 2018 et non pas au 4 février 2019 et il en déduit que la commune de Saverdun n'a pas appliqué correctement les dispositions du décret n° 2016-1382 du 1er janvier 2017. Ce faisant, le requérant se borne toutefois à énumérer les échelons dans lesquels il estimait devoir être reclassé sans démontrer en quoi l'administration aurait commis une erreur dans l'application des dispositions citées au point précédent.
4. En revanche, par jugement du 3 décembre 2020, devenu définitif, le tribunal administratif de Toulouse a annulé un précédent arrêté de reclassement de M. C au motif tiré de ce que, à la date du 1er février 2014 " son ancienneté acquise [dans le 7ème échelon] était de 3 ans, 6 mois et 20 jours " et qu'à cette même date, " M. C devait être classé au 8ème échelon de son grade avec une ancienneté conservée de 9 mois et 20 jours, pour un avancement à la durée moyenne ". Or, il ressort de l'arrêté attaqué que le maire de la commune de Saverdun a reclassé M. C à compter du 1er février 2014 au 7ème échelon du grade d'agent de maîtrise avec une ancienneté d'un an, 9 mois et 9 jours et qu'il n'a été reclassé au 8ème échelon de ce grade qu'à compter du 21 février 2014, sans ancienneté. Il en résulte que l'arrêté attaqué du 22 mai 2021 méconnaît l'autorité de la chose jugée par le jugement précité. Cet arrêté est ainsi entaché d'illégalité en tant qu'il a procédé à la reconstitution de carrière de M. C à compter du 1er février 2014. Par suite, cet arrêté doit être annulé, dans cette mesure.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. L'annulation de l'arrêté attaqué implique nécessairement que la commune de Saverdun prenne un nouvel arrêté reclassant M. C selon les dispositions statutaires applicables à sa situation, pour la période postérieure au 1er février 2014, avec la reconstitution des droits y afférents, en ce comprises les mesures nécessaires à la régularisation des droits à pension. Il y a lieu d'enjoindre à la commune de procéder à cela en appliquant à l'intéressé un avancement à la durée moyenne, dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement. En outre, il y a lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte de 50 euros par jour de retard.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'allouer à Me Liegeois une somme supérieure à celle perçue au titre de la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle dont bénéficie M. C. Par suite, les conclusions présentées en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de la commune de Saverdun en date du 22 mars 2021 est annulé en tant qu'il reconstitue la carrière de M. C à compter du 1er février 2014
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Saverdun de prendre un nouvel arrêté de reclassement de M. C en reconstituant sa carrière à compter du 1er février 2014 conformément au point 4 des motifs du présent jugement et sur la base d'un avancement à la durée moyenne, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Article 3 : Les conclusions présentées par Me Liegeois sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Liegeois et à la commune de Saverdun.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Péan, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
L'assesseure la plus ancienne,
V. JORDA
Le président-rapporteur,
D. ALa greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°210549
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026