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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2105844

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2105844

mardi 16 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2105844
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantDUFOUR

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée sous le n° 2105844 le 6 octobre 2021, et des mémoires enregistrés les 7 mars 2022 et 11 avril 2022, Mme C D, représentée par Me Dupey, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Bouloc a accordé un permis d'aménager à la société Novilis Promotion pour un projet de création de quinze lots sur une parcelle située au lieu-dit La Gargasse à Bouloc, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 9 août 2021 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bouloc la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.

Mme D soutient que :

- le dossier de demande de permis d'aménager est insuffisant, en ce que le plan de situation ne comporte pas la présence d'une haie bocagère, en méconnaissance des articles R. 441-3 et R. 441-4 du code de l'urbanisme ;

- le dossier comporte une contradiction avec la notice en ce qu'il prévoit la destruction d'une haie bocagère pour la remplacer par un chemin piétonnier ;

- la pompe de relevage n'est pas matérialisée sur le plan topographique ni mentionnée dans la notice hydraulique, et son installation est hypothétique ;

- les dimensions du bassin de rétention des eaux pluviales ne sont pas précisées dans le dossier de demande de permis d'aménager, ainsi que la présence et les caractéristiques de l'ouvrage de régulation et les caractéristiques du débit du déversoir d'orage, en contradiction avec l'article R. 442-5 du code de l'urbanisme ;

- la notice hydraulique ne comporte aucune dimension du fossé existant et aucune étude préalable sur le terrain ;

- elle comporte une incohérence de calcul du débit de fuite ;

- elle ne prend pas en compte l'aggravation des précipitations liée au dérèglement climatique ;

- la surface de plancher autorisée par le projet est en contradiction avec l'emprise au sol possible, rendant erronés les coefficients d'imperméabilisation et les calculs ;

- la suppression de la haie est en contradiction avec les orientations d'aménagement et de programmation du secteur Gargasse du plan local d'urbanisme de la commune de Bouloc ;

- le projet de rejet des eaux pluviales, en contradiction avec le plan local d'urbanisme de la commune, risque d'aggraver la situation par rapport au terrain en friche existant, en modifiant l'écoulement naturel de l'eau, avec un risque de pollution, en ce qu'aucune précision sur l'écoulement des eaux après urbanisation du terrain n'est apportée ;

- l'ouvrage de régulation méconnaît les dispositions du plan local d'urbanisme de la commune de Bouloc ;

- la densité des logements n'est pas respectée, en contradiction avec l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur de la Gargasse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2022, la commune de Bouloc, représentée par Me Cayssials, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme D sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Un mémoire produit par la commune de Bouloc a été enregistré le 24 mai 2022 et n'a pas été communiqué.

Un mémoire produit par Me Dupey pour Mme D a été enregistré le 25 mai 2022 et n'a pas été communiqué.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2022, la société Novilis Promotion, représentée par Me Dufour, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme D sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

La société pétitionnaire fait valoir que :

- la requête est irrecevable en raison du défaut d'intérêt à agir de Mme D ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance en date du 15 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 mai 2022.

II. Par une requête enregistrée sous le n° 2105845 le 6 octobre 2021, et des mémoires enregistrés le 14 mars 2022 et le 8 avril 2022, Mme B D demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Bouloc a accordé un permis d'aménager à la société Novilis Promotion pour un projet de création de quinze lots sur une parcelle située au lieu-dit La Gargasse à Bouloc ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bouloc les frais exposés et non compris dans les dépens au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.

Mme D soutient que :

- le dossier de demande de permis d'aménager est insuffisant, en ce que la pompe de relevage et le point de rejet des eaux pluviales dans le fossé ne sont pas matérialisés ;

- la surface de plancher autorisée par le projet est en contradiction avec l'emprise au sol possible ;

- la densité des logements n'est pas respectée, en contradiction avec l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur de la Gargasse ;

- le fossé de rétention des eaux pluviales du projet aggraverait la situation d'écoulement des eaux pluviales par rapport à l'existant, en méconnaissance de l'article 640 du code civil relatif aux servitudes d'écoulement des eaux ;

- des travaux sont nécessaires avant l'aménagement de la parcelle n° 292 afin que les eaux pluviales s'évacuent le long du chemin de la Gargasse dans le domaine public ;

- les débits calculés sont théoriques et ne procèdent pas de mesure réelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2022, la commune de Bouloc, représentée par Me Cayssials, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme D sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Un mémoire produit par la commune de Bouloc a été enregistré le 24 mai 2022 et n'a pas été communiqué.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2022, la société Novilis Promotion, représentée par Me Dufour, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme D sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

La société pétitionnaire fait valoir que :

- la requête est irrecevable en raison du défaut d'intérêt à agir de Mme D ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance en date du 15 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Quessette, rapporteur,

- les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique,

- et les observations de Me Dupey, représentant Mme C D, de Me Pahor- Gafari, substituant Me Cayssials, représentant la commune de Bouloc et de Me Dufour, représentant la société Novilis Promotion.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 14 avril 2021, le maire de la commune de Bouloc a accordé un permis d'aménager à la société Novilis Promotion pour un projet de création de neufs lots à bâtir dont un macro-lot de trois logements sociaux sur une parcelle située au lieu-dit La Gargasse à Bouloc. Par une décision du 9 août 2021, la commune de Bouloc a rejeté le recours gracieux présenté contre cette décision par Mme C D le 9 juin 2021.

Sur la jonction :

2. Les requêtes no 2105844 et n° 2105845 concernent un arrêté pris par la même autorité, portant sur un même projet, et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 14 avril 2021 :

En ce qui concerne le dossier de demande de permis d'aménager :

3. En premier lieu, selon les dispositions de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords et indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) La composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants, le traitement minéral et végétal des voies et espaces publics et collectifs et les solutions retenues pour le stationnement des véhicules ; / c) L'organisation et l'aménagement des accès au projet ; / d) Le traitement des parties du terrain situées en limite du projet ; / e) Les équipements à usage collectif et notamment ceux liés à la collecte des déchets ". Aux termes de l'article R. 441-4 du même code : " Le projet d'aménagement comprend également : / 1° Un plan de l'état actuel du terrain à aménager et de ses abords faisant apparaître les constructions et les plantations existantes, les équipements publics qui desservent le terrain, ainsi que, dans le cas où la demande ne concerne pas la totalité de l'unité foncière, la partie de celle-ci qui n'est pas incluse dans le projet d'aménagement ; / 2° Un plan coté dans les trois dimensions faisant apparaître la composition d'ensemble du projet et les plantations à conserver ou à créer ".

4. En l'espèce, d'une part, il ressort des pièces du dossier que la haie bocagère séparant la parcelle cadastrée n° E292, objet du permis d'aménagement contesté, et les parcelles propriétés des requérantes est située en limite extérieure du terrain d'assiette du projet d'aménagement, ainsi qu'il ressort de la photographie du site concerné par l'opération d'aménagement insérée dans le dossier de demande de permis d'aménager, déposé par la société pétitionnaire Novilis Promotion, photographie dont le contenu est confirmé par le site Géoportail. Par suite, le plan de situation du dossier de demande de permis d'aménager n'avait pas à indiquer la haie bocagère. D'autre part, il ressort des pièces du dossier et de la demande de permis d'aménager que ladite haie est mentionnée dans la notice descriptive du site à aménager (PA2), au sein des composantes paysagères, et identifiée comme un élément paysager majeur à préserver. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier que la haie bocagère sera remplacée par un chemin piétonnier, dont le dossier de demande précise que ce dernier prendra la forme d'un sentier pédestre non aménagé en bordure du terrain d'assiette de l'opération. Les moyens soulevés sur ce point, manquant en fait, ne peuvent qu'être écartés.

5. En deuxième lieu, selon les dispositions de l'article L. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont présentées et instruites dans les conditions et délais fixés par décret en Conseil d'Etat. / Le dossier joint à ces demandes et déclarations ne peut comprendre que les pièces nécessaires à la vérification du respect du droit de l'Union européenne, des règles relatives à l'utilisation des sols et à l'implantation, à la destination, à la nature, à l'architecture, aux dimensions et à l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords ainsi que des dispositions relatives à la salubrité ou à la sécurité publique ou relevant d'une autre législation dans les cas prévus au chapitre V du présent titre ". Aux termes de l'article R. 441-8-2 du même code : " Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ".

6. D'une part, il ne ressort pas des dispositions précitées au point 3 des articles R. 441-3 et R. 441-4 du code de l'urbanisme que la pompe de relevage et le point de rejet des eaux dans le fossé doivent être matérialisés dans les plans accompagnant le dossier de demande de permis d'aménager. Au demeurant, la notice du dossier de demande de permis d'aménager mentionne la pompe et le point de rejet des eaux pluviales dans le fossé le long du chemin de Gargasse. Par suite, le moyen est écarté. D'autre part, la notice hydraulique, qui a pour objet de préciser les modalités de gestion des eaux pluviales prévues pour le terrain d'assiette du projet, ne constitue pas une pièce légalement exigible pour l'instruction de cette demande, conformément aux dispositions citées au point 5. Par suite, les requérantes ne peuvent utilement soutenir que ladite notice hydraulique, versée au débat par la société pétitionnaire, aurait dû mentionner la pompe de relevage.

7. Enfin, à supposer établie l'absence d'installation de ladite pompe, la circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés n'est pas, par elle-même, sauf le cas d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date de la délivrance du permis d'aménager, de nature à affecter la légalité de celui-ci. Au demeurant, il ressort des termes de l'article 2 de l'arrêté litigieux que le lotisseur réalisera la construction des ouvrages d'écoulement des eaux pluviales, conformément à l'avis du 15 février 2021 de la communauté de communes du Frontonnais aux termes duquel le raccordement gravitaire par canalisation au réseau pluvial est impossible, induisant implicitement mais nécessairement l'utilisation du fossé public au moyen d'une pompe de relevage. Par suite, ce moyen doit être écarté.

8. En troisième lieu, selon les dispositions de l'article R. 442-5 du code de l'urbanisme : " Un projet architectural, paysager et environnemental est joint à la demande. Il tient lieu du projet d'aménagement mentionné au b de l'article R. 441-2. / Il comporte, outre les pièces mentionnées aux articles R. 441-2 à R. 441-8 : / a) Deux vues et coupes faisant apparaître la situation du projet dans le profil du terrain naturel ; / b) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ; / c) Le programme et les plans des travaux d'aménagement indiquant les caractéristiques des ouvrages à réaliser, le tracé des voies, l'emplacement des réseaux et les modalités de raccordement aux bâtiments qui seront édifiés par les acquéreurs de lots ainsi que les dispositions prises pour la collecte des déchets ; / d) Un document graphique faisant apparaître une ou plusieurs hypothèses d'implantation des bâtiments ".

9. Si les dispositions de l'article R. 442-5 du code de l'urbanisme n'imposent pas au bénéficiaire du permis d'aménager de préciser les dimensions du bassin de rétention des eaux pluviales, ainsi que la présence et les caractéristiques de l'ouvrage de régulation et les caractéristiques du débit du déversoir d'orage dans le dossier de demande de permis d'aménager, ni dans la notice hydraulique qui ne figure pas, comme rappelé ci-dessus, comme une pièce devant être jointe au dossier de demande, il ressort en tout état de cause des pièces du dossier que le dossier de demande de permis d'aménager constate la pente et la répartition des eaux de ruissellement du terrain d'assiette du projet. Il précise que les eaux de pluie seront récupérées dans un bassin de rétention présentant un volume de 130 m3 situé dans la partie sud-ouest du projet, pour être refoulées par une pompe de relevage dans le fossé situé le long du chemin de Gargasse, et qu'en cas de pluie d'intensité exceptionnelle, un déversoir d'orage en assurera l'évacuation. Par suite, les moyens doivent être écartés.

10. En quatrième lieu, si les requérantes doivent être entendues comme soutenant que les calculs de débit de fuite présentent une incohérence et ne procèdent pas de mesures réelles dans le dossier de demande de permis d'aménager et non dans la notice hydraulique, qui n'est pas un document exigible, elles n'assortissent toutefois pas leur moyen de précision suffisante permettant de remettre en cause les calculs contenus dans le dossier de demande de permis d'aménager, qui précise le débit de pointe supporté par un ouvrage hydraulique et calculé pour chacun des deux fossés pour une pluie de fréquence d'apparition vicennale. Par suite, ce moyen doit être écarté. Enfin, les requérantes ne peuvent utilement soutenir que l'aggravation des précipitations liée au dérèglement climatique n'a pas été prise en compte au cours de l'instruction du dossier dès lors qu'aucune disposition législative ou réglementaire ne l'imposait. Par suite, ce moyen doit également être écarté.

11. En cinquième et dernier lieu, Mme C D et Mme B D allèguent que la surface de plancher autorisée par le projet est en contradiction avec l'emprise au sol possible, entachant ainsi d'erreur les coefficients d'imperméabilisation et les calculs contenus dans la notice hydraulique. Pour les motifs exposés précédemment, ce moyen est inopérant, ladite notice ne constituant pas une pièce légalement exigible pour l'instruction de cette demande de permis d'aménager.

En ce qui concerne la compatibilité avec le plan local d'urbanisme :

12. En premier lieu, selon les dispositions de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ".

13. En l'espèce, il ressort de l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur Gargasse du plan local d'urbanisme de la commune de Bouloc, versée au débat et reprise dans le dossier de demande de permis d'aménager, que les haies existantes sont à préserver et à renforcer de manière à créer une lisière dense en frange sud de l'opération. Comme évoqué au point 4 du présent jugement, le maintien de la haie bocagère est compatible avec les orientations susmentionnées. Par suite, ce moyen doit être écarté.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article 10.3 du plan local d'urbanisme de la commune de Bouloc relatif à l'assainissement des eaux pluviales en zone UB : " Les aménagements nécessaires à l'écoulement des eaux pluviales et ceux visant à la limitation des débits évacués de la propriété sont à la charge du constructeur qui doit réaliser les dispositifs adaptés au terrain et à l'opération. / Les eaux pluviales doivent préférentiellement être traitées sur la parcelle : / - par infiltration, en compatibilité avec les mesures de protection de la ressource en eau potable / - par la mise en place d'un système de récupération d'une partie des eaux de pluie, à raison d'au minimum 2 m3 pour 100 m2 de surface imperméabilisée de chaque terrain. Dans le cas d'opération de construction de plus de 450 m2 de surface de plancher, il sera créé dans les espaces collectifs un stockage d'au moins 2 m3 pour 100 m2 de surface imperméabilisée des parties communes de l'opération ".

15. Il ressort des dispositions précitées de l'article 10.3 du plan local d'urbanisme que ces dispositions mettent à la charge de l'aménageur la réalisation des travaux d'édification des ouvrages d'écoulement des eaux pluviales sans en définir les modalités et caractéristiques techniques, à l'exception des dimensions du bassin de rétention des eaux pluviales. En fixant dans l'arrêté litigieux une surface de plancher maximale de 2 200 m2 et en prévoyant dans le dossier de demande de permis d'aménager un bassin de rétention de 130 m3, supérieur aux capacités de 2 m3 pour 100 m2 de surface imperméabilisée imposées par le plan local d'urbanisme, le système de récupération des eaux pluviales est conforme avec les dispositions précitées du plan local d'urbanisme. Par suite, ce moyen doit être écarté. Par ailleurs, s'il est soutenu que le fossé de rétention des eaux pluviales du projet aggraverait la situation d'écoulement des eaux pluviales par rapport à l'existant, en méconnaissance de l'article 640 du code civil relatif aux servitudes d'écoulement des eaux, ce moyen doit en tout état de cause être écarté pour inopérance, un tel moyen fondé sur la méconnaissance de dispositions du code civil ne pouvant être utilement invoqué devant le juge administratif dans le cadre d'un contentieux relatif à l'application de la réglementation d'urbanisme. De même, l'insuffisance alléguée du débit de la pompe de relevage et la méconnaissance alléguée des dispositions du plan local d'urbanisme par l'ouvrage de régulation sont sans incidence sur la légalité du permis d'aménager dès lors que le plan local d'urbanisme de la commune n'impose aucune obligation particulière sur ce point. Enfin, le moyen tiré de la nécessité de travaux avant l'aménagement de la parcelle afin que les eaux pluviales s'évacuent le long du chemin de Gargasse dans le domaine public, qui est relatif à l'exécution des travaux et non à leur conformité à la réglementation d'urbanisme, ne peut utilement être développé dans le cadre d'un contentieux en annulation d'un arrêté municipal portant permis d'aménager. Par suite, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.

16. En troisième et dernier lieu, d'une part, selon les dispositions de l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur Gargasse du plan local d'urbanisme de la commune de Bouloc : " Les opérations devront atteindre une densité de 15 logements par hectare avec une diversification du programme de logements (env. 40 % de logements locatifs dont 25 % de Logements Locatifs Sociaux - PLAI / PLUS). Le programme de construction doit également permettre de diversifier les logements produits : variété de tailles de terrains à bâtir, diversité des types de logements collectifs (T1 à T5), répartition à l'échelle de l'ensemble du site pour renforcer la mixité spatiale du projet ".

17. D'autre part, selon les dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative. () ".

18. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur Gargasse du plan local d'urbanisme de la commune de Bouloc par l'arrêté du 14 avril 2021 a été soulevé pour la première fois dans l'instance n° 2105844 par un mémoire enregistré le 25 mai 2022, soit plus de deux mois après la communication du premier mémoire en défense, intervenue le 16 février 2022. Le moyen présenté par Mme C D sur ce point doit par suite être écarté comme irrecevable en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.

19. Si le même moyen est recevable dans la requête n° 2105845 présentée par Mme B D, il ne peut être pour autant accueilli en ce que le permis d'aménager n'accorde pas par lui-même de droit à édifier des constructions. Par suite, le moyen est inopérant et ne peut qu'être écarté. En tout état de cause, il ressort des termes du dossier de demande de permis d'aménager que les lots à bâtir, au nombre de neuf, présentent une variété de surfaces, de 600 à 944 m2 pour huit logements individuels, ainsi qu'un macro-lot d'une surface de 711 m2 à destination de trois logements sociaux, soit un ratio de 37,5 % qui est compatible avec les prévisions indicatives de l'orientation d'aménagement et de programmation. La densité de logements, qui doit s'apprécier à l'échelle de l'orientation d'aménagement et de programmation, est au demeurant également compatible avec les dispositions précitées de ladite orientation d'aménagement et de programmation.

20. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense par la société pétitionnaire, que Mmes C et B D ne sont pas fondées à demander l'annulation de l'arrêté du 14 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Bouloc a accordé un permis d'aménager à la société Novilis Promotion pour un projet de création de quinze lots sur une parcelle située La Gargasse à Bouloc, ainsi que, en ce qui concerne Mme C D, la décision de rejet de son recours gracieux du 9 août 2021. Les requêtes n°s 2105844 et 2105845 doivent donc être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

21. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Aux termes de l'article R. 761-1 du même code : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ".

22. Les conclusions de Mme C D et de Mme B D tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, la commune de Bouloc et la société Novilis Promotion n'étant pas les parties perdantes dans ces instances. Il n'y a par ailleurs pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérantes les sommes demandées par la commune de Bouloc et la société Novilis Promotion au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

23. En l'absence de dépens exposés dans l'instance, les conclusions présentées sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent en tout état de cause être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête n° 2105844 de Mme C D est rejetée.

Article 2 : La requête n° 2105845 de Mme B D est rejetée.

Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Bouloc au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Les conclusions présentées par la société Novilis Promotion au titre des dispositions de l'article L. 761-1 et de l'article R. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, Mme B D, à la commune de Bouloc et à la société Novilis Promotion.

Délibéré après l'audience du 22 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

M. Quessette, premier conseiller,

Mme Lequeux, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2024.

Le rapporteur,

L. QUESSETTE

Le président,

P. GRIMAUD La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Nos 2105844, 2105845

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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