mercredi 2 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2106021 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 octobre 2021, M. F A, représenté par Me Laclau, demande au tribunal :
1°) l'annulation de l'arrêté de la préfète de l'Ariège en date du 13 septembre 2021 portant à son égard refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire pour une durée de douze mois ;
2°) l'injonction à la préfète de l'Ariège de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale, dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) la mise à la charge de l'Etat d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il doit être regardé comme soutenant que :
- s'agissant de l'ensemble des décisions, sur le terrain de la légalité externe, l'arrêté est entaché d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;
- s'agissant de la décision de refus de séjour, sur le terrain de la légalité externe, celle-ci est insuffisamment motivée en fait ;
- la décision de refus de séjour est entachée d'un vice de procédure en ce que la préfète ne l'a pas invité à compléter son dossier, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- sur le terrain de la légalité interne, la décision est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions combinées de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article 47 du code civil et de l'article 1er du décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du même code ;
- s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français, celle-ci est dépourvue de base légale à raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français porte atteinte à son droit au respect de la vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de renvoi est dépourvue de base légale à raison de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- s'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois, sur le terrain de la légalité externe, celle-ci est insuffisamment motivée ;
- sur le terrain de la légalité interne, la décision est dépourvue de base légale à raison de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2022, la préfète de l'Ariège conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 30 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 5 juillet 2022.
Un mémoire, enregistré le 1er juillet 2022, a été présenté pour M. A et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 ;
- le décret n° 2020-1370 du 10 novembre 2020 ;
- le tableau récapitulatif de l'état actuel du droit conventionnel en matière de légalisation, et notamment son annexe 8 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 octobre 2022 :
- le rapport de M. E,
- et les observations de Me Philippe, substituant Me Laclau, pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. F A, ressortissant guinéen, se déclare être né le 7 novembre 2002 à Conakry (Guinée) et être entré irrégulièrement sur le territoire français le 16 novembre 2016. Par une ordonnance aux fins de placement provisoire du 19 décembre 2016 du vice-président du tribunal pour enfants de G, il a été placé à l'aide sociale à l'enfance. Par trois jugements en assistance éducative des 30 janvier 2017, 11 janvier 2018 et 7 janvier 2019 du tribunal pour enfants de G, il a vu son placement à l'aide sociale à l'enfance confirmé. Il a obtenu le 6 juillet 2020 un certificat d'aptitude professionnelle (CAP) d'opérateur logistique et a conclu le 6 avril 2021 un contrat d'apprentissage avec la société Carrefour Supply Chain, ayant son siège à Plaisance-du-Touch (Haute-Garonne), dans le cadre de la préparation d'un CAP de préparateur de commandes en entrepôt. Il a par ailleurs conclu le 24 juin 2021 un contrat jeune majeur avec le département des Bouches-du-Rhône prévoyant sa prise en charge par l'Institut protestant de Saverdun (Ariège). Dans l'intervalle, le 2 septembre 2020, M. A a sollicité son admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auprès des services de la préfecture de l'Ariège, en qualité de mineur isolé confié à l'aide sociale à l'enfance au plus tard le jour de ses seize ans. Par un arrêté du 13 septembre 2021, la préfète de l'Ariège a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois, aux motifs que, d'une part, du fait de la fraude entachant les justificatifs d'état civil produits, il n'établissait ni son identité ni sa minorité à la date à laquelle il avait été confié à l'aide sociale à l'enfance, d'autre part, il ne justifiait pas de l'absence de conservation de liens avec sa famille restée en Guinée. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions en annulation :
2. En premier lieu, et d'une part, aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. " Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. " Aux termes des dispositions de l'article 1er du décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 relatif aux modalités de vérification d'un acte de l'état civil étranger : " Lorsque, en cas de doute sur l'authenticité ou l'exactitude d'un acte de l'état civil étranger, l'autorité administrative saisie d'une demande d'établissement ou de délivrance d'un acte ou de titre procède ou fait procéder, en application de l'article 47 du code civil, aux vérifications utiles auprès de l'autorité étrangère compétente, le silence gardé pendant huit mois vaut décision de rejet. Dans le délai prévu à l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, l'autorité administrative informe par tout moyen l'intéressé de l'engagement de ces vérifications. " Il résulte de la combinaison des articles L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article 47 du code civil et de l'article 1er du décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 qu'en cas de doute sur l'authenticité ou l'exactitude d'un acte de l'état civil étranger, et pour écarter la présomption d'authenticité dont bénéficie un tel acte lorsqu'il est rédigé dans les formes usitées dans ce pays, l'autorité administrative procède aux vérifications utiles ou y fait procéder auprès de l'autorité étrangère compétente. Il incombe donc à l'administration de renverser la présomption précitée en apportant la preuve du caractère irrégulier, falsifié ou non conforme à la réalité des actes en question. En revanche, l'administration française n'est pas tenue de solliciter nécessairement et systématiquement les autorités d'un autre Etat, en particulier lorsque l'acte est, compte tenu de sa forme et des informations dont dispose l'administration française sur la forme habituelle du document en question, manifestement falsifié.
3. D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret n° 2020-1370 du 10 novembre 2020 relatif à la légalisation des actes publics établis par une autorité étrangère, dont l'annulation par une décision n° 448296 et autres du 7 avril 2022 du Conseil d'Etat statuant au contentieux ne prendra effet que le 31 décembre 2022 : " Sauf engagement international contraire, tout acte public établi par une autorité étrangère et destiné à être produit en France () doit être légalisé pour y produire effet () ". L'article 3 du même décret dispose que : " I. - L'ambassadeur ou le chef de poste consulaire français peut légaliser : / 1° Les actes publics émis par les autorités de son Etat de résidence, légalisés le cas échéant par l'autorité compétente de cet Etat () ". L'article 4 dudit décret prévoit toutefois que : " Par dérogation au 1° du I de l'article 3, peuvent être produits en France () : / 1° Les actes publics émis par les autorités de l'Etat de résidence dans des conditions qui ne permettent manifestement pas à l'ambassadeur ou au chef de poste consulaire français d'en assurer la légalisation, sous réserve que ces actes aient été légalisés par l'ambassadeur ou le chef de poste consulaire de cet Etat en résidence en France. / Le ministre des affaires étrangères rend publique la liste des Etats concernés () ". L'annexe 8 du tableau récapitulatif de l'état actuel du droit conventionnel en matière de légalisation, publié sur le site du ministère des affaires étrangères et mis à jour à la date du 17 septembre 2021, précise que : " En application du 1° de l'article 4 du décret précité, les Etats pour lesquels les services consulaires français ne sont pas en mesure de procéder à la légalisation des actes publics qu'ils émettent sont les suivants : / - République de Guinée () ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que si les actes publics émis par les autorités guinéennes, tels que les actes émanant des juridictions judiciaires et les actes de l'état civil établis par les officiers de l'état civil, doivent faire l'objet d'une légalisation pour produire effet en France, cette légalisation peut valablement être effectuée par l'ambassadeur ou le chef de poste consulaire de Guinée en résidence en France.
4. Enfin, lorsqu'est produit devant l'administration un acte d'état civil émanant d'une autorité étrangère qui a fait l'objet d'une légalisation, sont en principe attestées la véracité de la signature apposée sur cet acte, la qualité de celui qui l'a dressé et l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu. En cas de doute sur la véracité de la signature, sur l'identité du timbre ou sur la qualité du signataire de la légalisation, il appartient à l'autorité administrative de procéder, sous le contrôle du juge, à toutes vérifications utiles pour s'assurer de la réalité et de l'authenticité de la légalisation. La légalisation se bornant à attester de la régularité formelle d'un acte, la force probante de celui-ci peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. Par suite, en cas de contestation de la valeur probante d'un acte d'état civil légalisé établi à l'étranger, il revient au juge administratif de former sa conviction en se fondant sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.
5. Il ressort des pièces du dossier que, pour justifier de sa date de naissance le 7 novembre 2002 à Conakry, M. A présente un jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance rendu par le tribunal de première instance de Conakry III - Mafanco le 19 décembre 2016, transcrit le 30 décembre 2016 en marge des registres de l'état civil de la commune de Matam-Conakry et légalisé le 14 janvier 2018 par le chef du greffe du ministère des affaires étrangères de Guinée et le 22 juillet 2020 par Mme D B, chargée des affaires consulaires de l'ambassade de Guinée en France, ainsi qu'une carte d'identité consulaire délivrée le 23 février 2021 par l'ambassade de Guinée en France. Pour opposer un refus à la demande de titre de séjour de M. A, la préfète de l'Ariège s'est fondée, sans saisir aux fins de vérification les autorités guinéennes, d'une part, sur la célérité avec laquelle le jugement supplétif en cause a été rendu, d'autre part, sur l'irrégularité dudit jugement supplétif tenant à l'absence de mention de la lecture des actes au déclarant et aux témoins en méconnaissance de l'article 174 du code civil guinéen, à l'absence de contreseing par le déclarant et les témoins en méconnaissance de l'article 176 du même code et à l'absence de l'ensemble des mentions relatives à l'enfant et à ses parents prévues par l'article 196 dudit code. Dans ses écritures en défense, la préfète de l'Ariège fait en outre valoir que le jugement supplétif est irrégulier au regard des dispositions de l'article 183 du code civil guinéen, en l'absence de justification du lien familial entre le déclarant, M. C A, et le requérant.
6. Toutefois, dès lors que la préfète de l'Ariège s'est abstenue de saisir aux fins de vérification les autorités guinéennes, il lui appartient d'apporter la preuve non seulement du caractère irrégulier du jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance du 19 décembre 2016, mais de son caractère manifestement falsifié. Or, tandis qu'il est constant que le jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance du 19 décembre 2016 a été légalisé par la chargée des affaires consulaires de l'ambassade de Guinée en France, d'une part, la célérité avec laquelle ce jugement a été rendu ne saurait, par elle-même, établir son caractère manifestement falsifié. D'autre part, s'agissant du respect des dispositions de l'article 183 du code civil guinéen, alors qu'il résulte du dispositif du jugement supplétif que le père de M. F A s'appelle Mamadou A, la préfète de l'Ariège n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, que le déclarant, M. C A, ne peut être le père du requérant, ainsi au demeurant que ladite préfète l'a estimé dans la décision de refus de séjour en litige. Enfin, les anomalies entachant ledit jugement au regard des articles 174, 176 et 196 du code civil guinéen sont insuffisantes, dans les circonstances de l'espèce, pour établir le caractère manifestement falsifié du jugement supplétif, dès lors qu'il n'est pas établi que le déclarant ne peut être le père du requérant. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur de droit au regard des dispositions combinées de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article 47 du code civil et de l'article 1er du décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 doit être accueilli.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française. "
8. Lorsqu'il examine une demande de titre de séjour de plein droit portant la mention " vie privée et familiale ", présentée sur le fondement de ces dispositions, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entre dans les prévisions de l'article L. 421-35 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il a été confié, depuis qu'il a atteint au plus l'âge de seize ans, au service de l'aide sociale à l'enfance. Si ces conditions sont remplies, il ne peut alors refuser la délivrance du titre qu'en raison de la situation de l'intéressé appréciée de façon globale au regard du caractère réel et sérieux du suivi de sa formation, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Il appartient au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation qu'il a portée.
9. Pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. A sur le fondement des dispositions précitées, la préfète de l'Ariège s'est fondée sur le défaut de justification par l'intéressé de l'absence de conservation de liens avec sa famille restée en Guinée. Toutefois, s'il résulte de ce qui a été exposé au point 6 que le requérant a conservé des liens avec son père, il est constant qu'il a obtenu un CAP d'opérateur logistique et a conclu un contrat d'apprentissage dans le secteur de la grande distribution dans le cadre de la préparation d'un CAP de préparateur de commandes en entrepôt, justifiant ainsi de son insertion professionnelle, antérieurement à la décision de refus de séjour, dans la société française. Dans ces conditions, au regard de l'appréciation globale qu'il appartient à l'autorité préfectorale de porter sur la situation du demandeur, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit également être accueilli.
10. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens, qu'il y a lieu d'annuler la décision de refus de séjour du 13 septembre 2021, ainsi que, par voie de conséquence, les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
11. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. " Aux termes de l'article L. 911-2 dudit code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. "
12. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique que la préfète de l'Ariège délivre à M. A, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
13. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme sollicitée par le requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 13 septembre 2021 édicté par la préfète de l'Ariège à l'encontre de M. A est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Ariège de délivrer à M. A, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. F A et à la préfète de l'Ariège.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. Déderen, premier conseiller,
M. Zabka, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
J-C. E
L'assesseur le plus ancien,
G. DÉDEREN
La greffière,
M-E. LATIF
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ariège en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026