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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2106053

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2106053

mercredi 15 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2106053
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantASSOCIATION D'AVOCATS MASCARAS CERESIANI-LES AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 18 octobre 2021, le 2 mai 2022, le 5 septembre 2022, le 21 septembre 2022 et le 24 octobre 2023, la SCI les Hirondelles, représentée par Me Mascaras, demande au tribunal :

1°) d'annuler les permis de construire accordés sous les n°s PC08204820S0010, PC08204820S0010-T01, PC0824820S0011 et PC0824820S0011-T01 par le maire de la commune de Dieupentale à M. B, à la SCCV LVA Promotion et à la SCI MV Patrimoine en vue de la construction de deux maisons d'habitation ainsi que les décisions rejetant ses recours gracieux contre ces actes ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Dieupentale la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire enregistré le 31 mars 2022, la commune de Dieupentale, représentée par Me Izembard, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par des mémoires enregistrés le 21 juillet 2022 et le 20 septembre 2022, M. A B, la SCCV LVA Promotion et la SCI MV Patrimoine, représentés par Me Marin, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Un mémoire enregistré le 29 juillet 2022 présenté pour la SCI Les Hirondelles n'a pas été communiqué, ainsi qu'un mémoire enregistré le 8 juin 2022 au bénéfice de la commune de Dieupentale.

Par une ordonnance du 26 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 17 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le 3 septembre 2020, le maire de Dieupentale a accordé un permis de construire à M. B en vue de la construction d'une maison d'habitation sur la parcelle cadastrée C 528. Par un arrêté du 2 mars 2021, ce permis de construire a été transféré à la SCCV LVA Promotion. Par un arrêté du 3 septembre 2020, la SCI MV Patrimoine a obtenu du maire de Dieupentale un permis de construire en vue de la construction d'une maison d'habitation sur la parcelle C 527. Par un second arrêté du 2 mars 2021, ce permis de construire a été transféré à la SCCV LVA Promotion.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".

4. Le tribunal a, par un courrier du 10 octobre 2023, sollicité de la SCI Les Hirondelles qu'elle régularise sa requête en faisant état des circonstances justifiant de son intérêt à agir contre le permis de construire attaqué.

5. Cette société, qui a la qualité de voisine immédiate des constructions projetées au terme des permis de construire attaqués, fait valoir que son objet social lui donne intérêt à agir, que les travaux à venir vont créer des nuisances pour les habitations qu'elle détient et que les conditions de viabilisation des parcelles C 527 et C 528 sont incertaines. En se bornant à ces affirmations générales, la société requérante ne précise pas la nature des nuisances qui pourraient émaner du voisinage des constructions projetées pour les biens qu'elle détient, seules susceptibles d'établir son intérêt à agir à l'exclusion de celles liées au chantier et ne démontre pas que les constructions autorisées sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de ses propriétés. Elle ne dispose pas, dès lors, d'un intérêt à agir contre les permis de construire attaqués.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SCI Les Hirondelles est manifestement irrecevable et doit dès lors être rejetée en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

7. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

8. Les conclusions présentées par la SCI Les Hirondelles sur le fondement de ces dispositions à l'encontre de la commune de Dieupentale doivent en tout état de cause être rejetées dès lors que celle-ci n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SCI Les Hirondelles une somme de 750 euros à verser à la commune de Dieupentale et une somme de 750 euros à verser à la SCCV LVA Promotion au titre de ces mêmes dispositions.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de SCI Les Hirondelles est rejetée.

Article 2 : La SCI Les Hirondelles versera une somme de 750 (sept cent cinquante) euros à la commune de Dieupentale et une somme de 750 (sept cent cinquante) euros à SCCV LVA Promotion en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à La SCI Les Hirondelles, à M. A B, à la SCCV LVA Promotion, à la SCI MV Patrimoine et à la commune de Dieupentale.

Fait à Toulouse, le 15 novembre 2023

Le président de la 3ème chambre,

P. GRIMAUD

La République mande et ordonne au préfet de Tarn-et-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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