jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2106078 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BLUTEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces complémentaires et des mémoires, enregistrés les 19 octobre, 26 novembre 2021, 7 juin 2022 et 25 janvier 2023, la commune de Ramonville-Saint-Agne, représentée par Me Bluteau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 août 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a autorisé le transfert d'une licence IV pour l'établissement " Domaine de Montjoie ", situé à Ramonville-Saint-Agne ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le paiement d'une somme de 3 000 euros.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'évoque pas le sens de l'avis émis par le maire de la commune de Vieille-Toulouse ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 3335-1 du code de la santé publique et 1er de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne en date du 19 juin 2020 fixant les zones protégées en matière d'implantation des débits de boissons dans le département de la Haute-Garonne ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 janvier et 26 septembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire, enregistré le 17 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Dunyach, a présenté des observations par lesquelles il conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Ramonville-Saint-Agne le paiement d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté pris par le préfet de la Haute-Garonne le 19 juin 2020, fixant les zones protégées en matière d'implantation des débits de boissons dans le département de la Haute-Garonne
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pétri ;
- les conclusions de M. Déderen, rapporteur public ;
- les observations de Me Bessa, représentant la commune de Ramonville-Saint-Agne ;
- et les observations de Me Abadie de Maupéon, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a sollicité le transfert d'une licence IV exploitée par l'établissement " Hôtel de la Flânerie ", situé à Vieille-Toulouse, vers l'établissement " Domaine de Montjoie " situé à Ramonville-Saint-Agne, le 15 avril 2021. Par une décision prise le 20 août 2021, le préfet de la Haute-Garonne a fait droit à sa demande. Par la présente requête, le maire de la commune de Ramonville-Saint-Agne, qui avait émis un avis défavorable au titre de l'article L. 3332-11 du code de la santé publique, demande l'annulation de la décision du 20 août 2021.
2. En premier lieu, par un arrêté du 14 juin 2021 publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la Haute-Garonne (n° 31-2021-157) le 17 juin suivant, le préfet de ce département a donné délégation à M. Denis Olagnon, secrétaire général de la préfecture, pour signer " tous actes, arrêtés, décisions, circulaires, requêtes juridictionnelles et correspondances relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Haute-Garonne, à l'exception des arrêtés de conflit ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 3332-11 du code de la santé publique : " Un débit de boissons à consommer sur place exploité peut être transféré dans le département où il se situe. Les demandes d'autorisation de transfert sont soumises au représentant de l'Etat dans le département. Le maire de la commune où est installé le débit de boissons et le maire de la commune où celui-ci est transféré sont obligatoirement consultés. Lorsqu'une commune ne compte qu'un débit de boissons de 4e catégorie, ce débit ne peut faire l'objet d'un transfert qu'avec l'avis favorable du maire de la commune. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne a sollicité l'avis des maires des communes de Vieille-Toulouse et de Ramonville-Saint-Agne au titre de la demande de transfert de licence IV litigieuse, et qu'il n'a obtenu aucune réponse du maire de la commune de Vieille-Toulouse. Par suite et dès lors qu'il s'est conformé aux prescriptions des dispositions citées au point précédent, le moyen tiré du vice de procédure ne peut qu'être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 3335-1 du code de la santé publique : " Le représentant de l'Etat dans le département arrête () après information des maires des communes concernées, les distances en-deçà desquelles les débits de boissons à consommer sur place ne peuvent être établis autour des établissements suivants, dont l'énumération est limitative : / () 2° Etablissements d'enseignement, de formation, d'hébergement collectif ou de loisirs de la jeunesse ; / () ". Aux termes de l'article 1 de l'arrêté pris par le préfet de la Haute-Garonne le 19 juin 2020, fixant les zones protégées en matière d'implantation des débits de boissons dans le département de la Haute-Garonne : " Sans préjudice des droits acquis, aucun nouveau débit de boissons à consommer sur place ne peut être établi à une distance inférieure à 50 mètres autour des établissements suivants : / () 2° établissements d'enseignement, de formation, d'hébergement collectif ou de loisirs de la jeunesse ; / () L'intérieur des édifices et établissements en cause est compris dans les zones de protection ainsi déterminées. ".
6. Il résulte de la combinaison des dispositions citées aux points 3 et 5 que pour autoriser le transfert d'une licence IV, le préfet de département compétent doit recueillir l'avis des maires des communes concernées et s'assurer du respect des règles en matière d'implantation des débits de boissons, concernant notamment les zones protégées.
7. A l'appui de son moyen tiré de ce que le préfet de la Haute-Garonne aurait méconnu les dispositions citées au point 5, la commune requérante soutient que l'établissement " Domaine de Montjoie " est un établissement d'enseignement, de formation ou de loisirs de la jeunesse au sens des dispositions de l'article L. 3335-1 du code de la santé publique. Il ressort des pièces du dossier que la société Droniz solutions, dont l'activité principale consiste, selon le registre national du commerce et des sociétés, à produire des films et des vidéos, notamment en réalisant des prises de vue aériennes à l'aide de drones, dispense des formations de télépilotage de drones à usage professionnel au sein de l'établissement " Domaine de Montjoie ", et que ces formations sont ouvertes dès l'âge de seize ans. Il ressort en outre des pièces du dossier que l'établissement " Domaine de Montjoie " est classé dans la catégorie " hébergement ", et plus particulièrement qu'il dispose d'un hôtel, d'une piscine et de sept salles de séminaire. Bien que l'établissement " Domaine de Montjoie " constitue ponctuellement un lieu d'accueil des formations dispensées par la société Droniz solutions, d'une part, il ne s'agit pas de sa vocation première et, d'autre part, il n'est pas démontré que les personnes mineures représenteraient une part significative du public visé par la société Droniz solutions, ou qu'il s'agirait d'un public spécifiquement visé par ces formations. Dans ces conditions, la commune de Ramonville-Saint-Agne n'est pas fondée à soutenir que l'établissement " Domaine de Montjoie " constituerait un établissement d'enseignement, de formation ou de loisirs de la jeunesse au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 3335-1 du code de la santé publique. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
8. En dernier lieu, la commune de Ramonville-Saint-Agne soutient que l'autorité préfectorale aurait dû refuser la demande de transfert de licence IV en litige en raison des troubles à l'ordre public causés par l'activité de l'établissement " Domaine de Montjoie ". Or, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce transfert serait, par lui-même, de nature à troubler l'ordre public ou à aggraver les troubles constatés entre 2017 et 2020. En tout état de cause, s'il est constant que les riverains de l'établissement ont dénoncé de nombreuses nuisances sonores au cours de cette période et que les gendarmes ont été saisi à plusieurs reprises, il ressort des pièces du dossier que le directeur de l'établissement a mis en place des mesures destinées à réduire ces nuisances, en raison notamment d'une mise en demeure de mettre en œuvre sans délai des mesures conformes à la réglementation liée à la diffusion de musique amplifiée dans un établissement recevant du public, prononcée par l'agence régionale de santé d'Occitanie le 17 décembre 2019, et d'une mesure de suspension de l'activité musicales de l'établissement prononcée par le préfet de la Haute-Garonne le 4 mars 2020, et que la gendarmerie a indiqué dans un courriel du mois d'août 2021 qu'aucune infraction n'a été relevée au cours de la saison 2021 à l'encontre de l'établissement " Domaine de Montjoie ". Par suite, la commune requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en autorisant le transfert de la licence IV à l'établissement " Domaine de Montjoie ", le préfet de la Haute-Garonne aurait commis une erreur d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la commune de Ramonville-Saint-Agne doivent être rejetées, ainsi que, par conséquent, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions présentées par M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Ramonville-Saint-Agne le paiement à M. A d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la commune de Ramonville-Saint-Agne est rejetée.
Article 2 : La commune de Ramonville-Saint-Agne versera à M. A, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme de 1 500 euros.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au maire de la commune de Ramonville-Saint-Agne, au préfet de la Haute-Garonne et à M. B A.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
La rapporteure,
M. PETRI
La présidente,
S. CAROTENUTOLa greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026