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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2106314

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2106314

vendredi 21 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2106314
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantMOURA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 octobre 2021, M. D C, représenté par Me Moura, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 octobre 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a assigné à résidence dans ce département pour une durée de six mois, lui a fait obligation de se présenter deux fois par semaine aux services de police, lui a fait interdiction de sortir du département sans autorisation et lui a ordonné de remettre à l'autorité administrative son passeport et tout document d'identité et de voyage ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, le versement de cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :

- il a été signé par une autorité incompétente ;

- il méconnaît le principe général du droit au respect du contradictoire, dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations préalablement à son édiction ;

- il est insuffisamment motivé ;

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- elle est entachée d'un défaut de base légale dès lors que les dispositions du 6° de l'article L. 731-3 ne sont pas applicables à sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur de fait ;

- le préfet a manqué à son obligation de loyauté en prononçant cette mesure alors que la rétention administrative venait d'être levée par l'autorité judiciaire et qu'il aurait dû être remis immédiatement en liberté ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de présentation aux services de police :

- elle est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant assignation à résidence ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à sa liberté individuelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de remise du passeport et de tout document d'identité et de voyage :

- elle est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant assignation à résidence ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait, d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et est disproportionnée ;

- le préfet a manqué à son obligation de loyauté en lui imposant une formalité impossible à respecter, dès lors que ses services sont déjà en possession de ses titres d'identité et de voyage ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de sortie du département de la Haute-Garonne :

- elle est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant assignation à résidence ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à sa liberté individuelle, telle que protégée par l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 janvier 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 6 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 janvier suivant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Dans cette affaire, la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, de nationalité algérienne, a fait l'objet, le 14 août 2018, d'un arrêté d'expulsion pris par le préfet du Pas-de-Calais. Un arrêté du même jour a fixé le pays de destination. Par une décision du préfet de la Haute-Garonne du 26 septembre 2021, le requérant a été placé en centre de rétention administrative. Cette mesure a été prolongée une première fois par une ordonnance du 28 septembre 2021 du juge des libertés et de la détention pour une durée de 28 jours, puis une seconde fois, pour une durée de 30 jours par une ordonnance du 26 octobre 2021. Par une ordonnance du 28 octobre 2021, le magistrat délégué de la cour d'appel de Toulouse a prononcé la mainlevée de cette rétention. Par un arrêté du 28 octobre 2021, le préfet de la Haute-Garonne a assigné M. C à résidence dans ce département pour une durée de six mois en lui interdisant d'en sortir sans autorisation, lui a fait obligation de se présenter aux services de police deux fois par semaine et lui a ordonné de remettre son passeport et ses documents d'identité et de voyage. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour son application : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence, notamment lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé ou en cas d'exécution forcée emportant saisie de biens ou expulsion. () / L'admission provisoire est accordée () soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. M. C, assisté d'un avocat, n'ayant pas présenté de demande d'aide juridictionnelle, et la présente procédure ne constituant pas un cas d'urgence, il n'y a pas lieu de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :

4. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme E B, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Haute-Garonne, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté du 20 septembre 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, d'une délégation de signature consentie par le préfet à l'effet de signer toutes les décisions relevant du champ de compétence de sa direction en ce qui concerne les matières relevant du ministère de l'intérieur, notamment " les décisions d'éloignement ainsi que les décisions les assortissant ". Le moyen tiré de ce que l'arrêté a été pris par une autorité incompétente doit donc être écarté.

5. En deuxième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient donc aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. En outre, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

6. Il ressort du procès-verbal d'audition dressé le 26 septembre 2021 par un officier de police judiciaire que le requérant a été informé, en présence d'un avocat, de ce qu'il était susceptible de faire l'objet d'une décision d'éloignement, et a été informé de la possibilité pour lui de présenter des observations écrites ou orales. Interrogé par le gendarme, il a pu, au cours de cette audition, s'exprimer notamment sur ses situations administrative et familiale, ainsi que sur son souhait de se maintenir sur le territoire français avec ses enfants. Il a ainsi été mis à même de présenter, de manière utile et effective, ses observations sur la perspective de son éloignement à destination de son pays d'origine. Par suite, et alors qu'il ne démontre ni même n'allègue qu'il aurait été privé de la possibilité de présenter à l'administration d'autres éléments, susceptibles d'influer sur le contenu de la décision l'assignant à résidence, prise pour l'exécution de la mesure d'éloignement précitée, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général du droit de l'Union à être entendu doit être écarté.

7. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence () sont motivées ".

8. L'arrêté attaqué vise les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'arrêté du 14 août 2018 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a prononcé l'expulsion de M. C. Il précise que ce dernier justifie ne pas pouvoir quitter le territoire français à destination de l'Algérie, l'exécution de la mesure d'éloignement demeurant toutefois une perspective raisonnable même si elle ne peut pas être exécutée immédiatement. L'arrêté indique également qu'une présentation aux services de police et la remise du document de voyage de l'intéressé sont apparues nécessaires. Ainsi, et alors que le préfet n'avait pas à faire état de l'ensemble des éléments de fait pouvant fonder ses décisions, l'arrêté attaqué, qui mentionne qu'il a été procédé à un examen approfondi de la situation de M. C, comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Le moyen tiré de ce que les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ne peut, par suite, qu'être écarté.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant assignation à résidence :

9. Aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / () 6° L'étranger fait l'objet d'une décision d'expulsion () ".

10. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, d'une part, que M. C fait l'objet d'un arrêté d'expulsion régulièrement notifié le 14 août 2018. D'autre part, il ressort des énonciations de l'ordonnance du 28 octobre 2021 du magistrat délégué de la cour d'appel de Toulouse précité, contemporaine de la décision attaquée, qu'à l'appui de sa demande de mainlevée de son placement en centre de rétention administrative, M. C invoquait " l'absence de perspectives d'éloignement en raison de la crise diplomatique franco-algérienne qui dure depuis près d'un mois sans perspective actuelle d'amélioration ". Cette ordonnance retient, de même, dans ses motifs, " qu'en l'état des relations diplomatiques entre la France et l'Algérie (), l'existence d'une perspective réelle d'éloignement dans le délai maximal de rétention restant () n'est pas rapportée ". Il s'ensuit qu'à la date de la décision attaquée, M. C pouvait être regardé comme étant dans l'impossibilité, faute de laisser-passer consulaire, de regagner l'Algérie. Par suite, et alors qu'il n'est pas contesté que l'intéressé ne disposait pas de document de voyage lui permettant de se rendre dans un autre pays, sa situation était susceptible de relever des dispositions précitées du 6° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré du défaut de base légale ne peut qu'être écarté.

11. En deuxième lieu, les moyens tirés de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

12. En troisième et dernier lieu, aucune disposition législative ou règlementaire ne fait obstacle à ce qu'une mesure d'assignation à résidence puisse être prononcée à la suite de l'annulation d'une mesure de rétention par le juge des libertés et de la détention. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet a manqué à son obligation de loyauté doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de présentation aux services de police :

13. Aux termes de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application [de l'article] () L. 731-3 () définit les modalités d'application de la mesure : / () 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés () ". Aux termes de l'article R. 733-2 du même code : " Lorsque l'étranger est assigné à résidence en application d[u] 6° () de l'article L. 731-3 (), le nombre de présentations aux services de police ou aux unités de gendarmerie prévu à l'article R. 733-1 peut être porté à quatre par jour ".

14. En premier lieu, la décision portant assignation à résidence n'étant pas entachée d'illégalité, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de présentation aux services de police, prise pour son application, est entachée d'un défaut de base légale.

15. En second lieu, la décision attaquée oblige M. C à se présenter une fois par jour les lundis et mercredis au commissariat central de Toulouse. L'intéressé ne fait valoir aucun impératif incompatible avec le respect de cette obligation, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il demeure à Mondonville, commune située à une vingtaine de kilomètres de Toulouse et desservie par les transports en commun, d'une part, et que la décision en litige ne lui impose de se présenter aux services de police que deux fois par semaine, d'autre part. Par suite, et faute en outre de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, les moyens tirés de l'erreur de droit, de l'erreur de fait et de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation, de même que le moyen tiré de ce que la décision en litige porte une atteinte disproportionnée à sa liberté individuelle, ne peuvent qu'être écartés.

En ce qui concerne la décision portant obligation de remise du passeport et de tout document d'identité et de voyage :

16. Aux termes de l'article L. 733-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger assigné à résidence la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité, dans les conditions prévues à l'article L. 814-1 ". Aux termes de l'article L. 814-1 du même code : " L'autorité administrative compétente, les services de police et les unités de gendarmerie sont habilités à retenir le passeport ou le document de voyage des personnes de nationalité étrangère en situation irrégulière. /

Ils leur remettent en échange un récépissé valant justification de leur identité et sur lequel sont mentionnées la date de retenue et les modalités de restitution du document retenu ". Enfin, aux termes de l'article R. 733-3 de ce même code : " Lorsque l'autorité administrative prescrit à l'étranger la remise de son passeport ou de tout document d'identité ou de voyage en sa possession, en application de l'article L. 733-4, elle lui remet en échange un récépissé valant justification d'identité () ".

17. En premier lieu, la décision portant assignation à résidence n'étant pas entachée d'illégalité, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant remise de son passeport et de tout document d'identité et de voyage, prise pour son application, est entachée d'un défaut de base légale.

18. En deuxième lieu, M. C indique avoir déjà remis son passeport et ses documents d'identité et de voyage aux autorités administratives, être donc dans l'impossibilité de déférer à l'obligation qui lui est faite de remettre ces documents et fait valoir que le non-respect de cette obligation pourrait lui être reproché. Toutefois, le récépissé qui lui a été délivré en application des dispositions précitées atteste de la remise antérieure desdits documents, et le prémunit donc de tout reproche à cet égard. Le moyen tiré de ce que le préfet a manqué à son obligation de loyauté en lui imposant une obligation impossible à respecter doit donc être écarté.

19. Enfin, doivent également être écartés, faute de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, les moyens tirés de ce que la décision est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait, d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et de ce qu'elle est disproportionnée.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de sortie du département de la Haute-Garonne :

20. Aux termes de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence () ".

21. En premier lieu, la décision portant assignation à résidence n'étant pas entachée d'illégalité, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de sortie du département de la Haute-Garonne, prise pour son application, est entachée d'un défaut de base légale.

22. En deuxième lieu, le requérant ne fait valoir aucun impératif qui l'empêcherait de respecter les termes de la décision attaquée, qui lui fait interdiction de quitter le département de la Haute-Garonne sans autorisation. Dans ces conditions, les moyens tirés de ce que cette décision serait entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation, qui ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, ne peuvent qu'être écartés.

23. En troisième et dernier lieu, si une mesure d'assignation à résidence de la nature de celle qui a été prise à l'égard du requérant apporte des restrictions à l'exercice de certaines libertés, en particulier la liberté d'aller et venir, elle ne présente pas, compte tenu de sa durée et de ses modalités d'exécution, le caractère d'une mesure privative de liberté au sens de l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, M. C ne peut utilement se prévaloir de cet article pour contester la mesure attaquée lui interdisant de sortir du département de la Haute-Garonne sans autorisation.

24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 28 octobre 2021 doivent être rejetées. Les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent, par voie de conséquence, être également rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. C n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Me Moura et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 7 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Poupineau, présidente,

Mme Rousseau, conseillère,

M. Frindel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 avril 2023.

Le rapporteur,

T. A

La présidente,

V. POUPINEAULa greffière,

B. RODRIGUEZ

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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