LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2106512

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2106512

mardi 24 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2106512
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantPETITGIRARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 10 novembre 2021 et 8 mars 2023, M. A C, représenté par Me Petitgirard, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 septembre 2021 par laquelle la commission de recours de l'invalidité a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision de la ministre des armées du 18 février 2021 refusant de faire droit à sa demande de pension pour l'infirmité " douleurs chroniques de l'articulation sterno-claviculaire droite sur arthropathie dégénérative " ;

2°) de fixer le taux d'invalidité au titre de l'infirmité de douleurs chroniques de l'articulation sterno-claviculaire au taux de 12% et d'ouvrir ses droits à pension militaire d'invalidité au titre de l'infirmité " douleurs chroniques de l'articulation sterno-claviculaire " au taux de 12 % à compter de la date de sa demande de pension ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que les douleurs chroniques de l'articulation sterno-claviculaire ont des répercussions sur son état général et que pour les raideurs articulaires le guide barème des invalidités prévoit un taux d'invalidité compris entre 10 et 30% lorsque ces raideurs concernent la propulsion et l'abduction ; les raideurs articulaires ne peuvent être considérées comme légères ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors que ses douleurs doivent être prises en compte dans la détermination de la gêne fonctionnelle ;

- il n'existe pas d'état antérieur dès lors que l'arthropathie dégénérative de la sterno-claviculaire est imputable de façon directe et certaine à l'accident de service du 9 octobre 2018.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 décembre 2022 et le 7 avril 2023, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Le ministre des armées soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions militaires d'invalidité des victimes de guerre ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Biscarel,

- les conclusions de Mme Nègre-Le Guillou, rapporteure publique,

- et les observations de Me Petitgirard, représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, caporal de l'armée de terre radié des contrôles le 8 octobre 2020, a subi un accident le 9 octobre 2018. Le 24 juillet 2019, il a présenté une demande de pension militaire d'invalidité au titre de l'infirmité " douleur sterno-claviculaire droite " qui a été enregistrée le 14 août 2019. Par une décision du 18 février 2021, la ministre des armées a rejeté sa demande au motif que le taux d'infirmité est inférieur au minimum indemnisable de 10% pour l'ouverture du droit à pension. Le 31 mai 2021, M. C a présenté un recours administratif préalable contre cette décision. Le 22 septembre 2021, la commission de recours de l'invalidité a rejeté son recours. Par sa requête, M. C demande au tribunal d'annuler cette décision.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 121-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Ouvrent droit à pension : / 1° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'événements de guerre ou d'accidents éprouvés par le fait ou à l'occasion du service ; () ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Est présumée imputable au service : / 1° Toute blessure constatée par suite d'un accident, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ; () ". Aux termes de l'article L. 121-2-3 de ce code : " La recherche d'imputabilité est effectuée au vu du dossier médical constitué pour chaque militaire lors de son examen de sélection et d'incorporation. / Dans tous les cas, la filiation médicale doit être établie entre la blessure ou la maladie ayant fait l'objet de la constatation et l'infirmité invoquée. ". Aux termes de l'article L. 121-4 du même code : " Les pensions sont établies d'après le taux d'invalidité résultant de l'application des guides barèmes mentionnés à l'article L. 125-3. / Aucune pension n'est concédée en deçà d'un taux d'invalidité de 10 %. ". Enfin, aux termes de l'article L. 125-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Le taux d'invalidité reconnu à chaque infirmité examinée couvre l'ensemble des troubles fonctionnels et l'atteinte à l'état général ".

3. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 151-2 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " La pension militaire d'invalidité prévue par le présent code est attribuée sur demande de l'intéressé. L'entrée en jouissance est fixée à la date du dépôt de la demande. ". Et aux termes de l'article L. 151-6 de ce code : " La décision comportant attribution de pension est motivée. Elle fait ressortir les faits et documents ou les raisons d'ordre médical établissant que l'infirmité provient de l'une des causes mentionnées à l'article L. 121-1 ou, lorsque la pension est attribuée par présomption, le droit de l'intéressé à cette présomption. / Elle est accompagnée, en outre, d'une évaluation de l'invalidité qui doit être motivée par des raisons médicales et comporter le diagnostic de l'infirmité et sa description complète, faisant ressortir la gêne fonctionnelle et, s'il y a lieu, l'atteinte à l'état général qui justifie le pourcentage attribué. ".

4. Il résulte des dispositions citées aux points 2 et 3 que le degré d'infirmité est déterminé au jour du dépôt de la demande de l'intéressé, sans qu'il soit possible de tenir compte d'éléments d'aggravation postérieurs à cette date, et que l'administration doit se placer à la date de la demande de pension pour évaluer le degré d'invalidité entraîné par l'infirmité invoquée. Cette évaluation doit, en application des termes mêmes de l'article L. 151-6 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, tenir compte de la gêne fonctionnelle engendrée dans le temps par ces infirmités.

5. En outre, la pension militaire d'invalidité doit être regardée comme ayant pour objet de réparer, d'une part, les pertes de revenus et l'incidence professionnelle de l'incapacité physique et, d'autre part, le déficit fonctionnel, entendu comme l'ensemble des préjudices à caractère personnel liés à la perte de la qualité de la vie, aux douleurs permanentes et aux troubles ressentis par la victime dans ses conditions d'existence personnelles, familiales et sociales, à l'exclusion des souffrances éprouvées avant la consolidation.

6. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment des constations médicales réalisées tant par l'expert lors de l'examen du 14 décembre 2020 que des bons d'avis spécialisés établis par deux médecins de l'hôpital d'instruction des armées Robert Picqué les 22 janvier et 12 décembre 2019 que M. C présente une articulation sterno-claviculaire douloureuse. Cette douleur apparait de manière itérative sur des mouvements anodins ou en cas de changement météorologique. Dès lors, ces douleurs doivent être regardées comme faisant partie des troubles fonctionnels au sens de l'article L. 125-1 du code précité. Ainsi la commission de recours de l'invalidité en retenant que l'administration ne pouvait légalement prendre en considération dans l'évaluation du taux d'invalidité de l'infirmité les douleurs de M. C a entaché sa décision d'une erreur de droit.

7. En second lieu, pour retenir un taux d'invalidité de son infirmité inférieur à 10% la commission de recours de l'invalidité s'est appuyée sur l'avis du médecin en charge des pensions militaires d'invalidité qui, dans son avis du 18 janvier 2021, retient une " discrète limitation de la mobilité " et une " légère raideur de l'épaule droite ". Si ce médecin a évalué le taux d'infirmité inférieur à 10% au regard des " géodes dégénératives de l'épiphyse claviculaire droite sans lésion fracturaire " révélées par l'imagerie par résonance magnétique sterno-claviculaire réalisée le 24 décembre 2018, il ressort toutefois de l'expertise médicale réalisée le 14 décembre 2020 que l'expert a considéré que " l'arthropathie dégénérative de la sterno-claviculaire droite est imputable de façon directe et certaine à l'accident de service du 9 octobre 2018. La part imputable est exclusive, donc totale, à cet accident de service ". Il résulte de l'instruction que lors de l'expertise médicale réalisée le 14 décembre 2020, la mobilité de l'épaule droite de M. C était mesurée à 160° en antépulsion (180° à l'épaule gauche), 120° en abduction (130° à gauche), 70° en rotation en passif et 90° en rotation externe. L'examen clinique révélait une " épaule droite douloureuse avec perte de mobilité en antépulsion, un peu en abduction et rotation. ". Au regard de ces éléments, l'expert proposait de fixer le taux définitif de l'invalidité à 12%, selon le guide-barème des invalidités, pour " raideur articulaire sur épaule dominante portant sur la propulsion et sur l'abduction ". Ce guide-barème prévoit, pour le côté droit, un pourcentage d'invalidité allant de 10 à 30%. Enfin, il résulte de l'instruction que depuis son accident de service, M. C présente une douleur sterno-claviculaire qui a été constatée par deux médecins de l'hôpital des armées Robert Picqué les 22 janvier et 12 décembre 2019. Dans ces circonstances, et compte-tenu des douleurs persistantes et chroniques imputables à l'accident de service du 9 octobre 2018, le taux de cette infirmité doit être fixé à 12%.

8. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 22 septembre 2021 par laquelle la commission de recours de l'invalidité a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 18 février 2021 par laquelle la ministre des armées a refusé de faire droit à sa demande de pension pour l'infirmité " douleurs chroniques de l'articulation sterno-claviculaire droite sur arthropathie dégénérative ". Les droits à pension de M. C au titre de cette infirmité doivent par suite être fixés à 12% à compter du 14 août 2019.

Sur les frais liés au litige :

9. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative combinées à celles de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Petitgirard, avocat de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Petitgirard de la somme de 1 500 euros.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 22 septembre 2021 de la commission de recours de l'invalidité est annulée.

Article 2 : Il est reconnu un taux d'invalidité de 12% à M. C s'agissant de l'infirmité " douleurs chroniques de l'articulation sterno-claviculaire droite sur arthropathie dégénérative " à compter du 14 août 2019.

Article 3 : L'État versera la somme de 1 500 euros à Me Petitgirard, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Petitgirard renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Petitgirard et au ministre des armées.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Molina-Andréo, présidente,

Mme Soddu, première conseillère,

Mme Biscarel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023

La rapporteure,

B. BISCAREL

La présidente,

B. MOLINA-ANDRÉO La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions