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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2106665

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2106665

jeudi 20 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2106665
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSABATTE

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une requête enregistrée le 18 novembre 2021 sous le n° 2106665, un mémoire complémentaire et un mémoire récapitulatif, enregistrées les 10 novembre et 27 décembre 2022, ainsi qu'un mémoire enregistré le 17 avril 2024, qui n'a pas été communiqué, Mme A, représentée par Me Gutierrez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 4 novembre 2021 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse l'a radiée des cadres ;

2°) d'enjoindre au CHU de Toulouse de la réintégrer et de reconstituer sa carrière dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du CHU de Toulouse la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le CHU a procédé à une lecture erronée de l'avis du médecin agréé ;

- la décision a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 15 du décret n°88-386 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière ;

- il n'y a pas eu de rupture du lien avec le service ;

- la saisine du comité médical a fait obstacle à sa radiation pour abandon de poste ;

- en l'absence de convocation pour un examen de reprise auprès de la médecine de prévention, la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article R. 4626-29 du code du travail ;

- le CHU a méconnu les préconisations du médecin de prévention ;

- à titre subsidiaire, l'aggravation de son état de santé a fait obstacle à sa radiation pour abandon de poste.

Par des mémoires en défense enregistrés les 17 novembre 2022 et 19 février 2023, le centre hospitalier universitaire de Toulouse, représenté par Me Sabatté, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée au 19 avril 2024 par une ordonnance du 29 mars 2024.

II- Par une requête enregistrée le 12 avril 2022 sous le n° 2202080, Mme A, représentée par Me Gutierrez demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 octobre 2021, notifiée le 14 octobre suivant, par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse l'a mise en demeure de reprendre ses fonctions ainsi que sa décision du 13 février 2022 par laquelle il a implicitement rejeté son recours gracieux du 13 décembre 2021 dirigé contre cette décision du 4 octobre 2021 ;

2°) d'enjoindre au CHU de Toulouse de la réintégrer et de reconstituer sa carrière dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de condamner le CHU de Toulouse à lui verser une indemnité correspondant à la rémunération à laquelle elle avait droit durant la période au cours de laquelle elle a été considérée à tort comme en absence injustifiée ;

4°) de mettre à la charge du CHU de Toulouse la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions des articles 14 et 15 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés maladie des agents de la fonction publique hospitalière ;

- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation dès lors que la production de son certificat médical de prolongation, avant la mise en demeure, a fait obstacle à la poursuite de la procédure de radiation des cadres pour abandon de poste ;

- elle est contraire au principe de non-rétroactivité des décisions administratives.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 mai 2023, le centre hospitalier universitaire de Toulouse, représenté par Me Sabatté, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les conclusions à fins indemnitaires sont irrecevables en l'absence de décision liant le contentieux sur ce point et soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée au 27 octobre 2023 par une ordonnance du 13 octobre précédent.

Vu les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- le code du travail ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;

- le décret n°88-386 du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jorda,

- les conclusions de Mme Carvalho, rapporteure publique,

- et les observations de Me Gutierrez, représentant Mme A, ainsi que celles de Me Sabatté, représentant le centre hospitalier universitaire de Toulouse.

Considérant ce qui suit :

1. Recrutée en qualité d'infirmière titulaire affectée au pool pédiatrique du centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse, Mme B A a été placée en congé de maladie ordinaire du 30 août au 1er octobre 2021. Elle a été convoquée chez un médecin agréé le 10 septembre 2021, à la demande de son employeur, auquel elle a transmis, le 4 octobre 2021 suivant, un certificat médical de prolongation de son arrêt de travail jusqu'au 29 novembre 2021 inclus. Par un courrier du 4 octobre 2021, notifié le 14 octobre suivant, le CHU, d'une part l'a informée qu'au vu des conclusions du médecin agréé, elle devait être considérée en absence injustifiée à compter du 1er octobre et, d'autre part, l'a mise en demeure de reprendre le service dans un délai de 48 heures. Par un courrier du 30 octobre 2021, Mme A a, par l'intermédiaire de son conseil, indiqué au CHU que son état de santé ne lui permettait pas de rependre ses fonctions et qu'elle avait saisi le comité médical compétent de l'avis du médecin agréé. Par ce même courrier elle lui a demandé de procéder à la régularisation de sa situation. Mme A n'ayant pas repris le service dans le délai imparti, le CHU de Toulouse l'a radiée des cadres par une décision du 4 novembre 2021, notifiée le 16 novembre 2021. Cette décision a été suspendue par une ordonnance n° 2106657 du 13 décembre 2021 du juge des référés, lequel a également ordonné la réintégration de Mme A à titre provisoire. Mme A demande au tribunal d'annuler la décision du 4 novembre 2021 la radiant des cadres et la mise en demeure du 4 octobre 2021, ensemble le rejet implicite de son recours gracieux. Elle demande également à être indemnisée du montant correspondant à sa rémunération non versée pendant la période considérée par le CHU de Toulouse comme une absence injustifiée.

Sur les conclusions à fins d'annulation :

En ce qui concerne la mise en demeure du 4 octobre 2021 :

2. L'acte par lequel l'administration met en demeure son agent de reprendre son poste à l'issue d'un congé de maladie, y compris pour maladie professionnelle ou pour accident de service, n'a pas le caractère d'une décision susceptible d'être contestée par la voie de l'excès de pouvoir, s'agissant d'une mesure préparatoire à une décision de radiation des cadres. Par suite, le courrier du 4 octobre 2021 contesté, mettant Mme A en demeure de reprendre ses fonctions sous peine d'une radiation des cadres pour abandon de poste, constitue un acte de procédure, insusceptible de recours, dont celle-ci n'est donc pas recevable à demander l'annulation.

En ce qui concerne la mesure de radiation des cadres en date du 4 novembre 2021 :

3. En premier lieu, aux termes de l'article 15 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière, dans sa version applicable au litige : " () Les fonctionnaires bénéficiaires d'un congé de maladie doivent se soumettre au contrôle exercé par l'autorité investie du pouvoir de nomination. Cette dernière peut faire procéder à tout moment à la contre-visite de l'intéressé par un médecin agréé ; le fonctionnaire doit se soumettre, sous peine d'interruption de sa rémunération, à cette contre-visite. / Le comité médical compétent peut être saisi par l'administration ou par l'intéressé des conclusions du médecin agréé ".

4. D'une part, une mesure de radiation des cadres pour abandon de poste ne peut être régulièrement prononcée que si l'agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai approprié qu'il appartient à l'administration de fixer. Une telle mise en demeure doit prendre la forme d'un document écrit, notifié à l'intéressé, l'informant du risque qu'il encourt d'une radiation des cadres sans procédure disciplinaire préalable. Lorsque l'agent ne s'est pas présenté et n'a fait connaître à l'administration aucune intention de reprendre son service avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure et en l'absence de toute justification d'ordre matériel ou médical, présentée par l'agent, de nature à expliquer le retard qu'il aurait eu à manifester une telle intention, l'administration est en droit d'estimer que le lien avec le service a été rompu du fait de l'intéressé.

5. D'autre part, l'agent qui se trouve en position de congé de maladie est regardé comme n'ayant pas cessé d'exercer ses fonctions. Par suite, il ne peut en principe pas faire l'objet d'une mise en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service à la suite de laquelle l'autorité administrative serait susceptible de prononcer, dans les conditions définies au point 3 ci-dessus, sa radiation des cadres pour abandon de poste. Il en va toutefois différemment lorsque l'agent, reconnu apte à reprendre ses fonctions par le médecin agréé ayant procédé à une contre-visite médicale, se borne, pour justifier sa non présentation ou l'absence de reprise de son service, à produire un certificat médical prescrivant un nouvel arrêt de travail sans apporter d'éléments nouveaux par rapport à son état sur lequel s'est prononcé le médecin agréé, et sans avoir contesté les conclusions de celui-ci devant le comité médical compétent. Si, alors qu'il n'a pas contesté ces conclusions, une aggravation de son état ou une nouvelle affection, survenue l'une ou l'autre postérieurement à la contre-visite, le met dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, il lui appartient de faire parvenir à l'autorité administrative un nouveau certificat médical attestant l'existence de ces circonstances nouvelles.

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a transmis au CHU de Toulouse un premier arrêt de maladie portant sur la période du 30 août au 30 septembre 2021, au motif d'un syndrome anxiodépressif. Le médecin agréé qui l'a examinée le 10 septembre 2021 s'est contenté de signer le " formulaire de mandat de contrôle médical ", sur lequel il a simplement coché les cases " Arrêt justifié " et " Date de reprise ", en indiquant, à côté de celle-ci, " 01/10/21 ", sans apporter aucune autre précision. Dans un courriel adressé le 2 décembre 2021 au service des ressources humaines du CHU, ce même médecin a indiqué " j'ai constaté le 10 09 2021 que son arrêt était justifiable en totalité et qu'en l'état du 10 09 2021 elle était apte à la reprise du travail à la fin de l'échéance prescrite par le médecin traitant soit le 01 10 2021 () ". Outre que la circonstance que le médecin traitant de Mme A a prescrit un premier arrêt de maladie d'un mois ne préjuge en rien, à la date à laquelle cet arrêt a été accordé, de l'aptitude ou non de l'intéressée à reprendre ses fonctions à son échéance, le médecin agréé qui l'a examinée le 10 septembre, soit vingt jours avant la fin de ce premier arrêt de travail, n'était pas davantage en position de se prononcer sur l'aptitude de celle-ci à reprendre son travail le 30 septembre, ce qu'il n'a d'ailleurs pas fait dès lors qu'il indique lui-même qu'il s'est prononcé " en l'état du 10 09 2021 ", ce qui ne permet pas de préjuger de ce qu'aurait été son opinion à la date du 30 septembre. En contresignant le formulaire établi par le médecin agréé, Mme A, qui ignorait alors également quel serait son état de santé le 30 septembre, ne peut pas davantage être regardée comme ayant admis ce faisant qu'elle serait en mesure de reprendre le service le 1er octobre suivant.

7. Il est par ailleurs constant que dès la réception de la mise en demeure du 4 octobre 2021, Mme A a saisi directement le comité médical du centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Haute-Garonne, dont le secrétaire l'a informée, par courrier du 2 novembre 2021, qu'il ne pouvait être saisi que par le CHU, auquel elle devait par conséquent adresser sa demande. A cet égard, le CHU de Toulouse ne peut se prévaloir de ce qu'il a vérifié l'absence de saisine du comité médical, dont il consulté à cette fin le secrétariat les 5, 8 et 10 novembre 2021, dès lors que Mme A l'a informé, par un courrier du 30 octobre 2021 rédigé par son conseil, reçu le 4 novembre suivant, soit préalablement à l'envoi de la décision en litige, de sa demande de voir le comité médical saisi de l'avis du médecin agréé. Par ce même courrier, Mme A a par ailleurs indiqué qu'elle entendait se prévaloir de la procédure de danger grave imminent initiée, à sa demande, par les représentants du CHSCT dès le 14 octobre 2021 ainsi que de la détérioration de son état de santé. Elle produit également les certificats médicaux d'un psychologue et de son médecin traitant en date respectivement des 19 et 21 octobre 2021, faisant état d'une aggravation de sa pathologie anxiodépressive, matérialisée notamment par la mise en place d'un suivi psychologique à compter du 15 septembre et l'augmentation du dosage de son traitement antidépresseur à compter du 19 octobre. Enfin, l'extrait de son dossier médical auprès de la médecine du travail mentionne d'importants troubles anxieux dus à un épuisement professionnel plusieurs mois avant le 14 septembre 2021, date de la dernière consultation de Mme A, et d'une symptomatologie en lien avec ce syndrome anxiodépressif. Le médecin du travail qui l'a examinée le 14 septembre a d'ailleurs conclu qu'il y avait lieu d'attendre la mise en œuvre de la prise en charge psychologique envisagée pour avancer dans la reprise du travail et préconisé une reprise en mi-temps thérapeutique durant trois mois.

8. Au vu de l'ensemble de ces éléments, le CHU de Toulouse, alors même qu'il n'aurait pas eu connaissance des deux certificats médicaux susmentionnés, disposait de divers éléments circonstanciés médicalement s'agissant des difficultés de santé rencontrées par Mme A, comme ceux donnés par les membres du CHSCT l'ayant saisi dans le cadre d'une procédure de danger grave et imminent, ou ceux émanant de la médecine du travail. Dans ces conditions, alors qu'il avait été informé en temps et en heure de la prolongation de l'arrêt de travail de Mme A, que celle-ci lui avait adressée alors qu'elle n'avait encore été destinataire d'aucune mise en demeure de reprendre le service, le directeur de cet établissement ne pouvait légalement s'en remettre à la seule mention de la date de reprise possible figurant sur l'avis du médecin agréé établi le 10 septembre 2021, soit vingt jours avant l'échéance de l'arrêt de travail jugé justifié, pour refuser de prendre en compte cette prolongation et mettre en demeure l'intéressée de reprendre ses fonctions, sans avoir fait procéder au préalable à une nouvelle contre-visite par un médecin agréé, en vue d'apprécier son aptitude à la date du 1er octobre 2021. Par suite, Mme A, qui ne se trouvait pas en situation d'absence irrégulière, est fondée à soutenir que le directeur du CHU ne pouvait, par la décision attaquée du 4 novembre 2021, la radier des cadres pour abandon de poste.

9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 4 novembre 2021 par laquelle le directeur général du CHU de Toulouse l'a radiée des cadres.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

10. Par l'ordonnance susvisée n° 2106657, le juge des référés a ordonné la réintégration à titre provisoire de Mme A avec effet à compter de la date de notification de sa décision, soit le 13 décembre 2021. L'annulation de la décision attaquée du 4 novembre 2021 implique nécessairement la réintégration rétroactive de Mme A à la date de son éviction, soit le 16 novembre 2021, à laquelle lui a été notifiée la décision annulée. Il y a lieu de prescrire cette mesure, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme A tendant à ce que cette injonction soit assortie d'une astreinte.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation présentées dans la requête n° 2202080 :

11. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ". Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable.

12. Mme A demande au tribunal de condamner le CHU de Toulouse à lui verser une indemnité correspondant à la rémunération à laquelle elle avait droit durant la période au cours de laquelle elle a été considérée à tort comme en absence injustifiée. Si elle produit le recours gracieux adressé au CHU de Toulouse préalablement à l'introduction de sa requête, ce dernier ne comporte aucune demande indemnitaire. Dès lors, elle ne saurait être regardée comme ayant formé une demande préalable indemnitaire au sens des dispositions précitées. Ainsi, en l'absence de décision préalable, explicite ou implicite, le CHU de Toulouse est fondé à soutenir que les conclusions indemnitaires de Mme A sont irrecevables et doivent être rejetées pour ce motif.

Sur les frais liés au litige :

13. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du CHU de Toulouse une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans les présentes instances.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 4 novembre 2021 par laquelle le directeur général du CHU de Toulouse a radié Mme A des cadres est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au centre hospitalier universitaire de Toulouse de réintégrer Mme A à compter du 16 novembre 2021, date de son éviction, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le centre hospitalier universitaire de Toulouse versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier universitaire de Toulouse.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Cherrier, présidente,

Mme Péan, conseillère,

Mme Jorda, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.

La rapporteure,

V. JORDALa présidente,

S. CHERRIERLa greffière,

F. DEGLOS

La République mande et ordonne au ministère de la santé en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef, n°2202080

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