mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2106703 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BRIAND |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n° 2106703, enregistrée le 19 novembre 2021, Mme Anne Lebeau demande au tribunal d'annuler la délibération n° 10-8 du conseil municipal de la commune de Pamiers (Ariège) du 21 septembre 2021 portant création d'un poste d'adjoint à la direction du pôle " prévention et sécurité " au grade de rédacteur territorial.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la délibération attaquée est entachée d'un défaut de motivation en fait dans la mesure où elle ne précise pas la nature des fonctions et les besoins du service auxquels répond l'emploi créé ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, faute pour la commune d'établir qu'elle était dans l'impossibilité de recruter un fonctionnaire titulaire pour le poste et que ce dernier nécessiterait des compétences techniques hautement spécialisées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2022, la commune de Pamiers, représentée par Me Briand, conclut au rejet de la requête et demande à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 1 200 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 5 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 26 avril 2023 à 12 h 00.
Un mémoire produit par Mme A et enregistré le 26 avril 2023 à 11 h 22 n'a pas été communiqué.
II. Par une requête n° 2106704, enregistrée le 19 novembre 2021, Mme Anne Lebeau demande au tribunal d'annuler la délibération n° 10-7 du conseil municipal de la commune de Pamiers du 21 septembre 2021 portant création d'un poste de chef du centre technique municipal au grade de technicien principal de 2ème classe.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la délibération attaquée est entachée d'un défaut de motivation en fait dans la mesure où elle ne précise pas la nature des fonctions et les besoins du service auxquels répond l'emploi créé ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, faute pour la commune d'établir qu'elle était dans l'impossibilité de recruter un fonctionnaire titulaire pour le poste et que ce dernier nécessiterait des compétences techniques hautement spécialisées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2022, la commune de Pamiers, représentée par Me Briand, conclut au rejet de la requête et demande à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 1 200 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 5 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 26 avril 2024 à 12 h 00.
Un mémoire produit par Mme A et enregistré le 26 avril 2023 à 11 h 26 n'a pas été communiqué.
III. Par une requête n° 2106705, enregistrée le 19 novembre 2021, Mme Anne Lebeau demande au tribunal d'annuler la délibération n° 10-5 du conseil municipal de la commune de Pamiers du 21 septembre 2021 portant création d'un poste de chargé de communication au grade de rédacteur territorial.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la délibération attaquée est entachée d'un défaut de motivation en fait dans la mesure où elle ne précise pas la nature des fonctions et les besoins du service auxquels répond l'emploi créé ;
- elle est entachée d'une erreur de droit faute pour la commune d'établir qu'elle était dans l'impossibilité de recruter un fonctionnaire titulaire pour le poste et que ce dernier nécessiterait des compétences techniques hautement spécialisées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2022, la commune de Pamiers, représentée par Me Briand, conclut au rejet de la requête et demande à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 1 200 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 5 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 26 avril 2023 à 12 h 00.
Un mémoire produit par Mme A et enregistré le 26 avril 2023 à 11 h 34 n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Zabka,
- les conclusions de M. Luc, rapporteur public,
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Par trois délibérations n° 10-8, 10-7 et 10-5 du 21 septembre 2021, le conseil municipal de la commune de Pamiers (Ariège) a décidé de la création de trois emplois permanents d'adjoint à la direction du pôle " prévention et sécurité ", de chef du centre technique municipal et de chargé de communication. Mme Anne Lebeau, conseillère municipale d'opposition de la commune de Pamiers, demande au tribunal, par les requêtes nos 2106703, 2106704 et 2106705, l'annulation de ces trois délibérations.
2. Les requêtes susvisées ont été introduites par la même requérante et présentent à juger des questions communes. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, les délibérations attaquées font référence notamment au 2° de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, au fait qu'il est possible pour une collectivité territoriale de recruter un agent contractuel de droit public lorsque la nature des fonctions ou les besoins des services le justifient en l'absence de recrutement de fonctionnaire et, enfin, aux besoins spécifiques de la commune en matière de prévention et sécurité, pilotage des services et de communication. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que les trois décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation.
4. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, alors applicable : " Les collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 peuvent recruter temporairement des agents contractuels sur des emplois non permanents pour faire face à un besoin lié à : 1° Un accroissement temporaire d'activité, pour une durée maximale de douze mois, compte tenu, le cas échéant, du renouvellement du contrat, pendant une même période de dix-huit mois consécutifs ; () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 3-3 de cette loi, alors applicable : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée et sous réserve de l'article 34 de la présente loi, des emplois permanents peuvent être occupés de manière permanente par des agents contractuels dans les cas suivants : 1° Lorsqu'il n'existe pas de cadre d'emplois de fonctionnaires susceptibles d'assurer les fonctions correspondantes ; / 2° Pour les emplois du niveau de la catégorie A lorsque les besoins des services ou la nature des fonctions le justifient et sous réserve qu'aucun fonctionnaire n'ait pu être recruté dans les conditions prévues par la présente loi ; / 3° Pour les emplois de secrétaire de mairie des communes de moins de 1 000 habitants et de secrétaire des groupements composés de communes dont la population moyenne est inférieure à ce seuil ; / 4° Pour les emplois à temps non complet des communes de moins de 1 000 habitants et des groupements composés de communes dont la population moyenne est inférieure à ce seuil, lorsque la quotité de temps de travail est inférieure à 50 % ; / 5° Pour les emplois des communes de moins de 2 000 habitants et des groupements de communes de moins de 10 000 habitants dont la création ou la suppression dépend de la décision d'une autorité qui s'impose à la collectivité ou à l'établissement en matière de création, de changement de périmètre ou de suppression d'un service public. / Les agents ainsi recrutés sont engagés par contrat à durée déterminée d'une durée maximale de trois ans. Ces contrats sont renouvelables par reconduction expresse, dans la limite d'une durée maximale de six ans. / Si, à l'issue de cette durée, ces contrats sont reconduits, ils ne peuvent l'être que par décision expresse et pour une durée indéterminée. "
5. Si Mme A soutient que les délibérations attaquées nos 10-8, 10-7 et 10-5 en date du 21 septembre 2021 méconnaissent les dispositions précitées dès lors que la commune de Pamiers ne fait pas état de l'impossibilité de recruter un agent titulaire pour les postes d'adjoint à la direction du pôle " prévention et sécurité ", de chef du centre technique municipal et de chargé de communication et que ces fonctions nécessiteraient des compétences techniques hautement spécialisées, ce moyen est inopérant à l'encontre de décisions qui se bornent à créer des emplois et précisent uniquement le grade auquel l'agent sera recruté et sa rémunération, sans conditionner l'obtention du poste au statut d'agent contractuel.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la commune de Pamiers au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes nos 2106703, 2106704 et 2106705 de Mme A sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Pamiers dans chacune des requêtes tendant à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme Anne Lebeau et à la commune de Pamiers (Ariège).
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. Déderen, premier conseiller,
M. Zabka, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
Le rapporteur,
N. ZABKA
Le président,
J-C. TRUILHÉ La greffière,
M-E. LATIF
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ariège, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Nos 2106703, 2106704, 2016705
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026