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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2106713

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2106713

jeudi 29 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2106713
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantAMARI DE BEAUFORT-TERCERO-YEPONDE ATY AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2021, Mme B C, représentée par Me Tercero, demande au tribunal :

1°) avant dire droit, de demander au préfet de la Haute-Garonne ou à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), de produire toute preuve de la tenue d'une conférence téléphonique respectant l'article 4 de l'ordonnance du 6 novembre 2014 permettant d'établir la collégialité de la délibération du collège de médecins de l'OFII, ainsi que les documents médicaux et les extraits de la base de données accessible uniquement au collège national des médecins de l'OFII qui ont fondé l'avis selon lequel elle pourrait bénéficier effectivement des soins qui lui sont nécessaires dans son pays d'origine ;

2°) d'annuler l'arrêté du 30 mars 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 313-11-11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui remettre sans délai à compter de cette notification, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard un mois après cette notification, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dès cette notification et de rendre une décision dans un délai de deux mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui remettre dès la notification de la décision à intervenir une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler sous les mêmes conditions d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au profit de son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative combinées avec le 2ème alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'arrêté est insuffisamment motivé et révèle un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en raison de l'irrégularité de l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII, dès lors qu'il n'est pas justifié que le collège de médecins a délibéré de manière collégiale ni que la délibération par conférence audiovisuelle ou téléphonique respecte les termes de l'ordonnance du 6 novembre 2014 ;

- la décision attaquée méconnait les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :

- elle est entachée d'un défaut de base légale en ce qu'elle est fondée sur la décision de refus de titre de séjour, elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est entachée d'un défaut de base légale en ce qu'elle est fondée sur la décision portant obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours, elle-même illégale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 décembre 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme C n'est fondé.

Par ordonnance du 11 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 26 juillet 2022 à 12 heures.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 octobre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- et les observations de Me Tercero, représentant Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B C, ressortissante ghanéenne née le 24 janvier 1960, est entrée en France le 4 juillet 1997 sous couvert d'un visa valable huit jours. Le 8 avril 2009, elle a sollicité son admission au séjour en qualité de conjointe d'un ressortissant français à la suite de son mariage le 4 octobre 2008. Le préfet de Tarn-et-Garonne a rejeté sa demande, le 17 septembre 2009, au motif qu'elle ne justifiait pas d'une communauté de vie avec son époux français, et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. La légalité de cette décision a été confirmée par la cour administrative d'appel de Bordeaux par un arrêt n° 10BX00714 du 23 décembre 2010. Le 19 novembre 2012, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé et " pour pouvoir travailler ". Par un arrêté du 6 mars 2014, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par un jugement n° 1401407 du 7 octobre 2014, le tribunal administratif de Toulouse a annulé l'arrêté seulement en tant qu'il fixait une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée supérieure à deux ans. La légalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français a été confirmée par la cour administrative d'appel de Bordeaux par un arrêt n° 14BX03081 du 28 avril 2015. Mme C a déposé une nouvelle demande d'admission au séjour en raison de son état de santé le 12 juin 2017. Par un arrêté du 14 février 2019, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par un jugement n° 1902380 du 28 novembre 2019, le tribunal administratif de Toulouse a confirmé la légalité de cet arrêté. Mme C a déposé une nouvelle demande d'admission au séjour en raison de son état de santé le 5 octobre 2020. Par un arrêté du 30 mars 2021, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

3. La décision en litige, qui mentionne les textes dont elle fait application, notamment le 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fait état de l'ensemble des éléments relatifs aux conditions d'entrée et de séjour de Mme C depuis son entrée sur le territoire le 4 juillet 1997. Il mentionne également l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 22 décembre 2020 qui indique que si l'état de santé de l'intéressée nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entrainer des conséquences d'une extrême gravité, elle peut bénéficier des soins appropriés dans son pays d'origine, et que n'établissant pas être dépourvue de liens personnels ni d'attaches familiales, la décision ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et rien ne l'empêchait de quitter le territoire national. Ainsi, et contrairement à ce que soutient la requérante, la décision contestée, qui n'avait pas à reprendre de manière exhaustive les éléments de sa situation personnelle, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui la fondent, et est, par suite, suffisamment motivée au regard des dispositions précitées de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté comme manquant en fait.

4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'avis du collège de médecins de l'OFII du 22 décembre 2020, sur lequel le préfet s'est notamment appuyé pour prendre sa décision, que la situation de Mme C a été examinée au regard des soins disponibles au Ghana, son pays d'origine. Par ailleurs, le préfet a expressément indiqué dans la décision qu'il n'était pas lié par l'avis du collège des médecins de l'OFII qui n'est qu'un avis consultatif et a indiqué qu'aucun des éléments produits ne justifiait une admission au séjour au titre de l'état de santé. Par suite, il ressort de la décision litigieuse que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation de l'intéressée.

En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :

5. D'une part, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ".

6. D'autre part, en vertu de l'article R. 313- 22 de ce code : " Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ". L'article R. 313-23 alors applicable du même code dispose que : " () Le collège à compétence nationale, composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'office. () Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. () ". En vertu de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du même code : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté () ".

7. Lorsque l'avis porte la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant ", cette mention du caractère collégial de l'avis fait foi jusqu'à preuve du contraire. En l'espèce, l'avis du collège des médecins de l'OFII concernant Mme C porte la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant " et a été signé par les trois médecins composant le collège de médecins de l'OFII, les Dr F, Mettais-Cartier et Candillier. Pour contester la régularité de cet avis, la requérante se borne à invoquer la circonstance que ces médecins exercent dans différentes villes de France, soit à Toulouse, dans l'Hérault et dans le Nord-Pas-Calais, alors que cette circonstance n'est pas de nature à mettre en doute le caractère collégial de cette délibération. Aucun élément du dossier n'est donc de nature à remettre en cause la mention figurant dans l'avis de son caractère collégial. Par suite, le moyen tiré de ce que la requérante a été privée de la garantie tirée du débat collégial du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration peut être écarté sans qu'il soit besoin de faire droit à la mesure d'instruction sollicitée.

8. S'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.

9. Il ressort des pièces du dossier que dans son avis du 22 décembre 2020, sur lequel s'est notamment fondé le préfet de la Haute-Garonne pour rejeter la demande de titre de séjour de Mme C, le collège de médecins de l'OFII a estimé que l'état de santé de Mme C nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle était originaire, elle pouvait y bénéficier d'un traitement approprié. Pour remettre en cause cet avis, Mme C, qui a levé le secret médical, soutient qu'elle est atteinte de plusieurs pathologies et qu'elle ne pourrait bénéficier d'un traitement approprié au Ghana et produit à l'appui de cette allégation plusieurs certificats médicaux dont trois établis en 2016, deux en 2019, un en 2020 et un en 2021. Il ressort de ces certificats, établis par un médecin généraliste et par un chirurgien orthopédiste, qu'elle a bénéficié d'une intervention chirurgicale en raison d'une pathologie complexe et séquellaire rachidienne, et qu'elle souffre d'hypertension artérielle sévère, de diabète, d'une polyarthrose ligamentaire des genoux et d'une obésité morbide. Il ressort par ailleurs d'une attestation établie en septembre 2016 par un médecin ghanéen certifiant que les soins post-opératoires dont Mme C avait besoin après son intervention en 2016 ne sont pas disponibles au Ghana. Si le certificat médical établi le 4 octobre 2021 mentionne " qu'il est hautement souhaitable qu'elle puisse bénéficier d'un suivi en France " et que " l'état douloureux est permanent et [que] sa situation nécessite des soins qu'à l'évidence elle ne pourra pas avoir de façon optimale dans son pays d'origine ", ces seuls éléments, au demeurant peu circonstanciés et qui n'apportent aucune précision sur le traitement médicamenteux prescrit, ne permettent pas d'établir qu'un traitement adapté à la prise en charge de ses pathologies ne serait pas effectivement disponible dans son pays d'origine et ainsi remettre en cause sur ce point l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII, alors que le préfet verse au dossier la liste des médicaments essentiels établie par le ministère de la santé au Ghana et une note du " Medical country of origin information ". Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme C ne pourrait pas bénéficier effectivement de soins appropriés à son état de santé dans son pays d'origine. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article L. 313-11, 11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.

10. En dernier lieu, Mme C fait valoir qu'elle est en France depuis près de vingt-quatre ans à la date de la décision attaquée, qu'elle est handicapée et qu'elle a besoin d'un suivi médicalisé rapproché et spécialisé pour la soulager. A ce titre, elle produit sa carte de priorité pour personnes handicapées. Toutefois, ce seul élément n'est pas suffisant pour considérer que l'intéressée aurait désormais le centre de ses intérêts privés en France alors qu'elle est divorcée et sans enfant, qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-sept ans et où résident ses trois enfants majeurs, et qu'elle n'a jamais été admise au séjour sur le territoire français. Par suite, et compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :

11. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ne peut qu'être écarté.

12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : / () 10° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".

13. Compte tenu de ce qui a été dit au point 9, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

16. Ainsi qu'il a été dit précédemment, l'indisponibilité des soins nécessaires à l'état de santé de Mme C n'est pas avérée au Ghana. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

17. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté préfectoral du 30 mars 2021. Par suite, sans qu'il soit besoin d'ordonner la mesure d'instruction sollicitée, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à Me Tercero et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Isabelle Carthé Mazères, présidente,

Mme E D, magistrate honoraire,

Mme Camille Péan, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.

La rapporteure,

C. PEAN

La présidente,

I. CARTHÉ MAZÈRES

Le greffier,

B. ROETS

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

Pour expédition conforme :

la greffière en chef,

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