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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2106786

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2106786

vendredi 17 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2106786
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantCHMANI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 novembre 2021, Mme A B, représentée par Me Chmani, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 25 mai 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler sa carte de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement sous astreinte de cent euros par jour de retard, ou à défaut de réexaminer sa demande ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

En ce qui concerne la décision de refus de renouvellement de titre de séjour :

- la décision méconnaît l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 59 de la convention d'Istanbul du 12 avril 2011 dès lors qu'elle a été victime de violences conjugales de la part de son ancien mari qui sont à l'origine de la rupture de leur vie commune ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de son état de santé ;

- elle méconnaît l'article 3 de l'accord franco-marocain ;

- elle est entachée d'une erreur de fait et méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle n'a pas été précédée de la procédure contradictoire prévue par l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences d'une exceptionnelle gravité qu'elle emporte sur sa situation ;

- elle méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

- elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 janvier 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 décembre 2021.

Par ordonnance du 17 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 1er juillet suivant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention d'Istanbul du conseil de l'Europe du 12 avril 2011 relative à la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique ;

- l'accord franco-marocain en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code du travail ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Dans cette affaire, la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R.732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante marocaine, est entrée en France le 25 décembre 2016 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour valant titre de séjour pour une durée d'un an valable jusqu'au 8 décembre 2017 au titre de son mariage avec un ressortissant français. Elle a bénéficié d'une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an, puis d'une carte pluriannuelle valable jusqu'au 16 mai 2021 dont elle a sollicité le renouvellement le 12 mars 2021. Par un arrêté du 25 mai 2021, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler sa carte de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

2. Par une décision du 10 décembre 2021, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle est devenue sans objet. Dès lors, il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

3. L'arrêté vise l'ensemble des textes dont il fait application. Il précise les motifs justifiant le refus d'admission au séjour de la requérante. En application des dispositions du second alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu de motiver spécifiquement la décision portant obligation de quitter le territoire français fondée sur le 3° de l'article L. 611-1 du même code comme en l'espèce. Mme B, qui n'établit pas avoir demandé un délai de départ supérieur à trente jours, ne peut utilement soutenir que la décision fixant un délai de départ volontaire est insuffisamment motivée. Enfin, la décision fixant le pays de renvoi, qui indique que la requérante n'établit pas être exposée à des risques personnels en cas de retour dans son pays d'origine, est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

En ce qui concerne la décision de refus de renouvellement de titre de séjour :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. ". Aux termes de l'article L. 423-3 du même code : " Lorsque la rupture du lien conjugal ou la rupture de la vie commune est constatée au cours de la durée de validité de la carte de séjour prévue aux articles L. 423-1 ou L. 423-2, cette dernière peut être retirée. / Le renouvellement de la carte est subordonné au maintien du lien conjugal et de la communauté de vie avec le conjoint qui doit avoir conservé la nationalité française. ". Aux termes de l'article L. 423-5 du même code : " La rupture de la vie commune n'est pas opposable lorsqu'elle est imputable à des violences familiales ou conjugales ou lorsque l'étranger a subi une situation de polygamie. () ".

5. Si les dispositions précitées ne créent aucun droit au renouvellement du titre de séjour d'un étranger dont la communauté de vie avec son conjoint de nationalité française a été rompue en raison des violences conjugales qu'il a subies de la part de ce dernier, de telles violences, subies pendant la vie commune, ouvrent la faculté d'obtenir, sur le fondement de cet article, un titre de séjour, sans que cette possibilité soit limitée au premier renouvellement d'un tel titre. Il incombe à l'autorité préfectorale, saisie d'une telle demande, d'apprécier, sous l'entier contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si la situation de l'intéressé justifie le renouvellement du titre à la date où il se prononce, en tenant compte, notamment, du délai qui s'est écoulé depuis la cessation de la vie commune et des conséquences qui peuvent encore résulter, à cette date, des violences subies.

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a vu son titre de séjour renouvelé sur le fondement de l'article L. 313-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable, le 5 mars 2018 aux motifs qu'une procédure de divorce était en cours et qu'elle se prévalait de violences conjugales. Pour les mêmes motifs, l'année suivante, Mme B s'est vue attribuer une carte de séjour pluriannuelle. Pour refuser de renouveler une troisième fois son titre de séjour sur ce fondement, le préfet de la Haute-Garonne a relevé dans sa décision que le divorce de Mme B et de son mari avait été prononcé aux torts exclusifs de celle-ci, et qu'elle ne pouvait se prévaloir de violences conjugales à l'origine de cette séparation alors que la matérialité de ces faits avait été expressément écartée par le tribunal judiciaire. Pour contester cette dernière appréciation, Mme B verse le procès-verbal de dépôt de plainte à l'encontre de son mari dressé le 5 décembre 2017 et une attestation d'une association accueillant des femmes en difficulté qui reproduit ses déclarations. Ainsi, par ces seuls éléments, et alors qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'une suite a été donnée à son dépôt de plainte, la matérialité des violences conjugales qu'elle invoque ne peut être tenue comme établie. Ainsi, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas méconnu l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prenant la décision de refus de renouvellement de titre de séjour contestée. Par ailleurs, Mme B ne peut utilement se prévaloir de l'article 59 de la convention d'Istanbul susvisée qui est dépourvu d'effet direct.

7. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point précédent, et alors que Mme B ne dispose d'aucune attache familiale sur le territoire national, et ne justifie pas de liens d'une particulière intensité et ancienneté en France en ne se prévalant que de quelques attestations amicales, alors qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, les moyens tirés de l'erreur de fait, de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peuvent qu'être écartés.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-marocain susvisé : " Les ressortissants marocains de´sireux d'exercer une activite´ professionnelle salarie´e en France, pour une dure´e d'un an au minimum, et qui ne rele`vent pas des dispositions de l'article 1er du pre´sent Accord, rec¸oivent, apre`s le contro^le me´dical d'usage et sur pre´sentation d'un contrat de travail vise´ par les autorite´s compe´tentes, un titre de se´jour valable un an renouvelable et portant la mention "salarie´" e´ventuellement assortie de restrictions ge´ographiques ou professionnelles. ". L'article 9 du même accord stipule que : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord () ". Aux termes de l'article R. 5221-1 du code du travail : " I. - Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail lorsqu'elles sont employées conformément aux dispositions du présent code : / 1° Etranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse ; / () II. - La demande d'autorisation de travail est faite par l'employeur. () ".

9. Il résulte de ces dispositions que la demande d'autorisation de travail présentée par un étranger qui est déjà présent sur le territoire national doit être adressée au préfet par l'employeur. Le préfet, saisi d'une telle demande, présentée sous la forme des imprimés Cerfa, ne peut refuser l'admission au séjour de l'intéressé au motif que ce dernier ne produit pas d'autorisation de travail ou de contrat de travail visé par l'autorité compétente dès lors qu'il lui appartient de faire instruire la demande d'autorisation de travail par ses services. Toutefois, la seule production d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail à l'appui d'une demande de titre de séjour, non accompagnée d'une demande d'autorisation de travail d'un salarié étranger émanant d'un employeur, ne peut être assimilée à une telle demande.

10. Si Mme B verse à l'appui de sa requête une promesse d'embauche pour un poste d'infographiste, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne ait été saisi d'une demande d'autorisation de travail par son employeur. Par suite, et en tout état de cause, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision de refus de titre de séjour en litige a été prise en méconnaissance de l'article 3 de l'accord franco-marocain susvisé.

11. En quatrième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B est porteuse d'une neurofibromatose de type 1, pathologie invalidante. D'une part, compte tenu de la formulation de la demande d'admission au séjour, il n'est pas établi, ni même soutenu, que Mme B ait entendu solliciter son admission au séjour au titre de son état de santé. D'autre part, il ne ressort pas des pièces médicales versées, qui pour l'essentiel décrivent la pathologie de la requérante et font état de la nécessité d'une prise en charge médicale pluridisciplinaire, que l'absence d'une telle prise en charge entrainerait pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de son état de santé doit être écarté.

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ volontaire :

12. En premier lieu, d'une part, Mme B ne saurait utilement invoquer les dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000, lesquelles ont été abrogées depuis le 1er janvier 2016 et étaient au demeurant inopérantes à l'encontre des décisions contestées, dès lors que le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile détermine l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuses auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français. D'autre part, dans le cas du rejet d'une demande de titre de séjour, les décisions accessoires à la décision de refus de séjour font suite au constat de ce que la délivrance d'un titre de séjour a été refusée à l'étranger. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur ces décisions accessoires, dès lors qu'il a été entendu dans le cadre du dépôt de sa demande de titre de séjour, à l'occasion de laquelle l'étranger est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un tel titre. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, laquelle doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir toute observation complémentaire, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante ait sollicité, sans réponse, un entretien avec les services préfectoraux ni qu'elle ait été empêchée de présenter des observations avant que ne soit prise la décision contestée. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que les décisions litigieuses sont intervenues en méconnaissance du droit d'être entendu préalablement à une décision administrative défavorable.

13. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède qu'en l'absence d'illégalité du refus de titre de séjour qui lui a été opposé, la requérante n'est pas fondée à invoquer cette illégalité, par voie d'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français.

14. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 11 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance, par la décision portant obligation de quitter le territoire français, du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

15. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés aux points 7 et 11 du présent jugement, les moyens tirés de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

16. En cinquième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré de ce que la décision fixant un délai de départ volontaire, prise sur son fondement, est dépourvue de base légale ne peut qu'être écarté.

17. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ".

18. Mme B ne fait état d'aucune circonstance exceptionnelle justifiant qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé en soutenant qu'elle doit faire l'objet d'un suivi médical et consulter des professionnels de santé, alors qu'elle ne se prévaut en l'espèce d'aucun rendez-vous précis auquel la présente mesure ferait obstacle à ce qu'elle puisse s'y rendre. Par suite, et alors qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la situation de Mme B n'aurait pas fait l'objet d'un examen réel et sérieux, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B à fin d'annulation de l'arrêté attaqué, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte et les demandes présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle présentée par Mme B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Chmani et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 24 février 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Poupineau, présidente,

Mme C, magistrate honoraire,

M. Leymarie, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2023.

Le rapporteur,

A. D

La présidente,

V. POUPINEAULe greffier,

B. ROETS

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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