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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2106789

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2106789

vendredi 24 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2106789
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantAMARI DE BEAUFORT-TERCERO-YEPONDE ATY AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 23 novembre 2021 et le 15 mars 2022, Mme D A, épouse B, représentée par Me Amari de Beaufort, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2021 par lequel le Préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au Préfet de la Haute-Garonne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard dès la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée faute de mentionner ses liens personnels et familiaux et de viser l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'erreur de droit faute d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car le préfet de la Haute-Garonne aurait dû prendre en compte les critères de la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est privée de base légale dès lors que la décision de refus de délivrance de titre de séjour est illégale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par la requérante n'est fondée.

Par une ordonnance en date du 27 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 15 juillet 2022.

Par une décision du 28 octobre 2021, Mme A, épouse B, a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Dans cette affaire, le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Quessette, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D A épouse B, ressortissante albanaise née en 1989, est entrée en France selon ses déclarations le 11 avril 2017, accompagnée de son époux, M. E B, né en 1980, et de leurs enfants nés en 2011 et 2014. Leurs demandes d'asile déposées le 15 mai 2017 ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 30 juin 2017, rejet confirmé par la Cour nationale du droit d'asile le 6 novembre 2017. Mme A, épouse B a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en date du 27 décembre 2017, confirmée par un jugement du tribunal administratif de Montpellier rendu le 14 février 2018 sous le n° 1801267 et une ordonnance de la présidente de la cour administrative d'appel de Marseille rendue le 13 février 2019 sous le n° 18MA02559. Par un arrêté du 19 juillet 2018, le préfet des Pyrénées-Orientales a assigné M. et Mme B à résidence pour 6 mois. Le préfet de la Haute-Garonne a pris un arrêté en date du 20 mai 2019 à leur encontre portant obligation de quitter le territoire français sans délai assorti de leur assignation à résidence, décision confirmée par jugement du tribunal rendu le 24 mai 2019 sous les nos 1902769 et 1902770. Le 29 janvier 2020, Mme A épouse B a sollicité son admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 313-14 de ce code. Par arrêté du 12 avril 2021, le Préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pour d'une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :

2. En premier lieu, selon les dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". L'article L. 211-5 du même code dispose que " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

3. L'arrêté attaqué, qui vise les dispositions juridiques applicables à la situation de l'intéressée, précise également les raisons pour lesquelles le préfet de la Haute-Garonne a considéré qu'elle ne remplissait pas les conditions pour obtenir le titre de séjour qu'elle sollicitait. La décision est dès lors suffisamment motivée, la circonstance qu'elle ne vise pas l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ou ne mentionne pas de manière détaillée la situation des enfants de l'intéressée étant sans incidence sur le bien-fondé de ce moyen. Par suite, celui-ci doit être écarté.

4. En deuxième lieu, le moyen d'erreur de droit tiré du défaut d'examen de la situation de la requérante n'est pas assorti de précisions suffisantes pour en apprécier la portée. En outre et en tout état de cause, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni de la motivation du refus de titre de séjour, qui mentionne les différents éléments de la situation particulière de Mme A épouse B, que le préfet de la Haute-Garonne n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation au regard de son droit au séjour. Ce moyen doit donc être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ; () ". Selon les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. Mme A épouse B fait valoir, d'une part, qu'elle résidait en France depuis quatre ans à la date de la décision attaquée en compagnie de son mari et de ses deux enfants qui y sont scolarisés et, d'autre part, qu'elle maîtrise la langue française, exerce des activités professionnelles mais aussi de bénévolat, ainsi que des activités associatives et de parent d'élève déléguée, ce dont attestent d'ailleurs les nombreux témoignages et pétitions de soutien en sa faveur. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme A comme son époux, tous deux de nationalité albanaise, se trouvent en situation irrégulière sur le territoire français après avoir été l'objet de plusieurs mesures d'éloignement et que la demande de titre de séjour présentée par M. B a également été rejetée par le préfet de la Haute-Garonne, rejet confirmé par un jugement du tribunal de ce jour. Il s'ensuit qu'aucun obstacle ne s'oppose à la reconstitution de la cellule familiale de Mme A et de M. B en Albanie avec leurs deux enfants. Par ailleurs, si Mme A épouse B produit ses contrats de travail en qualité d'aide-ménagère et les preuves de paiement par le biais de chèques emploi service universel (CESU), à raison de plusieurs heures par semaine depuis 2021, pour le compte de différents employeurs, ainsi qu'une demande d'autorisation de travail pour trois heures hebdomadaires, ces pièces n'établissent pas à elles seules, y compris jointes à celles faisant état des activités associatives de la requérante, une insertion socioprofessionnelle suffisamment caractérisée. Enfin, Mme A épouse B n'établit pas être dépourvue de liens familiaux dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée et n'a donc pas méconnu les stipulations et dispositions précitées.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors applicable : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2 ".

8. Mme A épouse B fait valoir qu'elle s'investit dans de nombreuses activités bénévoles et associatives, travaille au moyen de chèques emploi service universel (CESU) depuis 2021 à raison de plusieurs heures par semaine et que ses enfants poursuivent leur scolarité avec succès. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'eu égard à la situation de l'intéressée, à la durée et aux conditions de son séjour en France, au caractère limité de son insertion professionnelle et à l'absence de perspective d'insertion professionnelle en France relevée par le préfet de la Haute-Garonne, cette autorité, qui n'était pas tenue par les dispositions de la circulaire du 28 novembre 2012 qui ne sont pas invocables, n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées.

9. En cinquième lieu, selon les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions politiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Ces stipulations sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

10. Mme A épouse B fait valoir que l'intérêt supérieur de ses deux enfants mineurs scolarisés à Toulouse implique qu'elle et son époux soient autorisés à se maintenir en France à leurs côtés. Toutefois, la décision contestée n'a ni pour objet ni pour effet de la séparer de ses deux enfants, lesquels ont vocation à la suivre en Albanie, aux côtés de leur père qui fait également l'objet d'une mesure d'éloignement, ni de les priver de la possibilité de suivre une scolarité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.

11. En sixième lieu, pour les motifs exposés aux points 6 et 8 du présent jugement, Mme A épouse B n'est pas fondée à soutenir qu'eu égard à ses qualifications professionnelles et à celles de son mari ainsi qu'à la teneur de ses attaches en France, le préfet de la Haute-Garonne aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation en refusant, dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire, de lui délivrer un titre de séjour.

12. En dernier lieu, dès lors qu'un étranger ne détient aucun droit à l'exercice par le préfet de son pouvoir de régularisation, il ne peut utilement se prévaloir des orientations générales contenues dans la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 pour l'exercice de ce pouvoir.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. Selon les dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " I. L'autorité administrative peut obliger à quitter le territoire français un étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse et qui n'est pas membre de la famille d'un tel ressortissant au sens des 4° et 5° de l'article L. 121-1, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : () 3° Si la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé à l'étranger ou si le titre de séjour qui lui avait été délivré lui a été retiré ; () ".

14. La décision de refus de délivrance de titre de séjour n'étant, ainsi qu'il vient d'être dit, pas illégale, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas dépourvue de base légale. Par suite, le moyen doit être écarté.

15. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 6 et 10 du présent jugement, Mme A épouse B, n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou celles du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant susvisée doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

16. Selon les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

17. Mme A épouse B soutient qu'elle et sa famille sont exposées à des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Albanie en raison d'une menace de vengeance traditionnelle et d'un conflit foncier les opposant à un voisin. Cependant, l'intéressée ne verse au dossier aucune pièce établissant qu'elle et sa famille seraient personnellement exposées à des risques en cas de retour dans leur pays, alors que la Cour nationale du droit d'asile a rejeté leurs demandes de réexamen le 6 novembre 2017. Dans ces conditions, le préfet n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

18. Selon les dispositions, applicables au litige, du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " l'autorité administrative peut, par une décision motivée, assortir l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français () La durée de l'interdiction de retour mentionnée aux premier, sixième et septième alinéas du présent III ainsi que le prononcé et la durée de l'interdiction de retour mentionnée au quatrième alinéa sont décidés par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

19. Il ressort des pièces du dossier que si Mme A épouse B réside en France avec son époux et ses enfants, M. B se trouve en situation irrégulière sur le territoire français et les attaches du couple sont limitées en raison notamment de la durée de leur séjour, qui se limitait à quatre ans à la date de la décision attaquée. Par ailleurs, la requérante a fait l'objet, avec son époux, de deux précédentes mesures d'éloignement en date des 27 décembre 2017 et 20 mai 2019, décisions qu'elle n'a pas exécutées. Dès lors, et alors même que la requérante ne constitue pas une menace pour l'ordre public, le préfet de la Haute-Garonne pouvait valablement prendre à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par suite, la décision n'apparaît pas être disproportionnée et le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A épouse B tendant à l'annulation de l'arrêté du 12 avril 2021 doivent être rejetées. Sa requête doit donc être rejetée.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

21. Les conclusions de la requête à fin d'annulation ne pouvant être accueillies, il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par Mme A épouse B.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme sollicitée par l'avocate de la requérante au titre des frais exposés pour cette procédure. Les conclusions présentées au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D A épouse B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A épouse B, au préfet de la Haute-Garonne et à Me Claude Amari de Beaufort.

Délibéré après l'audience du 6 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

M. Bernos, premier conseiller,

M. Quessette, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2023.

Le rapporteur,

L. QUESSETTE

Le président,

P. GRIMAUD La greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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