vendredi 9 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2106900 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BOUYSSOU ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 29 novembre 2021, le 11 mai 2022, le 23 août 2022 et le 10 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Sire, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Lasserre-Pradère a accordé à la société par actions simplifiée (SAS) Angelotti Aménagement un permis d'aménager en vue de la réalisation d'un lotissement de 9 lots à bâtir sur un terrain situé 6 rue des Soupets à Lasserre-Pradère (Haute-Garonne), ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux, confirmée par la décision explicite du 18 octobre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Lasserre-Pradère et de la SAS Angelotti Aménagement la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé au regard des articles L. 424-3 et R. 424-5 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de permis de construire est incomplet au regard des dispositions des articles R. 441-3 et R. 431-16, f) du code de l'urbanisme ;
- il ne comporte pas la preuve du dépôt d'une demande d'autorisation de défrichement, en méconnaissance de l'article R. 441-7 du code de l'urbanisme ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de Lasserre-Pradère dès lors que la rue des Soupets ne présente pas les caractéristiques suffisantes pour permettre la desserte de l'opération et l'approche du matériel de lutte contre l'incendie ; l'accès au projet présente une visibilité limitée sur la rue des Soupets ; la voie interne du lotissement, qui est trop étroite pour permettre aux véhicules de lutte contre l'incendie de manœuvrer, n'est pas conforme aux recommandations du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UB 6 du règlement du PLU de Lasserre-Pradère en ce que les façades des constructions des lots n° 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 ne sont pas situées dans une bande comprise entre 5 et 15 mètres de la limite d'emprise de la rue des Soupets ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UB 12 du règlement du PLU de Lasserre-Pradère dès lors que dix places de stationnement sont situées sur la future voie de desserte du projet ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UB 13 du règlement du PLU de Lasserre-Pradère en ce qu'aucun espace commun adapté au contexte urbain de l'opération n'a été prévu et que les aires de stationnement ne comportent pas un arbre de haute-tige pour quatre emplacements.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 mars 2022, le 19 juillet 2022 et le 7 octobre 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Angelotti Aménagement, représentée par Me Magrini, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 441-7 du code de l'urbanisme dans sa rédaction actuelle, soulevé pour la première fois dans le mémoire du 23 août 2022, constitue un moyen nouveau irrecevable en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2022, la commune de Lasserre-Pradère, représentée par Me Magrini, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 25 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code forestier ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rousseau,
- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public,
- les observations de Me Bonnel, représentant M. A,
- et les observations de Me Got, représentant la commune de Lasserre-Pradère et la SAS Angelotti Aménagement.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (SAS) Angelotti Aménagement a déposé le 17 mai 2021 une demande de permis d'aménager en vue de la division en 9 lots à bâtir d'un terrain sis 6 rue des Soupets à Lasserre-Pradère (Haute-Garonne). Par un arrêté du 28 juillet 2021, le maire de la commune de Lasserre-Pradère lui a accordé le permis sollicité. Par un courrier du 16 septembre 2021, M. A a formé un recours gracieux contre cet arrêté, qui a été rejeté par une décision implicite, confirmée par une décision explicite du 18 octobre 2021. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 28 juillet 2021 et des décisions portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables ". Aux termes de l'article R. 424-5 du même code : " En cas d'autorisation ou de non-opposition à déclaration préalable, la décision mentionne la date d'affichage en mairie ou la date de publication par voie électronique de l'avis de dépôt prévu à l'article R. 423-6. / Si la décision comporte rejet de la demande, si elle est assortie de prescriptions ou s'il s'agit d'un sursis à statuer, elle doit être motivée ". Aux termes de l'article A. 424-3 du même code : " L'arrêté indique, selon les cas ; a) Si le permis est accordé () Il indique en outre, s'il y a lieu : d) Si la décision est assortie de prescriptions () ". Aux termes de l'article A. 424-4 de ce code : " Dans les cas prévus aux b à f de l'article A. 424-3, l'arrêté précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision () ". Il résulte de ces dispositions que les prescriptions dont est assorti un permis de construire doivent exposer les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement afin de permettre au pétitionnaire d'en discuter utilement le contenu.
3. En l'espèce, si le permis attaqué est assorti de prescriptions relatives à la voirie, au traitement des eaux pluviales et des eaux usées, au raccordement aux réseaux d'eau potable, d'électricité et de télécommunications, aux participations financières et taxes et à la cession des lots, les motifs de cet arrêté résultent directement du contenu de ces prescriptions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords et indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) La composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants, le traitement minéral et végétal des voies et espaces publics et collectifs et les solutions retenues pour le stationnement des véhicules ; / c) L'organisation et l'aménagement des accès au projet ; / d) Le traitement des parties du terrain situées en limite du projet ; () ".
5. La circonstance que le dossier de demande de permis d'aménager ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis d'aménager qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. En l'espèce, la notice descriptive du projet comporte des développements relatifs à l'état initial du terrain et de ses abords, et précise notamment que le terrain d'assiette du projet est actuellement un jardin paysager et qu'il est situé dans un quartier urbanisé avec un habitat pavillonnaire récent, moyennement dense. Si le requérant fait valoir que la notice ne comporte pas de description de la végétation existante sur le terrain, celle-ci ressort toutefois tant du plan des démolitions que des photographies jointes au dossier de permis d'aménager. La notice expose par ailleurs les partis retenus concernant le projet d'aménagement afin d'assurer son insertion dans son environnement et renvoie à cet égard au règlement du lotissement annexé au dossier de permis d'aménager, qui a pour objectif de garantir une certaine homogénéité et intégration des futures constructions. De plus, le traitement des parties du terrain situées en limite du projet ressort du plan de composition joint au dossier de permis d'aménager. En outre, si cette notice ne précise pas l'organisation et l'aménagement des accès au projet, le dossier comporte un plan de voirie représentant les accès au projet et aux différents lots. Enfin, si le requérant soutient que la notice ne fait pas état des constructions qui seront démolies dans le cadre du projet, le dossier comporte un plan des démolitions sur lequel figurent les trois bâtiments à démolir. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable à la date de l'arrêté attaqué : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : / () f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ; () ". Aux termes de l'article R. 441-6 du même code : " Lorsque la demande prévoit l'édification, par l'aménageur, de constructions à l'intérieur du périmètre, la notice prévue par l'article R.441-3 comprend les éléments prévus par les b, c et d du 2° de l'article R. 431-8. La demande est complétée par les pièces prévues par l'article R. 431-9 et, le cas échéant, les pièces prévues par les a et b de l'article R. 431-10 et, s'il y a lieu, les pièces prévues par les articles R. 431-11 et R. 431-13 à R. 431-33. Ces pièces sont fournies sous l'entière responsabilité des demandeurs () ". Par ailleurs, si l'article III-1 du plan de prévention des risques mouvements différentiels de terrain liés au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux dans le département de la Haute-Garonne prescrit, pour les permis groupés, la réalisation d'une étude de type G12, le titre III prévoit à titre liminaire que ces prescriptions ne s'appliquent pas " aux abris légers ou annexes d'habitations n'excédant pas 20 m2 et s'ils ne sont pas destinés à l'occupation humaine ".
8. En l'espèce, le permis d'aménager en litige, qui porte sur la création d'un lotissement de neuf lots, prévoit uniquement la construction d'une aire de présentation des ordures ménagères de 5 m2 entourée de murets. Cette construction, qui constitue une annexe de moins de 20 m2 non destinée à l'occupation humaine au sens des dispositions précitées, n'est pas soumise à la réalisation d'une étude géotechnique par le plan de prévention des risques mouvements différentiels de terrain liés au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux applicable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté comme inopérant.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 441-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés nécessitent une autorisation de défrichement en application des articles L. 341-1, L. 341-3 ou L. 214-13 du code forestier, la demande de permis d'aménager est complétée par la copie de la lettre par laquelle le préfet fait connaître au demandeur que son dossier de demande d'autorisation de défrichement est complet, si le défrichement est ou non soumis à reconnaissance de la situation et de l'état des terrains et si la demande doit ou non faire l'objet d'une enquête publique ". Aux termes de l'article L. 341-1 du code forestier : " Est un défrichement toute opération volontaire ayant pour effet de détruire l'état boisé d'un terrain et de mettre fin à sa destination forestière ". Aux termes de l'article L. 111-2 du même code : " Sont considérés comme des bois et forêts au titre du présent code les plantations d'essences forestières et les reboisements ainsi que les terrains à boiser du fait d'une obligation légale ou conventionnelle ".
10. En l'espèce, s'il est constant que le terrain d'assiette du projet est planté de plusieurs arbres et présente une végétation abondante, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que ces arbres caractériseraient un bois ou une forêt au sens des dispositions précitées, ni que la parcelle aurait une destination forestière, de sorte que le moyen tiré de ce que le dossier de demande ne comporte pas la preuve du dépôt d'une demande d'autorisation de défrichement en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 441-7 du code de l'urbanisme doit être écarté comme inopérant.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Lasserre-Pradère : " () 1. Accès () / Les accès doivent présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie et de la protection civile. / 2. Voirie / Les dimensions, formes et caractéristiques techniques des voies publiques ou privées doivent être adaptées aux usages qu'elles supportent ou aux opérations qu'elles doivent desservir. / Les voies publiques ou privées doivent avoir des caractéristiques adaptées à l'approche du matériel de lutte contre l'incendie ".
12. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est desservi par la rue des Soupets, voie communale à double sens d'une largeur supérieure à trois mètres, suffisante et proportionnée à l'importance du projet et permettant l'intervention des services d'incendie et de secours. L'accès du projet à cette route, d'une largeur d'environ 5 mètres, présente une bonne visibilité sur la rue des Soupets, qui est relativement rectiligne au niveau de cet accès. Par ailleurs, le pétitionnaire a prévu la réalisation d'une voie interne en impasse d'une largeur de 5 mètres, suffisante au regard de l'importance du projet, qui a vocation à accueillir des maisons individuelles et ne nécessite pas la réalisation d'une voie échelle d'une largeur de 7 mètres. Cette voie interne comporte en outre une aire de retournement permettant aux véhicules d'incendie et de secours de faire demi-tour. A cet égard, le requérant ne peut utilement soutenir que les dimensions de cette aire de retournement ne seraient pas conformes aux recommandations formulées par le service départemental d'incendie et de secours dans le guide d'accessibilité, qui ne sont pas opposables au projet. Enfin, le requérant n'invoque aucune disposition législative ou réglementaire qui aurait été méconnue, rendant nécessaire, en l'espèce, compte tenu de la nature du projet, la consultation du service départemental d'incendie et de secours. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
13. En sixième lieu, aux termes de l'article UB 6 du règlement du PLU de Lasserre-Pradère : " Implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques : / Les règles de prospects s'appliquent à chaque lot ou construction / 1. Toute construction doit s'implanter à : / - 15 mètres minimum de l'axe des routes départementales, / - La façade de la construction doit être implantée dans une bande comprise entre 5 et 15 mètres de la limite d'emprise des autres voies () ".
14. M. A soutient que le projet méconnaît ces dispositions dès lors que les façades des constructions des lots n° 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 ne seront pas situées dans une bande comprise entre 5 et 15 mètres de la rue des Soupets. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet, compte tenu de ses caractéristiques, permettrait l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les dispositions de l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme ne pourrait être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises, alors que l'ensemble des lots permettent l'implantation des constructions dans une bande comprise entre 5 et 15 mètres de la voie interne du projet. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
15. En septième lieu, aux termes de l'article UB 12 du règlement du PLU de Lasserre-Pradère : " 1. Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations nouvelles doit être assuré en dehors des voies et des emprises publiques. / 2 Ces besoins doivent être déterminés en fonction du type de constructions et de leur fréquentation et notamment par référence aux normes habituelles ci-après : / 2.1. Constructions à usage d'habitation / - 1 place par logement locatif financé avec un prêt aidé par l'Etat, / - 2 places pour tout autre logement () ".
16. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la réalisation de dix places de stationnement le long de la voie principale à l'entrée du lotissement destinées au stationnement des personnes extérieures. Par suite, et alors que ces places, réservées aux visiteurs, ne correspondent pas aux besoins en stationnement des constructions, qui seront assurés sur chaque lot, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
17. En huitième et dernier lieu, aux termes de l'article UB 13 du règlement du PLU de Lasserre-Pradère : " 4. Espaces libres - plantations () / Les aires de stationnement doivent être plantées à raison d'un arbre de haute tige pour quatre emplacements. () / Dans les opérations d'ensemble de plus de 6 lots ou logements, il doit être aménagé un espace commun qui sera adapté au contexte urbain de l'opération. Cet espace sera planté d'essences locales et aménagé en espace public. / La superficie de cet espace collectif (place, rues, piétonniers) sera de 30 m² par lot ou logement, et jamais inférieure à 100 m². L'espace collectif principal sera situé au carrefour des axes principaux de desserte, afin de créer un cœur de quartier. En prévision d'opérations futures juxtaposées, ils pourront être situés en limite et se cumuler avec l'espace collectif de ces futures opérations ".
18. D'une part, ainsi qu'il a déjà été dit au point 16, le projet comporte la réalisation de dix places de stationnement le long de la voie interne du lotissement. Il ressort notamment du plan de composition PA 4.1, joint au dossier de permis d'aménager, que ces places seront plantées de quatre arbres de haute-tige, conformément aux dispositions précitées.
19. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le projet porté par la société Angelotti Aménagement ne comporte pas la création d'un espace collectif planté constituant un cœur d'ilot au sens des dispositions précitées. Si la société pétitionnaire et la commune font valoir que l'espace commun exigé par le règlement du PLU peut comprendre la voirie et que le projet prévoit la réalisation d'un espace commun conforme aux dispositions précitées en ce qu'il comporte 523 m2 de voie interne, cette voie, qui est destinée à la circulation des véhicules, ne saurait être regardée comme un espace commun planté. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que le projet autorisé méconnaît les dispositions précitées de l'article UB 13 du règlement du PLU de Lasserre-Pradère.
20. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est uniquement fondé à soutenir que le permis d'aménager attaqué méconnaît les dispositions de l'article UB 13 du règlement du PLU de Lasserre-Pradère.
Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
21. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ".
22. Il ressort des pièces du dossier que l'illégalité résultant de la méconnaissance par le permis d'aménager des dispositions de l'article UB 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Lasserre-Pradère affecte une partie identifiable du projet autorisé. Sa régularisation n'implique pas d'apporter au projet litigieux un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dès lors, il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, de prononcer la seule annulation partielle du permis d'aménager au sens de ce texte et de fixer à 4 mois le délai, courant à compter de la notification du présent jugement, dans lequel la société pétitionnaire pourra demander la régularisation de ce permis.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes demandées par la commune de Lasserre-Pradère et la SAS Angelotti Aménagement au titre des frais exposés par elles.
24. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Lasserre-Pradère et de la SAS Angelotti Aménagement la somme totale de 1 500 euros à verser à M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Lasserre-Pradère du 28 juillet 2021 et la décision portant rejet du recours gracieux formé par M. A sont annulés, au sens de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, en tant que le projet autorisé méconnaît l'article UB 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Lasserre-Pradère.
Article 2 : Il appartiendra à la SAS Angelotti Aménagement de solliciter de l'autorité administrative compétente, dans le délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, une régularisation rendant le projet en litige conforme aux dispositions de l'article UB 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Lasserre-Pradère.
Article 3 : La commune de Lasserre-Pradère et la SAS Angelotti Aménagement verseront à M. A la somme totale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Lasserre-Pradère au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Les conclusions présentées par la SAS Angelotti Aménagement au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la société par actions simplifiée Angelotti Aménagement et à la commune de Lasserre-Pradère.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
Mme Rousseau, conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2024.
La rapporteure,
M. ROUSSEAU
La présidente,
V. POUPINEAULa greffière,
B. RODRIGUEZ
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026