mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2106908 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BAYARD-THIBAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 29 novembre 2021, 31 janvier et 3 mars 2023, l'association syndicale libre du Hameau du Souleillou, représentée par Me Bayard-Thibault, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé pendant deux mois par la commune de Pradines à sa demande préalable présentée le 28 juillet 2021 ;
2°) de condamner la commune de Pradines à lui verser la somme de 3 370,04 euros correspondant aux factures d'eau acquittées depuis 4 ans ;
3°) de condamner la commune de Pradines à lui verser la somme de 429 euros en réparation du préjudice matériel qu'elle a subi au titre des frais d'expertise du réseau d'eau privé réalisée par la SAUR le 20 septembre 2020 ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Pradines la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les factures d'eau qui lui ont été adressées sont injustifiées dès lors qu'il n'existe aucune consommation d'eau sur les terrains et équipements communs, que le différentiel existant entre le relevé du compteur général et la somme des relevés des compteurs individuels n'est pas dû à une fuite d'eau mais à un dysfonctionnement du compteur général ;
- le calcul du montant des factures d'eau est réalisé sur des bases erronées ;
- en demandant le règlement de factures injustifiées, la commune de Pradines a commis une faute engageant sa responsabilité ;
- son préjudice est constitué par les sommes qu'elle a payées sur le fondement de factures injustifiées ;
- son préjudice est également constitué par la somme qu'elle a dû payer pour faire réaliser une expertise du réseau d'eau.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 novembre 2022 et 3 février 2023, la commune de Pradines, représentée par Me Mazars, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'association syndicale libre du Hameau du Souleillou la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par l'association syndicale libre du Hameau du Souleillou ne sont pas fondés.
Par un courrier du 23 avril 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître de la requête qui se rattache à une créance se rapportant aux relations entre le service public de distribution d'eau potable, de nature industriel et commercial, et l'un de ses usagers, qui sont des rapports de droit privé relevant de la compétence de la juridiction judiciaire.
Le 29 avril 2024, l'association syndicale libre du Hameau du Souleillou a produit des observations en réponse à ce moyen relevé d'office, qui ont été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 ;
- le décret n° 2003-408 du 28 avril 2003 pris en application de l'article 93 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 et relatif à l'individualisation des contrats de fourniture d'eau ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sarraute,
- et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le Hameau du Souleillou est un lotissement privé constitué de 15 lots, situé sur le territoire de la commune de Pradines. L'association syndicale libre (ASL) du Hameau du Souleillou, créée en avril 2009, a pour objet notamment, selon ses statuts, la gestion et l'entretien des terrains et équipements du lotissement et compris dans son périmètre, notamment voies, espaces verts, canalisations et réseaux, ouvrages ou constructions nécessaires au fonctionnement et à l'utilisation de ceux-ci. Cette situation a conduit, pour la distribution d'eau potable au sein du lotissement, à la création d'une part de compteurs individuels pour chaque parcelle privative, et d'autre part, d'un compteur général au nom de l'ASL du Hameau du Souleillou. Par un courrier du 26 juillet 2021, l'ASL du Hameau du Souleillou, qui conteste le bien-fondé des factures lui ayant été adressées par la commune de Pradines, laquelle assure la gestion en régie du service public de l'eau, a demandé à cette dernière le remboursement des factures qu'elle a acquittées depuis 4 ans, le remboursement des frais d'expertise engagés pour contrôler l'étanchéité du réseau suite aux allégations de la commune mettant en avant une fuite d'eau, ainsi que la cessation pour l'avenir d'émissions de factures de consommation d'eau pour les terrains et équipements communs du lotissement. Devant le silence gardé par la commune de Pradines pendant plus de 2 mois à sa demande, l'ASL du Hameau du Souleillou, par la présente requête, demande au tribunal l'indemnisation de ses préjudices.
2. Aux termes de l'article L. 2224-11 du code général des collectivités territoriales : " Les services publics d'eau et d'assainissement sont financièrement gérés comme des services à caractère industriel et commercial. " Ainsi, de par son objet, le service public de l'eau constitue un service public industriel et commercial, quand bien même il est géré en régie par une collectivité. Dans ces conditions, les litiges relatifs entre ce service et ses usagers, qui sont des rapports de droit privé, ressortissent de la compétence de la juridiction judiciaire. Il en est ainsi notamment des litiges survenant à l'occasion de la fourniture du service et relatifs, comme c'est le cas en l'espèce, à la facturation et au recouvrement de la redevance due par les usagers, ainsi qu'aux dommages causés à ces derniers à l'occasion de la fourniture du service. Par suite, la requête de l'ASL Hameau du Souleillou est irrecevable en toutes ses conclusions, les conclusions indemnitaires tendant au remboursement des frais d'expertise engagés par elle étant l'accessoire des conclusions principales tendant au remboursement des factures indûment payées, et doit être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle que soit mise à la charge de la commune de Pradines, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par l'ASL du Hameau du Souleillou au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'ASL Hameau du Souleillou la somme demandée par commune de Pradines au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association syndicale libre du Hameau du Souleillou est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Pradines présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association syndicale libre du Hameau du Souleillou et à la commune de Pradines.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Héry, présidente,
Mme Sarraute, première conseillère,
Mme Douteaud, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
La rapporteure,
N. SARRAUTE
La présidente,
F. HÉRY La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet du Lot en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026